#BrunschvicgProgres homo faber  et homo sapiens

Pour la paléo anthropologie moderne, nous sommes tous, nous tous qui vivons actuellement , des homo  sapiens : il s’agit d’une espèce appartenant au genre homo, la seule qui soit encore en vie actuellement apres l’extinction des deux dernière autres espèces humaines: l’homme de Florès ( d’après le nom de l’île de Florès ou a été découvert un squelette de cette espèce)

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Homme_de_Florès

et l’homme de Néanderthal qui a cohabité avec homo sapiens en Europe jusqu’à son extinction en -28000 à peu près (ou -40000 selon certains):

http://www.lefigaro.fr/sciences/2012/10/29/01008-20121029ARTFIG00540-homo-sapiens-et-neandertal-ont-coexiste.php

Il semble même qu’il y ait eu des métissages entre les deux espèces…

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Homo_sapiens

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Homme_de_Néandertal

En raison de ce métissage 1% à 4% du génôme des humains actuels non africains remonterait aux Néanderthaliens:

http://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/20100506.OBS3562/il-y-a-un-peu-de-neandertal-en-nous.html

Léon Brunschvicg utilise le terme « homo sapiens » d’une manière très différente, dans les premières pages d’introduction du « Progrès de la conscience dans la philosophie occidentale »:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/progres_conscience_t1/progres_conscience_t1_intro.html

C’est en Grèce antique , parmi les Pythagoriciens, que seraient apparu les premiers homo sapiens:

« C’est au pythagorisme surtout que l’hellénisme a dû la création de la méthodologie mathématique, c’est-à-dire l’apparition de l’homo sapiens, entendu, non au sens ordinaire de l’anthropologie par opposition à l’animal, mais dans sa pleine acception qui l’oppose à l’homo faber des sociétés orientales : « Dans tous les domaines de connaissance, dit Gaston Milhaud, les peuples de l’Orient et de l’Égypte avaient transmis aux Grecs un nombre considérable de données, de règles, de procédés utiles à la vie de tous les jours. Les Grecs… voulurent comprendre la raison de ce qui leur était donné comme un ensemble de procédés empiriques… Les propositions mathématiques que sut formuler la science grecque vinrent merveilleusement prouver que l’esprit, en se repliant sur lui-même, et en s’exerçant sur les données qui lui sont apportées du dehors, est capable de créer un ordre nouveau de connaissances, se distinguant par sa précision et par son intelligibilité, par sa rigueur et par son évidence.

Louis Weber, commentant les remarques de Gaston Milhaud, ajoute : « Cette étape de la civilisation est un moment décisif dans l’histoire du progrès. Sans parler des peuples sauvages, derniers vestiges de l’enfance de l’humanité, qui végètent encore sous nos yeux, on ne connaît pas de sociétés, en dehors du monde hellène, qui l’aient spontanément franchie, au moyen des seules ressources de leur génie propre… Mais la curiosité scientifique et la discipline corrélative n’ont pas fait, pendant l’antiquité, d’adeptes en dehors du monde grec, qui est ainsi resté séparé des barbares par des différences intellectuelles beaucoup plus profondes que des accidents de religion, de coutume et de mœurs « 
Homo Faber peut aussi être vu comme pouvant muter en « homo credulus », homme religieux et dévôt : il s’oppose à homo sapiens lors du schisme des pythagoriciens entre les premiers mathématiciens attachés à l’universalité de la Raison vérifiable dans les démonstrations et les « acousmatiques » qui sont plutôt tournés (avec une passion aveugle) vers « l’élément sacramentel et mystérieux de la Révélation » :

« Il est à  remarquer que le conflit des tendances n’est pas resté à l’état latent : il y a eu, sans doute vers la fin du Ve siècle, un schisme dans la Société pythagoricienne, et qui a mis aux prises Mathématiciens et Acousmatiques. Ceux-ci (et les expressions dont se sert M. Robin sont tout à fait significatives), « pour conserver à l’Ordre une vie spirituelle, parallèle à celle de l’Orphisme et capable de la même force d’expansion ou de résistance, s’attachèrent avec une passion aveugle à l’élément sacramentel et mystérieux de la révélation, à des rites et à des formules : les Acousmatiques ont voulu être des croyants et des dévots. Les autres, sans abandonner formellement le credo des premiers, en jugèrent l’horizon trop étroit : ils voulurent être, et eux aussi pour le salut spirituel de leur Ordre, des hommes de science. Mais cela n’était possible qu’à la condition de renoncer à l’obligation du secret mystique et de justifier rationnellement des propositions doctrinales. Aux yeux des dévots, ces savants étaient donc des hérétiques. Mais ce sont eux, hommes de la seconde génération pythagorique, qui ont transformé en une école de philosophie l’association religieuse originaire. C’est pourtant celle-ci, réduite à ses rites et à ses dogmes, qui a survécu jusqu’au réveil néo-pythagoricien. » « 

