Archives pour la catégorie Descartes

Dany Robert Dufour : « La situation désespérée du présent me remplit d’espoir »

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/02/26/dany-robert-dufour-la-situation-desesperee-du-present-me-remplit-despoir/

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Spinoza contra phenomenology : french rationalism from Cavaillès to Deleuze

https://books.google.fr/books?id=TVmqAwAAQBAJ&pg=PA272&lpg=PA272&dq=jean+toussaint+desanti+brunschvicg&source=bl&ots=YJapKAy4wx&sig=lFWr1uFpGG8Cw_wQUDixKkQN72A&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi2k7GW59rQAhUGKWMKHZOrDA8Q6AEIRDAJ#v=onepage&q=jean%20toussaint%20desanti%20brunschvicg&f=false

Gus Van Sant : « Last days » (2005): magnifique et bouleversant!

Henosophia TOPOSOPHIA μαθεσις uni√ersalis τοποσοφια MATHESIS οντοποσοφια ενοσοφια

J’ai vu hier soir sur Arte ce film qui retrace les derniers jours de Kurt Cobain avant son suicide en 1994, ou tout au moins ces derniers jours tels que Gus Van Sant les imagine, il vivait lu…

Source : Gus Van Sant : « Last days » (2005): magnifique et bouleversant!

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#BrunschvicgProgres homo faber  et homo sapiens

Pour la paléo anthropologie moderne, nous sommes tous, nous tous qui vivons actuellement , des homo  sapiens : il s’agit d’une espèce appartenant au genre homo, la seule qui soit encore en vie actuellement apres l’extinction des deux dernière autres espèces humaines: l’homme de Florès ( d’après le nom de l’île de Florès ou a été découvert un squelette de cette espèce)

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Homme_de_Florès

et l’homme de Néanderthal qui a cohabité avec homo sapiens en Europe jusqu’à son extinction en -28000 à peu près (ou -40000 selon certains):

http://www.lefigaro.fr/sciences/2012/10/29/01008-20121029ARTFIG00540-homo-sapiens-et-neandertal-ont-coexiste.php

Il semble même qu’il y ait eu des métissages entre les deux espèces…

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Homo_sapiens

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Homme_de_Néandertal

En raison de ce métissage 1% à 4% du génôme des humains actuels non africains remonterait aux Néanderthaliens:

http://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/20100506.OBS3562/il-y-a-un-peu-de-neandertal-en-nous.html

Léon Brunschvicg utilise le terme « homo sapiens » d’une manière très différente, dans les premières pages d’introduction du « Progrès de la conscience dans la philosophie occidentale »:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/progres_conscience_t1/progres_conscience_t1_intro.html

C’est en Grèce antique , parmi les Pythagoriciens, que seraient apparu les premiers homo sapiens:

« C’est au pythagorisme surtout que l’hellénisme a dû la création de la méthodologie mathématique, c’est-à-dire l’apparition de l’homo sapiens, entendu, non au sens ordinaire de l’anthropologie par opposition à l’animal, mais dans sa pleine acception qui l’oppose à l’homo faber des sociétés orientales : « Dans tous les domaines de connaissance, dit Gaston Milhaud, les peuples de l’Orient et de l’Égypte avaient transmis aux Grecs un nombre considérable de données, de règles, de procédés utiles à la vie de tous les jours. Les Grecs… voulurent comprendre la raison de ce qui leur était donné comme un ensemble de procédés empiriques… Les propositions mathématiques que sut formuler la science grecque vinrent merveilleusement prouver que l’esprit, en se repliant sur lui-même, et en s’exerçant sur les données qui lui sont apportées du dehors, est capable de créer un ordre nouveau de connaissances, se distinguant par sa précision et par son intelligibilité, par sa rigueur et par son évidence.

Louis Weber, commentant les remarques de Gaston Milhaud, ajoute : « Cette étape de la civilisation est un moment décisif dans l’histoire du progrès. Sans parler des peuples sauvages, derniers vestiges de l’enfance de l’humanité, qui végètent encore sous nos yeux, on ne connaît pas de sociétés, en dehors du monde hellène, qui l’aient spontanément franchie, au moyen des seules ressources de leur génie propre… Mais la curiosité scientifique et la discipline corrélative n’ont pas fait, pendant l’antiquité, d’adeptes en dehors du monde grec, qui est ainsi resté séparé des barbares par des différences intellectuelles beaucoup plus profondes que des accidents de religion, de coutume et de mœurs « 
Homo Faber peut aussi être vu comme pouvant muter en « homo credulus », homme religieux et dévôt : il s’oppose à homo sapiens lors du schisme des pythagoriciens entre les premiers mathématiciens attachés à l’universalité de la Raison vérifiable dans les démonstrations et les « acousmatiques » qui sont plutôt tournés (avec une passion aveugle) vers « l’élément sacramentel et mystérieux de la Révélation » :

