Archives pour la catégorie Littérature

José Castano :quand l’Amour renaîtra 

http://popodoran.canalblog.com/archives/2017/03/14/35048317.html

J’ai beaucoup de sympathie pour José Castano et son courageux combat contre le Mal , qui a présidé au massacre des harkis et à l’expulsion des pieds-noirs, avec l’assentiment des gaullistes.

Mais je n’ai pas changé d’avis sur l’Amour -Eros, émanation du plan vital… de là mon approbation du christianisme, en ce qu’il oppose à cet « Amour  » l’amour-agapé :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Agapé

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Les avertissements prophétiques

Jérémie 49:16

http://saintebible.com/jeremiah/49-16.htm
« 15Car voici, je te rendrai petit parmi les nations, Méprisé parmi les hommes. 16Ta présomption, l’orgueil de ton coeur t’a égaré, Toi qui habites le creux des rochers, Et qui occupes le sommet des collines. Quand tu placerais ton nid aussi haut que celui de l’aigle, Je t’en précipiterai, dit l’Eternel. « 


Abdias 1:4

http://saintebible.com/obadiah/1-4.htm
« …3L’orgueil de ton coeur t’a égaré, Toi qui habites le creux des rochers, Qui t’assieds sur les hauteurs, Et qui dis en toi-même: Qui me précipitera jusqu’à terre? 4Quand tu placerais ton nid aussi haut que celui de l’aigle, Quand tu le placerais parmi les étoiles, Je t’en précipiterai, dit l’Eternel. 5Si des voleurs, des pillards, viennent de nuit chez toi, Comme te voilà dévasté! Mais enlèvent-ils plus qu’ils ne peuvent? Si des vendangeurs viennent chez toi, Ne laissent-ils rien à grappiller?…… »

Osée 1

http://saintebible.com/lsg/hosea/1.htm

« 1La parole de l’Eternel qui fut adressée à Osée, fils de Beéri, au temps d’Ozias, de Jotham, d’Achaz, d’Ezéchias, rois de Juda, et au temps de Jéroboam, fils de Joas, roi d’Israël. 2La première fois que l’Eternel adressa la parole à Osée, l’Eternel dit à Osée: Va, prends une femme prostituée et des enfants de prostitution; car le pays se prostitue, il abandonne l’Eternel! 3Il alla, et il prit Gomer, fille de Diblaïm. Elle conçut, et lui enfanta un fils.… »


« Elle conçut, et lui enfanta un fils. 4Et l’Eternel lui dit: Appelle-le du nom de Jizreel; car encore un peu de temps, et je châtierai la maison de Jéhu pour le sang versé à Jizreel, je mettrai fin au royaume de la maison d’Israël. 5En ce jour-là, je briserai l’arc d’Israël dans la vallée de Jizreel »


La quête spirituelle (placer son nid aussi haut que celui de l’aigle, parmi les étoiles, pour voir tout d’un regard panoramique, depuis la hauteur du plan spirituel) ne doit jamais provoquer l’infatuation du cœur, sinon l’individualité est vite précipitée du ciel (le plan internel) sur la Terre (le plan vital) . C’est le péché (ou danger) luciférien (se croire au dessus des nécessités propres au plan vital, et mépriser ceux qui y sont encore soumis) . Dans « La montagne magique » le personnage luciférien est Léon Naphta, le juif devenu jésuite… il ne faut jamais se croire arrivé définitivement au bout de la quête, installé sur le plan spirituel comme « à demeure » sinon l’on retombe sur la terre, on redescend l’escalier de manière catastrophique . C’est ce qui arrive au Maître dans le très beau (et si sombre) récit de Philippe Jaccottet : » l’Obscurité »

https://brumes.wordpress.com/2014/03/29/face-a-la-nuit-lobscurite-de-philippe-jaccottet/

https://unedemeuresouterraineenformedecaverne.wordpress.com/philippe-jaccottet-lobscurite/
http://www.wikipoemes.com/poemes/philippe-jaccottet/laveu-dans-lobscurite.php
« Les mouvements et les travaux du jour cachent le


jour. 

Que cette nuit s’approche et dévoile donc nos visages. 

Une porte a peut-être été poussée en ces parages, une étendue offerte en silence à notre séjour.


Parle, amour, maintenant. 

Parle, qui n’avais plus


parlé depuis des ans d’inattention ou d’insolence. 

Emprunte à la légère obscurité sa patience et dis ceci, telle une haleine dans les peupliers :


« 

Une douceur ardente en ce lieu me fut accordée, nul ne m’en disjoindra qu’il ne m’arrache aussi la


main, je n’ai pas d’autre guide qui me guide en ce chemin, sa fraîcheur et ses feux brillent tour à tour sur les


haies… »




Mais que reste caché ce qui fait notre compagnie, amour : c’est le plus sombre de la nuit qui est clarté, innommable est la source de nos gestes entêtés, au plus bas de la terre est le vol ombreux de nos vies.


Dis encor, seulement : « 

Cire brûlant sous d’autres


cires, conduis-moi, je te prie, vers cette vitre à l’horizon, pousse avec moi cette légère et coupante cloison, vois comme nous passons sans peiner dans l’obscur


empire… »


Puis rends grâce brûlante à la voisine de la nuit. »


Le péché inverse est le péché ahrimanien : c’est ce qui est appelé « prostitution »  dans le verset 1 d’Osée . Cela consiste à refuser d’envisager le céleste, l’Esprit, et à s’enliser sur la Terre du plan vital.

Dans « La montagne magique » c’est Settembrini , l’homme des Lumières , qui est le personnage ahrimanien. Le héros, Hans Castorp , est tiraillé entre Naphta-Lucifer et Settembrini-Ahriman et doit trouver son « salut » en équilibrant les deux..