C’est lors de ce conflit qu homo Faber s’est transformé en homo credulus et a ainsi vaincu homo sapiens son vainqueur:

« 3. Il y a plus : si on laisse de côté ces barbares qui, après avoir asservi la Grande-Grèce et tué Archimède, ont jusqu’à la Renaissance régné sur le monde méditerranéen , il reste qu’à l’intérieur du monde hellénique, et en commençant par l’école de Pythagore, la lumière de la sagesse n’a été qu’une apparition fugitive. C’est qu’en effet l’opposition entre le savoir-faire empirique et la réflexion sur les principes et les méthodes ne correspond qu’à l’aspect de la question le plus abstrait et le plus spéculatif : « L’homo faber, remarque M. Thibaudet, a pu être défini aussi un animal religieux . » C’est-à-dire que l’homo sapiens a eu à se confronter, non seulement avec l’homo faber, mais encore avec l’homo credulus. L’antithèse n’est plus, de ce point de vue, celle de la technique et de la science ; c’est celle du langage et de la pensée : « Le langage est un instrument, un outil. C’est l’outil de la technique sociale, de même que le coup de poing, la massue, la flèche, sont des outils de la technique matérielle. Mais avec cet instrument nouveau s’introduit une perception de la causalité qui, pour l’homme inculte, n’a rien de commun avec la causalité mécanique. Le geste et la parole sont des agents dont l’efficacité se traduit par son seul résultat, sans véhicule sensible… Le pouvoir magique des noms se trouve dans mainte religion, et les terribles châtiments qu’encouraient, il n’y a pas bien longtemps encore, les blasphémateurs sont une preuve, entre autres, de la survivance des croyances de ce genre, qui ont régné chez tous les peuples.« 

« Ces observations contiennent le secret de l’histoire du pythagorisme. L’homo sapiens, vainqueur de l’homo faber, y est vaincu par l’homo credulus. Grâce aux démonstrations irréprochables de l’arithmétique pythagoricienne, l’humanité a compris qu’elle possédait la capacité de se certifier à elle-même, non pas des vérités qui seraient relatives au caractère de la race ou du climat, subordonnées au crédit des magiciens ou des prêtres, à l’autorité des chefs politiques ou des pédagogues, mais la vérité, nécessairement et universellement vraie. Elle s’est donnée alors à elle-même la promesse d’une rénovation totale dans l’ordre des valeurs morales et religieuses. Or, soit que l’homo sapiens du pythagorisme ait trop présumé de sa force naissante, dans la lutte contre le respect superstitieux du passé, soit qu’il n’ait même pas réussi à engager le combat, on ne saurait douter que le succès de l’arithmétique positive ait, en fin de compte, servi d’argument pour consolider, pour revivifier, à l’aide d’analogies mystérieuses et fantaisistes, les propriétés surnaturelles que l’imagination primitive associe aux combinaisons numériques. La raison, impatiente de déployer en pleine lumière sa vertu intrinsèque et son efficacité, s’est heurtée à ce qui apparaît du dehors comme la révélation d’une Parole Sacrée, témoin « le fameux serment des Pythagoriciens : « Non, je le jure par Celui qui a révélé à notre âme la tétractys (c’est-à-dire le schème décadique formé par la série des quatre premiers nombres) qui a en elle la source et la racine de l’éternelle nature… » Le caractère mystique du Pythagorisme (ajoute M. Robin) se révèle encore par d’autres indices : c’est caché par un rideau, que le Maître parle aux novices, et le fameux : Il l’a dit (αὐτὸς ἔφα) ne signifie pas seulement que sa parole doit être aveuglément crue, mais aussi que son nom sacré ne doit pas être profané »
« 
Cette promesse d’une « rénovation totale dans l’ordre des valeurs morales et religieuses » (que l’humanité s’est donnée à elle même) a été tenue près de vingt siècles plus tard avec l’apparition de la science et de la philosophie modernes chez Descartes et Galilée :

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/quelques-citations-eparses-de-brunschvicg-particulierement-eclairantes-voire-illuminatrices/

« Le fait décisif de l’histoire, ce serait donc, à nos yeux, le déplacement dans l’axe de la vie religieuse au XVIIe siècle, lorsque la physique mathématique, susceptible d’une vérification sans cesse plus scrupuleuse et plus heureuse, a remplacé une physique métaphysique qui était un tissu de dissertations abstraites et chimériques autour des croyances primitives.L’intelligence du spirituel à laquelle la discipline probe et stricte de l’analyse élève la philosophie, ne permet plus, désormais, l’imagination du surnaturel qui soutenait les dogmes formulés à partir d’un réalisme de la matière ou de la vie. L’hypothèse d’une transcendance spirituelle est manifestement contradictoire dans les termes ; le Dieu des êtres raisonnables ne saurait être, quelque part au delà de l’espace terrestre ou visible, quelque chose qui se représente par analogie avec l’artisan humain ou le père de famille. Étranger à toute forme d’extériorité, c’est dans la conscience seulement qu’il se découvre comme la racine des valeurs que toutes les consciences reconnaissent également. « 

