Archives mensuelles : mars 2012

La rose internelle

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/rainer_maria_rilke/dis_moi_rose_d_ou_vient.html

Dis-moi, rose, d’où vient
qu’en toi-même enclose,
ta lente essence impose
à cet espace en prose
tous ces transports aériens ?

Combien de fois cet air
prétend que les choses le trouent,
ou, avec une moue,
il se montre amer.
Tandis qu’autour de ta chair,
rose, il fait la roue.

Les Anciens pensaient que la perfection en fait de mouvement ou de figure est le cercle, la roue, la sphère, et qu’une telle perfection appartenait aux cieux « supra-lunaires », tandis que la contingence entachait notre monde sub-lunaire.

comment ne pas voir qu’ici le ciel est jeté en terre, au coeur de la rose et de sa lente essence, qui s’impose à l’espace « troué », l’espace en prose?

ou, ce qui est équivalent, que le terre monte au ciel ?

comment ne pas voir la dualité entre le « rond » et ce qui se meut en ligne droite et en flèche, le rayon , la « chose », qui troue l’air ?

peut être que la rose n’existe pas ?

peut être est elle le Livre qui est le destin du monde ?

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/rainer_maria_rilke/je_te_vois_rose_livre_entrebaille.html

Je te vois, rose, livre entrebâillé,
qui contient tant de pages
de bonheur détaillé
qu’on ne lira jamais. Livre-mage,

qui s’ouvre au vent et qui peut être lu
les yeux fermés …,
dont les papillons sortent confus
d’avoir eu les mêmes idées.

reste que Rilke invente une nouvelle multiplicité qui « ajoute » la singularité à l’ensemble :

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/rainer_maria_rilke/une_rose_seule_c_est_toutes_les_roses.html

Une rose seule, c’est toutes les roses
et celle-ci : l’irremplaçable,
le parfait, le souple vocable
encadré par le texte des choses.

Comment jamais dire sans elle
ce que furent nos espérances,
et les tendres intermittences
dans la partance continuelle

la partance continuelle est l’instant qui crée du nouveau

Descartes et Spinoza : les principes de la philosophie

l’ une des meilleures méthodes pour démontrer l’unité profonde du cartésianisme est de lire en parallèle les Principes de la philosophie de Descartes, qui sont sur Wikisource :

http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Principes_de_la_philosophie

et la « version » axiomatisée (sur le modèle de l’Ethique) qu’en a composée Spinoza, et qui est ici :

http://hyperspinoza.caute.lautre.net/spip.php?rubrique317

La préface de Louis Meyer explique la nature de l’axiomatisation mathématique et son importance pour la philosophie :

« C’est le sentiment unanime de tous ceux qui veulent s’élever au-dessus du vulgaire par la clarté de la pensée, que la Méthode d’investigation et d’exposition scientifique des Mathématiciens (c’est-à-dire celle qui consiste à démontrer des Conclusions à l’aide de Définitions, de Postulats et d’Axiomes) est la voie la meilleure et la plus sûre pour chercher et enseigner la vérité…

Malgré cela on ne trouve cependant à peu près aucune science, les Mathématiques mises à part, où cette Méthode ait été suivie ; ou en suit une autre presque diamétralement opposée, où tout se fait par le moyen de définitions et de divisions constamment enchaînées entre elles et entremêlées çà et là de questions et d’explications. On a jugé en effet presque universellement (et beaucoup qui s’appliquent à constituer les sciences ou en traitent dans leurs écrits jugent encore) que cette méthode est particulière aux Mathématiques et que toutes les autres disciplines y sont opposées et la rejettent… »

et l’Introduction offre une « relecture » du texte de Descartes (avant de passer à l’axiomatisation) qui permet de comprendre en quoi les apporches des deux philosophes sont différentes et en quoi cependant ces différences n’altèrent pas l’unité profonde du cartésianisme, et donc de la philosophie et de la religion des « idées claires » :

