#BrunschvicgRaisonReligion : conversion à l’intériorité

Un des points fondamentaux de la pensée de Brunschvicg, c’est que le « mirage de la Transcendance » est remplacé par l’intériorité : « ne levez plus les yeux vers les hauteurs car le Royaume des cieux est en vous », le Royaume des cieux, ou les cieux du verset 1 de la Genèse , étant le plan de l’Idée : l’évangile rejoint Platon et si cela avait toujours été le cas, si l’aristotelisme s’était limité à infecter les penseurs musulmans et juifs d’Al Andalous au lieu de contaminer aussi l’esprit européen via l’averroïsme latin et le thomisme le christianisme serait vraiment devenu cette religion universelle, ce catholicisme qu’il voulait être, « tymologiquement parlant, et nous ne nous trouverions pas actuellement pris dans une nouvelle guerre de religions qui s’annonce encore plus atroce que celle d’il y’a quatre siècles, dont Montaigne fut le témoin.
Au lieu de cela il fut depuis le concile de Nicée le principal vecteur de la confusion du psychique-biologique et du spirituel, c’est à dire du plan vital et du plan de l’Idée qui aboutit de nos jours à ce matérialisme démocratique que vitupère Alain Badiou :
Formule du matérialisme démocratique : »il n’y a que des corps et des langages » qui peut se dir aussi « il n’y a que des corps et des psychés » ou  » des corps et des âmes  » (credo du concile de Nicée) et Bediou de rajouter les vérités éternelles de Descartes  » sinon qu’il y a des vérités éternelles  » et comme disait Btunchvicg :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/ecrits_philosophiques_t1/ecrits_philosophiques_t1_intro.html

« Et la même opposition, Orient et Occident pour parler un langage géographique, mais qui est aussi moyen âge et civilisation du point de vue historique, enfant et homme du point de vue pédagogique, a fait le fond de la littérature platonicienne. Quel est le rapport de la mythologie, fixée par le « Moyen âge homérique », à la dialectique issue des progrès de la mathématique ? Le problème s’est resserré sur le terrain de l’astronomie où devaient entrer en conflit, d’une façon décisive, le spiritualisme absolu de Platon et le réalisme d’Aristote. La valeur essentielle de la science, suivant Platon, est dans son pouvoir d’affranchissement à l’égard de l’imagination spatiale. Telle est la doctrine qui est au centre de la République. Selon le VIIe Livre, l’arithmétique et la géométrie ont une tout autre destinée que d’aider les marchands dans leur commerce ou les stratèges dans la manœuvre des armées ; elles élèvent l’âme au-dessus des choses périssables en lui faisant connaître ce qui est toujours ; elles l’obligent à porter en haut son regard, au lieu de l’abaisser, comme on le fait d’habitude, sur les choses d’ici-bas. Encore Platon n’emploie-t-il ces métaphores que pour avoir l’occasion d’insister sur leur sens métaphorique. Dans la considération de l’astronomie, enfin, la doctrine livre son secret, par l’antithèse qu’elle établit entre le réalisme de la matière et l’idéalisme de l’esprit, entre la valeur de la transcendance cosmique et la valeur de l’intériorité rationnelle. La dignité de l’astronomie n’est pas dans la supériorité locale de ses objets : « Tu crois donc que si quelqu’un distinguait quelque chose en considérant de bas en haut les ornements d’un plafond, il regarderait avec les yeux de l’âme et non avec les yeux du corps ?… Qu’on admire la beauté et l’ordre des astres dont le ciel est orné, rien de mieux ; mais, comme après tout ce sont des objets sensibles, je veux qu’on mette leurs objets bien au-dessous de la beauté véritable que produisent la vitesse et la lenteur réelles dans leurs rapports réciproques et dans les mouvements qu’ils communiquent aux astres, selon le vrai nombre et selon toutes leurs vraies figures. » Platon insiste encore d’une manière particulièrement significative dans le Phèdre : « Celui qui a le courage de parler de la vérité selon la vérité, doit chercher, à la fois un dehors du ciel et au delà de la poésie, ce qui existe sans aucune forme visible et palpable, objet de la seule intelligence par qui l’âme est gouvernée. »
Mais après Platon, ou du moins après Archimède, la spiritualité de la culture hellénique s’efface. L’animisme et l’artificialisme, qui caractérisent, selon les expressions de M. Piaget, la représentation du monde chez l’enfant, rentrent victorieusement en scène avec la métaphysique d’Aristote, incapable, pour parler avec M. Léon Robin, de « ménager de transition, sinon astrologique, entre l’intelligible et le sensible ». Dieu n’est plus ce qui est compris et aimé du dedans, tel l’Un-Bien de Platon ; c’est ce qui est imaginé en haut, c’est le moteur immobile auquel sont suspendues les âmes bienheureuses des astres ; l’ordonnance de la métaphysique aristotélicienne, de toutes les métaphysiques établies sur le modèle aristotélicien, implique une invention de créatures placées hiérarchiquement, c’est-à-dire situées topographiquement, au-dessus du monde sublunaire. La défaite de l’idéalisme platonicien sous les coups du réalisme aristotélicien engage la destinée de l’Europe pendant les vingt siècles qui vont s’écouler jusqu’à la renaissance cartésienne.

