The big short

Je ne vais plus au cinéma, et pas à cause de mes craintes d’attentat qui sont réelles, mais parce que je supporte de moins en moins l’ambiance de salles de cinéma.Je viens de voir ce grand film seul dans ma chambre (noire) sur un site de streaming ; un film qui comporte beaucoup de citations et commence avec une de Mark Twain qui dit en gros ( je ne l’ai pas apprise par coeur):

« Ce n’est pas ce que vous ignorez qui vous attire les plus gros ennuis, mais ce dont vous êtes certain alors que ce n’est pas vrai » »

C’est le plan vital et son illusion de solidité et de « substantialité » qui est visé là et cette illusion est bien symbolisé par la fausse certitude de solidité de roc qui était celle des placements immobiliers dans la tête de tout le monde, investisseurs, gérants, traders, « experts en tous genres » avant la « crise des sub primes » de 2008. Seulement il est arrivé que la complexité de la titrisation, consistant à empiler des prêts hypothécaires de plus en plus risqués dans l’enveloppe de produits financiers vendus (par les banques) comme sans risques, sous l’étiquette AAA accordée par les agences de notation complices de la fraude
Comment le marché immobilier américain pouvait il s’effondrer entraînant avec lui toute l’économie mondiale par l’intermédiaire de faillites en série de banques « attrapées » au piège des CDO, ces paris en série sur d’autres paris garantis par des mécanismes de couverture du risque eux mêmes de plus en plus complexes et risqués ? Comment les ménages américains pouvaient ils en masse cesser de rembourser leurs prêts immobiliers? Et comment ces obligations hypothécaires appelées « subprimes », empaquetés dans des produits synthétiques complexes vendus comme sans risques par des banquiers en apparence au dessus de tout soupçon, pouvaient elles se révéler n’être que de « la merde » (junk bonds ») et ne valoir absolument rien , comme une « experte » nue dans son bain et ressemblant à une « escorte »nous le démontre au début du film ? Nous savons maintenant que ces prêts avaient été consentis par des organismes financiers sans scrupules, à des ménages qui ne présentaient pas les garanties suffisantes de remboursement, et que ces stratégies financières risquées avaient pour seul motif le profit financier immédiat, sur le dos bien sûr de ces familles qui n’avaient pour seule richesse que des « shit jobs » soumis aux aléas de la conjoncture qui « est une grosse pute » comme l’observe finement Gad El Maleh à la fin du film « Le capital » de Costa-Gavras, voir:

https://horreurislamique.wordpress.com/2012/11/27/le-capital-film-de-costa-gavras/

Shit jobs, junk bonds (boulots de merde, obligations pourries) , strings, seins nus strip-clubs tout cela s’enchaîne dans une ambiance à donner le tournis et se résume en un seul mot qui résume à lui seul le « plan vital » et ses mensonges : GREED (cupidité). Or nous savons que rien n’est réglé ,les banques ont empoché l’argent des cons tribuables américains pour combler leurs pertes ( dont seul était responsable leur appétit d’enrichissement illimité) .En 2015 les banques recommencent à vendre, sous un nom différent, des CDO. Me promenant la semaine dernière à Londres, j’ai vu, non loin de Trafalgar square, un groupe de jeunes danseurs rockers dont l’un portait un tee-shirt «  GREED IS GOOD »…à une dizaine de mètres de là des islamistes faisaient de la retape …comment s’en étonner ? C’est là la loi du plan vital , aussi dépeint dans le film de Max Ophuls  » La ronde »…la ronde des amours « éternelles » et des générations qui se renouvellent … Avant 2008 quelques originaux dont la seule originalité était de « regarder » (to look) au lieu de se ruer comme les autres à la chasse au profit immédiat avaient prévu ce qui allait arriver. Par mi des « experts » avaient calculé que les subprimes ne vaudraient bientôt plus rien et que jouer contre elles sur les marchés d’options pourrait un jour rapporter très gros. Nous disons ici depuis longtemps que le « plan vital » caractérisé par la finitude vaut exactement zéro relativement à l’Infini du plan spirituel… Autre version du « zéro et l’infini » de Koestler. Seulement ici pas de possibilité d’enrichissement par des swaps…possibilités qui appartiennent au plan vital et à ses illusions entachées de finitude… Voir « Melmoth réconcilié » de Balzac:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/jaurai-donc-euphrasie-dit-le-clerc-balzac-melmoth-reconcilie/

Ce n’est pas tel ou tel monde (capitaliste, communiste)qui est « pourri » et ne vaut rien , promis à la « fin du monde » que « chacun souhaite dans le secret de son coeur » selon une autre citation du film. C’est le monde, le plan vital des générations successives , de l’amour et de la mort donc, qui est fini et donc forcément promis à la FIN… »dans un bang ou dans un murmure »: voilà la certitude, intellectuelle et non pas empirique qui doit remplacer la fausse certitude de solidité-stabilité et de cohérence du « monde » promis à l’anéantissement.
« Oui mais dans ce cas on ne fait plus rien, tout se vaut pourquoi lutter contre le Mal : nazisme, Islam, DAESH, ? » me fera t’on observer…
« Pas pour protéger sa vie, pas pour des motifs de l’ordre du plan vital mais pour des Idées, appartenant au plan spirituel ». Sans cependant prôner le suicide qui n’est autre comme le faisait observer Schopenhauer que la suprême aporie de plan vital, masque du désir d’un plan vital, d’un monde qui serait plus conforme à nos désirs. Il faut écouter la vois d’André Simha dans son « manifeste pour l’autonomie » au début de « L’introduction à la vie de l’esprit » de Brunschvicg et remplacer le suicide par la dés-individuation (qui consiste à « effacer ses traces » donc tout ce qui nous rend finis, puisque comme le dit Spinoza  » toute détermination est négation »:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2016/01/24/brunschvicgintroduction-un-manifeste-pour-lautonomie/

Toutes nos conduites humaines , observées dans l’Histoire » en vue d’améliorer les sociétés et qui vont souvent jusqu’à la guerre, nous sont inspirés par l’Idée de Perfection en nous, qui n’est autre que le Dieu des philosophes et des savants « aperçu par la Raison désintéressée » (dit Brunschvicg dans  » Raison et religion »). Seulement si l’Idole du plan vital, le Dieu qui se choisit dans le Coran une « meilleure des communautés, ordonnant le louable et interdisant le blâmable  » , la oumma islamisa, prend la place du Dieu qui est Idée orientant la Raison, alors il se passe ce qui se passe aujourd’hui: une partie du monde , se fiant au calcul plutôt qu’à la mathesis désintéressée, entasse biens et richesses, que l’autre moitié du monde menée par l’Idole du plan vital qui est « GREED » sous un autre nom veut conquérir par le JIHAD. 2015 succède à 2008, et « Salafistes » à « The big short »
  

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