http://hyperspinoza.caute.lautre.net/spip.php?article1719

« Doute universel. – En premier lieu, il considère toutes les choses perçues par les sens, savoir le ciel, la terre et autres semblables, et jusqu’à son propre corps ; toutes choses que jusqu’alors il avait cru qui existaient dans la Nature. Et il doute de leur certitude parce qu’il avait observé que ses sens le trompaient quelquefois et s’était souvent persuadé pendant ses rêves de l’existence réelle de beaucoup de choses, pour reconnaître ensuite son illusion ; enfin parce qu’il avait entendu affirmer par d’autres hommes, même pendant l’état de veille, qu’ils sentaient une douleur dans des membres perdus depuis longtemps. Il put donc, non sans raison, douter de l’existence même de son corps. Et tout cela lui permit de conclure avec vérité que ses sens ne sont pas (puisqu’on peut les révoquer en doute) le fondement le plus solide sur lequel toute la science doive être édifiée, et que la certitude doit dépendre d’autres principes plus certains. Pour poursuivre sa recherche de ces principes il considère en second lieu toutes les choses universelles telles que la nature corporelle en général et son étendue, la figure, la quantité, etc., comme aussi toutes les vérités mathématiques. Bien que ces notions lui parussent plus certaines que toutes celles qu’il avait eues par les sens, il trouva cependant une raison d’en douter : parce qu’il était arrivé à d’autres de se tromper à leur sujet, et surtout parce qu’il avait fixée dans l’esprit, une opinion ancienne suivant laquelle il existerait un Dieu pouvant tout ; un Dieu l’ayant créé lui-même tel qu’il était et ayant pu faire qu’il fût trompé même dans les choses lui paraissant les plus claires. Par ce moyen donc il révoqua tout en doute. »

http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Principes_de_la_philosophie

1. Que pour examiner la vérité il est besoin, une fois en sa vie, de mettre toutes choses en doute autant qu’il se peut.

Comme nous avons été enfants avant que d’être hommes et que nous avons jugé tantôt bien et tantôt mal des choses qui se sont présentées à nos sens lorsque nous n’avions pas encore l’usage entier de notre raison, plusieurs jugements ainsi précipités nous empêchent de parvenir à la connaissance de la vérité, et nous préviennent de telle sorte qu’il n’y a point d’apparence que nous puissions nous en délivrer, si nous n’entreprenons de douter une fois en notre vie de toutes les choses où nous trouverons le moindre soupçon d’incertitude.

2. Qu’il est utile aussi de considérer comme fausses toutes les choses dont on peut douter.

Il sera même fort utile que nous fausses toutes celles où nous pourrons imaginer le moindre doute, afin que si nous en découvrons quelques-unes qui, nonobstant cette précaution, nous semblent manifestement vraies, nous fassions état qu’elles sont aussi très certaines et les plus aisées qu’il est possible de connaître…

4. Pourquoi on peut douter de la vérité des choses sensibles.

Mais, parce que nous n’avons point d’autre dessein maintenant que de vaquer à la recherche de la vérité, nous douterons en premier lieu si, de toutes les choses qui sont tombées sous nos sens ou que nous avons jamais imaginées, il y en a quelques-unes qui soient véritablement dans le monde, tant à cause que nous savons par expérience que nos sens nous ont trompés en plusieurs rencontres, et qu’il y aurait de l’imprudence de nous trop fier à ceux qui nous ont trompés, quand même ce n’aurait été qu’une fois, comme aussi à cause que nous songeons presque toujours en dormant, et que pour lors il nous semble que nous sentons vivement et que nous imaginons clairement une infinité de choses qui ne sont point ailleurs, et que lorsqu’on est ainsi résolu à douter de tout, il ne reste plus de marque par où on puisse savoir si les pensées qui viennent en songe sont plutôt fausses que les autres.

5. Pourquoi on peut aussi douter des démonstrations de mathématique.

Nous douterons aussi de toutes les autres choses qui nous ont semblé autrefois très certaines, même des démonstrations de mathématique et de ses principes, encore que d’eux-mêmes ils soient assez manifestes, (27) parce qu’il y a des hommes qui se sont mépris en raisonnant sur de telles matières ; mais principalement parce que nous avons ouï dire que Dieu, qui nous a créés, peut faire tout ce qui lui plaît, et que nous ne savons pas encore s’il a voulu nous faire tels que nous soyons toujours trompés, même aux choses que nous pensons mieux connaître ; car, puisqu’il a bien permis que nous nous soyons trompés quelquefois, ainsi qu’il a été déjà remarqué, pourquoi ne pourrait-il pas permettre que nous nous trompions toujours ? Et si nous voulons feindre qu’un Dieu tout-puissant n’est point auteur de notre être, et que nous subsistons par nous-mêmes ou par quelque autre moyen, de ce que nous supposerons cet auteur moins puissant, nous aurons toujours d’autant plus de sujet de croire que nous ne sommes pas si parfaits que nous ne puissions être continuellement abusés.