Une telle conclusion pourrait soulever quelques doutes : comme elle est capitale pour le problème que nous essayons de déterminer, on serait tenté de la rapporter à une sorte de construction rétrospective qui nous conduirait, par un procédé facile et fallacieux, là où nous avions pris le parti d’aboutir. Il est donc important d’invoquer ici des témoignages irrécusables. Or, l’écrivain qui a le plus fait au XIXe siècle pour exalter Aristote aux dépens de Platon, qui a célébré dans le cours de la spéculation aux premiers temps de l’ère chrétienne « l’avènement de l’Aristotélisme à la domination universelle », Félix Ravaisson, lui-même, a signalé l’intérêt pathétique d’une question posée par le représentant le plus autorisé de l’école péripatéticienne, par Théophraste : « Tandis que le philosophe (écrit-il en parlant d’Aristote), qui a reconnu dans la pensée le principe de tout le reste, préoccupé cependant d’une vénération superstitieuse pour le monde physique, voit encore dans le mouvement régulier des sphères célestes la plus haute forme de la vie, et n’hésite pas à mettre la condition des astres fort au-dessus de celle des humains, Théophraste se demande si le mouvement circulaire n’est pas au contraire d’une nature inférieure à celui de l’âme surtout au mouvement de la pensée, duquel naît ce désir où Aristote lui-même a cherché la source du mouvement du ciel.  »
Juste au moment où j’écris cet article vient de paraître un livre de l’économiste Daniel Cohen :

« Le monde est clos, et le désir infini »

 

Et Robert Redeker, pou qui j’ai le plus profond respect, vient de faire paraître un essai sur le fin du « progrès » :

« Le progrès ? Point final! »

Or le plan vital est effectivement fini (d’où’ la validité des thèses existentialistes de la finitude) alors que le plan spirituel est Infini .Mais le désir en tant que psychique appartient au plan vital et ne peut donc être infini. C’est la volonté humaine qui est infinie selon Descartes.
Que le progrès technique soit terminé, c’est plutôt une Bonne Nouvelle (=évangile) et il est évident que l’idéologie progressiste était basée sur un malentendu : le confusion du progrès technique et du progrès spirituel, qui ne peut se heurter à aucune limite puisque le plan spirituel est Infini , et quiconque a lu  » le Progrès de le conscience dans la philosophie occidentale « de Brunschvicg ne peut mettre en doute ce progrès là :
http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/progres_conscience_t1/progres_conscience_t1_intro.html
(introduction)
http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/progres_conscience_t1/progres_conscience_t1.html

(tome 1)

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/progres_conscience_t2/progres_conscience_t2.html

(tome 2)

