Archives pour la catégorie Bible

Les avertissements prophétiques

Jérémie 49:16

http://saintebible.com/jeremiah/49-16.htm
« 15Car voici, je te rendrai petit parmi les nations, Méprisé parmi les hommes. 16Ta présomption, l’orgueil de ton coeur t’a égaré, Toi qui habites le creux des rochers, Et qui occupes le sommet des collines. Quand tu placerais ton nid aussi haut que celui de l’aigle, Je t’en précipiterai, dit l’Eternel. « 


Abdias 1:4

http://saintebible.com/obadiah/1-4.htm
« …3L’orgueil de ton coeur t’a égaré, Toi qui habites le creux des rochers, Qui t’assieds sur les hauteurs, Et qui dis en toi-même: Qui me précipitera jusqu’à terre? 4Quand tu placerais ton nid aussi haut que celui de l’aigle, Quand tu le placerais parmi les étoiles, Je t’en précipiterai, dit l’Eternel. 5Si des voleurs, des pillards, viennent de nuit chez toi, Comme te voilà dévasté! Mais enlèvent-ils plus qu’ils ne peuvent? Si des vendangeurs viennent chez toi, Ne laissent-ils rien à grappiller?…… »

Osée 1

http://saintebible.com/lsg/hosea/1.htm

« 1La parole de l’Eternel qui fut adressée à Osée, fils de Beéri, au temps d’Ozias, de Jotham, d’Achaz, d’Ezéchias, rois de Juda, et au temps de Jéroboam, fils de Joas, roi d’Israël. 2La première fois que l’Eternel adressa la parole à Osée, l’Eternel dit à Osée: Va, prends une femme prostituée et des enfants de prostitution; car le pays se prostitue, il abandonne l’Eternel! 3Il alla, et il prit Gomer, fille de Diblaïm. Elle conçut, et lui enfanta un fils.… »


« Elle conçut, et lui enfanta un fils. 4Et l’Eternel lui dit: Appelle-le du nom de Jizreel; car encore un peu de temps, et je châtierai la maison de Jéhu pour le sang versé à Jizreel, je mettrai fin au royaume de la maison d’Israël. 5En ce jour-là, je briserai l’arc d’Israël dans la vallée de Jizreel »


La quête spirituelle (placer son nid aussi haut que celui de l’aigle, parmi les étoiles, pour voir tout d’un regard panoramique, depuis la hauteur du plan spirituel) ne doit jamais provoquer l’infatuation du cœur, sinon l’individualité est vite précipitée du ciel (le plan internel) sur la Terre (le plan vital) . C’est le péché (ou danger) luciférien (se croire au dessus des nécessités propres au plan vital, et mépriser ceux qui y sont encore soumis) . Dans « La montagne magique » le personnage luciférien est Léon Naphta, le juif devenu jésuite… il ne faut jamais se croire arrivé définitivement au bout de la quête, installé sur le plan spirituel comme « à demeure » sinon l’on retombe sur la terre, on redescend l’escalier de manière catastrophique . C’est ce qui arrive au Maître dans le très beau (et si sombre) récit de Philippe Jaccottet : » l’Obscurité »

https://brumes.wordpress.com/2014/03/29/face-a-la-nuit-lobscurite-de-philippe-jaccottet/

https://unedemeuresouterraineenformedecaverne.wordpress.com/philippe-jaccottet-lobscurite/
http://www.wikipoemes.com/poemes/philippe-jaccottet/laveu-dans-lobscurite.php
« Les mouvements et les travaux du jour cachent le


jour. 

Que cette nuit s’approche et dévoile donc nos visages. 

Une porte a peut-être été poussée en ces parages, une étendue offerte en silence à notre séjour.


Parle, amour, maintenant. 

Parle, qui n’avais plus


parlé depuis des ans d’inattention ou d’insolence. 

Emprunte à la légère obscurité sa patience et dis ceci, telle une haleine dans les peupliers :


« 

Une douceur ardente en ce lieu me fut accordée, nul ne m’en disjoindra qu’il ne m’arrache aussi la


main, je n’ai pas d’autre guide qui me guide en ce chemin, sa fraîcheur et ses feux brillent tour à tour sur les


haies… »




Mais que reste caché ce qui fait notre compagnie, amour : c’est le plus sombre de la nuit qui est clarté, innommable est la source de nos gestes entêtés, au plus bas de la terre est le vol ombreux de nos vies.


Dis encor, seulement : « 

Cire brûlant sous d’autres


cires, conduis-moi, je te prie, vers cette vitre à l’horizon, pousse avec moi cette légère et coupante cloison, vois comme nous passons sans peiner dans l’obscur


empire… »


Puis rends grâce brûlante à la voisine de la nuit. »


Le péché inverse est le péché ahrimanien : c’est ce qui est appelé « prostitution »  dans le verset 1 d’Osée . Cela consiste à refuser d’envisager le céleste, l’Esprit, et à s’enliser sur la Terre du plan vital.

Dans « La montagne magique » c’est Settembrini , l’homme des Lumières , qui est le personnage ahrimanien. Le héros, Hans Castorp , est tiraillé entre Naphta-Lucifer et Settembrini-Ahriman et doit trouver son « salut » en équilibrant les deux..

À revoir pendant 7 jours : le chef d’œuvre de Volker Schlondorff « Diplomatie »

Il passait hier soir sur Arte, on peut le voir ou le  revoir sur TV Replay jusqu’au 5 décembre au petit matin:

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http://www.tv-replay.fr/27-11-16/diplomatie-arte-12038414.html

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http://www.tv-replay.fr/redirection/27-11-16/diplomatie-arte-12038414.html

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http://www.programme-tv.net/news/cinema/100807-diplomatie-arte-retour-sur-cette-nuit-ou-paris-a-failli-etre-detruite-video/

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Alors bien sûr il y aura toujours les gens du soupçon qui diront que c’est trop… (beau?) pour être vrai, mais c’est vraiment un film bouleversant, et à l’heure où l’Allemagne est envahie pour les nouveaux nazis antisémites musulmans, et où les Femmes allemandes sont massivement violées par ces barbares avec la complicité de la Merkel, qui, née en RDA, n’a jamais rompu avec le bolchevisme, donc avec le nazisme, et de son gouvernement corrompu à la solde de l’Europe- Eurabia soumise au naziSSLam, c’est un film à voir absolument et d’une grande beauté :il nous apprend au moins que la plupart des soldats allemands (mis à part les SS) n’avaient rien à voir avec l’idéologie nazie démoniaque  qui est, comme le bolchevisme, l’islam ou le « matérialisme démocratique capitaliste et technoscientifique » idolâtrie du plan vital et négation du plan spirituel:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/04/08/quest-ce-que-le-nazisme/

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À un moment du film , Nordling évoque Abraham et Choltitz lui rit au nez en lui disant qu’il a du culot d’invoquer « un juif ». Seulement, Abraham n’est pas juif, et les musulmans le réclament comme le premier musulman, Ibrahim, entièrement soumis à Dieu au point de lui obéir en égorgeant en sacrifice son  fils Yitshaq.

IShmael, ancêtre éponyme revendiqué par les arabes, veut dire « qui écoute Dieu » tandis qu’Israel , nom donné à Jacob fils d’Yitshaq (Isaac) , après sa lutte avec l’Ange, veut dire  » celui qui lutte contre Dieu, qui désobéit à Dieu » 
Mais qui est ce Dieu auquel il faudrait obéir en tout  comme à un tyran, même en respectant ses ordres absurdes ? Il y en a trois, voir :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/11/24/cochetbrunschvicg-12-trois-types-detres-humains-donc-trois-conceptions-de-dieu-trois-dieux-en-guerre/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/11/25/mais-comment-sappellent-ces-trois-dieux-en-guerre-permanente/
le dieu de la matière, qui est aussi le dieu des  hommes -animaux soumis à l’instinct , dieu tribal de l’antique tribu des hébreux qui est devenu le dieu de l’Islam par le biais des Nazaréens dits « judéo-chrétiens  » parce qu’ils révéraient à la fois la Torah et l’évangile , dont ils ne connaissaient qu’un ancien stade primitif de l’évangile de Matthieu et dont ils se faisaient une conception matérialiste , assimilant Jésus à un « MESSIE » fanatique et guerrier qui devait « revenir » pour conduire la « oumma » musulmane , nouveau « peuple élu » à la conquête de la Terre pour soumettre tous les peuples à la Sharia d’Allah (sauf qu’on parle là en termes coraniques, le Coran ayant été écrit par des scribes nazaréens pour convertir les arabes à un monothéisme guerrier inspiré du nazaréisme qui se nommera plus tard :Islam):

https://horreurislamique.wordpress.com/lislam-et-le-coran-sont-le-resultat-dune-manipulation-et-dune-imposture-que-revele-la-recherche-moderne-en-islamologie/

https://horreurislamique.wordpress.com/lislam-est-un-crime-parfait/
le second dieu, ou Idée de Dieu , qui n’est pas un Être Suprême, mais une Idée nécessairement formée par les humains, comme les Idées mathématiques, nécessaires à la Science, le second dieu est le dieu de la vie, Père sans père engendrant éternellement le Fils sans fils, en quoi l’on reconnaît le dieu chrétien.

Enfin le troisième dieu, le seul Dieu véritablement divin, et non anthropomorphique,  « Dieu des philosophes et des Savants » , dieu des hommes entièrement spirituels, « dieu en Esprit et en Vérité » c’est à dire Dieu qui est uniquement Idée consciente d’être Idée et non pas un Être, fût il « suprême « . 

Quel est le Dieu d’Abraham , le parfait « soumis à Dieu » donc le premier musulman? C’est le dieu sanguinaire de l’instinct, qui est le Dieu de l’Islam et aussi le dieu des Nazis. 

Nordling, agissant en conscience au nom du « dieu de la vie »,  du dieu chrétien , permet à Choltitz de prendre conscience qu’il n’a pas à obéir au dieu sanguinaire de l’instinct de mort et de destruction qui est le dieu d’Hitler..voilà ce qu’expose ce film remarquable..