Au nom de DIEU , la Raison, la Vérité

Le livre passionnant et érudit de Pierre Antoine Bernheim (hélas prématurément décédé en 2011) « Jacques frère de Jésus » , donne à la fin un bref éclairage sur l’origine de l’Islam.

http://www.erudit.org/revue/LTP/2000/v56/n3/401321ar.pdf

disons pour résumer très brièvement ce qui demanderait des centaines voire des milliers de pages ceci :

les premiers chrétiens sont comme chacun sait issus du judaïsme dont ils représentent un sous-groupe à tendance « homilétique », s’attachant à l’interprétation des textes et des mythes. L’émergence de ce courant entraîne des situations conflictuelles, notamment à travers les doctrines de Saül de Tarse (Saint Paul) qui se traduisent au bout de plusieurs siècles par un éclatement, un schisme entre ce que Pierre Antoine Bernheim appelle les « pagano-chrétiens » , pauliniens, qui ont finalement vaincu (en Occident du moins) et sont devenus les chrétiens, et judéo-chrétiens, s’opposant aux thèses de Saint Paul, et désireux de conserver la validité des aspects légalistes et « talmudiques » du judaïsme.

En clair : les pagano-chrétiens estiment que les païens peuvent devenir chrétiens sans avoir à adopter le particularisme juif (la circoncision notamment), les judéo-chrétiens refusent ces conversions, car ils ne veulent pas risquer de dissocier le christianisme de sa matrice juive…. ce qui est effectivement arrivé !

Si les pagano-chrétiens sont devenus les chrétiens, les judéo-chrétiens sont devenus… les musulmans.

Ce sont un ou des prédicateurs ébionites (= judéo-chrétiens) qui ont écrit le Coran, qui est une sorte de « cahier de cours », de polycopié, de « pot-pourri » simplifié composé de passages de la Torah et du Talmud, et s’en sont servi pour enseigner le monothéisme aux communautés bédouines à travers leur premier élève Mohamed, qui est devenu le Prophète de l’Islam.

Et les juifs dans tout ça ?

ils se sont trouvés pris au milieu de l’affrontement entre pagano-chrétiens et judéo-chrétiens, qui est devenu la guerre (qui dure depuis 14 siècles) entre Europe chrétienne et les « terres d’Islam ».

Et l’on sait que ce n’est jamais très plaisant, d’être pris au milieu d’une guerre.

Disons que jusqu’ au 19 ème siècle et à l’émancipation des juifs d’Europe, les communautés juives étaient, par nature, plutôt du côté des judéo-chrétiens, et donc de l’Islam, pour une raison bien simple : le pagano-christianisme , devenu le christianisme, tend à diluer l’identité juive puisqu’ il élimine le caractère universel de la loi mosaïque remplacée en Occident chrétien par le droit Romain.

C’est cela le fondement de ce qui est maintenant appelé laïcité : « rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », cela veut dire rendre l’espace public aux lois humaines, contingentes, et réserver le « sacré », le « saint », les religieux, à l’espace de l’intimité des consciences.

Les communautés juives étaient au début plutôt du côté de l’Islam aussi à cause du sort terrible qui leur était réservé en « terre chrétienne »…seulement côté musulman les choses n’étaient guère meilleures !

Les Juifs d’Arabie vivaient en bonne entente au milieu des bédouins polythéistes , les choses se sont gâtées avec l’avènement de l’Islam parce que les musulmans croyaient que ces juifs dont certains (qui étaient en fait ébionites, à la lisière du judaïsme et du christianisme, mais c’était le cas d’un grand nombre de « juifs ») leur avaient enseigné le monothéisme allaient se fondre avec eux en une seule communauté universelle, une seule « oumma », notamment par le biais de mariages entre tribus et par l’adoption du nouveau culte l’Islam par tous, juifs ou musulmans.

Seulement les juifs n’étaient pas de cet avis, ce qui est bien leur droit, et  il en est très vite résulté une guerre, qui a vu l’élimination des tribus juives de Médine, puis le Pacte d’Omar qui a règlementé sur le mode de l’apartheid le statut des « non-musulmans » en terre d’Islam , appelé statut de dhimmis.

Nous avons donc deux processus inverses à l’oeuvre dans cette période de l’Histoire : un processus d’universalisation pagano-chrétien puis chrétien, un processus de retour au particularisme (la loi mosaïque, devenue sous une forme très simplifiée  la Shari’a islamique) judéo-chrétien puis musulman, qui est le cause d’une rupture, d’un schisme qui résulte en un dualisme , opposant « croyants » (musulmans) à « mécréants » ou « infidèles » (avec le statut spécial réservé au « gens du Livre »).