Mais revzenons maintenant au chapitre 3 de « Raison et religion » :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/raison_et_religion/raison_et_religion.html

la confusion du biologique et du spirituel ,i ne fut pas pour rien dans la catastrophe de 1940 où les « israélites) (Brunschvicg compris, Simon Weil son élèvre récalcitrante comprise, laquelleadressaon le sait une lettre fort spirituelleà son ministère de tutelle qui voulait la radier des cadres de l’enseignement: »si vous fates allusion à ma race vous devriez savoir qu’il y a loi des juifs modernes aux hébreux de la bible et si vous faites allusion à ma religion sachez que je suis rarement entrée dans une synagogue » Brunschvicg aurait pu répondre de même , lui qui  ne fit au culte juique cette seule concecssion de se marier en 1899 à la synagogue de la rue de la victoire avec sCécile Kahn alors que celle ci (future ministre du premier cabinet Blum en 1936) était en total accord avec lui sur les idéaux laïques propres aux « libres penseurs  » et sur l’autonomie de l’esprit qui doit être le but f’un enseignement vraiment laïque qui existait encore sous le 3ème république grâce aux « hussards noirs « . De nos hours l’idéel de laïcité et d’autonomieest de noucveau jeté aux orties à cause de lacontemporaine confusion du biologique et du spirituel qui se montre avec évidence dans un pseudo -concept tel que celui d »islamophobie  avec les accusations de racisme et de bê te immonde qui vont vavec comme si les musulmans étaient une race biologique .

Mais l’on doit reconnaître que si tant de parents ne violaient pas la conscience de leurs enfants en voulant à toutes forces qu’ ils soient du même culte que leur famille , cette confusion ne serait pas aussi facile.

Dans le chapitre 3 de « Raison et religion » elle est associée au sogme du péché originel (page 55 ) :

« Concluons donc : le dogme de l’hérédité du péché n’a pu naître que dans cette atmosphère de confusion entre le biologique et le spirituel, où nous avons aperçu la tare originelle dont nous avons à nous affranchir pour préciser le sens de la présence divine, non plus dans le monde, mais en nous. »

Cette tare originelle aboutit au matérialisme démocratique occidental, c’est à dire à l’athéisme qui consiste en le monisme du plan vital dans l’idéologie des « droits de l’homme » homme envisagécomme victime perpétuelle, mais il est surtout victime de cette idéologie qui le rend prisonnier  du plan vital en l’enfermant dans la pensée ontologique en envisageant  Dieu , comme le pensait Heidegger,comme un « super-étant »au lieu d’une Idée , Idée du Bien au delà de l’Etre qui est l’Idée de l’Un .Etc’est le mérite « éternel » de Badiou dans l’Etre et l’évènement d’avoir libéré l’esprit moderne de tourniquets qui semblent ne jamais finir du ‘Parménide  » de Platon dans cette formule ;

‘L‘Un n’est pas  »

ou encore

« ens et unum non reciprocuntur »

ce qui signifie mathématiquement :

la 2-catégorie Cat des (petites) catégories n’est pas équivalente à la catégorie (qui estun topos) Ens des ensembles

https://mathesisuniversalis.wordpress.com/2015/07/17/adjonction-3-dans-le-cadre-des-2-categories/

ou encore philosophiquement :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/heritage_de_mots_idees/heritage_de_mots.html

« Dieu ne naîtra pas d’une intuition tournée vers l’extérieur comme celle qui nous met en présence d’une chose ou d’une personne. Dieu est précisément ce chez qui l’existence ne sera pas différente de l’essence ; et cette essence ne se manifestera que du dedans grâce à l’effort de réflexion qui découvre dans le progrès indéfini dont est capable notre pensée l’éternité de l’intelligence et l’universalité de l’amour. Nous ne doutons pas que Dieu existe puisque nous nous sentons toujours, selon la parole de Malebranche, du mouvement pour aller plus loin jusqu’à cette sphère lumineuse qui apparaît au sommet de la dialectique platonicienne où, passant par dessus l’imagination de l’être, l’unité de l’Un se suffit et se répond à soi-même. Méditer l’Être nous en éloigne ; méditer l’unité y ramène. »

cette méditation de l’unité qui nous libèrera de la pensée ontologique nous la chcerchons dans la mathématique de Descartes à Grothendieck et nous l’appelons

 »

Henosophia TOPOSOPHIA μαθεσις uni√ersalis τοποσοφια MATHESIS οντοποσοφια ενοσοφια

 »

mais il semble que Brunschvicg, dans la suite du chapitre « Dieu » de son dernier  livre « Héritage de mots héritage d’idées » parle pour notre époque actuelle quand il dit ceci :

