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Mauvaise réputation de l’idéalisme dès l’époque de Fichte 

http://www.laviedesidees.fr/Pourquoi-encore-l-idealisme.html
« Vers 1800, des étudiants berlinois auraient canardé de pierres les fenêtres de Fichte afin de lui démontrer l’existence des choses extérieures. Une fois les fenêtres brisées, preuve était faite de l’existence réelle des choses face à ce Moi que le philosophe avait prétendu absolu. Hormis le caractère injuste de cette critique de facto envers la doctrine de Fichte, l’anecdote témoigne de la mauvaise réputation, parmi les milieux philosophiques de l’époque et même auprès du grand public, dont souffrait l’« idéalisme ». Dans sa Critique de la raison pure et dans ses Prolégomènes, Kant s’était déjà attelé à une réfutation en règle de « l’idéalisme au sens traditionnel qui consiste à mettre en doute l’existence des choses » pour lui opposer un « idéalisme critique » d’après lequel « il n’y a de vérité que dans l’expérience ». Après lui, nombreux furent ceux, de Marx à Adorno en passant par Nietzsche et Heidegger, qui, chacun à leur manière, soulignèrent les impasses conceptuelles auxquelles mène une doctrine de pensée, « l’idéalisme », dont l’appellation est pourtant très loin d’être contrôlée. »
Il y a aussi la démonstration consistant à inviter un philosophe « idéaliste » à s’asseoir au milieu de la voie ferrée et à y rester quand passera un TGV : s’il s’enfuit, c’est qu’il ne croit même pas à sa doctrine. Sauf que l’idéalisme véritable n’affirme absolument pas que les « choses », les « étants » , le monde, le plan-vital-ontologique, n’existent pas. Au contraire, elles ne font qu’exister. Ce sont les Idées qui n’existent pas, sinon elles se situeraient sur le plan vital, et il n’y aurait pas de plan spirituel, de « monde des idées » . Ce qu’affirme l’idéalisme, c’est la primauté du plan des idées sur le monde, qui ne vaut rien Car les valeurs se situent sur le plan spirituel. « La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie » ..Car sans des sujets humains vivants, pas de pensée, pas d’idées. Seulement il y a une autre façon de supprimer la pensée sans exterminer les humains, utilisée par la dictature actuelle qui tient le monde sous sa botte :ce moyen, c’est la élevision et autres médias et « réseaux sociaux »
« À observer les débats contemporains, fortement influencés par les « maîtres du soupçon » précités, il n’est pas sûr que l’idéalisme ait depuis lors gagné en légitimité philosophique. Au contraire, il semble aujourd’hui totalement discrédité en raison de sa prétention, jugée péremptoire, de fournir grâce à « l’idée » un principe ultime de vérité. C’est l’un des grands mérites de l’ouvrage publié par Olivier Tinland que de réhabiliter un idéalisme bien compris : l’idéalisme hégélien. On doit à la plume de Hegel la sentence lapidaire : « toute vraie philosophie est un idéalisme ». Tinland nuance d’entrée de jeu en remarquant qu’à l’inverse tout idéalisme ne satisfait pas forcément au principe de la vérité philosophique. L’objet de sa recherche est alors de déterminer le sens précis de « l’idée » (ou encore de « l’idéalité ») que Hegel a été amené à introduire au sein du discours philosophique dans le but d’« accomplir » la métaphysique occidentale qui va de Platon à Kant. »


« Tinland nous rappelle que, pour Hegel, il n’y a de philosophie qu’idéaliste. Il nous fait ainsi comprendre toute l’importance de son objet d’étude non seulement pour les commentateurs hégélianisants mais aussi, plus généralement, pour les philosophes soucieux du bien-fondé de leur démarche. Si l’on admet avec Hegel qu’« une philosophie est idéaliste, consciemment ou non, pour peu qu’elle s’engage dans l’explication du réel et la soumission de celui-ci à un principe explicatif » (p. 167), reste cependant à démarquer la « vraie philosophie » de ses autres succédanés. Hegel avait pris soin de distinguer, à des fins pédagogiques (puisque la distinction est posée dans ses Leçonssur l’histoire de la philosophie) entre trois types d’idéalisme : « l’idéalisme objectif », « l’idéalisme subjectif » et « l’idéalisme absolu ». Chacun de ces idéalismes fournit un « principe explicatif » de la réalité. Tandis que le premier s’appuie sur le principe naïf et dogmatique d’une idée-chose immédiatement présente dans la réalité, « l’idéalisme subjectif » avance le principe critique d’une idée-sujet constitutive de la réalité dans les rapports réflexifs qu’elle entretient avec cette dernière. L’« idéalisme absolu » – dont se réclame (à demi-mot) l’hégélianisme – consistera à démontrer le caractère unilatéral et inadéquat de ces deux principes. Le principe de « l’idéalité » que Hegel leur oppose correspondra au mouvement propre à la « vraie philosophie » en ce que celle-ci « entend rendre compte, d’un même geste, du statut de la réalité, de la manière dont nous nous rapportons à elle et de la manière dont le savoir se rapporte à la question de sa propre possibilité et validité » (p. 9). Plutôt que d’un « principe explicatif » sur lequel l’ensemble de la réalité viendrait se fonder ou se réfléchir, mieux vaudrait alors parler d’un principe d’« explicitation » (ibid.) du discours philosophique dans ses rapports de vérité au réel. Principe de « l’idée absolue » qui suppose en outre que la réflexivité du savoir philosophique est celle, progressive, de la réalité en cours de vérification, et non pas d’un Moi. »