Pourquoi le processus (pagano-)chrétien est il « meilleur », supérieur au processus judéo-chrétien, islamique ?

parce que l’universalisme, tendant à l’unité de l’humanité, est supérieur aux particularismes, tendant à l’éclatement et à la guerre, si du moins ils n’en restent pas à leur niveau et veulent s’imposer à toute l’humanité sous le visage d’un « faux universel ».

« Faux universel » dont nous connaissons le visage hideux actuel , qui est celui du totalitarisme islamique, cherchant à imposer à toute l’humanité la shari’a, dans ses aspects les plus horribles (lapidations, mises à mort des apostats, etc..).

http://www.fdesouche.com/286582-le-para-abel-chenouf-abattu-a-montauban-etait-catholique-pratiquant-sa-famille-representee-par-gilbert-collard

http://jssnews.com/2012/03/21/tuerie-de-toulouse-mohamed-merah-navait-pas-choisi-le-19-mars-au-hasard/

Mais on doit reconnaître que le christianisme n’a pas tenu ses promesses universalistes, et est simplement devenu un autre particularisme qui a éclaté en une multitude de courants (ou « sectes » diront certains) et s’est rendu coupable sous sa forme catholique du génocide des Cathares.

Mais  après la ligne de partage des Temps, qui est le cartésianisme et l’émergence de la science moderne, mathématisée, en Europe :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/03/06/la-ligne-de-partage-des-temps/

la vocation de l’universalisme est reprise par la philosophie et la science, unies par Descartes sous le nom de « Mathesis universalis », et pourvues par lui d’une méthode d’intelligence .

Ce passage en revue très court et sommaire, certes, de l’Histoire, nous permet de répondre à la question :

pourquoi attaquer le Coran et pas la Bible ?

parce que la Bible, en ses deux « composantes » dites Ancien et Nouveau Testament, est associée au processus d’universalisation , tendant à la spiritualité absolument pure qui éclate en certains (pas tous) passages de l’Evangile, processus qui a été poussé à son terme par Spinoza.

Le Coran, par contre, est le texte qui fonde l’autre processus, obscurantiste et régressif, travaillant contre l’universalisme et donc contre l’humanité.

Et contre Dieu, si celui ci est le nom donné à l’effort infini de la Raison pour se donner des normes de vérité et de moralité de plus en plus parfaites.

Dans son article sur la spiritualité brunschvicgienne :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k113603/f27.image.langFR

Georges Bastide donne (page 23) une image saisissante, qui remonte à Platon, de ces deux processus que nous venons de repérer dans l’Histoire : la vraie conversion, à la spiritualité absolument pure de l’intériorité , qui est progression de l’ombre à la lumière, et la fausse conversion qui est régression de la lumière à l’ombre.

Le Coran est tout simplement cette régression (de la lumière à l’ombre) mise à l’oeuvre, au travil de destruction de l’humanité.

En tant qu’humain, je n’ai pas le droit de laisser s’accomplir cette « oeuvre » sans résister.

C’est ma liberté de citoyen, ni meilleur ni pire que n’importe qui d’autre, mais c’est mon devoir, devoir envers Dieu qui est la Raison radicalement immanente à toute conscience humaine:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/une-demonstration-irrefutable-de-lexistence-de-dieu/

d’où ce blog :

http://horreurislamique.wordpress.com/

David Fink vs Coran

Un nouveau blog de combat , destiné à examiner le Coran à la loupe, verset par verset, en toute liberté de conscience, et à la lumière de la seule Raison (qui est la Raison philosophique -scientifique cartésienne occidentale) , voit le jour :

http://horreurislamique.wordpress.com/

Le Dieu des philosophes et des savants, qui est l’intériorité radicalement immanente de la Raison réflexive, y supplante l’Idole des multiples religions aux « dieus à noms propres ».

L’esprit se refuse au Dieu du mystère comme aux dieux des armées.

si l’idéal est la vérité, il est la vie même de l’esprit. L’idéal, c’est d’être géomètre, et de fournir d’une proposition une démonstration rigoureuse qui enlève tout soupçon d’ erreur; l’idéal c’est d’être juste, et de conformer son action à la pureté de l’amour rationnel qui enlève tout soupçon d’égoïsme et de partialité.

Le géomètre et le juste n’ont rien à désirer que de comprendre plus ou de faire plus, de la même façon qu’ils ont compris ou qu’ils ont agi, et ils vivent leur idéal.

