Mort et esthétique chez Yukio Mishima : parcours d’un dialogue

Projections

Faire de sa vie un vers écrit de sang1

À l’instant où la lame trancha dans les chairs, le disque éclatant du soleil qui montait explosa derrière ses paupières, Chevaux échappés.

Considérer le beau dans sa vertigineuse fulgurance, qui pose irrémédiablement la marque de son éclat à celui dont il frappe les sens, voilà une voie d’accès possible à l’œuvre de Yukio Mishima – une œuvre à la double face esthétique et éthique. Car c’est aussi par un questionnement artistique que celle-ci s’achemine, toujours rappelée par lui, vers ce foyer qu’est la mort. La mort comme seuil de l’ordre de la beauté, principe de libération et révélation de l’être qui me fonde, et d’harmonisation des antagonismes.

Une beauté2 qui serait absolue s’arrache à l’ordre humain que nous partageons. Cette conception s’apparente à l’idée orientale selon laquelle la beauté intègre une part d’ombre, et se goûte dans la…

Voir l’article original 1 155 mots de plus