Raison absolue et finitude : plan spirituel et plan vital ?

Le livre de Robert Lamblin sous titré :  » pour une critique de la raison pure philosophique » et paru en 1977 chez Vrin est ici en lecture partielle:

https://books.google.fr/books?id=ON4B3Q6lme4C&pg=PP1&lpg=PP1&dq=raison+absolue+et+finitude&source=bl&ots=4SX55udSj0&sig=iYQ_dB1EEflpxvDs4fFW3fhBfbE&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjh9tTI-rDKAhXK0xoKHVpTCPsQ6AEIHzAC#v=onepage&q=raison%20absolue%20et%20finitude&f=false
L’objet de ce livre tel qu’expliqué par l’auteur en introduction est de mettre au jour le sens de la réflexion philosophique, c’est à dire la signification ultime de la philosophie, d’après surtout la pensée de Hegel et de Fichte.
La différence avec Brunschvicg est donc que ce dernier trouve son inspiration dans le spinozisme et sa conception de la réflexion cartésienne ( du cogito c’est à dire). Or on sait qu’entre Jegel et Spinoza il faut choisir ainsi que nous en avertit Pierre Macherey dans « Hegel OU Spinoza » justement, voir la traduction en anglais de ce livre:

http://uberty.org/wp-content/uploads/2015/09/Pierre_Macherey_Susan_M._Ruddick_Hegel_or_Spino.pdf

L’origine radicale de la réflexion philosophique, qui est selon Brunschvicg l’unique méthode du spinozisme, se situe dans le problème universelqu’elle se pose nécessairement, qui est le fait de la distinction et de l’union de la pensée pure (la conscience de soi) et la pensée objectivement déterminée, ( notamment dans les sciences)c’est à dire le fait nécessaire qui semble une contradiction entre l’infinité et la finitude de la pensée. la réflexion se heurte nécessairement à ce fait qu’elle ne peut considérer que comme un fait empirique , auquel elle se heurte comme à l’exteriorité du monde, mais dont elle a un savoir pur à priori. Dans l’Ethique de Spinoza cette contradiction apparente,se situé entre la merveilleuse liberté apparue au Livre V et le déterminisme absolu du système aux 4 livres précédents. Elle est si l’on veut entre cette constatation que d’une certaine façon nous  » sentons que nous sommes éternels » ( » sentimur ») alors que nous savons aussi que nous sommes des « modes », des êtres finis et mortels.

Cette contradiction apparente n’est elle pas celle découverte et explicitée par Brunschvicg entre Moi vital (ou « plan vital » selon notre formulation dont j’ai déjà reconnu les dangers (à savoir tomber dans une formulation « théosophique », voir « occultiste » , celle des plans subtils) et Moi spirituel (mais il est vrai que les ouvrages théosophiques abondent aussi d’oppositions entre « petit moi » et « Grand Moi »):

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/05/19/brunschvicgraisonreligion-les-oppositions-fondamentales-moi-vital-ou-moi-spirituel/

https://mathesisuniversalis.wordpress.com/2015/08/01/brunschvicgraisonreligion-lopposition-fondamentale-plan-vital-plan-spirituel-dans-quatre-films/

Et, sur le livre « Raison et religion » :

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/brunschvicg-raison-et-religion/

Le plan vital est celui de la finitude, le plan spirituel est celui de l’infinité de l’Idée

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/quelques-citations-eparses-de-brunschvicg-particulierement-eclairantes-voire-illuminatrices/

« Une philosophie de la conscience pure, telle que le traité de Spinoza « De intellectus emendatione » , en a dégagé la méthode, n’a rien à espérer de la vie, à craindre de la mort. L’angoisse de disparaitre un jour, qui domine une métaphysique de la vie, est sur un plan; la certitude d’évidence qu’apporte avec elle l’intelligence de l’idée, est sur un autre plan«