Le philosophe n’est pas autre chose que la conscience du géomètre et du juste; mais il est cela, il a pour mission de dissiper tout préjugé qui leur cacherait la valeur exacte de leur oeuvre, qui leur ferait attendre, au delà des vérités démontrées ou des efforts accomplis, la révélation mystérieuse de je ne sais quoi qui serait le vrai en soi ou le bien en soi; le philosophe ouvre l’esprit de l’homme à la possession et à la conquête de l’idéal, en lui faisant voir que l’idéal est la réalité spirituelle, et que notre raison de vivre est de créer cet idéal.

La création n’est pas derrière nous, elle est devant nous; car l’idée est le principe de l’activité spirituelle…

C’est donc à une alternative que nous conduit l’étude de l’idéalisme contemporain

Ou nous nous détachons des idées qui sont en nous pour chercher dans les apparences extérieures de la matière la constitution stable et nécessaire de l’être, nous nous résignons à la destinée inflexible de notre individu, et nous nous consolons avec le rêve dun idéal que nous reléguons dans la sphère de l’imagination ou dans le mystère de l’au delà

ou bien nous rendons à nos idées mortes leur vie et leur fécondité, nous comprenons qu’elles se purifient et se développent grâce au labeur perpétuel de l’humanité dans le double progrès de la science et de la moralité, que chaque individu se transforme, à mesure  qu’il participe davantage à ce double progrès. Les idées, qui définissent les conditions du vrai et du juste, font à celui qui les recueille et s’abandonne à elles, une âme de vérité et de justice; la philosophie, qui est la science des idées, doit au monde de telles âmes, et il dépend de nous qu’elle les lui donne »

« en définitive, les trois propositions génératrices du scepticisme, de l’immoralisme, de l’athéisme, sont : le vrai est, le bien est, Dieu est »

L’évidence du MAL

http://christinetasin.over-blog.fr/article-a-propos-des-epouvantables-fusillades-de-toulouse-et-montauban-101886387.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Soif_du_mal

http://en.wikipedia.org/wiki/Touch_of_Evil

Notre pays est attaqué par le terrorisme qui a frappé des militaires et

une école juive à Toulouse et Montauban !

et comme je l’ai dit ici :

http://philosophiecontresuperstition.wordpress.com/2012/03/19/la-france-est-attaquee/

on peut penser à plusieurs pistes, sans aucune certitude encore.

Mais quelles que soient les motivations du Monstre qui a perpétré cette, ou ces tueries , nous devons ici, en ce blog qui se veut un Temple de la Raison, où ne doit entrer aucune des divinités étrangères (à la Raison)  et non universelles (celles de religions particulières), rechercher quelle est la CAUSE de l’ irruption maintenant évidente du MAL sur notre territoire, et cette cause est évidente : c’est l’éclipse de la Raison au profit des idolâtries que sont , par exemple, les différents matérialismes, ou les nombreux mysticismes, souvent d’origine orientale, sans oublier bien sûr le nihilisme qui gagne chaque jour du terrain dans les consciences fatiguées des « modernes ».

Je ne peux mieux faire pour caractériser cette éclipse que de citer encore les premières lignes d’un livre de Brunschvicg, évoquant les sombres prédictions de son maître Darlu en 1893, prédictions qui se sont réalisées en 1914.

Ce livre est :

« De la vraie et de la fausse conversion »

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/vraie_et_fausse_conversion/vraie_et_fausse_conversion.html

« En tête du premier numéro de la Revue de Métaphysique et de Morale, Darlu, à qui Xavier Léon avait naturellement confié la charge de définir l’inspiration de son entreprise, écrivait : « Le sol de la société paraît près de se soulever sous l’action de forces aveugles et terribles. Au milieu de ces inquiétudes, entre le positivisme courant qui s’arrête aux faits, et le mysticisme qui conduit aux superstitions, la lumière de la raison est aussi faible, aussi vacillante que jamais . »

Ces lignes avaient suscité la raillerie que l’on pouvait prévoir : comment, pour le redressement moral dont notre troisième République avait alors besoin, et qu’aussi bien, aujourd’hui même, ses dirigeants la condamnent à espérer encore, faire fond sur une lumière dont on commençait par avouer qu’il « est probablement impossible qu’elle éclaire le travail de la foule humaine » ?