« Il est à  remarquer que le conflit des tendances n’est pas resté à l’état latent : il y a eu, sans doute vers la fin du Ve siècle, un schisme dans la Société pythagoricienne, et qui a mis aux prises Mathématiciens et Acousmatiques. Ceux-ci (et les expressions dont se sert M. Robin sont tout à fait significatives), « pour conserver à l’Ordre une vie spirituelle, parallèle à celle de l’Orphisme et capable de la même force d’expansion ou de résistance, s’attachèrent avec une passion aveugle à l’élément sacramentel et mystérieux de la révélation, à des rites et à des formules : les Acousmatiques ont voulu être des croyants et des dévots. Les autres, sans abandonner formellement le credo des premiers, en jugèrent l’horizon trop étroit : ils voulurent être, et eux aussi pour le salut spirituel de leur Ordre, des hommes de science. Mais cela n’était possible qu’à la condition de renoncer à l’obligation du secret mystique et de justifier rationnellement des propositions doctrinales. Aux yeux des dévots, ces savants étaient donc des hérétiques. Mais ce sont eux, hommes de la seconde génération pythagorique, qui ont transformé en une école de philosophie l’association religieuse originaire. C’est pourtant celle-ci, réduite à ses rites et à ses dogmes, qui a survécu jusqu’au réveil néo-pythagoricien. » « 

C’est lors de ce conflit qu homo Faber s’est transformé en homo credulus et a ainsi vaincu homo sapiens son vainqueur:

« 3. Il y a plus : si on laisse de côté ces barbares qui, après avoir asservi la Grande-Grèce et tué Archimède, ont jusqu’à la Renaissance régné sur le monde méditerranéen , il reste qu’à l’intérieur du monde hellénique, et en commençant par l’école de Pythagore, la lumière de la sagesse n’a été qu’une apparition fugitive. C’est qu’en effet l’opposition entre le savoir-faire empirique et la réflexion sur les principes et les méthodes ne correspond qu’à l’aspect de la question le plus abstrait et le plus spéculatif : « L’homo faber, remarque M. Thibaudet, a pu être défini aussi un animal religieux . » C’est-à-dire que l’homo sapiens a eu à se confronter, non seulement avec l’homo faber, mais encore avec l’homo credulus. L’antithèse n’est plus, de ce point de vue, celle de la technique et de la science ; c’est celle du langage et de la pensée : « Le langage est un instrument, un outil. C’est l’outil de la technique sociale, de même que le coup de poing, la massue, la flèche, sont des outils de la technique matérielle. Mais avec cet instrument nouveau s’introduit une perception de la causalité qui, pour l’homme inculte, n’a rien de commun avec la causalité mécanique. Le geste et la parole sont des agents dont l’efficacité se traduit par son seul résultat, sans véhicule sensible… Le pouvoir magique des noms se trouve dans mainte religion, et les terribles châtiments qu’encouraient, il n’y a pas bien longtemps encore, les blasphémateurs sont une preuve, entre autres, de la survivance des croyances de ce genre, qui ont régné chez tous les peuples.« 

« Ces observations contiennent le secret de l’histoire du pythagorisme. L’homo sapiens, vainqueur de l’homo faber, y est vaincu par l’homo credulus. Grâce aux démonstrations irréprochables de l’arithmétique pythagoricienne, l’humanité a compris qu’elle possédait la capacité de se certifier à elle-même, non pas des vérités qui seraient relatives au caractère de la race ou du climat, subordonnées au crédit des magiciens ou des prêtres, à l’autorité des chefs politiques ou des pédagogues, mais la vérité, nécessairement et universellement vraie. Elle s’est donnée alors à elle-même la promesse d’une rénovation totale dans l’ordre des valeurs morales et religieuses. Or, soit que l’homo sapiens du pythagorisme ait trop présumé de sa force naissante, dans la lutte contre le respect superstitieux du passé, soit qu’il n’ait même pas réussi à engager le combat, on ne saurait douter que le succès de l’arithmétique positive ait, en fin de compte, servi d’argument pour consolider, pour revivifier, à l’aide d’analogies mystérieuses et fantaisistes, les propriétés surnaturelles que l’imagination primitive associe aux combinaisons numériques. La raison, impatiente de déployer en pleine lumière sa vertu intrinsèque et son efficacité, s’est heurtée à ce qui apparaît du dehors comme la révélation d’une Parole Sacrée, témoin « le fameux serment des Pythagoriciens : « Non, je le jure par Celui qui a révélé à notre âme la tétractys (c’est-à-dire le schème décadique formé par la série des quatre premiers nombres) qui a en elle la source et la racine de l’éternelle nature… » Le caractère mystique du Pythagorisme (ajoute M. Robin) se révèle encore par d’autres indices : c’est caché par un rideau, que le Maître parle aux novices, et le fameux : Il l’a dit (αὐτὸς ἔφα) ne signifie pas seulement que sa parole doit être aveuglément crue, mais aussi que son nom sacré ne doit pas être profané »
« 
Cette promesse d’une « rénovation totale dans l’ordre des valeurs morales et religieuses » (que l’humanité s’est donnée à elle même) a été tenue près de vingt siècles plus tard avec l’apparition de la science et de la philosophie modernes chez Descartes et Galilée :