Remarquons aussi que Choltitz n’est si acharné à « accomplir son devoir » (c’est à dire à obéir à Hitler et à détruire Paris) que parce que la vie de sa famille en Allemagne est menacée s’il n’obéit pas. Ainsi c’est l’instinct du plan vital qui le mène, car la parentalité est un instinct, comme celui du sexe, les deux sont d’ailleurs fort proches, nos amis de la Manif pour TOUS , menés par le « dieu de la vie » ont un peu trop tendance àl’oublier. De même Choltitz ne semble se rendre aux arguments de Nordling q’à partir du moment où celui ci lui a sauvé la vie en lui donnant ses pilules…encore ne cede t’il que lorsque Nordling lui a promis de mettre lui même sa famille menacée de représailles par Hitler en lieu sûr, en Suisse…il est vraiment mené par l’instinct du plan vital : paternité et vouloir-vivre…c’est d’ailleurs pour cela que Nordling n’aurait pas pu le convaincre à l’aide du « Dieu de l’Esprit » : il ne peut céder qu’aux arguments inspirés à Nordling par le « dieu de la vie » , dieu des hommes sociaux, menés par leur intérêt vital propre  et non par l’universalité de l’Esprit et de la Vérité.

 seulement le « dieu de la vie » s’il n’est pas accompagné du « Dieu en Esprit et en vérité  » (et pour beaucoup de chrétiens et de juifs il l’est ) est aussi celui des  idolâtres, comme le dieu des instincts , car la vie est raflée par le Maître Absolu, la Mort , dans le Néant .. et Paris n’est pas éternelle, pas plus que n’importe quelle autre ville sur TerreSa destruction ad’ailleurs commencé dans les années d’après guerre comme s’en plaignait d’ailleurs Guy Debord qui en faisait le reproche aux promoteurs immobiliers et aux politiques corrompus à leur service. J’ai moi même pu constater la manière dont les zones pavillonnaires de Nanterre ont cédé la place aux grands ensembles au début des années 60.

« Sous le Pont Mirabeau coule la Seine…

Et nos amours faut il qu’il m’en souvienne ? »
Par contre la sphère Parfaite de l’Eternel Présent, ou plan spirituel-internel, qui est celle de l’Esprit, ne peut être raflée dans le Néant par le Maître Absolu, car il s’agit de l’Acte Spirituel qui conditionne toute affirmation , fût elle celle de Dieu, ou du Néant….

Comme quoi le Maître Absolu n’est peut être pas aussi Absolu que le pensait Hegel.. d’ailleurs l’hégélianisme n’a t’il pas inspiré des nazis comme des bolcheviques?

La Bible et le Coran du point de vue de la différence hénologique : plan vital-plan spirituel

J’ai déjà reconnu dans ce blog,à plusieurs reprises, la dualité entre plan vital et plan spirituel dans la séparation, la distinction au début de « Genèse 1 » entre terre (Ha-Aretz, plan vital,הָאָרֶץ) et cieux ( Ha-Shamayim, plan spirituel, הַשָּׁמַיִם). Un nombre 2 sous l’idée duquel est placé tout ce chapitre , à commencer par la lettre Beith = 2 , de surcroît une « Grande lettre » , de taille anormale, comme il en existe 37 dans le Tanakh dites « lettres rabbaty » (« Autioth rabbatioth »), voir:

https://arithmosophia.wordpress.com/2012/02/17/les-grandes-lettres-du-tanakh-sont-au-nombre-de-37/

Voir ici le texte hébreu avec la traduction en français du chapitre 1:

http://www.mechon-mamre.org/f/ft/ft0101.htm

Mon opinion est que les scribes qui ont écrit ce texte voulaient ainsi attirer l’attention sur le nombre 2 et la séparation entre terre et cieux, entre plan vital et plan spirituel. Mais y a t’il dans le texte un autre indice, une autre confirmation de la validité de cette interprétation dont j’ai eu l’idée en lisant « Raison et religion » de Brunschvicg :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/05/19/brunschvicgraisonreligion-les-oppositions-fondamentales-moi-vital-ou-moi-spirituel/

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/brunschvicg-raison-et-religion/

Oui , il existe un tel indice confirmant cette interprétation et il se situe dans le texte de « Genèse Bereschit » au chapitre 2 verset 4, mais il faut lire le texte hébreu pour le déceler:

« אֵלֶּה תוֹלְדוֹת הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ, בְּהִבָּרְאָם: בְּיוֹם, עֲשׂוֹת יְהוָה אֱלֹהִים–אֶרֶץ וְשָׁמָיִם. « 
Ce qui se lit ( de droite à gauche):
 » Eleh Toldoth ha shamayim ve ha aretz, behibbar’am beyom ‘asoth YHVH Elohim Aretz ve Shamayim »
Et se traduit mot à mot  » voici les engendrements des cieux et de la terre, lorsqu’ils furent créés, le jour où YAhweh -les-dieux fit les cieux et la terre »
Je traduis YHVH Elohim par YAhweh-les-dieux puisque le mot Elohim est un pluriel et de Meme Shamayim qui est un pluriel et même un duel il me semble, par cieux.
La traduction usuelle, celle du site, est :
« Telles sont les origines du ciel et de la terre, lorsqu’ils furent créés; à l’époque où l’Éternel-Dieu fit une terre et un ciel.
Le mot hébreu important est « Toldoth » qui vient de la racine YLD : enfanter, et doit donc être traduit par « enfantements, engendrements, voire générations ( la forme -oth est celle du féminin pluriel) . Traduire comme le fait le site par « les origines » n’est pas faux, mais affaiblit considérablement le lien avec l’idée de successions des générations, qui est celle principale du plan vital, et fait perdre l’idée d’enfantement ( YLD). Rappelons que le début de l’Ecclesiastse traite le plan vital, succession des générations , de « vanité des vanités et poursuite du vent » .Mais là aussi le retour au texte hébreu donne des enseignements importants. Voir ici :

http://www.mechon-mamre.org/f/ft/ft3101.htm
Le mot qui est traduit au verset 14 par « vent » est Ruah qui se traduit aussi par « esprit » et l’expression complète est Ra’uth Ruah qui est traduite par « pâture du vent ». Je ne comprends pas bien : que veut dire pâture sinon nourriture (d’un troupeau de vaches par exemple)? Je n’ai pas ici de dictionnaire hébreu pour vérifier, mais je remarque que les deux premières lettres de ce mot Ra’uth traduit par pâture sont Resch ר et ע ´Ayin (lettre dont le nom veut dire source et œil).Or ces deux lettres ensemble forment le mot Ra’רע qui veut dire « mal » dans ‘etz Tov va Ra’ : arbre de (la connaissance du) bien et du mal. N’étant pas un grand hébraïsant, j’hésite donc entre deux traductions : pâture au sens de nourriture de l’esprit, ou bien en prenant en compte le sens de Ra’=mal : souffrance, affliction de l’esprit .
Ce qui veut dire que le plan vital est du point de vue du plan spirituel: mal, affliction..
Mais revenons au chapitre 2 de Genèse et examinons les textes grec (Bible des Septante) et latin( Vulgate clémentine) qui ont longtemps donné accès au texte biblique en Occident , parce que la connaissance de l’hébreu n’était pas répandue en dehors des cercles d’orientalistes.
Voici le texte grec:

http://ba.21.free.fr/septuaginta/genese/genese_2.html

Ici un livre fait son apparition, le livre de la naissance ( de l’engendrement, de la génération) du ciel et de la terre.
Est ce là le « Livre de la Nature » dont parlait Galilée pour dire qu’il est écrit en langage mathématique?
Le texte grec est :
« Αὕτη ἡ βίβλος γενέσεως οὐρανοῦ καὶ γῆς, ὅτε ἐγένετο, » :voici le livre de la génération du ciel et de la terre, quand elle advint…
Remarquons que dans cette expression, spécifique au texte grec, les deux plans se touchent : « livre » est une notion appartenant au plan spirituel, « génération » est la notion caractéristique du plan vital, charnel.le texte hébreu lui est plus abrupt  » voici les engendrements du ciel et de la terre, quand ils furent créés ».. Pas de création du ciel et de la terre (création est de surcroît contradictoire avec engendrements)dans le texte grec des Septante.

Voyons le texte latin de la Vulgate, qui est ici:

http://www.drbo.org/lvb/chapter/01001.htm
et pour le chapitre 2:

http://www.drbo.org/lvb/chapter/01002.htm

« Istae sunt generationes caeli et terrae, quando creata sunt, in die quo fecit Dominus Deus caelum et terram »
« Voici les générations du ciel et de la terre quand ils furent créés, le jour où le Signeur Dieu fit le ciel et la terre »
Le livre des générations disparaît, mais l’idée de création du ciel et de la terre revient . De plus Dieu prend du galon : il devient le Seigneur, le Maître.le texte latin colle de plus près au texte hébreu , il distingue comme celui ci deux idées : création du ciel et de la terre ( en hébreu : » behibbar’am » : quand ils furent créés) et « dieu fit le ciel et la terre », en hébreu ‘asoth, en latin fecit .. Or je mentionne pour mémoire (car je n’ai pas une grande estime pour la kabbale) que ces deux verbes correspondent à deux « mondes » parmi les quatre de la kabbale : beri’ah création et ‘assiah « monde du faire  »
Résumons ce que nous avons constaté : la traduction en latin, en grec et surtout en français moderne affaiblit l’idée initiale que nous avons repérée dans le texte hébreu originel : idée qui n’a rien à voir avec la cosmologie, qui est objet de la science moderne, mais avec la dualité humaine fondamentale, séparation entre Nature et esprit. Tout le sens de l’existence humaine (si l’on pense que celle ci n’est pas totalement absurde, comme le pensent Sartre ou Samuel Beckett) est de définir correctement la différence entre les deux , afin de ne pas mélanger Nature et Esprit ( ce qui est à la base de tous les fanatismes sectaires) et ensuite de réunifier les deux en une « pensée selon l’Un » ( Henosophia ») puisque tout dualisme radical, irréconciliable est insupportable à la Raison; de Meme les arts martiaux ( karaté aïkido) sont des voies spirituelles et corporelles en même temps qui recherchent la réunification du corps et de l’esprit, séparés par le méchant dualisme cartésien occidental. Mais si corps et esprit n’avaient pas été séparés par le dualisme des méchants occidentaux cartésiens, il n’y aurait pas à les réunir, et les professeurs d’arts martiaux seraient tous au chômage, ou devraient se contenter d’enseigner la self-défense aux riches clientes effrayées par l’insécurité.
Bref la Bible ne dit pas ce que l’on croit communément et n’enseigne pas ces fables ridicules d’un Dieu Tout Puissant qui en 6 jours crée de rien tout l’espace immense des galaxies qu’étudie notre science . Il est encore plus facile de croire les thèses de Max Tegmark qui affirme que cet espace immense est l’apparence que prend une structure mathématique:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2016/03/02/our-mathematical-universe-de-max-tegmark-un-platonisme-pythagorisme-extreme/

Au moins une structure mathématique on sait ce que c’est (si l’on a étudié les maths) tandis qu’un dieu tout puissant…et puis pourquoi lui faut il 6 jours s’il est si fort ?
Non, suivant cette nouvelle clef interprétative la Bible parle de ce que chacun peut vérifier en lui même : une immanence spirituelle, plan des idées, et une extériorité corporelle spatio temporelle , plan vital des besoins , des désirs et des pulsions. Pas de croyance nécessaire ou ordonnée ici…
Seulement il se passe que ce savoir de la différence entre plan spirituel de l’immanence radicale que chacun peut connaître en soi même, en sa propre conscience réflexive, et plan vital qui est celui de la vie dans le monde naturel et dans la société, ce savoir se dégrade en des croyances en des fables et des dogmes à propos des origines du monde et la faute n’en incombe pas totalement à la traduction de l’hébreu en langues modernes. Relisons le chapitre 1 de Genèse :

http://www.mechon-mamre.org/f/ft/ft0101.htm

Il faut avouer que si ce n’est pas un récit cosmologique fabuleux et mythologique, cela y ressemble fort!