Les choses, à les prendre du dehors, ne paraissent guère avoir changé depuis 1893. Le sol de l’Europe s’est, en effet, soulevé dans une convulsion qui a porté le drame au paroxysme, du point de vue d’une philosophie de la vie, attentive à l’avenir de l’animal humain. Mais, pour une philosophie de l’esprit, qui considère avant tout l’être spécifiquement raisonnable, le centre de l’intérêt est ailleurs, non dans le spectacle d’une humanité envisagée en extension, mais dans l’idée de l’homme en compréhension. Or, entre le spectacle et l’idée, jamais le contraste n’a été plus frappant qu’à l’heure actuelle. La complexité du savoir, croissant en même temps que la restriction du loisir pour la réflexion, fait qu’un Cantor ou un Einstein a sans doute moins de contemporains que jadis un Descartes ou un Newton. »

Et mon premier devoir, à moi qui me soucie, en paroles du moins, de la pensée à vocation universelle qui se nomme « philosophique », doit être de prendre conscience de mes propres manquements à « cette petite flamme plus vacillante que jamais : la Raison ».
Pendant un an et demi, sur mon ancien blog maintenant détruit « La recherche de la Vérité« , je me suis rendu hélas complice du MAL, de ceux qui veulent souffler sur cette petite flamme vacillante pour l’éteindre.
 
Et cela bien plus sûrement que si j’avais diffusé des slogans nazis ou islamiques, ou bien de la pornographie.
 
J’ai en effet publié  des recherches et des « découvertes » que j’appelais « arithmosophiques » , d’ordre mystique donc, inspirées du pythagorisme.
 
Or il ne faut jamais oublier cette mise en garde solennelle de Brunschvicg :
 
 
« La civilisation d’Occident affleure, dans l’histoire, avec l’arithmétique de Pythagore, avec la maïeutique de Socrate. Et certes, à travers les siècles de la décadence hellénistique, Pythagore et Socrate retomberont au niveau où les légendes orientales laissent leurs héros : ils deviendront maîtres de divination ou faiseurs de miracles. Cependant il suffit de savoir qu’un schisme s’est produit effectivement à l’intérieur de l’école pythagoricienne, entre acousmatiques et mathématiciens, c’est-à-dire entre traditionalistes de la fides ex auditu et rationalistes de la veritas ex intellectu, pour avoir l’assurance que, bien avant l’ère chrétienne, l’Europe a conçu l’alternative de la théosophie et de la philosophie sous une forme équivalente à celle qui se pose devant la pensée contemporaine. « 
 
les terribles exigences de l’époque exigent de nous que nous fassions preuve d’une fidélité héroïque (cet héroïsme de la Raison dont parlait Husserl en 1936 dans la Krisis) à notre mère chérie l’Europe !
 
ce qui signifie : que nous prenions place au delà de la ligne cartésienne de partage des Temps, et non pas en deçà :
 
 
et donc du côté de la Veritas ex intellectu, de la philosophie, plutôt que de la théosophie, et de la fides ex auditu .
 
Que nous soyions rationalistes et mathématiciens, avec les exigences ascétiques de rigueur et de renoncement que cela implique, plutôt que « acousmatiques » et traditionnalistes.
 
Sur le blog « Recherche de la Vérité« , j’ai manqué à ce devoir !
 
Je pourrais chercher des explications qui seraient des « excuses », dire que je voyais tous les soirs mon père dont je m’occupais décliner et s’acheminer vers la mort qui l’a finalement frappé sous mes yeux épouvantés…
 
je ne le ferai pas, ce serait trop facile : dans le domaine de la pensée, c’est à dire de l’immanence radicale, on n’a jamais aucune excuse puisque l’on est, par définition, absolument libre !
 
Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts : à la suite de la mort de mon père j’ai traversé une période de dépression terrible.
 
Mais je ne me suis pas tué, et je suis donc de nouveau vivant.
 

Me revoici, et je veux désormais consacrer ma vie à la Raison !

 

et cachez ce sein que je ne saurais voir, et supprimez ce vilain mot de « race » ….

Je me suis promis de ne pas recommencer ici les erreurs du blog « Recherche de la vérité », erreurs consistant à mélanger le niveau particulier  des questions politiques et le niveau universel des problèmes philosophiques et scientifiques.

Erreurs qui ont entraîné des tensions telles que j’ai décidé un beau jour de bousiller le blog, perdant ainsi un an et demi de travail !

bonne nouvelle en tout cas : ce geste que nous pouvons qualifier d’un peu brutal fut accompli alors que j’avais, comme c’est le cas depuis fort longtemps , un taux d’alcoolémie de zéro gramme/litre de sang.

Reste donc que je me garderai bien d’évoquer ici tout aspect de la politique actuelle, nationale et internationale, tout en gardant bien sûr mes opinions personnelles, qui sont celles qui sous-tendaient l’ancien blog.

