Archives pour la catégorie Spinoza

La pensée de Spinoza et la naissance de l’intellectuel démocratique

https://www.cairn.info/revue-archives-juives-2003-2-page-20.htm

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Spinoza contra phenomenology : french rationalism from Cavaillès to Deleuze

https://books.google.fr/books?id=TVmqAwAAQBAJ&pg=PA272&lpg=PA272&dq=jean+toussaint+desanti+brunschvicg&source=bl&ots=YJapKAy4wx&sig=lFWr1uFpGG8Cw_wQUDixKkQN72A&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi2k7GW59rQAhUGKWMKHZOrDA8Q6AEIRDAJ#v=onepage&q=jean%20toussaint%20desanti%20brunschvicg&f=false

Gus Van Sant : « Last days » (2005): magnifique et bouleversant!

Henosophia TOPOSOPHIA μαθεσις uni√ersalis τοποσοφια MATHESIS οντοποσοφια ενοσοφια

J’ai vu hier soir sur Arte ce film qui retrace les derniers jours de Kurt Cobain avant son suicide en 1994, ou tout au moins ces derniers jours tels que Gus Van Sant les imagine, il vivait lu…

Source : Gus Van Sant : « Last days » (2005): magnifique et bouleversant!

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La très belle scène finale du film « Le septième sceau » de Bergman 

C’est ici mais pas dans la version originale les dialogues sont en anglais avec en plus des sous titres en anglais mais qui ne correspondent pas toujours tout à fait aux mots prononcés

Et l’intrigue est résumée ici :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Le_Septième_Sceau
Cette scène finale est celle où tous les personnages , représentant toute la variété des positions métaphysiques face au probleme du sens de l’existence humaine, sont confrontés à la mort et réagissent selon leur niveau de conscience. Les personnages humbles ( comme le forgeron et son épouse) réagissent avec le « respect » dû à ce « Grand Personnage » qu’est la Mort(cela évoque ce chapitre du début de « La montagne magique » de Thomas  Mann où deux attitudes face à la mort sont décrites : révérence face à son aspect « sacré » et mépris irrévérencieux s’agissant de son aspect repoussant physiquement parlant : pourriture, dégradation dans le tombeau de tout ce qui constituait l’individualité du défunt, cet aspect est aussi dépeint dans le poème de Baudelaire :Une charogne:

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/charles_baudelaire/une_charogne.html
L’épouse du Chevalier n’est pas humble, mais elle fait preuve de cette révérence envers la Mort  qui est tout simplement l’autre face du respect envers les aspects « sacrés » de la vie, du « plan vital »  auquel le « sacré » s’identifie toujours plus ou moins. 

  Jöns, l’écuyer, représente le nihilisme, l’hédonisme et le scepticisme modernes,  hérités par notre époque des Lumières agnostiques et relativistes propres au 18 eme siècle,  qui n’ont rien à voir avec les  Lumières cartésiennes, malebranchistes  et spinoziennes du siecle précédent  , on pourrait presque dire que le 18ème siècle se rattache directement au relativisme de Montaigne en ignorant ( en voulant ignorer) ce que Montaigne (représentant le « doute ») a rendu possible : Descartes comme représentant le Savoir. Brunschvicg reconnaît que sans Montaigne pas de Descartes, voir l’introduction au tome 1 des  » Écrits philosophiques »: l’humanisme de l’Occident:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/ecrits_philosophiques_t1/ecrits_philosophiques_t1_intro.html

« C’est de Descartes que date le retour à la spiritualité pure par laquelle Platon avait mis en évidence le caractère de la civilisation occidentale : « Toutes les sciences (écrit-il dans la première des Règles pour la direction de l’esprit), ne sont rien d’autre que la sagesse humaine, laquelle demeure toujours une et identique, tout en s’appliquant à divers sujets, sans se laisser différencier par eux, plus que la lumière du soleil par la variété des choses qu’elle éclaire. » Mais l’humanisme de la sagesse ne manifestera toute sa vertu dans la recherche de la vérité, que s’il a conquis, par une ascèse préalable, sa liberté totale à l’égard des préjugés de la conscience collective.<b> De cette ascèse, Descartes sera redevable aux Essais de Montaigne.</b> »

« C’est un usage d’accabler Montaigne sous le grief de scepticisme sans se demander de quoi et pourquoi il est sceptique. Nul pourtant n’a eu un sens plus scrupuleux et plus profond de la vérité. « On reçoit la médecine comme la géométrie », écrit-il ; et d’un mot il écarte les superstitions ridicules, les pratiques occultes, qui apparentent le XVIe siècle au Moyen âge, et qui, même plus tard, font de Bacon, malgré ses prétentions à la méthode, l’un des plus complets et l’un des plus déconcertants parmi les exemplaires de la crédulité humaine. A aucun moment l’enthousiasme que Montaigne professe pour les lettres antiques, ne le détourne de mettre au jour les contradictions ruineuses des doctrines que la Grèce nous a transmises en matière de logique et de physique, de métaphysique et de morale. Montaigne va plus loin encore : il tire des guerres de religion l’effroyable « moralité » qu’elles comportent ; il a le courage d’insister, au début de son Apologie de Raimond Sebond, sur le contraste, qu’on dirait diabolique, entre le christianisme tel qu’il se prêche et la chrétienté telle qu’elle vit.