 »
Dieu dit: Que la lumière soit! Et la lumière fut.
1.4
Dieu vit que la lumière était bonne; et Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres.
1.5
Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuit. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le premier jour.
1.6
Dieu dit: Qu’il y ait une étendue entre les eaux, et qu’elle sépare les eaux d’avec les eaux.
1.7
Et Dieu fit l’étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l’étendue d’avec les eaux qui sont au-dessus de l’étendue. Et cela fut ainsi.
1.8
Dieu appela l’étendue ciel. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le second jour.
1.9
Dieu dit: Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu, et que le sec paraisse. Et cela fut ainsi.
1.10
Dieu appela le sec terre, et il appela l’amas des eaux mers. Dieu vit que cela était bon.
1.11
Puis Dieu dit: Que la terre produise de la verdure, de l’herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre. Et cela fut ainsi. »

La tendance naturelle est de prendre ces lignes au mot, et de ne pas imaginer un sens symbolique où terre voudrait dire  » ordre de la matière et de la vie » , mais de prendre terre comme signifiant cette terre où nous vivons tous.
Ce qui est oublié dans cette mauvaise compréhension qui de surcroît n’a plus aucun intérêt de nos jours puisque c’est la science , la physique qui étudie les origines et le devenir du cosmos, c’est la distinction entre structure du réel (et non pas du monde ou de l’univers, puisque le monde est juste le plan vital) qui est l’objet du chapitre 1 et histoire du devenir de l’homme vivant qui fait l’objet de la suite de la Bible à partir du chapitre 2 lorsque les « générations » du ciel et de la terre sont introduites au verset 4. Or nul ne peut ignorer que ce qui est resté des récits de la Bible dans la mentalité populaire, ce sont surtout ces récits (basés sur quelles connaissances ?) des générations successives de l’humanité depuis les premiers parents Adam et Ève au jardin d’Eden jusqu’aux hébreux esclaves en Égypte et à l’arc-en-ciel dans le désert du peuple élu de Dieu vers la Terre promise : Israël. Ces récits doivent évidemment être pris au sens symbolique : le peuple hébreu symbolise l’humanité entière, l’esclavage en Égypte symbolise l’homme déchu prisonnier du plan vital où il est esclave de ses passions et de son ignorance, la Terre promise symbolise la rédemption de cet homme déchu qu’il lui faut conquérir de haute lutte après avoir traversé le désert symbolisant le retrait dans la solitude méditative et l’ascèse du renoncement au monde et à ses désirs naturels. Mais si l’on n’a pas reconnu dès le chapitre 1 la structure du réel scindé en plan vital et plan spirituel, on prend ces récits au sens propre, celui des générations successives d’un peuple particulier qui fait alliance avec le Dieu Tout Puissant qui a créé l’univers ( si l’on prend le chapitre 1 au sens cosmologique et non pas au sens Hénologique ce genre de confusion est inévitable).
Et l’on obtient comme résultat l’Histoire universelle des religions avec en prime le guerre actuelle au Moyen Orient.
Le christianisme n’ait comme mutation de la « religion » du peuple ayant passé une alliance avec le Dieu créateur de l’Univers, mutation rendue nécessaire par l’incompréhension du sens réel de ces récits, incompréhension que nous venons d’expliquer et qui consiste dans le glissement du sens réel hénosophique (ce que René Guénon nomme les « Grand Mystères » et Raymond Abellio la structure , qui s’est conservée selon lui dans la kabbale) au sens cosmologique ( ce que René Guénon nomme les « petits Mystères ») .Seulement ce que Guénon, obsédé par son rejet de tout ce qui est « occidental » et donc de la science moderne, qu’il imagine née des rebuts d’une science faisant partie d’une Tradition Primitive ( Leibniz et Descartes auraient été selon lui influencés par des « initiés » se faisant passer pour des « Rose-Croix ») c’est que la cosmologie est maintenant le thème des recherches de la physique moderne. Abellio le polytechnicien le sait mieux, mais cela ne l’empêche pas de se réfugier dans de fumeuses rêveries numérologique et kabbalistiques , dans « Introduction à une théorie des nombres bibliques » qu’il écrit en compagnie du rabbin Charles Hirsch . On doit cependant convenir que dans sa notion de « structure absolue » apparaît une image assez proche de la vérité de la différence entre plan vital et plan spirituel dévoilée par Brunschvicg et qui sort plutôt de Spinoza et de Platon que de la Torah ( Brunschvicg était notoirement apostat et laïque ) . Abellio est mort en 1986, lisant paraît il sans arrêt un vieil exemplaire de l’Ethique de Spinoza sur son lit de mort.. Peut être à t’il entrevu comme Balthasar Claes dans « La recherche de l’Absolu » livre qu’il admirait, un rayon du Soleil de Vérité et de Justice qui d’ailleurs brille pour tout le monde, pas seulement pour les mathématiciens ou philosophes spinozistes fussent ils un peu kabbalistes…
Mais revenons au christianisme, universalisation des fables juives : la différence béante entre plan vital (appelé « chair » dans l’Evangile) et plan spirituel (appelé « Royaume des cieux ») y est comblée (puisque nous avons dit que tout dualisme radical est insupportable pour la Raison) par la Personne Meme de Jésus Christ, à la fois humain en tant que membre de l’ordre des générations successives humaineset divin en tant que représentant le plan spirituel appelé « Saint Esprit » . c’est pour cette raison que Jésus se nomme lui meme « Fils de l’Homme » mais que les théologiens chrétiens le disent « Fils de Dieu » ou « Fils du Père » et qu’il est aussi réputé fils d’une Vierge qui n’a jamais été touchée par un homme. Légende qui doit être comprise symboliquement, de même que la Résurrection sur le Croix , dont la dualité de deux branches figure la dualité entre plan vital (branche horizontale) et plan spirituel (branche verticale, éternité). Tout cela est un peu dur à comprendre et à admettre pour ceux que Brunschvicg appelle les « juifs charnels » attachés à la lettre de la Loi plutôt qu’à l’Esprit qui sont sans doute la majorité , tout comme les « chrétiens charnels » d’ailleurs. Le sens véritable de l’Evangile ainsi que des propos de Saint Paul restera aussi incompris et comme le dit Brunschvicg l’éclipse des valeurs spirituelles,qui sont celles de la philosophie véritable platonicienne, sera totale . mais la scission entre deux communautés rivales , celles des juifs et des chrétiens, charnels plus que spirituels, favorisera l’éclosion d’une Troisième Révélation entièrement soumise à l’ordre de la chair celle là : le Coran issu des antiques lectionnaires de la communauté nazaréenne « judéo-chrétienne » en tant qu’admettant à le fois l’évangile (de Matthieu) et la Loi de Moïse. Cette nouvelle communauté composée de tribus arabes abusées et recrutées par les Nazaréens pour reconquérir Jérusalem, puis soumettre la totalité des terres habitées à la Loi du Dieu d’Israel devenue entre temps la Sharia d’Allah , se prendra, sur l’autorité menteuse de la Sourate 3 verset 110 du Coran imposteur pour la « meilleure de communautés » chargée par Allah de soumettre l’humanité à Dieu, c’est à dire à lui même, Allah . Et nous en sommes maintenant au bord d’une nouvelle guerre mondiale, car évidemment les peuples anciennement païens puis chrétiens d’Europe refusent de se soumettre à ce prétendu « Dieu » dont ils connaissent trop la généalogie..ou les engendrements ( » Toldoth »). Maintenant que nous disposons de la science moderne  » déplacement dans l’axe de la vie religieuse » et de l’appréciation véritable de la philosophie et de sa vérité dans Platon, est il vraiment nécessaire que nous tentions de débrouiller ce noeud gordien de « mystères enchevêtrés » que sont les Écritures sacrées des trois « religions » abrahamiques ?
Non du point de vue du plan spirituel car nous disposons dans le mythe de la Carverne de Platon d’un récit bien plus clair:

https://unedemeuresouterraineenformedecaverne.wordpress.com/a-propos/

encore que fabuleux aussi, sur ce qu’est le plan vital empli d’obscurité (Caverne = plan vital) et sur la façon dont les prisonniers de la Caverne peuvent s’en évader durant leur vie même comme les y appelle Brunschvicg à la fin de « Raison et religion »
Mais oui du point de vue du plan vital des générations successives au les premiers musulmans, juifs ou chrétiens ont à notre époque des descendants qui croient dur comme fer à la vérité des récits qui leur ont été transmis et se croient chargés par un Diru transcendant (surtout les chargés de mission d’Allah ) de faire bénéficier les autres communautés , bénéficiaires d’une autre transmission , de la Vérité universelle qui est bien sûr la leur, qui leur a été transmise par leurs parents. Si nous ne faisons rien ,pour débrouiller ce « noeud de vipères » des trois dieux uniques cette bombe à retardement va nous exploser à la figure et nous n’aurons pas le temps de nous consacrer à la véritable religion, qui consiste à se libérer des entraves du plan vital ou des illusions sous forme de reflets de la Caverne.
Cette véritable religion, entièrement dé socialisée, Brunschvicg nous y invite en conclusion de « Raison et religion »:

«  LII. — Bon gré, mal gré, il faudra en arriver à poser en termes nets et francs le problème que l’éclectisme cherchait à embrouiller ou à dissimuler, et dont aussi bien dépend la vocation spirituelle de l’humanité. Dira-t-on que nous nous convertissons à l’évidence du vrai lorsque nous surmontons la violence de l’instinct, que nous refusons de centrer notre conception du monde et de Dieu sur l’intérêt du moi ? ou sommes-nous dupes d’une ambition fallacieuse lorsque nous prétendons, vivants, échapper aux lois de la vie, nous évader hors de la caverne, pour respirer dans un monde sans Providence et sans prières, sans sacrements et sans promesses ?
La clarté de l’alternative explique assez la résistance à laquelle se heurte une conception entièrement désocialisée de la réalité religieuse. Un Dieu impersonnel et qui ne fait pas acception des personnes, un Dieu qui n’intervient pas dans le cours du monde et en particulier dans les événements de notre planète, dans le cours quotidien de nos affaires, « les hommes n’ont jamais songé à l’invoquer ». Or, remarque M. Bergson, « quand la philosophie parle de Dieu, il s’agit si peu du Dieu auquel pensent la plupart des hommes que, si, par miracle, et contre l’avis des philosophes, Dieu ainsi défini descendait dans le champ de l’expérience, personne ne le reconnaîtrait. Statique ou dynamique, en effet, la religion le tient avant tout pour un Être qui peut entrer en rapport avec nous » . En vain donc le rationalisme invoquera ses titres de noblesse, tentera de faire valoir « quelque idéal de sagesse ou de beauté, il ne saurait grouper qu’une rare élite et, s’il se borne aux horizons terrestres, il succombe avec l’individu » .