Reste aussi que je maintiens et maintiendrai, même devant le peloton d’exécution, que la politique, actuellement et depuis fort longtemps là aussi, est impuissante à s’élever au niveau de l’universel qui est celui de l’unification de l’humanité.

Ce qui se traduit en un langage un peu moins correct en :

l’idéologie des « droits de l’homme », de la mondialisation et des lendemains qui chantent, qui prétend viser à l’universalisme et à une telle unification, est une imposture.

J’en resterai là…

par contre j’ai fait ce préambule pour expliquer une « entorse » apparente à ce programme , qui est de faire allusion à la dernière bourde du candidat Hollande (enfin je dis « dernière » je ne dis rien, car il les multiplie tellement vite que je ne sais même pas s’il n’y en a pas eu une floppée d’autres encore pires depuis…), bourde consistant à annoncer que s’il est élu il fera supprimer le mot « race » de la Constitution.

Et je donne même un lien vers ce débat entre la belle, troublante et intelligente Elisabeth Lévy et…. le footballeur Lilian Thuram que je m’abstiendrai de qualifier :

http://www.fdesouche.com/285630-le-mot-race-elisabeth-levy-vs-lilian-thuram-csoj-france3

discussion au cours de laquelle la belle  Elisabeth suggère de supprimer aussi le mot sexe pour lutter contre le sexisme et, ajouterai je sans choquer j’espère la troublante Elisabeth, toutes les horreurs apparentées (comme le viol, la pédophilie, la prostitution forcée, Lady Gaga, etc…).

Bon sang mais c’est bien sûr !

et pendant qu’on y est supprimons le mot « guerre » parce que deux guerres mondiales ça suffit non ?

et au fait… si on supprimait le mot « mort » ? comme ça nos scientifiques n’auraient plus à chercher des remèdes miracles censés assurer une longévité de plus en plus grande, avec comme idée derrière la tête de parvenir un jour à l’immortalité, et pourquoi pas au paradis pour tous (et toutes, bien sûr, chère Elisabeth)…

ça leur ferait enfin des vacances (aux scientifiques, pas au futurs immortels qui par définition « passeraient leur mort en vacances ») !

mais redevenons sérieux !

je n’ai fait cette allusion au triste Hollande et à ses « hollandais » que parce que nous touchons là un problème philosophique très important, dont Brunschvicg parle souvent, et qui consiste à confondre langage et pensée, logos endiathetos et logos propherikos, Verbe intérieur et verbe extérieur.

J’ai à peu près tout dit là dessus ici, dans cet article sur un autre blog à propos d’un autre triste sire, le sieur Ralph1344 alias Guy Boussens alias Raoul Sabas alias Sylvain Saint-Martory alias erictoulouse :

http://philosophiecontresuperstition.wordpress.com/2012/03/14/raoul-sabas-contre-les-philosopheurs-ca-vaut-son-pesant-dor/

Confondre langage et pensée équivaut, comme le précise adéquatement Brunschvicg, à rester au niveau des « peuples enfants », ou encore au vieux stade archaïque de la « magie », où les hommes croyaient que chaque être avait son « nom secret » et que si l’on inscriviat ce « nom » sur un papier que l’on faisait brûler on pouvait tuer ansi l’être correspondant !

croire qu’en supprimant le mot « race » on supprimera le racisme est d’un stupidité confondante…

aussi suis je sûr que le brave Hollande n’est pas sincère, car il ne peut quand même pas être aussi bête !

non !

il a fait l’ENA quand même…

(à moins que…l’on puisse faire l’ENA, ou Normale Sup ,  comme l’estimable BHL, et être con comme une brêle ?? cette pensée m’ouvre des abîmes tellement apocalyptiques que je préfère passer à autre chose)

Non, je ne pense pas que Hollande croit qu’on supprimera le racisme en supprimant le mot « race » (quant aux races, c’est à dire la chose, non le mot, je croyais que les scientifiques avaient démontré qu’elles n’existent pas ?).

Mais il s’inscrit ainsi, lui et les autres, dans une « ligne » déplorable qui est celle de notre époque « politiquement correcte », notre temps débile où l’on parle de « techniciens de surface » pour « balayeurs », et pourquoi pas de « techniciennes des muqueuses internes » pour parler des putes ?

Voilà, terminé, maintenant quittons ce cloaque infâme de la « post-modernité » pour retourner à la philosophie, à la science, et à la pensée plutôt qu’au langage, même formel, , aux idées plutôt qu’aux mots…..