Il ne faut donc point se laisser tromper par l’attitude d’ironique réserve, que Montaigne étendra, des affirmations téméraires où s’aventurent philosophes et théologiens, aux négations sommaires que la Renaissance leur a parfois opposées. On ne trouvera point chez Montaigne cette « fausse humilité », masque de l’orgueil, qui refuse à la raison l’accès de problèmes qu’elle déclare impénétrables pour la faiblesse humaine, puis qui, tout d’un coup, se prévaudra d’inspirations ou de traditions auxquelles le caprice seul a pu conférer une apparence d’autorité. Si Montaigne évite de s’égarer dans les hauteurs où il pourrait aborder de front les formules transcendantes des dogmes, c’est pour en scruter les racines dans le sol humain, « trop humain », de notre propre histoire. Le crédit des lois repose, non sur la justice, mais sur la coutume qui en est, dira-t-il expressément, le fondement mystique. Et il n’y a pas, selon Montaigne deux psychologies, ou comme nous dirions aujourd’hui, deux sociologies, l’une en matière profane, l’autre en matière sacrée. La foi religieuse est d’essence géographique : « Nous sommes chrétiens à même titre que nous sommes ou Périgordins ou Alemans. »
Voici donc ce qui se dégage avec les Essais pour former comme la première assise du spiritualisme occidental : une histoire naturelle des croyances au surnaturel, cette histoire même que Fontenelle et Bayle, Hume et Voltaire, de nos jours enfin MM. Frazer et Lévy-Bruhl, poursuivent, embrassant un champ de plus en plus vaste, selon des procédés de plus en plus assurés. Les explications totales, celles qui apportent à l’homme la clé de n’importe quelle énigme, depuis la création du monde jusqu’à la survie ou la résurrection des morts, sont, pour reprendre le titre de l’excellent ouvrage de M. Daniel Essertier, des formes inférieures d’explication. Dieu n’a pu être élevé au-dessus du principe d’identité que par des hommes demeurés eux-mêmes au-dessous du seuil de la logique. Tout recours au primat de la tradition nous rejette donc dans le lointain de la « mentalité primitive », à partir de laquelle se déroule, ininterrompu, le tissu mystique, ou mystifiant pour parler plus exactement, des représentations collectives. Pas de peuple d’élection, pas de culte d’exception. Ce n’est pas défendre l’Occident que de plaider pour l’incarnation du Christ contre l’incarnation du Bouddha ; au contraire, le trait caractéristique des communautés orientales est que chacune met sa propre Église et sa propre orthodoxie en concurrence avec les Églises voisines et les orthodoxies rivales. Par delà les luttes perpétuelles des espèces éclate, aux yeux d’un observateur impartial et désintéressé, l’identité du genre. Et déjà Montaigne se plaisait à relever dans l’Apologie de Raimond Sebond, les étranges exemples de « similitudes et convenances » que « le nouveau monde des Indes occidentales » offre avec le nôtre, « présent et passé » : circoncision et croix, usage des mitres et célibat des prêtres. Il prenait à témoins les « cannibales » venus à Rouen du temps de Charles IX, pour se convaincre, et pour convaincre ses lecteurs, que « chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage »

On pourrait rattacher le plan de conscience dont témoigne  Jöns, l’écuyer à cet usage de Montaigne qui passe par dessus la tête de Descartes, en quelque sorte.. Seulement cela est incompatible avec le dynamisme spirituel de l’Occident véritable , tout entier tendu dans l’effort vers l’autonomie car comme le dit Brunschvicg, le cartésianisme accepte l’épreuve du doute de Montaigne mais pour la dépasser, la porter plus loin et fonder sur le doute radical (dans le cogito) un Savoir certain:

« Telle est la première perspective de la sagesse occidentale selon Montaigne, et telle déjà elle inquiétait la clairvoyance de Pascal. Mais, depuis Descartes, on ne peut plus dire que la vérité d’Occident tienne tout entière dans la critique historique et sociologique des imaginations primitives. Sortir de la sujétion de ses précepteurs, s’abstenir de lire des livres ou de fréquenter des gens de lettres, rouler çà et la dans le monde, spectateur plutôt qu’acteur en toutes les comédies qui s’y jouent, ce ne seront encore que les conditions d’une ascétique formelle. A quoi bon avoir conquis la liberté de l’esprit si l’on n’a pas de quoi mettre à profit sa conquête ? Montaigne est un érudit ou, comme dira Pascal, un ignorant ; dans le réveil de la mathématique il ne cherche qu’un intérêt de curiosité, qu’une occasion de rajeunir les arguties et les paradoxes des sophistes. L’homme intérieur demeure pour lui l’individu, réduit à l’alternative de ses goûts et de ses humeurs, penché, avec une volupté que l’âge fait de plus en plus mélancolique, sur « la petite histoire de son âme ». Or, quand Descartes raconte à son tour « l’histoire de son esprit », une tout autre perspective apparaît : la destinée spirituelle de l’humanité s’engage, par la découverte d’une méthode d’intelligence. Et grâce à l’établissement d’un type authentique de vérité, la métaphysique se développera sur le prolongement de la mathématique, mais d’une mathématique renouvelée, purifiée, spiritualisée, par le génie de l’analyse.