LII. — Bon gré, mal gré, il faudra en arriver à poser en termes nets et francs le problème que l’éclectisme cherchait à embrouiller ou à dissimuler, et dont aussi bien dépend la vocation spirituelle de l’humanité. Dira-t-on que nous nous convertissons à l’évidence du vrai lorsque nous surmontons la violence de l’instinct, que nous refusons de centrer notre conception du monde et de Dieu sur l’intérêt du moi ? ou sommes-nous dupes d’une ambition fallacieuse lorsque nous prétendons, vivants, échapper aux lois de la vie, nous évader hors de la caverne, pour respirer dans un P199 monde sans Providence et sans prières, sans sacrements et sans promesses ?
La clarté de l’alternative explique assez la résistance à laquelle se heurte une conception entièrement désocialisée de la réalité religieuse. Un Dieu impersonnel et qui ne fait pas acception des personnes, un Dieu qui n’intervient pas dans le cours du monde et en particulier dans les événements de notre planète, dans le cours quotidien de nos affaires, « les hommes n’ont jamais songé à l’invoquer ». Or, remarque M. Bergson, « quand la philosophie parle de Dieu, il s’agit si peu du Dieu auquel pensent la plupart des hommes que, si, par miracle, et contre l’avis des philosophes, Dieu ainsi défini descendait dans le champ de l’expérience, personne ne le reconnaîtrait. Statique ou dynamique, en effet, la religion le tient avant tout pour un Être qui peut entrer en rapport avec nous » . En vain donc le rationalisme invoquera ses titres de noblesse, tentera de faire valoir « quelque idéal de sagesse ou de beauté, il ne saurait grouper qu’une rare élite et, s’il se borne aux horizons terrestres, il succombe avec l’individu » .
Mais ce qui s’imagine au-delà des horizons terrestres ne s’étale-t-il pas encore dans l’espace, comme le temps de la vie future, à laquelle l’individu serait appelé par un démenti éclatant aux conditions de l’existence naturelle, est seulement un temps indéfiniment allongé, image évidemment décevante de l’éternité intrinsèque et véritable ? L’immortalité de l’âme ne se conçoit que dans la conception naïve, que dans l’illusion primitive, d’un temps qui serait un substantif, entité simple et homogène par rapport à soi. Pour nous le problème du temps, et particulièrement du temps religieux, se précise de façon toute différente. Le bienfait dont nous serons redevables à l’histoire même de l’éclectisme, c’est de nous mettre définitivement en garde contre l’obscurité née de l’interférence entre des mouvements inverses de flux et de reflux, allant tantôt de l’ancien au nouveau, du statique au dynamique, et tantôt, au contraire, revenant au statique pour tenter d’y appuyer le dynamique, pour faire rentrer, suivant la formule de Comte, la marche du progrès dans la loi de l’ordre.
Et ce qui est vrai du temps de l’histoire est à plus forte raison vrai du temps de la personne. Là aussi, chaque moment apparaît décisif, par cette option qu’il nous propose entre la poussée en quelque sorte rectiligne du temps biologique et l’effort de redressement qui est nécessaire pour nous arracher à la tyrannie inconsciente du passé. En nous retournant sur lui, en le reconnaissant comme passé, nous nous rendrons capable de le soumettre à l’épreuve du jugement, fondé sur l’enchaînement, de mieux en mieux établi à travers les siècles de notre humanité, entre les antécédents et les conséquents.
Nous nous affranchirons du temps simplement vital, dans la mesure où nous en découvrirons la racine intemporelle. La vie, à la prendre en général dans l’absolu de son concept, nous savons trop qu’elle est sans pitié pour les vivants. Elle peut se définir comme l’ensemble des forces qui résistent à la mort ; mais ce n’est là qu’une expression provisoire jusqu’à l’inévitable dénouement qui la révèle comme l’ensemble des forces qui acheminent à la mort. Il est malaisé de décider si l’armée des vivants peut avoir l’espérance, suivant la magnifique image que nous a proposée M. Bergson, de « culbuter la mort » ; mais, puisque le salut est en nous, n’est-il pas assuré que l’armée des esprits débouche dans l’éternité, pourvu que nous ayons soin de maintenir à la notion d’éternité sa stricte signification d’immanence radicale ?
Nous le disons à notre tour : il ne s’agit plus pour l’homme de se soustraire à la condition de l’homme. Le sentiment de notre éternité intime n’empêche pas l’individu de mourir, pas plus que l’intelligence du soleil astronomique n’empêche le savant de voir les apparences du soleil sensible. Mais, de même que le système du monde est devenu vrai du jour où la pensée a réussi à se détacher de son centre biologique pour s’installer dans le soleil, de même il est arrivé que de la vie qui fuit avec le temps la pensée a fait surgir un ordre du temps qui ne se perd pas dans l’instant du présent, qui permet d’intégrer à notre conscience toutes celles des valeurs positives qui se dégagent de l’expérience du passé, celles-là mêmes aussi que notre action réfléchie contribue à déterminer et à créer pour l’avenir.
Rien qui ne soit ici d’expérience et de certitude humaines. Par la dignité de notre pensée nous comprenons l’univers qui nous écrase ; nous dominons le temps qui nous emporte ; nous sommes plus qu’une personne dès que nous sommes capable de remonter à la source de ce qui à nos propres yeux nous constitue comme personne, et fonde dans autrui la personnalité à laquelle nous nous attachons. Ainsi, par-delà toutes les circonstances de détail, toutes les vicissitudes contingentes, qui tendent à diviser les hommes, à diviser l’homme lui-même, le progrès de notre P201 réflexion découvre dans notre propre intimité un foyer où l’intelligence et l’amour se présentent dans la pureté radicale de leur lumière. Notre âme est là ; et nous l’atteindrons à condition que nous ne nous laissions pas vaincre par notre conquête, que nous sachions résister à la tentation qui ferait de cette âme, à l’image de la matière, une substance détachée du cours de la durée, qui nous porterait à nous abîmer dans une sorte de contemplation muette et morte. La chose nécessaire est de ne pas nous relâcher dans l’effort généreux, indivisiblement spéculatif et pratique, qui rapproche l’humanité de l’idée qu’elle s’est formée d’elle-même.
Si les religions sont nées de l’homme, c’est à chaque instant qu’il lui faut échanger le Dieu de l’homo faber, le Dieu forgé par l’intelligence utilitaire, instrument vital, mensonge vital, tout au moins illusion systématique, pour le Dieu de l’homo sapiens, aperçu par la raison désintéressée, et dont aucune ombre ne peut venir qui se projette sur la joie de comprendre et d’aimer, qui menace d’en restreindre l’espérance et d’en limiter l’horizon.
Dieu difficile sans doute à gagner, encore plus difficile peut-être à conserver, mais qui du moins rendra tout facile. Comme chaque chose devient simple et transparente dès que nous avons triomphé de l’égoïsme inhérent à l’instinct naturel, que nous avons transporté dans tous les instants de notre existence cette attitude d’humilité sincère et scrupuleuse, de charité patiente et efficace, qui fait oublier au savant sa personnalité propre pour prendre part au travail de tous, pour ne songer qu’à enrichir le trésor commun !
Aller jusqu’au bout dans la voie du sacrifice et de l’abnégation, sans chercher de compromis entre les deux mouvements inverses et inconciliables de marche en avant et de retour en arrière, nous avons à cœur de dire, une fois de plus, que ce n’est nullement, selon nous, rompre l’élan imprimé à la vie religieuse par les confessions qui ont nourri la pensée de l’Occident, contredire l’exemple de leurs héros et de leurs saints. Nous avons appris de Pascal que la lutte n’est pas entre l’Ancien et le Nouveau Testament, mais dans l’Ancien même entre les « juifs charnels » et les « juifs spirituels », comme dans le Nouveau entre les « chrétiens spirituels » et les « chrétiens charnels ». Et la parole demeure, qui passe outre à la séduction pieuse de l’éclectisme : On ne sert pas deux maîtres à la fois, seraient-ce (oserons-nous conclure) la puissance du Père et la sagesse du Fils. »

Evangile de Jean 9-1,41: la parabole de la guérison de l’aveugle-né

Le texte de ce passage de l’évangile de Jean est ici:

http://www.universdelabible.net/lire-la-segond-21-en-ligne/jean/9.1-41/

Martin Scorsese place le verset 24 de ce texte en ouverture de son film « Raging bull » , sur la vie et la carrière du boxeur Jake LaMotta :

« Les pharisiens appelèrent une seconde fois l’homme qui avait été aveugle et lui dirent: «Rends gloire à Dieu! Nous savons que cet homme est un pécheur.» 25 Il répondit: «S’il est un pécheur, je n’en sais rien. Je sais une chose: c’est que j’étais aveugle et maintenant je vois.» »

Je vais ici tenter d’interpréter ces lignes à la lumière du schéma plan vital-plan spirituel que j’ai pu tirer de ma lecture méditante de « Raison et religion » de Léon Brunschvicg:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/05/19/brunschvicgraisonreligion-les-oppositions-fondamentales-moi-vital-ou-moi-spirituel/

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/brunschvicg-raison-et-religion/

Commençons par remarquer deux emplois très différents du verbe « savoir » dans ce verset 24:
Les pharisiens disent « nous savons que cet homme est un pécheur »
Et celui qui avait été aveugle dit  » tout ce que je sais, moi, c’est que j’étais aveugle, et maintenant je vois »
Dans le cas de l’ancien aveugle seulement, il s’agit d’un véritable savoir, d’une certitude absolue, comme chez Descartes ou Husserl : personne ne peut lui démontrer qu’il se trompe, car il s’agit d’un savoir immédiat, et non médiat, comme le savoir résultant d’une démonstration: il le sait bien, lui, qu’il était aveugle et que maintenant il voit..
Dans le cas des pharisiens il ne s’agit pas d’un savoir mais d’une croyance, résultant de leur idéologie dite « religieuse  » ( en fait politique et influencée par le plan vital) . Ils ne savent pas qui est Jésus ni d’où il vient, et d’ailleurs ils en conviennent eux mêmes au verset 29:

