Comme un torrent (Some came running) de Vincente Minnelli(1958)

J’ai vu ce chef d’œuvre de Minnelli, sans doute son plus grand film avec « Quinze jours ailleurs », un nombre incalculable de fois, je l’avais commenté ici:

Comme un torrent de Vincente Minnelli

Je veux juste ajouter quelque chose que j’ai remarqué en le revoyant récemment.

Dave Hirsch (Franck Sinatra) revient après 16 ans d’errance dans a ville natale de Parkman (ville imaginaire au nom évocateur, le film a été tourné à Madison) par hasard, mis dans le bus par des compagnons et de beuverie alors qu’il était ivre mort.
Le film inspiré du roman de James Jones a été tourné en 1958 mais est censé se passer en 1948.

Dave Hirsch, miné par l’alcool, a renoncé à écrire, dégoûté de la littérature parce qu’il méprise ceux qui vivent dans son « environnement » sans posséder de fibre créatrice et artistique (critiques, professeurs) qu’il appelle des « intellos ».

Mais il vivra une histoire d’amour avec Miss French, professeur de littérature, qui lui redonnera le goût d’écrire, en lui faisant prendre conscience du fait que l’un de ses romans, qu’il n’arrivait pas à terminer, est en fait fini, et que c’est un grand livre.

Seulement la liaison tournera court à cause des débordements occasionnés par son ivrognerie, et il se mariera avec une prostituée « juste parce qu’il en a marre d’être seul » : elle se sacrifiera pour lui et tombera sous les balles d’un psychopathe jaloux qui voulait tuer Dave.

La fin est bouleversante, et je ne connais pas beaucoup de films qui atteignent à ce niveau de tragédie.

Dave est en fait déchiré entre le plan spirituel (on le voit au changement de musique lorsqu’il déballe ses quelques livres: Faulkner, Wolfe,… de son sac militaire dans la chambre d’hôtel où il échoue au début) et le plan vital : l’alcool sert à combler le gouffre entre les deux.

Il méprise les « intellos » parce que ceux ci transforment l’esprit en creux débats autour des livres.

Or les livres (les vraies œuvre d’art ou de philosophie) ne sont pas des sujets de conversation, mais des vaisseaux, des caravelles en route non pas vers les Indes ou l’Amerique comme celles de Christophe Colomb, mais vers le « ciel » c’est à dire l’ordre de l’esprit.

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2 réflexions au sujet de « Comme un torrent (Some came running) de Vincente Minnelli(1958) »

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