Le propre de la sagesse cartésienne, c’est qu’elle accepte dès l’abord, comme bienfaisante el salutaire, l’épreuve du doute de Montaigne. Si l’on réserve le point qui concerne la substance psychique et qui demeure comme une digression par rapport aux thèses essentielles du cartésianisme, aucun des dogmes enseignés par l’autorité, aucun des principes dont l’École faisait la pétition, n’intervient pour altérer la rationalité parfaite du lien entre la méthode et le système. Une même présence de lumière intérieure fait de l’existence du moi pensant et de l’existence du Dieu infini les moments d’une seule intuition : elle a sa racine dans la clarté et dans la distinction de la mathématique « pure et abstraite » ; elle a son application dans la clarté et dans la distinction d’une physique mathématique qui explique les phénomènes de l’univers comme objets de la géométrie spéculative. Le mécanisme de la nature et l’autonomie de l’esprit sont les deux faces solidaires de la science que l’homme constitue lorsque, attentif à lui-même, il déroule, par la seule spontanéité de son intelligence, les « longues chaînes de raisons », dont il appartient à l’expérience de prouver qu’elles forment en effet la trame solide des choses, indépendamment des apparences qu’y adjoint l’animalité des sens ou de l’imagination. »

 Sauf que nous sommes dans ce film au 13eme siècle, 400 ans avant Descartes, et que le relativisme athée de l’écuyer , né de l’observation lors des Croisades de croyances différentes, ne saurait être généralisé. Le chevalier , en homme de foi, prie Dieu, le seul Dieu qui lui vienne à l’idée, de les secourir car ils sont « pauvres’ fragiles et ignorants » .Le savoir de Descartes et Galilée n’est pas encore là..et l’écuyer sarcastique a beau jeu de lui répondre que dans ces ténèbres personne ne l’écoute.

Mais c’est évidemment la réaction de la jaune fille sans nom (jouée par Gunnel Lindlom) qui est la plus marquante  , l’épisode du film que personne ne peut oublier  (avec la « danse macabre » qui vient peut après, entrevue sur fond de ciel d’orage par le jongleur « voyant » moqué par sa femme):elle est la seule à s’agenouiller devant le Personnage mystérieux, dont on entrevoit l’ombre portée sur son visage et se borne au constat de la finitude radicale qui définit le plan vital : 

« it is finished this time » « cette fois c’est la fin » qui ressemble fort aux dernières paroles de Daniel Plainview à la fin de « There Will be blood » : « I am finished »:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/05/20/brunschvicgraisonreligion-exemple-1-de-lopposition-entre-plan-vital-et-plan-spirituel-paul-thomas-anderson/

Il me semble que dans la version originale en suédois du film de Bergman,  le sous titre traduit ce qu’elle dit par :

« Tout est consommé »

  
  

Evangile de Jean 9-1,41: la parabole de la guérison de l’aveugle-né

Le texte de ce passage de l’évangile de Jean est ici:

http://www.universdelabible.net/lire-la-segond-21-en-ligne/jean/9.1-41/

Martin Scorsese place le verset 24 de ce texte en ouverture de son film « Raging bull » , sur la vie et la carrière du boxeur Jake LaMotta :

« Les pharisiens appelèrent une seconde fois l’homme qui avait été aveugle et lui dirent: «Rends gloire à Dieu! Nous savons que cet homme est un pécheur.» 25 Il répondit: «S’il est un pécheur, je n’en sais rien. Je sais une chose: c’est que j’étais aveugle et maintenant je vois.» »

Je vais ici tenter d’interpréter ces lignes à la lumière du schéma plan vital-plan spirituel que j’ai pu tirer de ma lecture méditante de « Raison et religion » de Léon Brunschvicg:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/05/19/brunschvicgraisonreligion-les-oppositions-fondamentales-moi-vital-ou-moi-spirituel/

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/brunschvicg-raison-et-religion/

Commençons par remarquer deux emplois très différents du verbe « savoir » dans ce verset 24:
Les pharisiens disent « nous savons que cet homme est un pécheur »
Et celui qui avait été aveugle dit  » tout ce que je sais, moi, c’est que j’étais aveugle, et maintenant je vois »
Dans le cas de l’ancien aveugle seulement, il s’agit d’un véritable savoir, d’une certitude absolue, comme chez Descartes ou Husserl : personne ne peut lui démontrer qu’il se trompe, car il s’agit d’un savoir immédiat, et non médiat, comme le savoir résultant d’une démonstration: il le sait bien, lui, qu’il était aveugle et que maintenant il voit..
Dans le cas des pharisiens il ne s’agit pas d’un savoir mais d’une croyance, résultant de leur idéologie dite « religieuse  » ( en fait politique et influencée par le plan vital) . Ils ne savent pas qui est Jésus ni d’où il vient, et d’ailleurs ils en conviennent eux mêmes au verset 29:

« Nous savons que Dieu a parlé à Moïse, mais celui-ci, nous ne savons pas d’où il est.» 30 Cet homme leur répondit: «Voilà qui est étonnant: vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux! »
Là encore cependant ils confondent savoir et « croyance par ouî-dire , « ex auditu »: ils « savent  » que Dieu a parlé à Moïse parce qu’ils ont entendu leurs enseignants de la Torah le dire, parce qu’eux mêmes l’avaient appris de la bouche de ceux qui leur avaient enseigné…là encore il s’agit d’un savoir médiat, transmis, qui est par essence douteux, non certain, car il peut y avoir des erreurs lors de la transmission.. J’ai dit plus haut que le savoir résultant d’une démonstration était médiat aussi, donnant ainsi les verges pour me battre, car le savoir scientifique, mathématique, résulte de démonstrations, il est donc aussi douteux, et à un statut de croyance, non de savoir.. Mais qui ne voit ici que les démonstrations mathématiques, ces « yeux de l’âme » disait Spinoza, sont universellement admises par tout humain possédant la Raison, alors que les dogmes religieux sont de portée ethnique seulement : seul un juif, et peut être un chrétien, admettra que l’enseignant qui lui dit que Dieu a parlé à Moïse dit vrai, un hindouiste éclatera de rire, ainsi que sans doute un musulman , et un « rationaliste » demandera comment il peut se faire que Dieu parle à un humain, lui qui avait dit aussi dans la Torah : » tu ne peux me voir face à face et continuer à vivre ». Remarquons aussi que le cogito cartésien est absolument certain, bien qu’il résulte de la médiation d’un raisonnement mais qui n’est pas une inférence logique : supposons que je sois trompé en tout par un « malin génie » , un « Dieu infiniment trompeur » ( c’est à dire supposons que Dieu ne soit pas Dieu dirait Brunschvicg ou Spinoza) encore faut il que je sois pour pouvoir être trompé et donc je suis, de manière absolument certaine, puisque je me suis placé dans le cas le plus défavorable pour atteindre cette certitude d’être, le cas d’un Dieu absolument trompeur or je l’atteins quand même, meme dans ce cas là…
Mais revenons à la nouvelle interprétation promise de la parabole de l’aveugle-né. Nous sommes tous cet aveugle et l’interprétation que je propose est qu’il ne s’agit pas d’un aveugle aux choses et au plan vital où monde, mais au plan des idées . Or tant que nous n’avons pas entrepris une ascèse philosophique de type idéaliste-brunschvicgien nous sommes tous aveugles au plan des idées en ce sens que nous croyons que les choses, les étants qui existent et sont là dans le monde sont plus réelles que les idées qui nous viennent, croyons nous, des choses et à propos des choses. Or la science vient encore une fois d’apporter une éclatante réfutation de cette « croyance » réaliste avec la formidable confirmation par la découverte des « ondes gravitationnelles  » du fait qu’Einstein avait raison il y a un siècle, en affirmant l’existence empirique de ces ondes à partir des équations du champ de la théorie de la Relativité générale qui est purement mathématique ,donc appartenant purement au « plan spirituel des idées » :

https://www.ligo.caltech.edu/news/ligo20160211

http://www.sciencemag.org/news/2016/02/gravitational-waves-einstein-s-ripples-spacetime-spotted-first-time

La théorie (plan des idées) prédomine sur l’expérience dans le monde (sur le plan vital) puisûelle décide (elle et non pas l’individu réduit à une psyché Albert Einstein , pour admirable que soit cet individu, ou si l’on veut l’unique Sujet, qui est l’Esprit, qui a permis que l’individu mortel Einstein puisse inventer en 1915 la théorie de la Relativité générale) puisqu’un siècle avant que l’expérience soit réalisée en 2015, elle décide (et non pas prévoit) du résultat de l’expérience de manière purement mathématique, en 1915. C’est donc l’idéalisme philosophique platonicien et kantien qui est la vérité, et le plan des idées prédomine (est plus réel que) sur le « monde » qui est « tout ce qui a lieu » (Wittgenstein) c’est à dire sur ce que nous appelons ici « plan vital » , ordre de la matière et de la vie.
Il s’est passé la même chose pour le positron (antimatière) qui a été observé plusieurs années après que la théorie de Dirac ait affirmé son existence
Dieu est la pensée mathématique, ou comme dit Platon:

https://en.m.wikipedia.org/wiki/List_of_Greek_phrases

ἀεὶ ὁ θεὸς ὁ μέγας γεωμετρεῖ τὸ σύμπαν

Aeì ho theòs ho mégas geōmetreî tò sýmpan.

« (Le) grand Dieu applique toujours la géométrie à l’Univers  »

ce qui a donné à Einstein l’impulsion pour établir sa théorie entièrement géométrique de la Relativité générale, dont on ne cesse pas depuis un siecle de trouver des applications. ( dans les GPS notamment) et des vérifications à un ordre de grandeur incroyablement fin…

pensée seule pourvue absolument d’une valeur « vrai ou faux » , or le cogito cartésien ne dit pas que « pour penser il faut être » mais que « pour pouvoir être trompé , c’est à dire pour pouvoir être dans le faux, il faut être » ainsi c’est cette pensée pourvue d’une valeur de vérité (« vrai ou faux ») qui permet à la conscience de s’établir avec une certitude absolue (par le cogito cartésien) sur le plan de l’être ou plan ontologique et pour cela n’importe quelle pensée ( notamment ce que l’on considère aujourd’hui comme pensée, à savoir le sentiment, le ressenti, l’affectif) ne suffit pas ,il y faut la pensée rationnelle, pourvue d’une valeur « vrai ou faux » qui apparaît déjà dans le songe de Descartes en 1619 avec le « est et non ».
Ctte pensée ou si l’on veut l’unique Sujet de cette pensée l’Esprit ou Dieu, le Dieu des philosophes et des Savants « aperçu par la Raison désintéressée » est le « plan spirituel des idées » qui apparaît à la conscience comme un Moi spirituel, qui ne se confond pas avec le Moi vital fini qui lui est la façon d’apparaître du « plan vital » Remarquons d’ailleurs que dans le premier extrait de « Raison et religion » ( chapitre 1) Brunschvicg parle de l’opposition fondamentale entre Moi vital et Moi spirituel ( mais il emploie le terme « plan » à un autre endroit:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/05/19/brunschvicgraisonreligion-les-oppositions-fondamentales-moi-vital-ou-moi-spirituel/