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/quelques-citations-eparses-de-brunschvicg-particulierement-eclairantes-voire-illuminatrices/

« Le fait décisif de l’histoire, ce serait donc, à nos yeux, le déplacement dans l’axe de la vie religieuse au XVIIe siècle, lorsque la physique mathématique, susceptible d’une vérification sans cesse plus scrupuleuse et plus heureuse, a remplacé une physique métaphysique qui était un tissu de dissertations abstraites et chimériques autour des croyances primitives.L’intelligence du spirituel à laquelle la discipline probe et stricte de l’analyse élève la philosophie, ne permet plus, désormais, l’imagination du surnaturel qui soutenait les dogmes formulés à partir d’un réalisme de la matière ou de la vie. L’hypothèse d’une transcendance spirituelle est manifestement contradictoire dans les termes ; le Dieu des êtres raisonnables ne saurait être, quelque part au delà de l’espace terrestre ou visible, quelque chose qui se représente par analogie avec l’artisan humain ou le père de famille. Étranger à toute forme d’extériorité, c’est dans la conscience seulement qu’il se découvre comme la racine des valeurs que toutes les consciences reconnaissent également. « 

Nous appelons ici ce « déplacement » , de façon quelque peu « extrémiste » et militaire (mais Descartes était un soldat, au propre et au figuré, comme Wronski son successeur d’ailleurs) une ligne de partage ou de démarcation des temps:

https://renatuscartesiusmathesisuniversalis.wordpress.com/descartes-la-ligne-de-demarcation-des-temps/
Cette ligne est le dernier mur, non pas entre « races » ou « espèces » (bien qu’on ne trouve pas d’analogue de Descartes chez les Néanderthaliens) , mais entre formes d’orientations spirituelles des consciences ( je récuse  absolument le  bien-fondé du concept des « races de l’esprit  » de Julius Evola car il témoigne d’une confusion entre les deux plans, vital et spirituel), mur qui ne sera pas détruit parce qu’il passe à l’intérieur de la conscience.
Or on sait que tout mur chagrine nos « belles âmes » modernes et progressistes :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2016/02/19/trepalium-sur-arte-une-enorme-foutaise/

Y compris celle du Pape qui déclare que l’obsession de construire des murs n’est pas chrétienne. Aussi notre époque à t’elle bâti à partir d’observations scientifiques indéniables une nouvelle façon d’unifier l’humanité et d’abattre les murs et les vilaines frontières :  » nous sommes tous des Africains » puisque nos ancêtres en tant qu’hommes modernes sont sortis d’Afrique il y a 80 000 ans (et les Néanderthaliens aussi mais il y a bien plus longtemps encore:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Origine_africaine_de_l%27homme_moderne

http://www.larecherche.fr/savoirs/paleoanthropologie/premiers-hommes-hors-afrique-01-10-2000-88175

Bien sûr des « hommes de mauvaise volonté » sans doutes mûs par des motivations un peu racistes refusent de monter dans le train de l’origine africaine unique, du berceau africain , osant même s’attaquer, les affreux pervers, à la gentille  » Ève africaine » qui pourtant ne demande pas grand chose, juste un peu d’amour:

http://bernardlugan.blogspot.fr/2011/06/lafrique-nest-plus-le-seul-berceau-de.html

Tout ceci me désole, j’en ai les larmes aux yeux…

Mais comme on dit: « les chiens aboient, la caravane passe« 

Aussi me garderai je bien d’aboyer pour l’empêcher de passer!

Non, mon propos ici est tout autre … Je voudrais souligner cette évidence que les thèses de Brunschvicg sont aux théories, paléo-anthropologiques, sur le berceau africain des différentes espèces du genre Homo, comme se situe ce que nous avons appelé ici, en nous inspirant d’ailleurs de Brunschvicg, le « plan spirituel » (qui tourne autour des idées et des formes « culturelles ») relativement au « plan vital » ( des générations successives) 

Or pourquoi aurais je quelque chose en commun avec l’Afrique par ce que mes ancêtres en sont sortis il y a très longtemps ?

Ce que je trouve si intéressant dans les pensées de Brunschvicg, c’est que si je suis assis ici et maintenant  à m’exercer aux mathématiques il me fait connaître la condition de possibilité pour que je puisse me livrer à ces études , condition qui se situe dans ce schisme, ce conflit chez les Pythagoriciens entre les (premiers) « mathématiciens » et les « acousmatiques » surtout si je lis aussi que ces derniers peuvent être considérés comme des croyants et des dévôts, et qu’alors que je m’exerce aux mathématiques sur mon bureau l’un ou l’une de mes proches fait sa prière dans la pièce à côté . J’ai quelque chose à lui répondre s’il ou elle me reproche de consacrer mon temps à de vaines spéculations de « mécréants vaniteux » ..surtout si croyant m’influencer et me « faire un salutaire rappel » il ou elle me présente tel lien sur les « ultimate mathematics »:

http://journal_of_submission.homestead.com/files/Ultimath.pdf

Car je connais maintenant l’origine de ces balivernes ..chez les acousmatiques.

