Carol Reed : le troisième homme (1949)

j’ai revu ce film hier soir sur Arte avec une émotion toujours intacte , un film qui n’est pas réalisé par Orson Welles mais qui doit beaucoup à sa présence , on peut le voir ici en entier avec l’obsédante musique qui joue elle aussi un grand rôle dans le film :

mais pourquoi cette émotion ? et surtout cette année et dirais je spécialement en cette soirée d’hier lundi ? sans doute parce qu’il se produit en ce moment une sorte de téléscopage de l’histoire , entre 1945 et 2015 . Hier vers 19 heures sur les chaines d’information comme BFM TV l’ONU nousajoué une sorte de film avec en « guest stars » Obama, Poutine et Hollande , qui n’a toutefois pas tout à fait le physique de l’emploi, celui par exemple de Cary Grant dans « North by Northwest  » d’hitchcock en 1959 (« La mort aux trousses « ), dont un épisode particulièrement spectaculaire se déroulait justement à l’ONU , mais passons sur le « film » de la communauté internationale liguée contre Daesh comme elle l’était il y a 70 ans contre Hitler (tout en soulignant qu’il existe bien un e forte ressemblance entre Le Führer et le Calife Al Baghdadi) et revenons au « troisième homme qui se passe dans la Vienne devastée par les bombardements et quadrillée par les armées des quatre puissances d’occupation )de l’immédiat après guerre.

Un film qui me faitpenser à un autre chef d’oeuvre,cinématographique : la trilogie d’Axel Corti « Welcome in Vienna » (sortie en 1986 ) :

un chef d’oeuvre sur lequel j’avais écrit cette page :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/dieu-croit-il-encore-en-nous/

l’intrigue se déroule comme pour le « troisième homme  » dans la vienne d’après guerre et éclaire dune lumière siniste l’incapacité humaine à rester, à endurer l’atmosphère d’héroisme moral qui avait été celle de la guerre et de la Résistance pour retrouver les vieux « réflexes » du « plan vital » : concurrence vitale pour le pouvoir, la richesse et les femmes …jusqu’à aujourdhui, 70 ans après, où nous nous retrouvons exactement dans la même siuation, comme si rien n’avait été fait entre temps pour le « progrès de la conscience  » humaine universelle .

C’est que le plan vital ne connait par lui même aucun progrès , seulement l’évolution par la survie des plus « aptes » des plus forts , c’est un éternel ressassement absurde que déjà Dos Passos avait décrit dans ses grands romans comme « Manhattan transfer » ou « 42eme parallèle » ou encore « La grosse galette »et c’est bvien cela, cette séparation entre les deux plans, plan vital et plan de la conscience, qui sépare les deux amis, Wolff et Adler, deux juifs autrichiens revenus sous l’uniforme américain ..Adler, tenté par le communisme, sera finalement avalé par le plan vital et ses tentations de pouvoir et de puissance, alors que Wolff quittera Vienne en solitaire désabusé sous la neige

Dans le « Troisième homme  » c’est Harry Lime (Orson Welles) qui tient le rôle d’Adler et son ami Martins (Joseph Cotten) , petit écrivain médiocre et alcoolique qui le livrera à la police.

Le film était suivi (hier sur Arte ) d’un documentaire sur la carrière de Welles qui se dépeint lui même comme « parti de très haut  » (la réussite exceptionnelle de « Citizen Kane  » en 1941) et n’ayant pas cessé de descendre depuis .C’est exactement la même évolution que suit Harry Lime dans l’esprit de son ami admiratif Martins, ou bien Adler dans « Welcome in Vienna  » et c’est le destin de tous ceux qui se fient aux promesses du plan vital, domaine de l’entropie.

 

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/quelques-citations-eparses-de-brunschvicg-particulierement-eclairantes-voire-illuminatrices/

« une philosophie de la conscience pure, telle que le traité de Spinoza « De intellectus emendatione » , en a dégagé la méthode, n’a rien à espérer de la vie, à craindre de la mort. L’angoisse de disparaitre un jour, qui domine une métaphysique de la vie, est sur un plan; la certitude d’évidence qu’apporte avec elle l’intelligence de l’idée, est sur un autre plan«  »

 

Une réflexion au sujet de « Carol Reed : le troisième homme (1949) »

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