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/quelques-citations-eparses-de-brunschvicg-particulierement-eclairantes-voire-illuminatrices/

« L’angoisse de disparaitre un jour, qui domine une métaphysique de la vie, est sur un plan; la certitude d’évidence qu’apporte avec elle l’intelligence de l’idée, est sur un autre plan »

La guérison apportée par le Christ, qui n’est autre que l’Unique Sujet, l’Esprit, que nous tous humains avons pour tâche de devenir selon le « manifeste pour l’autonomie »:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2016/01/24/brunschvicgintroduction-un-manifeste-pour-lautonomie/

en nous identifiant au Logos, Raison universelle des esprits ( dit Malebranche)
Jamais le Dieu des philosophes et des Savants n’ira contre l’autonomie, c’est là sa différence abyssale avec le Dieu idolâtre abrahamique, Dieu de l’heteronomie, pour lequel Finkielkraut éprouve une fascination nostalgique dangereuse, c’est bien d’ailleurs de cela que profitent ses tourmenteurs islamiques, comme certe petite jeune femme musulmane assez jolie (pour une fois que le voile ou le foulard n’était pas là pour cacher cette beauté seulement extérieure d’ailleurs, puisque la gente danois elle est acoquinée avec Houria Bouteldja et autres nazis) qui s’est permis de l’interpeller à  » des paroles et des actes » en intimant de manière grotesque l’ordre de se taire à cet albatros que ses ailes de géant empêchent de répondre comme il faudrait à ce genre d’insulte de la part d’une femme qui aurait l’âge d’être sa fille: en lui « claquant le beignet » comme aurait dit Gabin..

Je citerai deux versets dans la suite qui vont dans le sens de l’interprétation que je propose:

35 à 37 où Jésus dit de lui meme qu’il est le « Fils de l’Homme »:

« Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? »
36 Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? »
37 Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. »

Fils de l’Homme et non pas « Fils de Dieu » , tout au moins dans la traduction de ce site:

http://www.aelf.org/bible-liturgie/Jn/Evangile+de+Jésus-Christ+selon+saint+Jean/chapitre/9
Et non pas dans le lien que j’ai proposé au début de cet article :

http://www.universdelabible.net/lire-la-segond-21-en-ligne/jean/9.1-41/
où on traduit par « Fils de Dieu »

Le texte grec qui est ici:

http://ba.21.free.fr/ntgf/jean/jean_9_gf.html

Ne permet pas vraiment de départager les deux traductions car on trouve les deux:(N θεοῦ → ἀνθρώπου)

« Σὺ πιστεύεις εἰς τὸν υἱὸν τοῦ θεοῦ; (N θεοῦ → ἀνθρώπου)

de toutes façons Jésus et ses compagnons conversaient sans doute en araméen, pas en grec, et j’ai déjà dit qu’il faut se méfier des mots, et tâcher de remonter de la lettre à l’esprit .. Quelle est donc la différence entre « Fils de l’Homme » et « Fils de Dieu « ?
Jésus est bien Dieu, c’est à dire que selon la terminologie d’André Simha et Léon Brunschvicg dans le « Manifeste pour l’autonomie » ci dessus, il est « devenu l’Esprit », mais c’est en même temps un homme comme tous les autres , né d’une femme mariée qui comme toutes les femmes à fait l’amour avec son mari pour pouvoir enfanter, un homme qui a des frères et des soeurs, qui a comme tous les hommes des amours avec des femmes, bref un homme incarné comme nous tous sur le plan vital avec tous les problèmes afférents. Seulement il peut se produire comme l’observe Brunschvicg que certains humains optent pour un genre d’existence autre que la vie purement animale qui était celle qui leur était destinée sur le « plan vital », vie consistant à survivre en trouvant nourriture, boisson et logement, et à se renouveler en enfantant : c’est là la définition du « plan vital » ordre des générations successives. Certains humains , et il semble que Jésus était de ceux là, vivent pour « devenir l’Esprit » c’est à dire en somme pour enfanter l’Esprit, ou enfanter Dieu, au lieu d’enfanter des enfants de chair (je ne vois d’ailleurs pas pourquoi on ne pourrait pas faire les deux) donc l’Esprit est « Fils de l’Homme » en ce sens là, ce qui veut dire que c’est grâce à l’existence humaine sur le plan vital (qui ne doit donc pas etre méprisé ni détruit ) que l’Esprit peut se manifester, et si Jésus est « devenu l’Esprit » il peut donc se dire « Fils de l’Homme » en tant qu’il est le Christ, Logos universel, »Fils de l’Homme » donc et non pas seulement Jésus, un humain mortel comme tous les autres, fils de son père et de sa mère comme tous les autres humains. Il y a d’ailleurs plusieurs endroits dans les évangiles où il oppose le Jésus mortel au Christ qui est pur Esprit, non mortel car non charnel, se situant sur le plan spirituel et non sur le plan vital, comme par exemple quand il dit à sa mère sur le plan vital : » femme, qu’y a t’il de commun entre toi et moi? » ( là c’est le Christ qui parle, non Jésus le mortel)

Le deuxième verset que je voudrai citer à l’appui de mon interprétation est le 39:

« Puis Jésus dit : Je suis venu dans ce monde pour un jugement, pour que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles.