Brunschvicg se réfère bien à Spinoza ( mais pas à l’Ethique, dont le système euclidien s’est effondré ) et non à Hegel. Mais il reste que selon André Simha il est le « Fichte français »

Jean Zin : la phénoménologie de l’esprit de Hegel

https://jeanzin.fr/ecorevo/philo/hegel/phenomen.htm
Ce n’est pas le texte en pdf, c’est mieux que cela : une analyse de la structure de l’ouvrage fondamental de temps modernes.

https://jeanzin.fr/ecorevo/philo/hegel/conscien.htm

« Faire référence au nazi Heidegger n’est pas lui donner raison contre Hegel. Il y a dans la pensée de l’être comme origine et comme peuple un point de vue hiérarchique, volontariste et particulariste qui rend bien compte de sa complicité avec le nazisme, dans la pensée, malgré son opposition à la technique, à la propagande, au pouvoir nazi lui-même (qu’il excuse d’ailleurs de sa barbarie comme l’expression de notre temps). Nous ne pouvons accepter ces préjugés et nous trouverons dans l’analyse historique de Hegel de quoi les dépasser, cependant la critique que fait Heidegger de Hegel (dès 1923) reste indispensable. Kojève a trouvé sa propre compréhension de Hegel dans Être et temps (il a ensuite trouvé que Heidegger avait très mal tourné) et toute la postérité philosophique doit confronter ce début de la Phénoménologie à sa critique phénoménologique.« 

La science de la cohésion selon Lawvere

Voir ce lien et notamment Page 2 la citation tirée de « Axiomatic cohésion » de Lawvere:

http://www.mat.uc.pt/~workCT/slides/Menni.pdf

« axiomatic cohesion » qui est ici:

http://www.tac.mta.ca/tac/volumes/19/3/19-03.pdf

Notons page 3 du travail de Menni l’intervention des morphismes géométriques entre topoi qui rappelons le sont des paires de foncteurs adjoints (une adjonction est orientée, rappelons le aussi) auxquels nous avons donné ici depuis le début une grande importance voir:

https://mathesisuniversalis.wordpress.com/2015/06/23/retour-a-ou-detour-par-la-triade-des-elements-primitifs-de-wronski/

Et surtout:

https://mathesisuniversalis.wordpress.com/2015/06/24/morphismes-geometriques-et-2-categorie-topos-des-topoi-comme-cadre-general-de-nos-travaux/

Lawvere s’inspire de Hegel, il nous pardonnera donc certainement de lire Wronski !

C’est ma conviction que cette « pensée selon l’Un  » ( et non plus selon l’Etre) dont nous avons trouvé l’idée chez Léon Brunschvicg et que nous nommons Henosophia , pensée révolutionnaire (réellement, cette fois) et censée donner la solution à tous nos douloureux problèmes humains (ainsi que ceux des lecteurs nous accordant éventuellement leur confiance) en nous permettant, selon les mots de Brunschvicg, de « renoncer à la mort » c’est à dire de nous propulser sur le plan spirituel en vivant « comme des Anges », que cette pensée « henosophique » donc à à voir avec la « science de la cohésion » dont parle Lawvere.

Pratique mathématique et lectures de Hegel, de   Cavaillès à Lawvere

Voir:

http://baptiste.meles.free.fr/site/B.Meles-Cavailles_Lawvere_Hegel.pdf

Un article qui (sans négliger l’importance de Cavaillès, élève de Brunschvicg , héros de la Résistance et tout autant philosophe inspiré par Spinoza que mathématicien) peut servir d’introduction à la pensée marquée par Hegel de Lawvere , inventeur avec Grothendieck des topoi , voir:

https://ncatlab.org/nlab/show/intensive+or+extensive+quantity

https://ncatlab.org/nlab/show/objective+and+subjective+logic

In (Lawvere 94b) it is suggested that universal constructions in categorical logic and topos theory, such as adjunctions, should be thought of as the formal incarnation of Hegel’s objective Logic…
« It is my belief that in the next decade and in the next century the technical advances forged by category theorists will be of value to dialectical philosophy, lending precise form with disputable mathematical models to ancient philosophical distinctions such as general vs. particular, objective vs. subjective, being vs. becoming, space vs. quantity, equality vs. difference, quantitative vs. qualitative etc. In turn the explicit attention by mathematicians to such philosophical questions is necessary to achieve the goal of making mathematics (and hence other sciences) more widely learnable and useable. Of course this will require that philosophers learn mathematics and that mathematicians learn philosophy. »

https://ncatlab.org/nlab/show/William+Lawvere