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Alain Badiou ridiculisé par un canular universitaire

http://lesobservateurs.ch/2016/04/17/le-canular-universitaire-qui-ridiculise-alain-badiou/?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter

Qu’il me soit permis d’exprimer toute ma sympathie à Alain Finkielkraut, victime des nazillons « antisionistes » ( c’est à dire antisémites) de « Nuit (et brouillard) debout » , ces nouveaux Talibans

Un blog grec consacré aux mathématiques de Badiou

La plupart des articles de ce blog sympathique d’un(e) ami(e) grec(que) inconnu(e) sont en grec moderne (ce qui est bien normal, mais dépasse hélas mes possibilités très limitées d’ancien helléniste au lycée Janson de Sailly) mais il y en a certains en anglais comme par exemple celui ci , de surcroît sur le thème crucial du « forcing » de Paul Cohen dans « L’être et l’événement  »

http://badioumathematics.blogspot.fr/2012/10/forcing-in-being-and-event.html
ou bien celui ci sur les principaux symboles de la théorie des ensembles et des probabilités:

http://badioumathematics.blogspot.fr/2011/01/blog-post_3454.html

Ou bien encore celui ci sur la théorie des faisceaux ( qui jour le rôle que l’on sait dans « Logiques des mondes ») en relation avec la pensée de Deleuze, Laruelle et Badiou:

http://badioumathematics.blogspot.fr/2013/09/laruelle-deleuze-badiou-sheaf-theory.html
  

#BrunschvicgIntroduction un manifeste pour l’autonomie

Le livre de Brunschvicg « Introduction à la vie de l’esprit » est paru en 1901, on peut encore facilement le trouver sur des sites spécialisés dans les ouvrages anciens ou épuisés comme Chapitre, mais il a récemment été réédité chez Hermann avec une embarqua le introduction-préface d’André Simha « Un manifeste pour l’autonomie », on peut acheter ce livre pour le lire sur une tablette ou bien en lire ici-bas préface d’André Simha  » un manifeste our l’autonomie » véritable précis d’initiation à la conversion véritable, qui est conversion de l’existence à l’esprit:

Où l’on peut lire les pages 2 jusqu’à 16 (introduction d’André Simha)
Ici le même extrait du livre, mais en format pdf:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/11/26/brunschvicg-introduction-a-la-vie-de-lesprit-extrait/

Un livre qui contient en germe tous les ouvrages ultérieurs car Brunschvicg n’a jamais renié son idéalisme platonicien mathématisant, même après Juin 1940 lorsqu’il a dû fuir Paris et sa belle bibliothèque .
Et ici un article précédent de ce hashtag #BrunschvicgIntroduction consacré à ce livre :

https://mathesisuniversalis2.wordpress.com/2015/08/31/brunschvicgintroduction-leon-brunschvicg-introduction-a-la-vie-de-lesprit

« Serons nous une chose ou deviendrons nous l’esprit ? » : cette question de Brunschvicg lui même et choisie par André Simha pour introduire sa préface définit bien l’alternative qui est le sens de toute existence humaine en toute époque et en tout lieu et qui constitue donc le problème universel du choix entre deux orientations et deux seulement, ce qui est donc un « point » selon Badiou (terme venant de la théorie des topoi): vers le plan spirituel et l’autonomie, ou bien vers le plan vital et l’hétéronomie.
C’est là à mes yeux la principale limite de Finkielkraut : manquer de la radicalité de Brunschvicg, à cause d’une trop grande proximité avec Lévinas et refuser la rupture complète avec l’hétéronomie héritée du Judaisme, ou plutôt de la fascination individuelle de Finkielkraut pour l’héritage juif, au lendemain des horreurs nazies.
Mais s’il est un passage important dans ces quelques pages d’André Simha, c’est celui page 10 qui nous met en garde contre la fascination pour l’intériorité psychique et individuelle, par exemple dans les fameuses méthodes pseudo-orientales de méditation tellement en vogue aujourd’hui:

 » La liberté qui nous fait tout autres que des choses exige une véritable « dés individuation »: toutedétermination , rappelait Spinoza, estnégation, et ce qui décide pour nous, en nous-même, ce qui a, dans notre histoire et dans notre milieu particulier, constitué notre personnalité particulière, ne peut qu’empêcher, en s’opposant au mouvement de la pensée, notre vocation à tendre verstoutce que nous pouvons être. Hors de la vie de l’esprit règne l’hétéronomie. Entre l’hétéronomie d’une individualité qui doit sa forma tion à l’extériorité, et l’autonomie véritable de l’être qui par la spontanéité de l’activité de penser, s’affranchit de soi,notre irréductible pouvoir de juger doit trancher. »
Quant à l’esprit, il n’est pas une mystérieuse substance d’ordre surnaturel, mais activité et effort : pas de monde intelligible ou « suprasensible » ( à la façon dont en parlent théosophes et anthroposophes) en dehors de l’effort d’intellection d’une conscience humaine (personnellement je n’en connais pas d’autre).C’est ici que se situe la différence (radicale) entre le spinozisme ( qui est selon André Simha le cartésianisme affranchi de ses craintes révérencieuses pour l’Eglise) brunschvicgien et Hegel. A la place du fameux  » de l’Absolu il faut dire qu’il est essentiellement Résultat, qu’il n’est qu’à la fin ce qu’il est en vérité » de la préface à la phénoménologie de l’Esprit nous proposerons :  » de l’Absolu il faut dire qu’il est essentiellement effort de compréhension, activité intellectuelle tendu vers la vérité » et comme c’est Dieu il me semble qui le dit dans le « prologue au ciel » du Faust de Goethe :

« Celui qui toujours s’efforce, celui là nous pouvons le sauver » …à condition qu’il s’efforce vers la vérité et l’autonomie bien sûr, et non pas à apprendre par cœur tel livre pseudo-sacré comme le Coran.
Et Faust lui même dit dans le livre de Goethe, imitant la Genèse :  » Au commencement était l’action ».
La différence avec Hegel se situe aussi dans le rôle prédominant accordé à la mathesis, rappelé par André Simha page 14 au paragraphe 2:

« 2 La passion de l’intellect et le rôle de la mathesis dans l’histoire »

 » Devenir l’esprit est donc la norme d’une vie dont la conscience, en progrès incessant, s’étend indéfiniment par sa compréhension de l’univers et d’elle même. Devenirl’espritdonne le sens de l’effort spirituel, orienté par la tâche humaine universelle de penser le réel en vérité. Or cette norme de vie et de pensée, cette intelligence du réel tel que le construit indéfiniment le jugement dans le travail scientifique, a pour Brunschvicg une signification politique et morale fondamentale, puisqu’elle enseigne à chaque homme son humanité, cette vocation à progresser vers la communauté des esprits dans la recherche du vrai et du juste »
André Simha emploie le terme « mathesis » d’une part bien sûr pour évoquer la  » mathesis universalis » de Descartes, mais surtout parce que ce mot signifie l’activité intellectuelle au fondement de la mathématique, et non pas le résultat de cette activité qui est le ma thème, mot privilégié comme par hasard par Lacan et Badiou.
Nous sommes donc fondés à rejeter Hegel et son mépris de la méthode mathématique en philosophie, comme privilégiant le résultat objectif (mathème) sur l’activité ou mathesis qui le fonde cf le site de Jean Zin dont j’ai donné le lien hier et qui est lui même criticable dans son évaluation défavorable des sciences comme « nouvelle religion »