Ici, il faut à mon avis prendre le mot « jugement » dans son sens philosophique : activité intellectuelle du jugement permettant de décider si une thèse est vraie ou fausse, et non pas en son sens mythologique et fabuleux de « jugement dernier » ‘ le Jour où l’Ange sonne de la trompette et où les morts sortent des tombeaux en se mettant en rang pour être jugés .
Dans la philosophie de Léon Brunschvicg le jugement est l’acte fondamental qui est à la racine et au fondement de tout, on poutrrait presque dire que c’est le jugement qui crée le monde, ou plutôt le constitue. En effet il est le résultat de cette pensée pourvue d’une valeur « vrai ou faux » qui comme nous l’avons constaté plus haut prédomine sur le monde des choses, des étants et des faits qui « arrivent « . En dehors d’une pensée qui affirme le jugement suivant comme vrai : « La marquise sortit à 7 heures 12 du numéro 36 Avenue X  » il n’est pas vrai que « la marquise sortit à 7h12 du 36 avenue X  » et donc la marquise n’est pas sortie à 7h12 du 36 avenue X. Ce qui s’est passé ne concerne que les conglomérats de particules élémentaires constituant le corps de la marquise et ses vêtements ainsi que l’immeuble dont elle sort, tout au moins s’il était vrai qu’elle en sorte . Mais comme il se passe quelque chose avec les particules , si jamais la marquise est tuée d’un coup de revolver par un amant jaloux au moment (7h12) où il n’est pas vrai qu’elle sorte du 36 Avenue X, une conscience scientifique remontant jusqu’à ce moment fatidique selon une cascade de jugements s’impliquant les uns les autres (une « longue chaîne de raisons » aurait dit Descartes) pourra toujours faire en sorte, en exerçant un jugement dernier pour le coup qu’il ait été vrai que la marquise est sortie à 7 h 12 du 36 avenue X et que son amant l’ait hélas tuée d’un coup de revolver..

Pourquoi Jésus dit il qu’il est venu pour que les aveugles voient et que ceux qui voient deviennent aveugles ?
Les aveugles sont ceux qui ne voient pas le plan des idées , Jésus leur permet par son enseignement de voir, c’est à dire de comprendre que le monde entier est constitué par ce jugement pour lequel Jésus déclaré qu’il est venu .
Quant à ceux qui voient ce sont ceux qui exercent cette activité du jugement, les scribes, mais ils ne le font pas par l’activité autonome du jugement libre et rationnel, mais au nom de codes sociaux-ethniques-tribaux et prétendûment « religieux » . ils deviennent aveugles, en ce qu’ils comprennent que leur activité de jugement n’a aucun fondement universel’ et aucune valeur de vérité « vrai ou faux » fondée sur un jugement réel, libre, autonome et rationnel. « Jugez » afin de devenir libres » dit Jésus aux premiers, aux aveugles nés , et il leur permet ainsi de voir et de s’orienter dans la pensée et l’existence.
« Ne jugez pas afin de n’être pas jugés » dit il aux autres, à ceux qui voient , mais ne jugent pas de manière autonome, mais pour obéir à des codes fabriqués par des sociétés humaines.
L’heure est venue pour la philosophie…

  
  
  

AZIMUTH le blog de John Carlos Baez

John Baez est un savant contemporain, qui a grandement contribué aux progrès récents de la théorie des catégories,en mathématiques et physique mathématique:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/John_Baez
Voir notamment son site « This week’s finds » alimenté depuis 1993 et où l’on trouve des petits trésors de connaissance en physique mathématique, l’accent étant mis sur la mathématique des catégories, topoi et n-catégories (« n-categorical physics »)

http://math.ucr.edu/home/baez/TWF.html

http://math.ucr.edu/home/baez/history.pdf

Il participe et anime la rédaction du blog « n-category cafe »ainsi qu’au nLab:

https://golem.ph.utexas.edu/category/

Il est très impliqué dans l’écologie (scientifique, non idéologique) et son blog Azimuth sur WordPress est consacré au « Projet Azimuth »:

https://johncarlosbaez.wordpress.com/about/

Projet dont la page sur le NLab adopte un ton dramatique (parlant du souci des « sauver la planète) qui de la part de mathématiciens hostiles par définition à l’obsession du « buzz » et au sensationnalisme devrait d’autant plus nous inquiéter (si la guerre civile qui couve en Europe n’était pas déjà si évidente et inquiétante, pour le moins).Voici un article récent du blog Azimuth sur le terrible danger , pour le présent et le futur, que font courir à l’humanité les « civilisations » caractérisées par une expansion agressive. La théorie terrifiante des « Von Neumann probes » est évoquée pour l’avenir de l’exploration de l’espace:

