#BrunschvicgIntroduction c’est vers l’esprit qu’il faut se tourner pour résoudre le problème religieux

Comme je l’ai précisé ailleurs, ce hashtag #BrunschvicgIntroduction sera consacré au livre datant de 1900 de Léon Brunschvicg:

« Introduction à la vie de l’esprit »

Une œuvre de jeunesse donc, mais qui contient déjà tous les thèmes de la philosophie brunschvicgienne, qui seront pleinement développés dans les quatre décennies qui suivront.

https://mathesisuniversalis2.wordpress.com/2015/08/31/brunschvicgintroduction-leon-brunschvicg-introduction-a-la-vie-de-lesprit/

Comme ce livre est l’un des seuls à ne pas être accessible gratuitement sur le web, j’en donnerai de courts extraits avec un commentaire, et commencerai par le cinquième et dernier chapitre : « La vie religieuse », et ceci d’autant plus qu’il existe dans la Revue de métaphysique et de morale de 1900 un texte portant le même titre et traitant du même thème, mais différent, on peut le lire ici page 1 à 22:

http://visualiseur.bnf.fr/CadresFenetre?O=NUMM-11054&I=2&M=chemindefer

En fait l’article de la Revue de métaphysique et de morale ne diffère du chapitre 5 du livre (tel qu’il est dans l’édition Hermann parue récemment, avec la préface d’André Simha) que par la première page, jusqu’à ce passage page 2 (au milieu de la page à peu près) : « nous devons dire que la nécessité est la loi de la matière… ».
Après cela, il y a quelques différences légères, mais l’on a en gros le texte du dernier chapitre du livre.
Cette première page de l’article est très importante : nous y comprenons que dès 1900 Brunschvicg oppose le plan vital, ordre de la matière, et de la vie (bios), ordre de la chair et de la « nature », au plan spirituel, ordre de l’esprit.
Le premier plan est sous le règne de la nécessité : au premier chapitre du livre Brunschvicg a décrit l’Univers comme un ensemble de mouvements et de chocs de ces mouvements contre des obstacles. Il reprend cette description page 1, en notant que la vie religieuse ne saurait concerner l’homme en tant que celui ci est considéré comme un corps, car le corps, comme l’Univers, consiste tout entier en mouvements qui sont la conséquence nécessaire des mouvements qui les précèdent. Sans l’action d’êtres libres, non soumis à la nécessité qui est la loi de la matière, l’Univers serait entièrement prévisible à une science physique parfaite.

En même temps l’argumentation de la page 1 détruit toute possibilité d’imaginer une intervention surnaturelle dans l’ordre de la matière soumis totalement à la nécessité, la négation de l’odre surnaturel de la grâce de Pascal dans la « *Querelle de l’athéisme » de 1928 est là en germe : car s’il existait une relation de causalité entre l’organisme de l’homme et une « force supérieure qui présiderait aux mouvements de la matière », celle ci demeurerait une relation physique, extérieure à l’intimité des êtres, et détruirait tout liberté de penser, toute autonomie de la volonté, et donc en même temps toute possibilité de vie religieuse, « forme la plus haute de la vie spirituelle ».

Première conclusion de Brunschvicg, conclusion évidente : matérialisme et vie religieuse sont incompatibles.
Mais il aura dit quelque chose de plus dans les lignes au dessus : si la vie religieuse ne peut exister que dans la liberté et l’autonomie, il ne peut y avoir de vie spirituelle ni religieuse pour un moulin à prières, « ni pour un individu qui à l’aide de formules littérales et de gestes traditionnels devant des idoles, essaie de prendre contact avec une puissance matérielle qui le dominerait, et de se procurer ainsi un accroissement de prospérité physique« .

Nous ne comprenons que trop ce que sont ces formules littérales (comme des mantras ou bien le début de la sourate Al Fatiha du coran), ces gestes traditionnels, comme ceux de la prière, et ces idoles que les individus dits « croyants » essaient d’approcher pour obtenir des « récompenses dans l’au delà »….

Nous devons donc conclure : la vie religieuse est incompatible avec le matérialisme donc avec les…religions telles qu’elles existent depuis le début de l’histoire humaine jusqu’à aujourd’hui.

il faut donc se détourner du plan de la matière, de la vie, et de la nécessité, et se tourner vers l’esprit pour résoudre le problème religieux qui s’énonce:

« est ce que l’existence spirituelle de l’homme implique l’existence d’un principe qui dépasse l’individu qu’il est et l’instant où il vit et qui permette de fonder la réalité de la vie religieuse, c’est à dire la réalité de la liberté et de l’uatonomie? »

A partir de là le texte de la Revue et le texte du chapitre 5 du livre se rejoignent…pour commencer sur une réponse à la question qui ne peut pas ne pas se poser :

« oui, mais qu’est ce que c’est que cet « esprit » dont on nous rebat les oreilles sans jamais nous dire ce que c’est ? »

et voici la réponse :

« 

L’esprit est la faculté d’inventer des rapports

 »

4 réflexions au sujet de « #BrunschvicgIntroduction c’est vers l’esprit qu’il faut se tourner pour résoudre le problème religieux »

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