« Nous savons que Dieu a parlé à Moïse, mais celui-ci, nous ne savons pas d’où il est.» 30 Cet homme leur répondit: «Voilà qui est étonnant: vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux! »
Là encore cependant ils confondent savoir et « croyance par ouî-dire , « ex auditu »: ils « savent  » que Dieu a parlé à Moïse parce qu’ils ont entendu leurs enseignants de la Torah le dire, parce qu’eux mêmes l’avaient appris de la bouche de ceux qui leur avaient enseigné…là encore il s’agit d’un savoir médiat, transmis, qui est par essence douteux, non certain, car il peut y avoir des erreurs lors de la transmission.. J’ai dit plus haut que le savoir résultant d’une démonstration était médiat aussi, donnant ainsi les verges pour me battre, car le savoir scientifique, mathématique, résulte de démonstrations, il est donc aussi douteux, et à un statut de croyance, non de savoir.. Mais qui ne voit ici que les démonstrations mathématiques, ces « yeux de l’âme » disait Spinoza, sont universellement admises par tout humain possédant la Raison, alors que les dogmes religieux sont de portée ethnique seulement : seul un juif, et peut être un chrétien, admettra que l’enseignant qui lui dit que Dieu a parlé à Moïse dit vrai, un hindouiste éclatera de rire, ainsi que sans doute un musulman , et un « rationaliste » demandera comment il peut se faire que Dieu parle à un humain, lui qui avait dit aussi dans la Torah : » tu ne peux me voir face à face et continuer à vivre ». Remarquons aussi que le cogito cartésien est absolument certain, bien qu’il résulte de la médiation d’un raisonnement mais qui n’est pas une inférence logique : supposons que je sois trompé en tout par un « malin génie » , un « Dieu infiniment trompeur » ( c’est à dire supposons que Dieu ne soit pas Dieu dirait Brunschvicg ou Spinoza) encore faut il que je sois pour pouvoir être trompé et donc je suis, de manière absolument certaine, puisque je me suis placé dans le cas le plus défavorable pour atteindre cette certitude d’être, le cas d’un Dieu absolument trompeur or je l’atteins quand même, meme dans ce cas là…
Mais revenons à la nouvelle interprétation promise de la parabole de l’aveugle-né. Nous sommes tous cet aveugle et l’interprétation que je propose est qu’il ne s’agit pas d’un aveugle aux choses et au plan vital où monde, mais au plan des idées . Or tant que nous n’avons pas entrepris une ascèse philosophique de type idéaliste-brunschvicgien nous sommes tous aveugles au plan des idées en ce sens que nous croyons que les choses, les étants qui existent et sont là dans le monde sont plus réelles que les idées qui nous viennent, croyons nous, des choses et à propos des choses. Or la science vient encore une fois d’apporter une éclatante réfutation de cette « croyance » réaliste avec la formidable confirmation par la découverte des « ondes gravitationnelles  » du fait qu’Einstein avait raison il y a un siècle, en affirmant l’existence empirique de ces ondes à partir des équations du champ de la théorie de la Relativité générale qui est purement mathématique ,donc appartenant purement au « plan spirituel des idées » :

https://www.ligo.caltech.edu/news/ligo20160211

http://www.sciencemag.org/news/2016/02/gravitational-waves-einstein-s-ripples-spacetime-spotted-first-time

La théorie (plan des idées) prédomine sur l’expérience dans le monde (sur le plan vital) puisûelle décide (elle et non pas l’individu réduit à une psyché Albert Einstein , pour admirable que soit cet individu, ou si l’on veut l’unique Sujet, qui est l’Esprit, qui a permis que l’individu mortel Einstein puisse inventer en 1915 la théorie de la Relativité générale) puisqu’un siècle avant que l’expérience soit réalisée en 2015, elle décide (et non pas prévoit) du résultat de l’expérience de manière purement mathématique, en 1915. C’est donc l’idéalisme philosophique platonicien et kantien qui est la vérité, et le plan des idées prédomine (est plus réel que) sur le « monde » qui est « tout ce qui a lieu » (Wittgenstein) c’est à dire sur ce que nous appelons ici « plan vital » , ordre de la matière et de la vie.
Il s’est passé la même chose pour le positron (antimatière) qui a été observé plusieurs années après que la théorie de Dirac ait affirmé son existence
Dieu est la pensée mathématique, ou comme dit Platon:

https://en.m.wikipedia.org/wiki/List_of_Greek_phrases

ἀεὶ ὁ θεὸς ὁ μέγας γεωμετρεῖ τὸ σύμπαν

Aeì ho theòs ho mégas geōmetreî tò sýmpan.

« (Le) grand Dieu applique toujours la géométrie à l’Univers  »

ce qui a donné à Einstein l’impulsion pour établir sa théorie entièrement géométrique de la Relativité générale, dont on ne cesse pas depuis un siecle de trouver des applications. ( dans les GPS notamment) et des vérifications à un ordre de grandeur incroyablement fin…

pensée seule pourvue absolument d’une valeur « vrai ou faux » , or le cogito cartésien ne dit pas que « pour penser il faut être » mais que « pour pouvoir être trompé , c’est à dire pour pouvoir être dans le faux, il faut être » ainsi c’est cette pensée pourvue d’une valeur de vérité (« vrai ou faux ») qui permet à la conscience de s’établir avec une certitude absolue (par le cogito cartésien) sur le plan de l’être ou plan ontologique et pour cela n’importe quelle pensée ( notamment ce que l’on considère aujourd’hui comme pensée, à savoir le sentiment, le ressenti, l’affectif) ne suffit pas ,il y faut la pensée rationnelle, pourvue d’une valeur « vrai ou faux » qui apparaît déjà dans le songe de Descartes en 1619 avec le « est et non ».
Ctte pensée ou si l’on veut l’unique Sujet de cette pensée l’Esprit ou Dieu, le Dieu des philosophes et des Savants « aperçu par la Raison désintéressée » est le « plan spirituel des idées » qui apparaît à la conscience comme un Moi spirituel, qui ne se confond pas avec le Moi vital fini qui lui est la façon d’apparaître du « plan vital » Remarquons d’ailleurs que dans le premier extrait de « Raison et religion » ( chapitre 1) Brunschvicg parle de l’opposition fondamentale entre Moi vital et Moi spirituel ( mais il emploie le terme « plan » à un autre endroit:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/05/19/brunschvicgraisonreligion-les-oppositions-fondamentales-moi-vital-ou-moi-spirituel/

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/quelques-citations-eparses-de-brunschvicg-particulierement-eclairantes-voire-illuminatrices/

« L’angoisse de disparaitre un jour, qui domine une métaphysique de la vie, est sur un plan; la certitude d’évidence qu’apporte avec elle l’intelligence de l’idée, est sur un autre plan »

La guérison apportée par le Christ, qui n’est autre que l’Unique Sujet, l’Esprit, que nous tous humains avons pour tâche de devenir selon le « manifeste pour l’autonomie »:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2016/01/24/brunschvicgintroduction-un-manifeste-pour-lautonomie/

en nous identifiant au Logos, Raison universelle des esprits ( dit Malebranche)
Jamais le Dieu des philosophes et des Savants n’ira contre l’autonomie, c’est là sa différence abyssale avec le Dieu idolâtre abrahamique, Dieu de l’heteronomie, pour lequel Finkielkraut éprouve une fascination nostalgique dangereuse, c’est bien d’ailleurs de cela que profitent ses tourmenteurs islamiques, comme certe petite jeune femme musulmane assez jolie (pour une fois que le voile ou le foulard n’était pas là pour cacher cette beauté seulement extérieure d’ailleurs, puisque la gente danois elle est acoquinée avec Houria Bouteldja et autres nazis) qui s’est permis de l’interpeller à  » des paroles et des actes » en intimant de manière grotesque l’ordre de se taire à cet albatros que ses ailes de géant empêchent de répondre comme il faudrait à ce genre d’insulte de la part d’une femme qui aurait l’âge d’être sa fille: en lui « claquant le beignet » comme aurait dit Gabin..

Je citerai deux versets dans la suite qui vont dans le sens de l’interprétation que je propose:

35 à 37 où Jésus dit de lui meme qu’il est le « Fils de l’Homme »:

« Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? »
36 Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? »
37 Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. »

Fils de l’Homme et non pas « Fils de Dieu » , tout au moins dans la traduction de ce site:

http://www.aelf.org/bible-liturgie/Jn/Evangile+de+Jésus-Christ+selon+saint+Jean/chapitre/9
Et non pas dans le lien que j’ai proposé au début de cet article :

http://www.universdelabible.net/lire-la-segond-21-en-ligne/jean/9.1-41/
où on traduit par « Fils de Dieu »

Le texte grec qui est ici:

http://ba.21.free.fr/ntgf/jean/jean_9_gf.html

Ne permet pas vraiment de départager les deux traductions car on trouve les deux:(N θεοῦ → ἀνθρώπου)

« Σὺ πιστεύεις εἰς τὸν υἱὸν τοῦ θεοῦ; (N θεοῦ → ἀνθρώπου)

de toutes façons Jésus et ses compagnons conversaient sans doute en araméen, pas en grec, et j’ai déjà dit qu’il faut se méfier des mots, et tâcher de remonter de la lettre à l’esprit .. Quelle est donc la différence entre « Fils de l’Homme » et « Fils de Dieu « ?
Jésus est bien Dieu, c’est à dire que selon la terminologie d’André Simha et Léon Brunschvicg dans le « Manifeste pour l’autonomie » ci dessus, il est « devenu l’Esprit », mais c’est en même temps un homme comme tous les autres , né d’une femme mariée qui comme toutes les femmes à fait l’amour avec son mari pour pouvoir enfanter, un homme qui a des frères et des soeurs, qui a comme tous les hommes des amours avec des femmes, bref un homme incarné comme nous tous sur le plan vital avec tous les problèmes afférents. Seulement il peut se produire comme l’observe Brunschvicg que certains humains optent pour un genre d’existence autre que la vie purement animale qui était celle qui leur était destinée sur le « plan vital », vie consistant à survivre en trouvant nourriture, boisson et logement, et à se renouveler en enfantant : c’est là la définition du « plan vital » ordre des générations successives. Certains humains , et il semble que Jésus était de ceux là, vivent pour « devenir l’Esprit » c’est à dire en somme pour enfanter l’Esprit, ou enfanter Dieu, au lieu d’enfanter des enfants de chair (je ne vois d’ailleurs pas pourquoi on ne pourrait pas faire les deux) donc l’Esprit est « Fils de l’Homme » en ce sens là, ce qui veut dire que c’est grâce à l’existence humaine sur le plan vital (qui ne doit donc pas etre méprisé ni détruit ) que l’Esprit peut se manifester, et si Jésus est « devenu l’Esprit » il peut donc se dire « Fils de l’Homme » en tant qu’il est le Christ, Logos universel, »Fils de l’Homme » donc et non pas seulement Jésus, un humain mortel comme tous les autres, fils de son père et de sa mère comme tous les autres humains. Il y a d’ailleurs plusieurs endroits dans les évangiles où il oppose le Jésus mortel au Christ qui est pur Esprit, non mortel car non charnel, se situant sur le plan spirituel et non sur le plan vital, comme par exemple quand il dit à sa mère sur le plan vital : » femme, qu’y a t’il de commun entre toi et moi? » ( là c’est le Christ qui parle, non Jésus le mortel)

Le deuxième verset que je voudrai citer à l’appui de mon interprétation est le 39:

« Puis Jésus dit : Je suis venu dans ce monde pour un jugement, pour que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles.