https://en.m.wikipedia.org/wiki/Self-replicating_spacecraft#Von_Neumann_probes
L’Occident (et lui seulement ) est généralement cité comme exemple d’une telle civilisation « agressivement expansionniste » mais l’on oublie de citer l’Islam comme autre exemple (notamment les « antisionistes » comme Noam Chomsky). Or il est possible de conjecturer voire de démontrer que l’oubli au 18ème siècle des « bons aspects » (spirituels) de la science créée au 17 eme siècle au profit des applications militaires de la technoscience a été imposé à l’Europe par le souci de se défendre contre les perpétuelles agressions ottomanes qui jusqu’en 1760 ont menacé l’Europe d’un anéantissement total ( ce qui est la situation d’Israel aujourd’hui et peut être aussi de l’Europe compte tenu de l’islamisation causée par ce que l’on appelle pudiquement « crise des Migrants »)
Qu’est ce que la civilisation comme alternative à la barbarie ? C’est la tentative de combattre l’emprise du « plan vital » sur les consciences, et de sauvegarder la possibilité de l’accès au « plan spirituel »:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/05/19/brunschvicgraisonreligion-les-oppositions-fondamentales-moi-vital-ou-moi-spirituel/
On voit donc que la notion de « civilisation agressivement expansionniste » est auto-contradictoire, puisque l’expansionnisme , le fait de conquérir le plus possible de ressources vitales en faisant la guerre aux autres civilisations, est propre au plan vital et aux religions prosélytes qui sont toutes restées prisonnières du plan vital, contrairement à ce qui est leur mission essentielle. Ainsi « prendre les fables de la Bible au mot », ce que l’on reproche généralement aux sionistes et à leurs « supporters », est indubitablement une erreur tragique ou une fraude qui a pour conséquence l’oubli du sens réel de la Bible : représenter symboliquement l’errance humaine qui se libère de l’esclavage du plan vital (symbolisé par l’esclavage en Égypte des hébreux) et qui cherche à travers le désert (symbolisant l’ascèse) l’accès à la Terre promise Israël (symbolisant le plan spirituel, « Royaume des cieux qui n’est pas de ce monde », c’est à dire est radicalement différent et séparé du plan vital). certes! Mais il est bien plus dangereux de prendre le Coran au mot, comme le font en majorité les musulmans même « non radicalisés »
Ainsi prendre au pied de la lettre le verset 110 de la Sourate 3:

« 110. Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah. Si les gens du Livre croyaient, ce serait meilleur pour eux, il y en a qui ont la foi, mais la plupart d’entre eux sont des pervers. »

conduit au fanatisme et à l’expansionnisme agressif de l’Islam, observé au cours des 14 siècles de son histoire (lors des invasions de l’Inde notamment), consistant à imposer aux peuples soumis par la force et le génocide la Sharia, loi prétendûment divine. Et là nous ne parlons pas d’intégrisme ou d’islamisme, mais de l’Islam historique, qui est coupable de guerres incessantes visant l’expansion et la conquête, et cela d’abord pour conquérir des ressources, en imposant aux peuples refusant de devenir musulmans des impôts spéciaux comme le « gay » ou la « dhimmah » (d’où l’appellation de « dhimmis » pour les minorités juives et chrétiennes en « terre d’islam » ). Par contre Israël ou l’Inde ne sont pas expansionnistes et ne font pas de prosélytisme…

#BrunschvicgEtapes les étapes de la philosophie mathématique

Un premier article :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/04/04/brunschvicg-les-etapes-de-la-philosophie-mathematique/

avait été écrit à propos de ce livre « Les étapes de la philosophie mathématique » datant de 1912 et qui est souvent considéré comme le plus caractéristique , sinon le plus important, de Brunschvicg, dont la philosophie souvent dépeinte comme  » idéalisme mathématisant » accorde une place prédominante à la science et à la mathesis ( activité de pensée qui est au fondement des mathématiques) .Qu’il me suffise de citer ces passages de « La querelle de l’athéisme » de 1928 , texte qui peur etre trouvé en appendice à « Vraie et fausse conversion »:

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/2012/09/11/la-querelle-de-latheisme-de-brunschvicg/

«  Le drame de la conscience religieuse depuis trois siècles est défini avec précision par les termes du Mémorial du 23 novembre 1654 : entre le Dieu qui est celui d’Abraham, d’Isaac, de Jacob et le Dieu qui est celui des philosophes et des savants, les essais de synthèse, les espérances de compromis, demeurent illusoires. Il est donc important de soumettre à l’examen les moments du processus spéculatif qui explique et qui, selon nous, commande la nécessité de l’alternative. »
Où Brunschvicg « retourne » pour ainsi dire, dans une sorte de judo spirituel, la force de pensée de l’alternative décrétée par Pascal dans le Mémorial du 23 novembre 1654 (lors de la fameuse nuit mystique )entre le Dieu de la Bible et le Dieu des philosophes et des Savants:

http://anecdonet.free.fr/iletaitunefoi/Dieu/M%E9morialdeBlaisePascal.html

« Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob» non des philosophes et des savants