Une nouvelle façon d’expérimenter l’éternel présent de la vie de l’esprit:

https://mathesisuniversalis.wordpress.com/la-vie-de-lesprit-et-le-present-eternel/

Pas besoin des mathématiques pour cela…car je suis aussi le contemporain , dans l’éternel présent de la vie de l’Esprit, des anonymes qui ont créé les fresques de Lascaux

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Grotte_de_Lascaux

image

La très belle scène finale du film « Le septième sceau » de Bergman 

C’est ici mais pas dans la version originale les dialogues sont en anglais avec en plus des sous titres en anglais mais qui ne correspondent pas toujours tout à fait aux mots prononcés

Et l’intrigue est résumée ici :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Le_Septième_Sceau
Cette scène finale est celle où tous les personnages , représentant toute la variété des positions métaphysiques face au probleme du sens de l’existence humaine, sont confrontés à la mort et réagissent selon leur niveau de conscience. Les personnages humbles ( comme le forgeron et son épouse) réagissent avec le « respect » dû à ce « Grand Personnage » qu’est la Mort(cela évoque ce chapitre du début de « La montagne magique » de Thomas  Mann où deux attitudes face à la mort sont décrites : révérence face à son aspect « sacré » et mépris irrévérencieux s’agissant de son aspect repoussant physiquement parlant : pourriture, dégradation dans le tombeau de tout ce qui constituait l’individualité du défunt, cet aspect est aussi dépeint dans le poème de Baudelaire :Une charogne:

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/charles_baudelaire/une_charogne.html
L’épouse du Chevalier n’est pas humble, mais elle fait preuve de cette révérence envers la Mort  qui est tout simplement l’autre face du respect envers les aspects « sacrés » de la vie, du « plan vital »  auquel le « sacré » s’identifie toujours plus ou moins. 

  Jöns, l’écuyer, représente le nihilisme, l’hédonisme et le scepticisme modernes,  hérités par notre époque des Lumières agnostiques et relativistes propres au 18 eme siècle,  qui n’ont rien à voir avec les  Lumières cartésiennes, malebranchistes  et spinoziennes du siecle précédent  , on pourrait presque dire que le 18ème siècle se rattache directement au relativisme de Montaigne en ignorant ( en voulant ignorer) ce que Montaigne (représentant le « doute ») a rendu possible : Descartes comme représentant le Savoir. Brunschvicg reconnaît que sans Montaigne pas de Descartes, voir l’introduction au tome 1 des  » Écrits philosophiques »: l’humanisme de l’Occident:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/ecrits_philosophiques_t1/ecrits_philosophiques_t1_intro.html

« C’est de Descartes que date le retour à la spiritualité pure par laquelle Platon avait mis en évidence le caractère de la civilisation occidentale : « Toutes les sciences (écrit-il dans la première des Règles pour la direction de l’esprit), ne sont rien d’autre que la sagesse humaine, laquelle demeure toujours une et identique, tout en s’appliquant à divers sujets, sans se laisser différencier par eux, plus que la lumière du soleil par la variété des choses qu’elle éclaire. » Mais l’humanisme de la sagesse ne manifestera toute sa vertu dans la recherche de la vérité, que s’il a conquis, par une ascèse préalable, sa liberté totale à l’égard des préjugés de la conscience collective.<b> De cette ascèse, Descartes sera redevable aux Essais de Montaigne.</b> »

« C’est un usage d’accabler Montaigne sous le grief de scepticisme sans se demander de quoi et pourquoi il est sceptique. Nul pourtant n’a eu un sens plus scrupuleux et plus profond de la vérité. « On reçoit la médecine comme la géométrie », écrit-il ; et d’un mot il écarte les superstitions ridicules, les pratiques occultes, qui apparentent le XVIe siècle au Moyen âge, et qui, même plus tard, font de Bacon, malgré ses prétentions à la méthode, l’un des plus complets et l’un des plus déconcertants parmi les exemplaires de la crédulité humaine. A aucun moment l’enthousiasme que Montaigne professe pour les lettres antiques, ne le détourne de mettre au jour les contradictions ruineuses des doctrines que la Grèce nous a transmises en matière de logique et de physique, de métaphysique et de morale. Montaigne va plus loin encore : il tire des guerres de religion l’effroyable « moralité » qu’elles comportent ; il a le courage d’insister, au début de son Apologie de Raimond Sebond, sur le contraste, qu’on dirait diabolique, entre le christianisme tel qu’il se prêche et la chrétienté telle qu’elle vit.