Ici, il faut à mon avis prendre le mot « jugement » dans son sens philosophique : activité intellectuelle du jugement permettant de décider si une thèse est vraie ou fausse, et non pas en son sens mythologique et fabuleux de « jugement dernier » ‘ le Jour où l’Ange sonne de la trompette et où les morts sortent des tombeaux en se mettant en rang pour être jugés .
Dans la philosophie de Léon Brunschvicg le jugement est l’acte fondamental qui est à la racine et au fondement de tout, on poutrrait presque dire que c’est le jugement qui crée le monde, ou plutôt le constitue. En effet il est le résultat de cette pensée pourvue d’une valeur « vrai ou faux » qui comme nous l’avons constaté plus haut prédomine sur le monde des choses, des étants et des faits qui « arrivent « . En dehors d’une pensée qui affirme le jugement suivant comme vrai : « La marquise sortit à 7 heures 12 du numéro 36 Avenue X  » il n’est pas vrai que « la marquise sortit à 7h12 du 36 avenue X  » et donc la marquise n’est pas sortie à 7h12 du 36 avenue X. Ce qui s’est passé ne concerne que les conglomérats de particules élémentaires constituant le corps de la marquise et ses vêtements ainsi que l’immeuble dont elle sort, tout au moins s’il était vrai qu’elle en sorte . Mais comme il se passe quelque chose avec les particules , si jamais la marquise est tuée d’un coup de revolver par un amant jaloux au moment (7h12) où il n’est pas vrai qu’elle sorte du 36 Avenue X, une conscience scientifique remontant jusqu’à ce moment fatidique selon une cascade de jugements s’impliquant les uns les autres (une « longue chaîne de raisons » aurait dit Descartes) pourra toujours faire en sorte, en exerçant un jugement dernier pour le coup qu’il ait été vrai que la marquise est sortie à 7 h 12 du 36 avenue X et que son amant l’ait hélas tuée d’un coup de revolver..

Pourquoi Jésus dit il qu’il est venu pour que les aveugles voient et que ceux qui voient deviennent aveugles ?
Les aveugles sont ceux qui ne voient pas le plan des idées , Jésus leur permet par son enseignement de voir, c’est à dire de comprendre que le monde entier est constitué par ce jugement pour lequel Jésus déclaré qu’il est venu .
Quant à ceux qui voient ce sont ceux qui exercent cette activité du jugement, les scribes, mais ils ne le font pas par l’activité autonome du jugement libre et rationnel, mais au nom de codes sociaux-ethniques-tribaux et prétendûment « religieux » . ils deviennent aveugles, en ce qu’ils comprennent que leur activité de jugement n’a aucun fondement universel’ et aucune valeur de vérité « vrai ou faux » fondée sur un jugement réel, libre, autonome et rationnel. « Jugez » afin de devenir libres » dit Jésus aux premiers, aux aveugles nés , et il leur permet ainsi de voir et de s’orienter dans la pensée et l’existence.
« Ne jugez pas afin de n’être pas jugés » dit il aux autres, à ceux qui voient , mais ne jugent pas de manière autonome, mais pour obéir à des codes fabriqués par des sociétés humaines.
L’heure est venue pour la philosophie…

  
  
  

AZIMUTH le blog de John Carlos Baez

John Baez est un savant contemporain, qui a grandement contribué aux progrès récents de la théorie des catégories,en mathématiques et physique mathématique:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/John_Baez
Voir notamment son site « This week’s finds » alimenté depuis 1993 et où l’on trouve des petits trésors de connaissance en physique mathématique, l’accent étant mis sur la mathématique des catégories, topoi et n-catégories (« n-categorical physics »)

http://math.ucr.edu/home/baez/TWF.html

http://math.ucr.edu/home/baez/history.pdf

Il participe et anime la rédaction du blog « n-category cafe »ainsi qu’au nLab:

https://golem.ph.utexas.edu/category/

Il est très impliqué dans l’écologie (scientifique, non idéologique) et son blog Azimuth sur WordPress est consacré au « Projet Azimuth »:

https://johncarlosbaez.wordpress.com/about/

Projet dont la page sur le NLab adopte un ton dramatique (parlant du souci des « sauver la planète) qui de la part de mathématiciens hostiles par définition à l’obsession du « buzz » et au sensationnalisme devrait d’autant plus nous inquiéter (si la guerre civile qui couve en Europe n’était pas déjà si évidente et inquiétante, pour le moins).Voici un article récent du blog Azimuth sur le terrible danger , pour le présent et le futur, que font courir à l’humanité les « civilisations » caractérisées par une expansion agressive. La théorie terrifiante des « Von Neumann probes » est évoquée pour l’avenir de l’exploration de l’espace:

https://en.m.wikipedia.org/wiki/Self-replicating_spacecraft#Von_Neumann_probes
L’Occident (et lui seulement ) est généralement cité comme exemple d’une telle civilisation « agressivement expansionniste » mais l’on oublie de citer l’Islam comme autre exemple (notamment les « antisionistes » comme Noam Chomsky). Or il est possible de conjecturer voire de démontrer que l’oubli au 18ème siècle des « bons aspects » (spirituels) de la science créée au 17 eme siècle au profit des applications militaires de la technoscience a été imposé à l’Europe par le souci de se défendre contre les perpétuelles agressions ottomanes qui jusqu’en 1760 ont menacé l’Europe d’un anéantissement total ( ce qui est la situation d’Israel aujourd’hui et peut être aussi de l’Europe compte tenu de l’islamisation causée par ce que l’on appelle pudiquement « crise des Migrants »)
Qu’est ce que la civilisation comme alternative à la barbarie ? C’est la tentative de combattre l’emprise du « plan vital » sur les consciences, et de sauvegarder la possibilité de l’accès au « plan spirituel »:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/05/19/brunschvicgraisonreligion-les-oppositions-fondamentales-moi-vital-ou-moi-spirituel/
On voit donc que la notion de « civilisation agressivement expansionniste » est auto-contradictoire, puisque l’expansionnisme , le fait de conquérir le plus possible de ressources vitales en faisant la guerre aux autres civilisations, est propre au plan vital et aux religions prosélytes qui sont toutes restées prisonnières du plan vital, contrairement à ce qui est leur mission essentielle. Ainsi « prendre les fables de la Bible au mot », ce que l’on reproche généralement aux sionistes et à leurs « supporters », est indubitablement une erreur tragique ou une fraude qui a pour conséquence l’oubli du sens réel de la Bible : représenter symboliquement l’errance humaine qui se libère de l’esclavage du plan vital (symbolisé par l’esclavage en Égypte des hébreux) et qui cherche à travers le désert (symbolisant l’ascèse) l’accès à la Terre promise Israël (symbolisant le plan spirituel, « Royaume des cieux qui n’est pas de ce monde », c’est à dire est radicalement différent et séparé du plan vital). certes! Mais il est bien plus dangereux de prendre le Coran au mot, comme le font en majorité les musulmans même « non radicalisés »
Ainsi prendre au pied de la lettre le verset 110 de la Sourate 3:

« 110. Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah. Si les gens du Livre croyaient, ce serait meilleur pour eux, il y en a qui ont la foi, mais la plupart d’entre eux sont des pervers. »

conduit au fanatisme et à l’expansionnisme agressif de l’Islam, observé au cours des 14 siècles de son histoire (lors des invasions de l’Inde notamment), consistant à imposer aux peuples soumis par la force et le génocide la Sharia, loi prétendûment divine. Et là nous ne parlons pas d’intégrisme ou d’islamisme, mais de l’Islam historique, qui est coupable de guerres incessantes visant l’expansion et la conquête, et cela d’abord pour conquérir des ressources, en imposant aux peuples refusant de devenir musulmans des impôts spéciaux comme le « gay » ou la « dhimmah » (d’où l’appellation de « dhimmis » pour les minorités juives et chrétiennes en « terre d’islam » ). Par contre Israël ou l’Inde ne sont pas expansionnistes et ne font pas de prosélytisme…

Mathematics without apologies : le programme « Univalent foundations »

Qu’il me soit donné ici l’occasion de faire connaître un blog intéressant, créé par Michael Harris, professeur de mathématiques à l’université de Columbia et à Paris-Diderot :

https://mathematicswithoutapologies.wordpress.com/about-the-author/
L’article qui a attiré mon attention porte sur le programme des « univalent foundations for mathematics »:

https://mathematicswithoutapologies.wordpress.com/2015/05/13/univalent-foundations-no-comment/

La réaction disons « modérée » des petits génies des maths (dont Jacob Lurie)interrogés sur cette question peut s’interpréter de deux façons, favorable ou défavorable.. Ainsi quand Jacob Lurie répond : » No comment » cela peut signifier qu’il refuse tout « sensationnalisme » et demande de pouvoir creuser la question avant de donner un avis. En d’autres termes, cela peut être une preuve de rigueur intellectuelle et d’honnêteté d’esprit et c’est bien ainsi que je l’interprète…
Même chose pour Terry Tao, dont le blog sur WordPress est ici:

https://terrytao.wordpress.com

On parle ici de ce prodige:

http://www.science-et-vie.com/2015/10/un-prodige-des-maths-resout-une-conjecture-quasi-centenaire-et-bat-lordinateur-a-plate-couture/

mais comme je l’ai déjà dit toute insistance sur le génie individuel va mal avec la philosophie de ce blog, et avec la notion de dés-individuation prônée dans le « Manifeste pour l’autonomie » par André Simha:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2016/01/24/brunschvicgintroduction-un-manifeste-pour-lautonomie/
Donc quand je lis ici ces lignes « sensationnalistes » suggérant un « duel au sommet » à propos de la célèbre « conjecture de Goldbach » où intervient aussi Terence Tao le petit prodige qui a paraît il lu (et compris) Grothendieck d’un bout à l’autre:

http://obamaths.blogspot.fr/2013/05/conjecture-de-goldbach-terence-tao.html
J’avoue que je m’inquiète un peu…
Comme le dit très bien André Simha apres Brunschvicg, il n’y a qu’un unique Sujet c’est l’Esprit et la particularité de la Mathesis c’est qu’elle permet de comprendre cela très clairement.et dans le « Manifeste » André Simha, analysant le rôle de la Mathesis dans l’Histoire de l’esprit selon Brunschvicg, comprend le « progrès » comme un progrès de la conscience individuelle vers la « communauté des esprits » dans la recherche rationnelle du vrai et du juste. C’est ainsi aussi que j’interprète les propos de Jésus dans l’évangile selon Thomas (qui malheureusement n’a pas été retenu par l’Eglise, ce qui eut changé l’Histoire):

http://www.naghammadi.org/traductions/textes/evangile_thomas.asp

« Logion 1. Il a dit : Celui qui trouvera l’interprétation de ces paroles ne goûtera pas la mort.