La philosophie est la science des idées

Brunschvicg parle souvent du début du troisième livre de la Géométrie de Descartes comme livrant le secret de l’analyse et du rationalisme moderne , par exemple dans les Ecrits philosophiques tome I, pages 24-25 :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/ecrits_philosophiques_t1/ecrits_philosophiques_t1.html

 » Il sera donc loisible à l’analyste de prendre pour point de départ, de « supposer », selon l’expression même de Descartes (ibid., p. 444), x = 2 ou x = 3. De là, par la multiplication de ces deux équations ramenées à la forme canonique x — 2 = 0 et x — 3 = 0, on obtiendra, dit Descartes, x2 — 5x + 6 = 0, ou encore, x2 = 5x — 6, « qui est une équation en laquelle la quantité x vaut 2 et tout ensemble vaut 3 ». Le secret du rationalisme moderne est tout entier dans ce début du IIIe Livre de la Géométrie, étrangement ignoré ou méconnu par tant d’historiens et de philosophes. C’est là, en effet, que se caractérise, par opposition à la déduction logique où la pensée se dégrade inévitablement à mesure qu’elle se poursuit, un processus de pensée ascendante qui est un enrichissement continu de vérité. »

La Géométrie de Descartes est sur wikisource :

http://fr.wikisource.org/wiki/Livre:Descartes_La_G%C3%A9om%C3%A9trie.djvu

le passage cité par Brunschvicg est là :

http://fr.wikisource.org/wiki/Page:Descartes_La_G%C3%A9om%C3%A9trie.djvu/83

Combien il peut y avoir de racines en chaque équation.

« Sachez donc qu’en chaque équation, autant que la quantité inconnue a de dimensions, autant peut-il y avoir de diverses racines, c’est-à-dire de valeurs de cette quantité ; car, par exemple, si on suppose x égale à 2, ou chaque bien x – 2 égal à rien ; et derechef x = 3, ou bien x – 3 = 0 ; en multipliant ces deux équations

x – 2 = 0, et x – 3 = 0,

l’une par l’autre, on aura

x2 – 5x + 6 = 0,

ou bien

x2 = 5x – 6,

qui est une équation en laquelle la quantité x vaut 2 et tout ensemble vaut 3. Que si derechef on fait

x – 4 = 0,

et qu’on multiplie cette somme par

x2 – 5x + 6 = 0,

on aura

x3 – 9x2 + 26x – 24 = 0,

qui est une autre équation en laquelle x, ayant trois dimensions, a aussi trois valeurs, qui sont 2, 3 et 4. »

Seulement nous avons ici le début d’une « piste » qui si elle est suivie jusqu’au bout nous mène jusqu’ à la mathématique la plus moderne, c’est à dire la théorie des catégories.

Le passage opéré par Descartes à la théorie des équations est aussi celui des nombres simples (entiers) aux variables décrivant un domaine complet de variation ; le nombre concret 2, par exemple, cède la place à la variable x dont le domaine sera en droit N.

De là naîtra la notion de monoïde, puisque l’opération d’addition sur N a comme élément neutre 0; puis lorsque la multiplication rentre en jeu, et que les entiers négatifs puis rationnels sont créés, on obtiendra les groupes, anneaux, corps, en faisant varier l’opération cette fois, comme on avait fait varier le nombre pour obtenir la variable x.

Ce n’est rien d’autre que « l’enrichissement continu de vérité » célébré par Brunschvicg qui se poursuit.

Ensuite en faisant varier la structure on obtiendra les « espèces de structures » et les catégories, il aura fallu attendre pour cela 1945.

La Mathesis universalis cartésienne et leibnizienne , qui est la science universelle ou la sagesse humaine une dont parle Descartes dans la Regula I, n’est autre que la philosophie lorsqu’elle prend conscience d’être la « conscience du géomètre et du juste », la « science des idées (claires) ».

Attention : nous ne voulons pas là réduire la philosophie à la mathématique.

Mais nous sommes persuadés que la philosophie peut se servir de la mathématique comme échelle pour s’élever à la science des idées absolument claires, transparentes et évidentes, dont un exemple réel nous est donné par les mathématiques et leurs « mathemata », par opposition aux logoi qui n’atteignent jamais à ce stade de clarté absolue qui est le propre de l’esprit entièrement pur.

Le premier degré de cette échelle est, comme le dit Brunschvicg, dans le début du 3 ème livre de la Géométrie de Descartes .