Certitude. Certitude. Sentiment. Joie. Paix.
Dieu de Jésus-Christ.
 »
Brunschvicg éprouvait pour Pascal une admiration fascinée ( un peu comme Jacques Attali de nos jours) il a consacré une partie importante de sa vie intellectuelle à l’édition critique des « Œuvres complètes » de Pascal (la fameuse « édition Brunschvicg ») , le passage ci dessus est important car il fonde la séparation entre Dieu des croyants et Dieu des philosophes, et ce de la manière la plus claire, ce qui n’est pas toujours le cas chez tout le monde j’ai même lu un jour un texte d’un professeur de philosophie où c’était l’islam qui était crédité de la « paternité » du Dieu des philosophes et des savants ( simplement parce qu’il s’oppose au christianisme et à la Bible, qu’il accuse d’être pleine d’erreurs humaines et de falsifications de la parole divine) . En réalité le Dieu des philosophes est l’Idée de Dieu purifiée et élaguée de toute intrusion de références au plan vital. Or le dieu sanguinaire du Coran et de l’Islam est l’Idole de ceux qui sont incapables de penser qu’il y a autre chose que ce plan vital ( cet autre étant le plan spirituel) c’est pour cette raison que l’Islam a tellement le « vent en poupe » aujourd’hui il est le refuge de tous les vrais athées et nihilistes qui sont légion aujourd’hui en Occident depuis 1945 ou même 1920 et surtout depuis la fin il y a 30 ans des « Grands récits » du communisme, qui était leur seule boussole et est maintenant remplacé par l’Islam, le véritable athéisme n’étant pas de nier Dieu ( car encore faut il pour cela s’accorder sur ce qu’est Dieu) mais de nier qu’il y a un plan spirituel de l’Idée en dehors du plan vital, ordre de la matière et de la vie.
Le second passage que je juge important dans la « querelle de l’athéisme » exposé de Brunschvicg devant la Société française de philosophie le 24 mars 1928 :

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/2012/09/11/la-querelle-de-latheisme-de-brunschvicg/
est le suivant :

« Le fait décisif de l’histoire, ce serait donc, à nos yeux, le déplacement dans l’axe de la vie religieuse au XVIIesiècle, lorsque la physique mathématique, susceptible d’une vérification sans cesse plus scrupuleuse et plus heureuse, a remplacé une physique métaphysique qui était un tissu de dissertations abstraites et chimériques autour des croyances primitives. L’intelligence du spirituel à laquelle la discipline probe et stricte de l’analyse élève la philosophie, ne permet plus, désormais, l’imagination du surnaturel qui soutenait les dogmes formulés à partir d’un réalisme de la matière ou de la vie. L’hypothèse d’une transcendance spirituelle est manifestement contradictoire dans les termes ; le Dieu des êtres raisonnables ne saurait être, quelque part au delà de l’espace terrestre ou visible, quelque chose qui se représente par analogie avec l’artisan humain ou le père de famille. Étranger à toute forme d’extériorité, c’est dans la conscience seulement qu’il se découvre comme la racine des valeurs que toutes les consciences reconnaissent également. À ce principe de communion les propositions successivement mises au jour et démontrées par les générations doivent leur caractère intrinsèque de vérités objectives et éternelles, de même qu’il fonde en chacun de nous cette caritas humani generis, sans qui rien ne s’expliquerait des sentiments et des actes par lesquels l’individu s’arrache à l’égoïsme de la nature. Ce Dieu, il faudra donc l’appeler le Verbe, à la condition que nous sachions entendre par là le Verbum ratio (λόγος ἐνδιάθετος) dont le Verbum oratio (λόγος προφορικὸς) est la négation bien plutôt que le complément, avec tout ce qui, par l’extériorité du langage à la pensée, s’est introduit dans les cultes populaires : mythes de révélations locales et de métamorphoses miraculeuses, symboles de finalité anthropomorphique. »

On peut dire que ce texte de Brunschvicg est le fondement, la raison d’être de tous les blogs de la mouvance « Henosophia toposophia mathesis universalis » dont celui ci est le principal avec aussi:

https://mathesisuniversalis.wordpress.com

Mais revenons à l’article déjà écrit sur « Les Etapes de la philosophie mathématique » où toutes les références avaient été données pour lire le livre sur le web:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/04/04/brunschvicg-les-etapes-de-la-philosophie-mathematique/

Ce blog n’est pas un blog de mathématiques, ni d’ailleurs de philosophie : pour le décrire j’aimerais dire que c’est un blog de « philosophie mathématique » dans la lignée du livre de 1912 de Brunschvicg..cependant il y a loin de la coupe aux lèvres et je conçois ce qu’une telle affirmation (qui est plutôt un souhait) peut avoir de ridicule . Il reste que c’est là la tâche que je fixe à ma vie, aussi pusillanime soit elle : continuer le travail de pensée des « Etapes » , et notamment y intégrer ce que Brunschvicg n’a pas pu y mettre puisqu’il est mort en 1944, un an avant la naissance de la théorie des catégories..

Signalons qu’en 1962 un colloque a été organisé à Normale sup pour le cinquantenaire de la sortie du livre en 1912, vous trouvez les textes des interventions ici :

http://s3.archive-host.com/membres/up/784571560/GrandesConfPhiloSciences/philosc08_commemoration_brunschvicg_1962.pdf
C’est une première pierre de construction pour édifier ce « palais au Soleil » dont je viens de parler, sur les fondations du livre « les étapes » et de la mathesis universalis cartésienne (plutôt que leibnizienne) avec les matériaux plus modernes de la théorie des catégories et des mathématiques contemporaines ( sans négliger Bourbaki et l’œuvre gigantesque laissée par Grothendieck)