Logion 2. (1) Jésus a dit : 15 Celui qui cherche, qu’il ne cesse de chercher jusqu’à ce qu’il trouve ; (2) quand il aura trouvé, il sera troublé ; (3) troublé, il s’étonnera et il régnera sur le Tout. »

Cela correspond à mon avis à ce que dit Brunschvicg quand il parle de « renoncement à la mort » (à la fin justement de ce livre « Introduction à la vie de l’esprit ») Seul un individu peut mourir mais si je suis parvenu en poussant jusqu’au bout le travail spirituel de la dés-individuation à « devenir l’Esprit », comme nous y appelle Brunschvicg, il ne reste plus d’individu , agrégat de déterminations c’est à dire de négations, qui puisse mourir, disparaître .
Voici en tout cas les archives du blog de Terence Tao (qui exerce ses talents prodigieux en théorie des nombres, l’un des domaines les plus fascinants de la mathématique) sur la conjecture de Goldbach, en passe d’être résolue d’après ce que je sais:

https://terrytao.wordpress.com/tag/goldbach-conjecture/

Venons en maintenant à ce fameux programme de recherche sur les « univalent foundations » inspiré à la fois des travaux de Cantor et Grassman et de ceux de Grothendieck:

https://en.m.wikipedia.org/wiki/Univalent_foundations

Et nous amène à la théorie des « Homotopy types » qui fait l’objet d’un livre:

Homotopy type theory:

The HoTT Book

Et d’un blog:

http://homotopytypetheory.org

et l’on comprend d’après la caractérisation suivante que cela mène directement l’esprit vers les notions d’isomorphisme et d’équivalences en théorie des catégories:

« Homotopy Type Theory refers to a new interpretation of Martin-Löf’s system of intensional, constructive type theory into abstract homotopy theory. Propositional equality is interpreted as homotopy and type isomorphism as homotopy equivalence.  »
L’homotopie est une notion de la topologie,caractérisant une transformation ou  » déformation continue » entre deux fonctions elles mêmes continues reliant deux espaces topologiques ( rappel: une fonction entre deux espaces topologiques est dite continue si l’image inverse d’un ouvert est un ouvert) qui sont dite alors homotopiques:

https://en.m.wikipedia.org/wiki/Homotopy

Voici un exposé Video de Vladimir Voevodsky sur le sujet à l’ Insitute for advanced studios:

https://video.ias.edu/univalent/voevodsky

Qui nous ramène à la « higher category theory »:

« The correspondence between homotopy types and higher categorical analogs of groupoids which was first conjectured by Alexander Grothendieck naturally leads to a view of mathematics where sets are used to parametrize collections of objects without « internal structure » while collections of objects with « internal structure » are parametrized by more general homotopy types. Univalent Foundations are based on the combination of this view with the discovery that it is possible to directly formalize reasoning about homotopy types using Martin-Lof type theories. »
Par un autre raccourci de l’esprit nous voyons apparaître dans la marge de droite le nom de Patricia Crone, récemment décédée, qui a fait avancer l’islamologie moderne dans le même sens que Gallez, c’est à dire vers la compréhension de l’origine humaine du Coran chez les judéo-chrétiens (« Nazaréens »):

https://video.ias.edu/crone-remembrance
on parle de ses travaux dans cet article sur les origines nazaréennes de l’Islam:

http://www.salve-regina.com/salve/Le_mystère_des_origines_de_l’Islam_enfin_éclairci

Il y a bien une cohérence profonde de la Raison  » désintéressée qui aperçoit le Dieu des philosophes et des savants » et de son combat pour l’autonomie donc contre le pseudo -Dieu de l’hétéronomie, de la Sharia ..le travail de la dés-individuation passe aussi par la « dés appropriation parfaite et réciproque de Dieu et de l’homme » que fixe Brunschvicg pour but ultime du travail spirituel et scientifique dans la troisième opposition fondamentale entre le Dieu vraiment divin et le Dieu humain des religions, dans « Raison et religion » , voir:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/08/14/brunschvicgraisonreligion-troisieme-opposition-fondamentale-dieu-humain-ou-dieu-divin/

« En essayant d’atteindre Dieu comme cause efficiente du monde, nous nous sommes soumis à l’obligation de proportionner sa divinité à ce que le monde en révèle, avec le risque de dégrader Dieu et de rabaisser en nous son idée. Le Deus artifex sera aussi loin que possible du Deus sapiens qu’on aurait voulu découvrir et vénérer.

Nous touchons le point où un pieux désarroi se manifeste à l’intérieur d’une même tradition ecclésiastique et parfois dans P046 l’œuvre d’un même apologiste. L’effort pour donner un Dieu à la nature en faisant fond sur la causalité se dédouble en explications opposées, qui alternent et mutuellement se ruinent. Tantôt on appuiera sur la ressemblance de l’effet à la cause, et l’on célébrera les merveilles de la nature, signes et reflets d’une gloire divine ; tantôt on mettra en relief le contraste de la cause créatrice et de l’effet créé, on cherchera dans les insuffisances de l’effet, dans sa contingence et sa précarité, la preuve même qu’à la source il y a l’être souverain, nécessaire et absolu.
Cette impuissance dialectique traduit l’angoisse de l’humanité qui consulte l’univers sur Dieu et qui toujours demeure déconcertée et rebutée par l’écart grandissant, à mesure qu’elle observe et réfléchit davantage, entre le monde tel qu’elle l’attendrait d’un Dieu et le monde tel qu’il se manifeste à son regard. L’élan de confiance s’achève en réaction de désespoir lucide.
Nous accorderons donc à la science moderne qu’elle a pu atteindre son but dans le domaine de la nature inanimée, non certes qu’elle ait éliminé le mystère comme on l’a dit imprudemment ; mais elle a résolu, ou plus exactement elle a découvert, assez de problèmes dans des conditions admirablement délicates et imprévues, pour que nous soyons en état de nous donner l’assurance qu’en dehors
de méthodes positives il n’y a pas à entrevoir de salut par la vérité. Il reste cependant certain que l’on compromettrait la portée solide des résultats obtenus par la physique depuis les trois siècles de sa constitution, si on étendait cette conclusion à la biologie. Plus nous devons reconnaître que les diverses opérations de la vie, prises chacune à part, sont régies par les lois chimico-physiques, plus nous devons admirer la coordination qui s’établit entre ces opérations. Elles apparaissent dirigées dans un sens qui, d’une façon générale, coïncide avec la préservation et le développement de l’organisme, présentant dans le choix des moyens une richesse d’invention, une subtilité d’anticipation, faites pour étonner, sinon pour convertir, le sceptique le plus endurci. La finalité rentre ici chez soi, finalité individuelle ou finalité grégaire, comportement tantôt d’apparence simple, tantôt d’une complication réellement invraisemblable, disproportionnée en tout cas aux ressources propres des êtres qui semblent suivre l’impulsion d’un instinct sans avoir la moindre conscience du but auquel tend leur activité. N’est-il donc pas raisonnable de chercher le secret de cette activité hors d’eux et plus haut qu’eux, dans une intelligence transcendante qui soit capable de lire leur avenir en leur passé, d’amener par l’efficacité de sa prévoyance la convergence des mouvements chez chaque unité d’un groupe, leur harmonie dans le sein de l’espèce, la hiérarchie enfin des espèces entre elles ?

…L’ascèse idéaliste permet donc de conclure à l’existence de Dieu comme thèse rigoureusement démontrée si l’on a su retrancher de la notion d’existence tout ce qui tendrait à situer Dieu dans un plan de réalité matérielle où il viendrait, soit s’ajouter, comme chose numériquement différente, à l’ensemble des choses données dans l’expérience du monde, soit se confondre avec lui. Créationisme et panthéisme sont également hors de jeu, parce qu’ils définissent Dieu par rapport à la réalité de la nature. Or il faut, de toute nécessité, que le progrès de la critique ait spiritualisé l’être pour que soit séparé de son image, atteint dans sa pureté, le Dieu qui seul pourra être avoué comme divin.
Cependant il reste un problème capital à trancher. Le Dieu des philosophes, Dieu pauvre, dépouillé, auquel sont refusés tout à la fois la floraison des symboles, l’encens des prières, la majesté des pompes liturgiques, est-il capable de satisfaire l’instinct religieux de l’humanité ? Le mouvement de conversion que nous nous sommes efforcés de suivre, requiert donc, pour s’achever, un élan de désintéressement pratique, capable de renouveler jusque dans sa racine spéculative notre idée de l’âme, d’en assurer l’entière spiritualité….