« Dans les siècles qui nous séparent de Platon le débat s’est resserré autour de la notion du Verbe qui ne cesse de réapparaître, aussi ambiguë dans son expression que salutaire dans son principe. Déjà, nous avons eu l’occasion de le noter, l’école stoïcienne qui avait hérité du Logos héraclitéen s’est épuisée à vouloir qu’il soit tout ensemble l’énergie de raison qui fonde du dedans la liberté de l’agent moral et le ferment de vie qui entretient au dehors l’harmonie universelle. Comment admettre que ce processus d’identification recouvre réellement une opération effective alors que les idées en présence appartiennent à des plans hétérogènes, orientées en sens inverse l’une de l’autre inclinant le sage tantôt à dompter la nature et tantôt à la suivre ? Avec le Prologue de l’Évangile johannique le problème devient plus pressant encore et plus aigu ; ce qui est en cause désormais, ce n’est rien de moins que la relation de la chair et de l’esprit, du temps et de l’éternité.

Pascal relève du courant paulinien, l’inspiration rationnelle d’où procède l’appel à la lumière intérieure qui, après le péché comme avant, éclaire toute créature dès son entrée en ce monde, reste à l’arrière-plan. Le Christ se produit essentiellement dans l’histoire des hommes : c’est le Libérateur, dénouant la crise qu’avait ouverte le ressentiment du Père contre Adam et contre sa postérité. Dans le quiétisme, qui tente d’expérimenter l’anéantissement de la personne et la fusion de l’âme en Dieu, Jésus, plutôt que le médiateur de la grâce, est le modèle dont l’imitation parfaite nous vaudra l’union intime à l’Unité même. Et c’est en vain que Malebranche, par une liaison étroite entre les enseignements positifs de la science cartésienne et la ferveur d’une piété augustinienne, fera leur part aux deux caractères du Verbe selon le christianisme : Verbe incréé qui consacre l’intelligibilité intrinsèque des rapports de grandeur, Verbe incarné, qui a rétabli l’ordre des rapports de perfection rompu par les suites de la faute originelle. Fénelon et Arnauld se dressent durement contre lui, qui tous deux cependant seront en but aux plus violents soupçons d’hérésie, faisant écho malgré eux à la parole dont leur adversaire commun avait ressenti l’amertume : la vérité engendre la haine…..

.Comment cependant se refuser à voir que l’évidence et la charité du cri vont plus avant que son intention déclarée ? On ne peut pas prononcer le mot dans une semblable explosion du cœur et désavouer l’idée en acceptant de restreindre l’étendue de son application aux symboles définis d’un Credo particulier. Ici toute limitation est littéralement une négation. Le fidèle du Coran est emporté par le même amour qui a entraîné le fidèle de l’Évangile. « Pourquoi, lorsque la nuit de l’Ascension Mohamed est parvenu jusqu’au Maître glorieux, a-t-il demandé seulement les croyants de sa communauté ? pourquoi n’a-t-il pas demandé tout le monde. » Et puisqu’il n’y a pas deux questions, il n’y aura pas deux réponse. La pieuse espérance ne serait pas encore satisfaite si l’heure bénie sonnait où le monde chrétien cesserait d’être livré à la dispute des Églises, puisqu’elle laisserait en dehors les deux tiers de l’humanité ; la majorité même ne suffirait pas ; il lui faut la totalité tournée unanimement vers un Dieu unanime, sur lequel aucune créature ne prétendra plus imprimer les marques humaines d’une certaine histoire et d’une certaine psychologie, un Dieu si uniquement et si radicalement un que nous devons soupçonner un germe d’athéisme renaissant dans le moindre vestige de division qui subsisterait au ciel ou sur la terre….

Déjà dans l’ordre économique Platon dénonçait la distinction du mien et du tien, l’instant d’appropriation, comme les obstacles auxquels se heurtent l’avènement de la justice et le règne de la paix ; à plus forte raison nous garderons-nous de les transporter dans la cité divine, de dire : Mon Dieu est mien et n’est pas tien. Une profession d’universalisme peut ne recouvrir qu’un appétit de conquête et d’annexion qui ruinerait à l’avance l’espoir d’une universalité véritable ; l’exigence d’unité commande d’exclure toute exclusion. Elle nous interdit de détourner notre regard et notre ambition de la communauté où les hommes entreront, de quelques mots qu’ils se servent, soit pour se flatter et s’honorer eux-mêmes, soit pour se diffamer et se déchirer entre eux. Car sur tous, huguenots ou papistes aux « noms diaboliques », hérétiques ou orthodoxes, fidèles ou infidèles, idolâtres ou « païens », car sur tous, a rayonné la lumière du Verbe intérieur ; et cela suffira pour les reconnaître susceptibles d’être selon l’admirable expression que nous empruntons à M. Arnold Reymond « orientés du côté de Dieu », et pour les accueillir à titre également fraternel.