Le GRAND sommeil (1946) en vf

https://m.ok.ru/video/42850388550

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Le livre de Raymond Chandler , roman policier d’où est tiré le film,  est ici en traduction française:

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http://www.bouquineux.com/?telecharger=1634&Chandler-Le_Grand_Sommeil
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Le « GRAND sommeil » c’est la mort, considéré comme le Maître Absolu mais vraiment Absolu…les dernières réflexions de Philip Marlowe à la fin du livre laissent planer peu d’ambiguïté sur cette « philosophie » générale du livre et du film.. et pourtant le travail du détective privé peut être considéré comme symbolisation de la recherche de la vérité philosophique, mais il est payé et pas vraiment indifférent aux « gratifications » du plan vital » (sexe et tout ce qui va avec) . A noter sous ce rapport que le film est fort édulcoré par rapport au livre, où Carmen Sternwood, lorsque Marlowe la trouve dans la villa de Laverne Terrace, est droguée, saoûle, complètement nue et en pleine séance de photos pornographiques, et c’est à ce propos que les malfrats qui l’ont filmée ainsi tenteront de faire chanter son père richissime, pas pour des dettes de jeu comme dans le film.

William Faulkner a participé au scénario du film, on y décèle à mon avis le désespoir profond qui baigne sa vision du monde, sauf qu’ici il s’agit d’un désespoir tonique , pas comme cette fin atroce de « Sanctuaire » , sans aucune lumière ni espérance, qui donne envie de se flinguer , mais « Sanctuaire » seule incursion de Faulkner dans le domaine du livre noir ( » de gangsters et de bootleggers » ) est un chef d’œuvre  grandiose qui ne peut se comparer au livre de Chandler. 
Oui, et le jeu du GRAND Humphrey Bogart y est pour quelque chose, Marlowe est amoureux (ce qui veut dire qu’il a envie de coucher avec  son arrogante et insolente, mais complètement perdue, patronne, Vivian Rutledge) mais il sait aussi que l’amour compte pour peau-de-balle face au Maître Absolu. Et pourtant il accepte de gaité de cœur de mettre sa peau en jeu face à Eddie Mars et à sa bande, des gens qu’il sait plus puissants et plus forts que lui. Et il ne fait certainement pas ça pour crâner devant la belle Vivian, ni pour une rémunération qui lui permettra tout juste de poursuivre son existence sous le regard de la Mort. Mais pour aider une famille dans la panade qui ne le mérite d’ailleurs pas : un vieux beau richissime qui a noyé son existence dans une triste débauche, et ses deux filles arrogantes et perverses, dont l’une (Carmen) est une toxico meurtrière. Appelons ça la vocation de Marlowe au Bien ineffable  » au delà de l’Etre » … Je trouve que c’est une belle fin..
Et bien sûr il a fallu que Joël et Ethan Coen en fassent un ébouriffant pastiche 50 ans plus tard dans « The Big Lebowski « , où le général n’est plus un général mais un vieux mythomane  réac et reaganien nommé Lebowski, qui s’invente un passé de combattant en Corée ,  toujours en fauteuil roulant , c’est le seul point commun avec le général Sternwood en 1946, mais adroit à tromper son monde et à détourner de l’argent, époux d’une toute jeune actrice de films pornos (correspondant à Carmen dans le film de 1946) qui lui pourrit la vie  en lui laissant des dettes à payer un peu partout. Quant à Marlowe il devient « The Dude », qui s’appelle aussi Lebowski,  un feignant  de l’époque post-hippie qui ne vit que pour parasiter les différents organismes d’aide sociale de la ville, ainsi que pour le bowling  avec ses amis ridicules et insignifiants et vider des « white Russian  » (un cocktail que j’ai découvert grâce à ce film, c’est vraiment très bon). Quant à l’histoire d’amour avec Vivian, alors là c’est vraiment grandiose, enfin le style  « déconstructeur » des Frères Coen quoi :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/The_Big_Lebowski
Vivian devient Maud Lebowski, toujours fille du vieux mytho mais artiste vraiment perturbée qui peint ses  créations selon une procédure « vaginale » (il faut voir la scène pour comprendre) qui couche avec ce vaurien de « dude »( « Le duc » ) après lui avoir fait passer un examen médical sous un faux prétexte, juste parce qu’elle veut un enfant dont le père la laissera tranquille et n’essaiera pas de se mêler de l’éducation de l’enfant. Il y a aussi des « nihilistes » avec un fort accent germanique, et  une histoire d’oreille tranchée, comme dans « Blue Velvet »

The Big Sleep (1946) Directed by Howard Hawks Shown: Lauren Bacall, Humphrey Bogart

The Big Sleep (1946)
Directed by Howard Hawks
Shown: Lauren Bacall, Humphrey Bogart

Jean -Luc Godard : Pierrot le fou (1965)

https://m.ok.ru/video/83937921606
Un film qui finit sur les premiers vers du poème de Rimbaud : 
https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/10/06/elle-est-retrouvee-quoi-leternite/
 »

L’Eternité


Elle est retrouvée.

Quoi ? – L’Eternité.

C’est la mer allée

Avec le soleil.


Ame sentinelle,

Murmurons l’aveu

De la nuit si nulle

Et du jour en feu.


Des humains suffrages,

Des communs élans

Là tu te dégages

Et voles selon.


Puisque de vous seules,

Braises de satin,

Le Devoir s’exhale

Sans qu’on dise : enfin.


Là pas d’espérance,

Nul orietur.

Science avec patience,

Le supplice est sûr.


Elle est retrouvée.

Quoi ? – L’Eternité.

C’est la mer allée

Avec le soleil. »