…Pour nous la leçon est péremptoire. Nous n’attendrons notre salut que de la réflexion rationnelle, portée à ce degré d’immanence et de spiritualité où Dieu et l’âme se rencontrent. Si Dieu est vérité, c’est en nous qu’il se découvre à nous, mais à la condition que Dieu ne soit que vérité. Le péril mortel serait que la profondeur idéaliste souffrît d’être indûment transposée, que l’imagination de l’être réapparût subrepticement qui aurait pour effet inévitable d’assimiler Dieu à un objet quelconque dans le champ de la réalité vulgaire, de transformer dès lors l’intuition d’ordre spirituel en un paralogisme ontologique.
On a beau vouloir mettre la spéculation d’un côté, la pratique de l’autre, tout est compromis du moment que le progrès ne s’accomplit pas à la fois dans l’un et l’autre des deux ordres. A quoi bon répéter la parole qui a traversé les siècles : Dieu est amour, si on allait en altérer immédiatement le sens parce qu’on se représenterait le lien de l’homme et de Dieu sur le modèle du rapport qui s’établit dans notre monde entre personne et personne, entre moi et autrui ? Dieu n’est pas aimant ou aimé à la manière des hommes ; mais il est ce qui aime en nous, à la racine de cette puissance de charité qui nous unit du dedans, de même qu’il est à la racine du processus de vérité qui fonde la réalité des choses extérieures à nous comme il fonde la réalité de notre être propre.
Le service que rend la philosophie à la religion consisterait donc à mettre en évidence que c’est un même progrès de pensée dans le sens du désintéressement et de l’objectivité qui préside à la triple option dont nous nous sommes efforcés de préciser les conditions intellectuelles, qu’il s’agisse de l’homme ou du monde ou de Dieu. L’ennemi sera toujours le mirage de la chose ensevelie dans la matérialité de son expression verbale, qui fait que le moi s’acharne à la vaine poursuite d’une âme dissimulée derrière sa spiritualité, comme d’un Dieu caché par-delà sa divinité. Le réalisme se fait ombre à lui-même.
 »

Et voici le passage le plus important de « Raison et religion »:

« Ce n’est donc pas un hasard, non seulement si le cartésianisme concorde, à l’intérieur même de l’Église, avec le mouvement qui marque la revanche de la théologie augustinienne du Verbe sur la théologie thomiste des intermédiaires, mais si avec le Traité théologico-politique et l’Éthique la voie royale de la spiritualité s’est trouvée définitivement ouverte. Peut-être le souvenir de certains Marranes, chez qui les frontières de culte entre juifs et catholiques tendaient à s’effacer au profit de la communauté de sentiment, avait-il contribué à détacher Spinoza de tout préjugé particulariste. En tout cas, à travers le langage substantialiste et l’appareil euclidien, qui pourraient à chaque instant donner le change sur la tendance profonde du système, s’accomplit la désappropriation réciproque et parfaite de Dieu et de l’homme. Le Dieu infiniment infini n’est pas seulement dégagé de toute image plastique suivant le commandement du Décalogue, mais, ce qui est beaucoup plus important et plus rare, affranchi de toute image psychologique. Dès lors nous ne pouvons plus accepter que nous soyons un autre pour lui, et il cesse d’être un autre pour nous. Il n’est pas la puissance supérieure vers laquelle se tourne l’être qui dure, et qui prie pour être soustrait aux lois de la durée. Il est la vérité éternelle en qui une âme pensante acquiert le sentiment et l’expérience intime de l’éternité de la pensée. Ni le soleil ni la mort ne peuvent se regarder fixement, considérés avec les yeux du corps ; mais l’homme dont on peut affirmer sans mentir qu’il est deux fois né, l’astronome d’après Copernic, le philosophe d’après Spinoza, aura la force de les envisager avec les « yeux de l’esprit que sont les démonstrations ». »

Cohesive ∞-topoi

J’ai parlé à la fin du dernier article sur les « adjoint triples and quadruples » de cette note d’Urs Schreiber sur n-category cafe:

https://golem.ph.utexas.edu/category/2010/10/cohesive_toposes.html

La définition rigoureuse de la notion de « gros topos » est donnée ici:

https://golem.ph.utexas.edu/category/2010/10/cohesive_toposes.html

En gros (c’est le cas de le dire) il s’agit d’un topos dont chaque objet F a pour correspondant un topos, appelé « petit topos », 

P(F) qui est un espace où l’on peut faire de la géométrie ( se rappeler qu’un topos peut être vu comme la généralisation d’un espace topologique, c’est à dire un ensemble de points muni d’une topologie, qui est une collection de parties (de sous ensembles)appelées « ouverts »,  de cet ensemble, collection obéissant à certaines conditions, voir:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Espace_topologique

Noter que dans le gros topos le petit topos associé à l’objet terminal 1, soit P(1) est appelé « topos des points » du gros topos (notion à garder en mémoire):

https://en.m.wikipedia.org/wiki/Initial_and_terminal_objects

La note d’Urs Shreiber donne un exemple précis de quadruplet de foncteurs en adjonction (adjoint quadruple) dont nous avons parlé dans l’article récent:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/12/23/triplets-et-quadruplets-dadjonctions-adjoint-triples-and-quadruples/

f! ⊣f * ⊣ f * ⊣ f !

Le foncteur principal Γ d’un topos cohésif E est appelé foncteur  » section globale » c’est un morphisme géométrique :

Γ: E → S où S est le topos des ensembles et ce foncteur associeà un objet X du topos E, qui est un espace, l’ensemble Γ(X) des points de cet espace X c’est à dire la pure multiplicité de ses « points ».
Quelques précisions ici sur les notations employées : dans l’article de n-category cafe ou de Nlab:

https://ncatlab.org/nlab/show/cohesive+topos

qui est en anglais on emploie la lettre S pour Set, qui veut dire « ensemble », mais en francais cela risque d’introduire une infusion puisque la lettre qui correspond à  » Ensemble » est justement E, et non plus S. Nous introduirons donc les lettres H (comme Henologie ou Henosophia) à la place de E pour un topos cohésif et O(comme Ontologie) à la place de S et noterons ce foncteur section globale:

Γ : H → O
Où O est le topos Ens des ensembles qui , selon la doctrine de Badiou dans l’Etre et l’événement , correspond à l’ontologie qui traite de la multiplicité pure  » sans Un » , qui est ici la multiplicité pure des points de l’espace, en oubliant la cohésion .
Une première adjonction est :

Disc ⊣ Γ
(Γ est adjoint à droite de Disc)
Où Disc est le foncteur qui envoie un ensemble de points ,pure multiplicité sans cohésion, sur la meme multiplicité mais structurée par la topologie discrète ( dans le cas d’une structure topologique)

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Topologie_discrète

Rappelons qu’une topologie sur un ensemble X de points consiste en une collection de sous-ensembles de X obéissant à certaines conditions, sous-ensembles appelés « ouverts ». Cette topologie discrète est en même temps la topologie maximale possible : tout sous ensemble est un ouvert.
La topologie minimale, la plus « grossière », est appelée « codiscrete » : seuls l’ensemble vide (sans aucun point) et l’ensemble total sont des ouverts, ce qui est toujours le cas dans toute topologie.
Le foncteur Codisc, envoyant un ensemble de points sur la structure codiscrete définie sur cet ensemble, correspondant est adjoint à droite du foncteur Γ.
Enfin un quatrième foncteur Π vient s’ajouter aux trois précédents:

Π : H → O (voir le rappel sur nos notations plus haut: O comme  » Ontologie »est le topos des ensembles, du multiple pur « sans Un, sans cohésion  » et H comme  » Henosophia » est le topos cohésif.
Ce foncteur est un peu plus compliqué : dans le cas n= 1 il envoie un espace sur ses composantes connexes, et pour les niveaux supérieurs cela se généralise à la « truncation de niveau (n-1) du groupoide fondamental :

https://ncatlab.org/nlab/show/fundamental+groupoid

Qui a pour objets les points de l’espace de départ (de l’ensemble de points) X et pour morphismes les  » chemins » d’un point à l’autre, définis à une homotopie près.
Le groupoide fondamental est une généralisation du groupe fondamental d’un espace topologique et ces deux notions se généralisent d’un espace topologique à un topos:

https://ncatlab.org/nlab/show/fundamental+group+of+a+topos
Ce foncteur Π est adjoint à gauche du foncteur Disc.
Nous avons donc une série de trois adjonctions entre les quatre foncteurs définis , ce qui répond bien à la définition d’un quadruplet (« adjoint quadruple »):

https://ncatlab.org/nlab/show/adjoint+quadruple

Ce quadruplet est la généralisation cherchée d’un morphisme géométrique, et il est orienté tout comme un morphisme géométrique qui est une paire de foncteurs adjoints. L’orientation va de H (topos cohésif, hénosophique) vers O ( topos des ensembles, ontologique ) et c’est ainsi que Lawvere définit les topoi cohésifs.
La seconde partie de la note d’Urs Schreiber titrée  » A remark on Lawvere’s work » est extrêmement importante, en voici les extraits cruciaux:
« He is really at heart a physicist, in the following sense: he is deeply interested in the mathematical model building of reality He is searching for those structures in abstract category theory that do reflect the world. He is asking: What is a space in which physics can take place? Concretely: What is the abstract context in which one can talk about continuum dynamics? I gather even though he is an extraordinary mind, he did not push beyond continuum mechanics, otherwise he would also be asking: What is the abstract context in which quantum field theory takes place? »

(Lawvere réputé comme un logicien, a d’abord pour préoccupation la physique, en s’arrêtant à la mécanique sans aborder le domaine quantique)

Puis
« As Jacob Lurie says rightly: Higher category theory is not theory for its own sake, but for the sake of other theory. And fundamental theoretical physics is all about scanning the space of theories for those that fit reality (as opposed to the physics that most theoretical physicists do, which is scanning the phenomena of one fixed theory.) »
Et enfin la fin de l’article :

« I wish there were more people like Lawvere around, with his perspective on the general abstract basis of everything and at the same time with the overview over modern derived ∞-topos theory and the understanding that the richer structure people are seeing in these is Lawvere’s observation that reality springs out of topos theory taken to full blossoming: reality springs out of ∞-topos-theory »

Ces deux deux dernieres observations font ressortir l’exceptionnelle importance de la  » higher topoi theory » de Jacob Lurie qui n’est pas du tout une généralisation pour le plaisir de « faire compliqué » mais comme dit Schreiber:
 » a full blossoming of topos theory « d’où jaillit la Rélité » ( « reality springs out of ∞-topos-theory »)
J’ai déjà commencé à étudier le « magnum opus » de Jacob Lurie  » Higher topos theory », voir:

https://mathesismessianisme.wordpress.com/2015/09/04/higher-topos-theory-des-n-categories-aux-∞n-categories/

https://mathesisuniversalis.wordpress.com/tag/higher-topos-theory-2/

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/08/27/preface-de-higher-topos-theory-n-champs-n-stacks/

Il s’agit d’un travail énorme ( mais moins énorme que celui accompli par Lurie!) et j’espère avoir montré ici qu’il ne s’agit pas d’un jeu gratuit ayant pour but de fuir la réalité insupportable qui est la nôtre (celle de l’Europe de nouveau en guerre 70 ans apres 1945) dans de creuses et vaines abstractions mais justement d’un souci de la Réalité qui comme le dit Shreiber « jaillit de la théorie des topoi et surtout de sa pleine floraison : la théorie des ∞-topoi »
La Réalité ce n’est pas le « plan vital » de l’actualité et de l’Histoire mais le plan spirituel qui est celui où vivent les « clercs véritables » (tels Jacob Lurie) que Julien Benda appelait en 1927 de ses vœux:

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/brunschvicg-raison-et-religion/

https://apodictiquemessianique.wordpress.com/julien-benda-la-trahison-des-clercs/

« Clercs » véritables qui sont « le sel de la Terre » comme le dit l’Evangile:

http://saintebible.com/matthew/5-13.htm