Il ne faut donc point se laisser tromper par l’attitude d’ironique réserve, que Montaigne étendra, des affirmations téméraires où s’aventurent philosophes et théologiens, aux négations sommaires que la Renaissance leur a parfois opposées. On ne trouvera point chez Montaigne cette « fausse humilité », masque de l’orgueil, qui refuse à la raison l’accès de problèmes qu’elle déclare impénétrables pour la faiblesse humaine, puis qui, tout d’un coup, se prévaudra d’inspirations ou de traditions auxquelles le caprice seul a pu conférer une apparence d’autorité. Si Montaigne évite de s’égarer dans les hauteurs où il pourrait aborder de front les formules transcendantes des dogmes, c’est pour en scruter les racines dans le sol humain, « trop humain », de notre propre histoire. Le crédit des lois repose, non sur la justice, mais sur la coutume qui en est, dira-t-il expressément, le fondement mystique. Et il n’y a pas, selon Montaigne deux psychologies, ou comme nous dirions aujourd’hui, deux sociologies, l’une en matière profane, l’autre en matière sacrée. La foi religieuse est d’essence géographique : « Nous sommes chrétiens à même titre que nous sommes ou Périgordins ou Alemans. »
Voici donc ce qui se dégage avec les Essais pour former comme la première assise du spiritualisme occidental : une histoire naturelle des croyances au surnaturel, cette histoire même que Fontenelle et Bayle, Hume et Voltaire, de nos jours enfin MM. Frazer et Lévy-Bruhl, poursuivent, embrassant un champ de plus en plus vaste, selon des procédés de plus en plus assurés. Les explications totales, celles qui apportent à l’homme la clé de n’importe quelle énigme, depuis la création du monde jusqu’à la survie ou la résurrection des morts, sont, pour reprendre le titre de l’excellent ouvrage de M. Daniel Essertier, des formes inférieures d’explication. Dieu n’a pu être élevé au-dessus du principe d’identité que par des hommes demeurés eux-mêmes au-dessous du seuil de la logique. Tout recours au primat de la tradition nous rejette donc dans le lointain de la « mentalité primitive », à partir de laquelle se déroule, ininterrompu, le tissu mystique, ou mystifiant pour parler plus exactement, des représentations collectives. Pas de peuple d’élection, pas de culte d’exception. Ce n’est pas défendre l’Occident que de plaider pour l’incarnation du Christ contre l’incarnation du Bouddha ; au contraire, le trait caractéristique des communautés orientales est que chacune met sa propre Église et sa propre orthodoxie en concurrence avec les Églises voisines et les orthodoxies rivales. Par delà les luttes perpétuelles des espèces éclate, aux yeux d’un observateur impartial et désintéressé, l’identité du genre. Et déjà Montaigne se plaisait à relever dans l’Apologie de Raimond Sebond, les étranges exemples de « similitudes et convenances » que « le nouveau monde des Indes occidentales » offre avec le nôtre, « présent et passé » : circoncision et croix, usage des mitres et célibat des prêtres. Il prenait à témoins les « cannibales » venus à Rouen du temps de Charles IX, pour se convaincre, et pour convaincre ses lecteurs, que « chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage »

On pourrait rattacher le plan de conscience dont témoigne  Jöns, l’écuyer à cet usage de Montaigne qui passe par dessus la tête de Descartes, en quelque sorte.. Seulement cela est incompatible avec le dynamisme spirituel de l’Occident véritable , tout entier tendu dans l’effort vers l’autonomie car comme le dit Brunschvicg, le cartésianisme accepte l’épreuve du doute de Montaigne mais pour la dépasser, la porter plus loin et fonder sur le doute radical (dans le cogito) un Savoir certain:

« Telle est la première perspective de la sagesse occidentale selon Montaigne, et telle déjà elle inquiétait la clairvoyance de Pascal. Mais, depuis Descartes, on ne peut plus dire que la vérité d’Occident tienne tout entière dans la critique historique et sociologique des imaginations primitives. Sortir de la sujétion de ses précepteurs, s’abstenir de lire des livres ou de fréquenter des gens de lettres, rouler çà et la dans le monde, spectateur plutôt qu’acteur en toutes les comédies qui s’y jouent, ce ne seront encore que les conditions d’une ascétique formelle. A quoi bon avoir conquis la liberté de l’esprit si l’on n’a pas de quoi mettre à profit sa conquête ? Montaigne est un érudit ou, comme dira Pascal, un ignorant ; dans le réveil de la mathématique il ne cherche qu’un intérêt de curiosité, qu’une occasion de rajeunir les arguties et les paradoxes des sophistes. L’homme intérieur demeure pour lui l’individu, réduit à l’alternative de ses goûts et de ses humeurs, penché, avec une volupté que l’âge fait de plus en plus mélancolique, sur « la petite histoire de son âme ». Or, quand Descartes raconte à son tour « l’histoire de son esprit », une tout autre perspective apparaît : la destinée spirituelle de l’humanité s’engage, par la découverte d’une méthode d’intelligence. Et grâce à l’établissement d’un type authentique de vérité, la métaphysique se développera sur le prolongement de la mathématique, mais d’une mathématique renouvelée, purifiée, spiritualisée, par le génie de l’analyse.