Ce qui a pu mettre en défiance certaines bonnes volontés et les empêche trop souvent d’aller « jusqu’au bout » de leur cordiale impatience, c’est, nous semble-t-il, une confusion trop fréquente entre les tendances, contraires cependant, de la religion dite naturelle et d’une religion proprement spirituelle. La facilité avec laquelle Voltaire se rallie à la preuve thomiste de l’existence de Dieu par la causalité physique montre qu’il se place sur le terrain du réalisme où s’affrontent les thèses de la transcendance théiste et de l’immanence panthéiste, toutes deux caduques au regard de la réflexion critique. Et dès lors on comprend que la religion naturelle se soit bornée à effacer des représentations traditionnelles les particularités qui caractérisent les croyances de tel ou tel peuple, de telle ou telle confession, pour n’en retenir que le dessin schématique conformément au préjugéscolastique d’une raison qui consisterait dans la faculté de généraliser et d’abstraire.  A 1’inverse de cette attitude polémique et stérile, si la religion spirituelle considère les cultes établis, c’est pour s’associer du dedans à l’élan qui traverse leur histoire et pour les rapprocher de leur raison profonde. L’événement décisif de la tradition judéo-chrétienne, le passage de la Religion du Père, qui inspire la crainte, à la Religion du Fils, qui ne respire que l’amour, répond très exactement à ce moment précis de la dialectique du Banquet où Platon évoque le mythe de Cronos détrôné par Zeus ; par quoi est signifié la fin de l’ère de violence qui sévissait même dans les hauteurs célestes. La loi de nécessité s’est inclinée devant l’ascendant de la paix et de l’amitié depuis que règne sur les Dieux le plus jeune d’entre eux, qui est l’Amour. L’une après l’autre, pensée hellénique et pensée chrétienne ont été ainsi conduites dans la voie de l’expérience mystique.

Aucun spectacle n’est plus émouvant que de voir Dieu se dégager des voiles de l’analogie anthropomorphique, devenir en quelque sorte davantage Dieu, à mesure que l’homme se désapproprie lui-même, qu’il se dépouille de tout attachement pour l’intérêt de sa personne, sacrifiant dans le sacrifice même ce qui trahirait une arrière-pensée de consolation sentimentale, de compensation dans un autre monde et dans une autre vie. Celui-là défend l’honneur de Dieu qui peut se rendre ce témoignage :

J’ai parfumé mon cœur pour lui faire un séjour.

Sans y laisser rien pénétrer qui ait quelque rapport avec la souffrance, l’erreur ou le péché. Le Dieu auquel les mystiques ne demandent plus rien sinon qu’il soit digne de sa divinité, sub ratione boni, ne saurait avoir de part dans ce qui ne ressort pas de l’esprit ; il est au-dessus de toute responsabilité dans l’ordre, ou dans le désordre, de la matière et de la vie. Il est l’idée pure qui rejette dans l’ombre, non seulement l’idole populaire d’un Deus gloriosus que réjouirait l’encens des offrandes et des prières, dont un blasphème parti de terre provoquerait la douleur et la vengeance, mais encore l’image, « sensible au cœur », d’un Dieu apitoyable, qui permettrait à ses fidèles d’en appeler des arrêts de sa justice et tempérerait pour eux les impulsions de sa colère. »

La nécessaire conversion à l’intériorité c’est le conversion à la religion du Verbe, service rendu par la philosophie dans sa vérité platonicienne :