Nous appelons ici ce « déplacement » , de façon quelque peu « extrémiste » et militaire (mais Descartes était un soldat, au propre et au figuré, comme Wronski son successeur d’ailleurs) une ligne de partage ou de démarcation des temps:

https://renatuscartesiusmathesisuniversalis.wordpress.com/descartes-la-ligne-de-demarcation-des-temps/
Cette ligne est le dernier mur, non pas entre « races » ou « espèces » (bien qu’on ne trouve pas d’analogue de Descartes chez les Néanderthaliens) , mais entre formes d’orientations spirituelles des consciences ( je récuse  absolument le  bien-fondé du concept des « races de l’esprit  » de Julius Evola car il témoigne d’une confusion entre les deux plans, vital et spirituel), mur qui ne sera pas détruit parce qu’il passe à l’intérieur de la conscience.
Or on sait que tout mur chagrine nos « belles âmes » modernes et progressistes :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2016/02/19/trepalium-sur-arte-une-enorme-foutaise/

Y compris celle du Pape qui déclare que l’obsession de construire des murs n’est pas chrétienne. Aussi notre époque à t’elle bâti à partir d’observations scientifiques indéniables une nouvelle façon d’unifier l’humanité et d’abattre les murs et les vilaines frontières :  » nous sommes tous des Africains » puisque nos ancêtres en tant qu’hommes modernes sont sortis d’Afrique il y a 80 000 ans (et les Néanderthaliens aussi mais il y a bien plus longtemps encore:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Origine_africaine_de_l%27homme_moderne

http://www.larecherche.fr/savoirs/paleoanthropologie/premiers-hommes-hors-afrique-01-10-2000-88175

Bien sûr des « hommes de mauvaise volonté » sans doutes mûs par des motivations un peu racistes refusent de monter dans le train de l’origine africaine unique, du berceau africain , osant même s’attaquer, les affreux pervers, à la gentille  » Ève africaine » qui pourtant ne demande pas grand chose, juste un peu d’amour:

http://bernardlugan.blogspot.fr/2011/06/lafrique-nest-plus-le-seul-berceau-de.html

Tout ceci me désole, j’en ai les larmes aux yeux…

Mais comme on dit: « les chiens aboient, la caravane passe« 

Aussi me garderai je bien d’aboyer pour l’empêcher de passer!

Non, mon propos ici est tout autre … Je voudrais souligner cette évidence que les thèses de Brunschvicg sont aux théories, paléo-anthropologiques, sur le berceau africain des différentes espèces du genre Homo, comme se situe ce que nous avons appelé ici, en nous inspirant d’ailleurs de Brunschvicg, le « plan spirituel » (qui tourne autour des idées et des formes « culturelles ») relativement au « plan vital » ( des générations successives) 

Or pourquoi aurais je quelque chose en commun avec l’Afrique par ce que mes ancêtres en sont sortis il y a très longtemps ?

Ce que je trouve si intéressant dans les pensées de Brunschvicg, c’est que si je suis assis ici et maintenant  à m’exercer aux mathématiques il me fait connaître la condition de possibilité pour que je puisse me livrer à ces études , condition qui se situe dans ce schisme, ce conflit chez les Pythagoriciens entre les (premiers) « mathématiciens » et les « acousmatiques » surtout si je lis aussi que ces derniers peuvent être considérés comme des croyants et des dévôts, et qu’alors que je m’exerce aux mathématiques sur mon bureau l’un ou l’une de mes proches fait sa prière dans la pièce à côté . J’ai quelque chose à lui répondre s’il ou elle me reproche de consacrer mon temps à de vaines spéculations de « mécréants vaniteux » ..surtout si croyant m’influencer et me « faire un salutaire rappel » il ou elle me présente tel lien sur les « ultimate mathematics »:

http://journal_of_submission.homestead.com/files/Ultimath.pdf

Car je connais maintenant l’origine de ces balivernes ..chez les acousmatiques.

Une nouvelle façon d’expérimenter l’éternel présent de la vie de l’esprit:

https://mathesisuniversalis.wordpress.com/la-vie-de-lesprit-et-le-present-eternel/

Pas besoin des mathématiques pour cela…car je suis aussi le contemporain , dans l’éternel présent de la vie de l’Esprit, des anonymes qui ont créé les fresques de Lascaux

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Grotte_de_Lascaux

image

Une réflexion au sujet de « #BrunschvicgProgres homo faber  et homo sapiens »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s