Le propre de la sagesse cartésienne, c’est qu’elle accepte dès l’abord, comme bienfaisante el salutaire, l’épreuve du doute de Montaigne. Si l’on réserve le point qui concerne la substance psychique et qui demeure comme une digression par rapport aux thèses essentielles du cartésianisme, aucun des dogmes enseignés par l’autorité, aucun des principes dont l’École faisait la pétition, n’intervient pour altérer la rationalité parfaite du lien entre la méthode et le système. Une même présence de lumière intérieure fait de l’existence du moi pensant et de l’existence du Dieu infini les moments d’une seule intuition : elle a sa racine dans la clarté et dans la distinction de la mathématique « pure et abstraite » ; elle a son application dans la clarté et dans la distinction d’une physique mathématique qui explique les phénomènes de l’univers comme objets de la géométrie spéculative. Le mécanisme de la nature et l’autonomie de l’esprit sont les deux faces solidaires de la science que l’homme constitue lorsque, attentif à lui-même, il déroule, par la seule spontanéité de son intelligence, les « longues chaînes de raisons », dont il appartient à l’expérience de prouver qu’elles forment en effet la trame solide des choses, indépendamment des apparences qu’y adjoint l’animalité des sens ou de l’imagination. »

 Sauf que nous sommes dans ce film au 13eme siècle, 400 ans avant Descartes, et que le relativisme athée de l’écuyer , né de l’observation lors des Croisades de croyances différentes, ne saurait être généralisé. Le chevalier , en homme de foi, prie Dieu, le seul Dieu qui lui vienne à l’idée, de les secourir car ils sont « pauvres’ fragiles et ignorants » .Le savoir de Descartes et Galilée n’est pas encore là..et l’écuyer sarcastique a beau jeu de lui répondre que dans ces ténèbres personne ne l’écoute.

Mais c’est évidemment la réaction de la jaune fille sans nom (jouée par Gunnel Lindlom) qui est la plus marquante  , l’épisode du film que personne ne peut oublier  (avec la « danse macabre » qui vient peut après, entrevue sur fond de ciel d’orage par le jongleur « voyant » moqué par sa femme):elle est la seule à s’agenouiller devant le Personnage mystérieux, dont on entrevoit l’ombre portée sur son visage et se borne au constat de la finitude radicale qui définit le plan vital : 

« it is finished this time » « cette fois c’est la fin » qui ressemble fort aux dernières paroles de Daniel Plainview à la fin de « There Will be blood » : « I am finished »:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/05/20/brunschvicgraisonreligion-exemple-1-de-lopposition-entre-plan-vital-et-plan-spirituel-paul-thomas-anderson/

Il me semble que dans la version originale en suédois du film de Bergman,  le sous titre traduit ce qu’elle dit par :

« Tout est consommé »

  
  

AZIMUTH le blog de John Carlos Baez

John Baez est un savant contemporain, qui a grandement contribué aux progrès récents de la théorie des catégories,en mathématiques et physique mathématique:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/John_Baez
Voir notamment son site « This week’s finds » alimenté depuis 1993 et où l’on trouve des petits trésors de connaissance en physique mathématique, l’accent étant mis sur la mathématique des catégories, topoi et n-catégories (« n-categorical physics »)

http://math.ucr.edu/home/baez/TWF.html

http://math.ucr.edu/home/baez/history.pdf

Il participe et anime la rédaction du blog « n-category cafe »ainsi qu’au nLab:

https://golem.ph.utexas.edu/category/

Il est très impliqué dans l’écologie (scientifique, non idéologique) et son blog Azimuth sur WordPress est consacré au « Projet Azimuth »:

https://johncarlosbaez.wordpress.com/about/

Projet dont la page sur le NLab adopte un ton dramatique (parlant du souci des « sauver la planète) qui de la part de mathématiciens hostiles par définition à l’obsession du « buzz » et au sensationnalisme devrait d’autant plus nous inquiéter (si la guerre civile qui couve en Europe n’était pas déjà si évidente et inquiétante, pour le moins).Voici un article récent du blog Azimuth sur le terrible danger , pour le présent et le futur, que font courir à l’humanité les « civilisations » caractérisées par une expansion agressive. La théorie terrifiante des « Von Neumann probes » est évoquée pour l’avenir de l’exploration de l’espace:

https://en.m.wikipedia.org/wiki/Self-replicating_spacecraft#Von_Neumann_probes
L’Occident (et lui seulement ) est généralement cité comme exemple d’une telle civilisation « agressivement expansionniste » mais l’on oublie de citer l’Islam comme autre exemple (notamment les « antisionistes » comme Noam Chomsky). Or il est possible de conjecturer voire de démontrer que l’oubli au 18ème siècle des « bons aspects » (spirituels) de la science créée au 17 eme siècle au profit des applications militaires de la technoscience a été imposé à l’Europe par le souci de se défendre contre les perpétuelles agressions ottomanes qui jusqu’en 1760 ont menacé l’Europe d’un anéantissement total ( ce qui est la situation d’Israel aujourd’hui et peut être aussi de l’Europe compte tenu de l’islamisation causée par ce que l’on appelle pudiquement « crise des Migrants »)
Qu’est ce que la civilisation comme alternative à la barbarie ? C’est la tentative de combattre l’emprise du « plan vital » sur les consciences, et de sauvegarder la possibilité de l’accès au « plan spirituel »:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/05/19/brunschvicgraisonreligion-les-oppositions-fondamentales-moi-vital-ou-moi-spirituel/
On voit donc que la notion de « civilisation agressivement expansionniste » est auto-contradictoire, puisque l’expansionnisme , le fait de conquérir le plus possible de ressources vitales en faisant la guerre aux autres civilisations, est propre au plan vital et aux religions prosélytes qui sont toutes restées prisonnières du plan vital, contrairement à ce qui est leur mission essentielle. Ainsi « prendre les fables de la Bible au mot », ce que l’on reproche généralement aux sionistes et à leurs « supporters », est indubitablement une erreur tragique ou une fraude qui a pour conséquence l’oubli du sens réel de la Bible : représenter symboliquement l’errance humaine qui se libère de l’esclavage du plan vital (symbolisé par l’esclavage en Égypte des hébreux) et qui cherche à travers le désert (symbolisant l’ascèse) l’accès à la Terre promise Israël (symbolisant le plan spirituel, « Royaume des cieux qui n’est pas de ce monde », c’est à dire est radicalement différent et séparé du plan vital). certes! Mais il est bien plus dangereux de prendre le Coran au mot, comme le font en majorité les musulmans même « non radicalisés »
Ainsi prendre au pied de la lettre le verset 110 de la Sourate 3:

« 110. Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah. Si les gens du Livre croyaient, ce serait meilleur pour eux, il y en a qui ont la foi, mais la plupart d’entre eux sont des pervers. »

conduit au fanatisme et à l’expansionnisme agressif de l’Islam, observé au cours des 14 siècles de son histoire (lors des invasions de l’Inde notamment), consistant à imposer aux peuples soumis par la force et le génocide la Sharia, loi prétendûment divine. Et là nous ne parlons pas d’intégrisme ou d’islamisme, mais de l’Islam historique, qui est coupable de guerres incessantes visant l’expansion et la conquête, et cela d’abord pour conquérir des ressources, en imposant aux peuples refusant de devenir musulmans des impôts spéciaux comme le « gay » ou la « dhimmah » (d’où l’appellation de « dhimmis » pour les minorités juives et chrétiennes en « terre d’islam » ). Par contre Israël ou l’Inde ne sont pas expansionnistes et ne font pas de prosélytisme…

#BrunschvicgEtapes les étapes de la philosophie mathématique

Un premier article :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/04/04/brunschvicg-les-etapes-de-la-philosophie-mathematique/

avait été écrit à propos de ce livre « Les étapes de la philosophie mathématique » datant de 1912 et qui est souvent considéré comme le plus caractéristique , sinon le plus important, de Brunschvicg, dont la philosophie souvent dépeinte comme  » idéalisme mathématisant » accorde une place prédominante à la science et à la mathesis ( activité de pensée qui est au fondement des mathématiques) .Qu’il me suffise de citer ces passages de « La querelle de l’athéisme » de 1928 , texte qui peur etre trouvé en appendice à « Vraie et fausse conversion »:

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/2012/09/11/la-querelle-de-latheisme-de-brunschvicg/

«  Le drame de la conscience religieuse depuis trois siècles est défini avec précision par les termes du Mémorial du 23 novembre 1654 : entre le Dieu qui est celui d’Abraham, d’Isaac, de Jacob et le Dieu qui est celui des philosophes et des savants, les essais de synthèse, les espérances de compromis, demeurent illusoires. Il est donc important de soumettre à l’examen les moments du processus spéculatif qui explique et qui, selon nous, commande la nécessité de l’alternative. »
Où Brunschvicg « retourne » pour ainsi dire, dans une sorte de judo spirituel, la force de pensée de l’alternative décrétée par Pascal dans le Mémorial du 23 novembre 1654 (lors de la fameuse nuit mystique )entre le Dieu de la Bible et le Dieu des philosophes et des Savants:

http://anecdonet.free.fr/iletaitunefoi/Dieu/M%E9morialdeBlaisePascal.html

« Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob» non des philosophes et des savants

