Le GRAND sommeil (1946) en vf

https://m.ok.ru/video/42850388550

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Le livre de Raymond Chandler , roman policier d’où est tiré le film,  est ici en traduction française:

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http://www.bouquineux.com/?telecharger=1634&Chandler-Le_Grand_Sommeil
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Le « GRAND sommeil » c’est la mort, considéré comme le Maître Absolu mais vraiment Absolu…les dernières réflexions de Philip Marlowe à la fin du livre laissent planer peu d’ambiguïté sur cette « philosophie » générale du livre et du film.. et pourtant le travail du détective privé peut être considéré comme symbolisation de la recherche de la vérité philosophique, mais il est payé et pas vraiment indifférent aux « gratifications » du plan vital » (sexe et tout ce qui va avec) . A noter sous ce rapport que le film est fort édulcoré par rapport au livre, où Carmen Sternwood, lorsque Marlowe la trouve dans la villa de Laverne Terrace, est droguée, saoûle, complètement nue et en pleine séance de photos pornographiques, et c’est à ce propos que les malfrats qui l’ont filmée ainsi tenteront de faire chanter son père richissime, pas pour des dettes de jeu comme dans le film.

William Faulkner a participé au scénario du film, on y décèle à mon avis le désespoir profond qui baigne sa vision du monde, sauf qu’ici il s’agit d’un désespoir tonique , pas comme cette fin atroce de « Sanctuaire » , sans aucune lumière ni espérance, qui donne envie de se flinguer , mais « Sanctuaire » seule incursion de Faulkner dans le domaine du livre noir ( » de gangsters et de bootleggers » ) est un chef d’œuvre  grandiose qui ne peut se comparer au livre de Chandler. 
Oui, et le jeu du GRAND Humphrey Bogart y est pour quelque chose, Marlowe est amoureux (ce qui veut dire qu’il a envie de coucher avec  son arrogante et insolente, mais complètement perdue, patronne, Vivian Rutledge) mais il sait aussi que l’amour compte pour peau-de-balle face au Maître Absolu. Et pourtant il accepte de gaité de cœur de mettre sa peau en jeu face à Eddie Mars et à sa bande, des gens qu’il sait plus puissants et plus forts que lui. Et il ne fait certainement pas ça pour crâner devant la belle Vivian, ni pour une rémunération qui lui permettra tout juste de poursuivre son existence sous le regard de la Mort. Mais pour aider une famille dans la panade qui ne le mérite d’ailleurs pas : un vieux beau richissime qui a noyé son existence dans une triste débauche, et ses deux filles arrogantes et perverses, dont l’une (Carmen) est une toxico meurtrière. Appelons ça la vocation de Marlowe au Bien ineffable  » au delà de l’Etre » … Je trouve que c’est une belle fin..
Et bien sûr il a fallu que Joël et Ethan Coen en fassent un ébouriffant pastiche 50 ans plus tard dans « The Big Lebowski « , où le général n’est plus un général mais un vieux mythomane  réac et reaganien nommé Lebowski, qui s’invente un passé de combattant en Corée ,  toujours en fauteuil roulant , c’est le seul point commun avec le général Sternwood en 1946, mais adroit à tromper son monde et à détourner de l’argent, époux d’une toute jeune actrice de films pornos (correspondant à Carmen dans le film de 1946) qui lui pourrit la vie  en lui laissant des dettes à payer un peu partout. Quant à Marlowe il devient « The Dude », qui s’appelle aussi Lebowski,  un feignant  de l’époque post-hippie qui ne vit que pour parasiter les différents organismes d’aide sociale de la ville, ainsi que pour le bowling  avec ses amis ridicules et insignifiants et vider des « white Russian  » (un cocktail que j’ai découvert grâce à ce film, c’est vraiment très bon). Quant à l’histoire d’amour avec Vivian, alors là c’est vraiment grandiose, enfin le style  « déconstructeur » des Frères Coen quoi :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/The_Big_Lebowski
Vivian devient Maud Lebowski, toujours fille du vieux mytho mais artiste vraiment perturbée qui peint ses  créations selon une procédure « vaginale » (il faut voir la scène pour comprendre) qui couche avec ce vaurien de « dude »( « Le duc » ) après lui avoir fait passer un examen médical sous un faux prétexte, juste parce qu’elle veut un enfant dont le père la laissera tranquille et n’essaiera pas de se mêler de l’éducation de l’enfant. Il y a aussi des « nihilistes » avec un fort accent germanique, et  une histoire d’oreille tranchée, comme dans « Blue Velvet »

The Big Sleep (1946) Directed by Howard Hawks Shown: Lauren Bacall, Humphrey Bogart

The Big Sleep (1946)
Directed by Howard Hawks
Shown: Lauren Bacall, Humphrey Bogart

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