« Le service que rend la philosophie à la religion consisterait donc à mettre en évidence que c’est un même progrès de pensée dans le sens du désintéressement et de l’objectivité qui préside à la triple option dont nous nous sommes efforcés de préciser les conditions intellectuelles, qu’il s’agisse de l’homme ou du monde ou de Dieu. L’ennemi sera toujours le mirage de la chose ensevelie dans la matérialité de son expression verbale, qui fait que le moi s’acharne à la vaine poursuite d’une âme dissimulée derrière sa spiritualité, comme d’un Dieu caché par-delà sa divinité. Le réalisme se fait ombre à lui-même. »

les conditions intellectuelle de cette triple option ne sont rien d’autre que les trois opositions fondamentales : entre moi vital et moi spirituel, entre mon de imaginaire et monde spirituel ,entre Dieu divin et Dieu hulain qui au donf ne sont qu’une seule opposition :entre Dieu des philosophes et des savants et entre dieu d’Abraham, Isaac et Jacob qui avait déjà été thémarisée par Pascal dans le méporiel de 16564et que reprend Brunschvicg trois siècles plus tard dans la »querelle de l’athéisme »

https://mathesismessianisme.wordpress.com/la-querelle-de-latheisme-de-leon-brunschvicg/

« Le drame de la conscience religieuse depuis trois siècles est défini avec précision par les termes du Mémorial du 23 novembre 1654 : entre le Dieu qui est celui d’Abraham, d’Isaac, de Jacob et le Dieu qui est celui des philosophes et des savants, les essais de synthèse, les espérances de compromis, demeurent illusoires. Il est donc important de soumettre à l’examen les moments du processus spéculatif qui explique et qui, selon nous, commande la nécessité de l’alternative. » »

Or le Dieu qui est en nous en tant qu’Idée n’est pas le dieu hmain trop humain des métaphysiques illusoires, suprême danger de la vie de l’esprit:

« Ce danger pour la suprême satisfaction de la vie religieuse, les mystiques l’ont dénoncé ; ils ont su y découvrir l’effet d’une métaphysique illusoire. Mais s’ils sont demeurés isolés et secrets,  en dépit de l’admiration qui s’attache à l’exemple de leur sainteté, n’est-ce pas qu’ils se sont refusés à l’effort de réflexion méthodique qui est nécessaire pour rendre certain l’accès de la vie unitive ? Voulant sincèrement l’universalité, ils sont demeurés les yeux fixés sur le rêve d’une expérience privilégiée, capable d’atteindre  »

seulement ceci conduit à la tragédie quiesrtla nôtre ;

« Telle est la tragédie du mysticisme que l’intuition mystique s’échappe à elle-même dès qu’elle s’efforce de se prolonger pour porter, non pas seulement au-dehors et à autrui, mais au sujet même qui voudrait l’avoir éprouvée, témoignage de sa réalité. Le sentiment, qui devait s’installer dans l’absolu d’une parfaite unité, apparaît impuissant à triompher de l’ambiguïté qu’il ne cesse d’éprouver comme une menace et comme un péril. De là, dans notre tradition d’Occident, le spectacle dont le Banquet de Platon offre l’esquisse profonde et prophétique. Ou il arrivera que le mysticisme, embarrassé par la hauteur de son ambition, compromette son inspiration idéaliste, soit qu’il se tourne vers le monde pour faire la preuve d’un pouvoir surnaturel dans le maniement des choses et dans le cours des événements, soit qu’il se réconcilie avec la « fonction fabulatrice », se mettant à l’abri d’un groupe social, professant le mystère d’une secte, l’orthodoxie d’une Église. Ou bien il se dépassera lui-même, afin de suivre jusqu’au bout l’appel de lumière que Diotime découvrait à Socrate et dont elle annonçait qu’il s’épanouit dans la transparence intellectuelle du μἀθημα »

μἀθημα de Diotime qui s’acchève dans la Mahesis universalis de Descartes et l,unité absolue de Spinoza  dont Brunschvicg est l’héritier,ceque nous voulons démontrer ici dans les blogs 

« <strong>Henosophia TOPOSOPHIA μαθεσις uni√ersalis τοποσοφια MATHESIS οντοποσοφια ενοσοφια</strong> »

et ce n’est autre que l’objet des articles regroupés sous le hashtag #BrunschvicgRaisonReligion, dont celui ci, complétés par ceux du hashtag # GrothendieckTopos et ceux de la catégorie Mathesis universalis  ou « Henosophia μαθεσις uni√ersalis τοποσοφια Mathesis οντοποσοφια ενοσοφια »

Une réflexion au sujet de « #BrunschvicgRaisonReligion : conversion à l’intériorité »

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