Certitude. Certitude. Sentiment. Joie. Paix.
Dieu de Jésus-Christ.
 »
Brunschvicg éprouvait pour Pascal une admiration fascinée ( un peu comme Jacques Attali de nos jours) il a consacré une partie importante de sa vie intellectuelle à l’édition critique des « Œuvres complètes » de Pascal (la fameuse « édition Brunschvicg ») , le passage ci dessus est important car il fonde la séparation entre Dieu des croyants et Dieu des philosophes, et ce de la manière la plus claire, ce qui n’est pas toujours le cas chez tout le monde j’ai même lu un jour un texte d’un professeur de philosophie où c’était l’islam qui était crédité de la « paternité » du Dieu des philosophes et des savants ( simplement parce qu’il s’oppose au christianisme et à la Bible, qu’il accuse d’être pleine d’erreurs humaines et de falsifications de la parole divine) . En réalité le Dieu des philosophes est l’Idée de Dieu purifiée et élaguée de toute intrusion de références au plan vital. Or le dieu sanguinaire du Coran et de l’Islam est l’Idole de ceux qui sont incapables de penser qu’il y a autre chose que ce plan vital ( cet autre étant le plan spirituel) c’est pour cette raison que l’Islam a tellement le « vent en poupe » aujourd’hui il est le refuge de tous les vrais athées et nihilistes qui sont légion aujourd’hui en Occident depuis 1945 ou même 1920 et surtout depuis la fin il y a 30 ans des « Grands récits » du communisme, qui était leur seule boussole et est maintenant remplacé par l’Islam, le véritable athéisme n’étant pas de nier Dieu ( car encore faut il pour cela s’accorder sur ce qu’est Dieu) mais de nier qu’il y a un plan spirituel de l’Idée en dehors du plan vital, ordre de la matière et de la vie.
Le second passage que je juge important dans la « querelle de l’athéisme » exposé de Brunschvicg devant la Société française de philosophie le 24 mars 1928 :

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/2012/09/11/la-querelle-de-latheisme-de-brunschvicg/
est le suivant :

« Le fait décisif de l’histoire, ce serait donc, à nos yeux, le déplacement dans l’axe de la vie religieuse au XVIIesiècle, lorsque la physique mathématique, susceptible d’une vérification sans cesse plus scrupuleuse et plus heureuse, a remplacé une physique métaphysique qui était un tissu de dissertations abstraites et chimériques autour des croyances primitives. L’intelligence du spirituel à laquelle la discipline probe et stricte de l’analyse élève la philosophie, ne permet plus, désormais, l’imagination du surnaturel qui soutenait les dogmes formulés à partir d’un réalisme de la matière ou de la vie. L’hypothèse d’une transcendance spirituelle est manifestement contradictoire dans les termes ; le Dieu des êtres raisonnables ne saurait être, quelque part au delà de l’espace terrestre ou visible, quelque chose qui se représente par analogie avec l’artisan humain ou le père de famille. Étranger à toute forme d’extériorité, c’est dans la conscience seulement qu’il se découvre comme la racine des valeurs que toutes les consciences reconnaissent également. À ce principe de communion les propositions successivement mises au jour et démontrées par les générations doivent leur caractère intrinsèque de vérités objectives et éternelles, de même qu’il fonde en chacun de nous cette caritas humani generis, sans qui rien ne s’expliquerait des sentiments et des actes par lesquels l’individu s’arrache à l’égoïsme de la nature. Ce Dieu, il faudra donc l’appeler le Verbe, à la condition que nous sachions entendre par là le Verbum ratio (λόγος ἐνδιάθετος) dont le Verbum oratio (λόγος προφορικὸς) est la négation bien plutôt que le complément, avec tout ce qui, par l’extériorité du langage à la pensée, s’est introduit dans les cultes populaires : mythes de révélations locales et de métamorphoses miraculeuses, symboles de finalité anthropomorphique. »

On peut dire que ce texte de Brunschvicg est le fondement, la raison d’être de tous les blogs de la mouvance « Henosophia toposophia mathesis universalis » dont celui ci est le principal avec aussi:

https://mathesisuniversalis.wordpress.com

Mais revenons à l’article déjà écrit sur « Les Etapes de la philosophie mathématique » où toutes les références avaient été données pour lire le livre sur le web:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/04/04/brunschvicg-les-etapes-de-la-philosophie-mathematique/

Ce blog n’est pas un blog de mathématiques, ni d’ailleurs de philosophie : pour le décrire j’aimerais dire que c’est un blog de « philosophie mathématique » dans la lignée du livre de 1912 de Brunschvicg..cependant il y a loin de la coupe aux lèvres et je conçois ce qu’une telle affirmation (qui est plutôt un souhait) peut avoir de ridicule . Il reste que c’est là la tâche que je fixe à ma vie, aussi pusillanime soit elle : continuer le travail de pensée des « Etapes » , et notamment y intégrer ce que Brunschvicg n’a pas pu y mettre puisqu’il est mort en 1944, un an avant la naissance de la théorie des catégories..

Signalons qu’en 1962 un colloque a été organisé à Normale sup pour le cinquantenaire de la sortie du livre en 1912, vous trouvez les textes des interventions ici :

http://s3.archive-host.com/membres/up/784571560/GrandesConfPhiloSciences/philosc08_commemoration_brunschvicg_1962.pdf
C’est une première pierre de construction pour édifier ce « palais au Soleil » dont je viens de parler, sur les fondations du livre « les étapes » et de la mathesis universalis cartésienne (plutôt que leibnizienne) avec les matériaux plus modernes de la théorie des catégories et des mathématiques contemporaines ( sans négliger Bourbaki et l’œuvre gigantesque laissée par Grothendieck)