http://jeanzin.fr/ecorevo/philo/hegel/preface.htm

« Hegel met ensuite en cause la méthode mathématique en philosophie, méthode de Spinoza par exemple, dont la déduction dogmatique objective le monde et empêche toute nouveauté, toute histoire. Il met sur le même plan le discours courant, utilitaire, qui réduit le discours à sa signification immédiate, à l’évidence de l’objet qui exclut le sujet du libre arbitre qui constitue pourtant cet objet dans son intentionnalité. Le thème principal de la Préface est, toujours, cette réintroduction du sujet dans l’objectivation du monde, l’affirmation que la vérité est sujet, c’est-à-dire processus historique, dialectique et temporelle, et non pas simple découverte d’une certitude éternelle. C’est la résolution des antinomies de Kant qui avait montré qu’il y avait contradiction entre la pensée théorique réflexive (constituant l’objet spatio-temporel déterminé) et la pensée pratique constituant la liberté du sujet, contradiction qu’il n’a pu résoudre que par le mythe de la chose-en-soi et que Hegel élimine au profit de la dialectique du sujet et de l’objet. »
Ce qui est historique et sujet à un renouveau constant c’est la mathesis qui constitue la liberté du sujet vis à vis des manipulations métaphysiques d’ordre théologique, ce qui se produit dans l’Histoire humaine précisément avec les Lumières radicales spinozistes, véritables Lumières comme « sortie de l’humanité hors de l’état de tutelle dont elle est elle même responsable » comme l’affirme Kant dans  » Qu’est ce que les Lumières? » Je vois une contradiction entre Spinoza (et Brunschvicg) et Hegel , mais pas entre Spinoza et Kant.
Comme le rappelle André Simha page 15:
« la notion de transcendance est régressive. Elle introduit dans l’expérience spirituelle les préjugés réalistes et matérialistes de la pensée préscientifique. Préjugés dont la mathesis nous a appris à nous délivrer, en faisant apparaître dans l’idée qui se construit, dans cet acte même de penser, la norme de vérité, indépendamment de toute attestation externe. Avec l’universalisation de lamathesisdans la science moderne, à partir de Descartes, la puissance du jugement humain se découvre autonome et illimitée. »
Seulement évidemment si le Résultat ( mathème) prend la place de l’activité-mathesis, l’illusion théologique et ses préjugés dont nous avait délivrés Descartes et sa méthode vient recouvrir la merveilleuse liberté de l’autonomie promise par Brunschvicg en 1901.
L’existence humaine à bien un sens universel(mais il ne s’agit pas d’un sens à la façon des « Grands Récits », donné par Dieu à tout Israel assemblé devant Moïse): parvenir à l’autonomie consistant à être l’esprit qui comme le Fils de l’homme n’a pas « où reposer la tête », pas de séjour assignable, pas de domicile fixe, puisqu’il est progrès éternel cf page 9 de la préface , ou plutôt manifeste pour la philosophie d’André Simha, bien plus juste que celui de Badiou qui a beau jeu de répéter sans cesse « émancipation..émancipation » mais on pourrait lui rétorquer comme Schopenhauer à Hegel:
 » votre panneton a beau être compliqué, vous n’arrivez pas à ouvrir la serrure »
Ce qui si je ne m’abuse est aussi une citation extraite du Faust.

Brunschvicg : Les étapes de la philosophie mathématique

Tous les livres de Brunschvicg sont d’égale importance, mais celui ci est peut être « plus égal » que d’autres.
Alain Badiou est l’héritier de cette « philosophie mathématique brunschvicgienne » (aussi appelée par Brunschvicg lui-même « idéalisme mathématisant ») sans que jamais il ne prononce le nom de Brunschvicg ni ne reconnaisse sa dette.

Car ce serait reconnaître la période idéaliste honnie depuis 1945.

Le livre « Etapes de la philosophie mathématique » peut être lu sur Archive, en divers formats (pdf, djvu, Kindle, etc..):

https://archive.org/details/lestapesdelaph00brun

il est annoncé « en préparation » depuis assez longtemps sur le site des Classiques des sciences sociales:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/brunschvicg_leon.html

et il est accessible sur le site d’une université américaine, là encore en plusieurs formats (image de page, pdf ou texte simple):

http://quod.lib.umich.edu/u/umhistmath/aan8827.0001.001/601?view=image

ou

http://quod.lib.umich.edu/cgi/t/text/text-idx?c=umhistmath;idno=AAN8827

Et cliquer sur « View entire text » pour obtenir:

http://quod.lib.umich.edu/u/umhistmath/AAN8827.0001.001?rgn=main;view=fulltext

Commençons donc l’étude du livre:

« LIVRE PREMIER ARITHMÉTIQUE 1. – C’est sans doute un préjugé de croire que les notions les plus simples et les plus anciennement conquises par l’humanité soient aussi celles dont il est le plus facile de reconstituer la genèse et de déterminer la nature. En fait, il n’est guère de notion qui, de nos jours, ait soulevé plus de discussions, qui ait prêté à plus d’interprétations diverses, que la notion de nombre, principe de la science élémentaire par excellence, de l’arithmétique. La méthode historique, dont nous voudrions faire un usage constant, peut-elle même être directement appliquée à l’éclaircissement de la notion de nombre? L’histoire de la philosophie mathématique s’ouvre avec le pythagorisme, qui est l’une des doctrines les plus éclatantes, mais aussi l’une des plus mal connues, de l’antiquité. Si nous laissons de côté les conjectures sur la part qui revient aux représentants successifs de l’École dans la constitution de la doctrine, ou les connexions souvent étranges et mystérieuses par lesquelles les données purement scientifiques se reliaient à la tradition des prescriptions morales ou des croyances religieuses, un problème subsiste où il serait essentiel d’avoir l’appui d’une documentation positive. Nous aurions à déterminer le progrès d’ordre technique auquel correspond la philosophie du pythagorisme; pour cela nous devrions pouvoir suivre la culture hellénique dans la continuité de sa croissance, savoir ce qu’elle a emprunté aux civilisations de l’Asie ou de l’Egypte. Plus encore, partant du premier systènme qui confère une valeur absolue aux objets de la science mathématique, nous aurions besoin de remonter jusqu’aux premieres lueurs qui manifestent dans l’humanité l’éveil de la pensée scientifique. Or, ici, l’histoire est presque silencieuse. Nous ne trouvons d’indications suffisamment précises que dans quelques documents égyptiens d’une antiquité reculée, dont le papyrus Rhind demeure le plus important. Notre seule ressource est de tourner la difficulté, de substituer aux recherches sur l’ère primitive de nos civilisations, les observations que, de nos jours, on fait directement sur les Sociétés inférieures. L’ethnographie, exerçant une sorte de function vicariante, permet de combler en une large mesure les lacunes de la préhistoire, et, par une hypothèse qui est assurément invérifiable, mais qui du moins a pour elle la vraisemblance, de rétablir dans ses grandes lignes le cours naturel de l’évolution humaine. Ainsi l’étude de la constitution de l’arithmétique comportera l’examen de trois questions distinctes:

1~ De quelle manière les hommes effectuent-ils les premieres opérations du calcul?

2Quels résultats étaient obtenus dans la pratique au moment de la rédaction du papyrus Rhind?

3~ Comment la science des nombres a-t-elle conduit, dans l’École pythagoricienne, à une representation intégrale el à une explication de l’univers?

2. – Ces trois ordres de recherches, dans l’état actuel de notre information, ne se font pas suite l’un à l’autre, non seulement parce qu’ils n’appartiennent pas à une même histoire, mais aussi parce que logiquement ils se déroulent dans des plans différents. Lorsque nous étudions le pythagorisme, nous avons pour tache de déterminer la conception que les Pythagoriciens se faisaisent de la science, la portée qu’ils attribuaient à la notion de nombre et aux relations numériques; notre exposé doit coincider avec la réflexion consciente des penseurs du VIe ou du Ve siècle avant Jésus-Christ. Au contraire, lorsque nous étudions les procédés de calcul ou de numération dont les peuplades de l’océanie ou du Brésil central font usage, nous avons affaire à des phénomènes dont les esprits humains sont le siège, mais qui ne sont pas pour ces mêmes esprits l’objet d’une réflexion consciente.

Les non-civilisés se livrent à des actes d’échange, à des operations de calcul, sans avoir aucune idée des règles d’égalité, des lois d’addition ou de multiplication qui confèrent à leurs pratiques un caractère de vérité; le sociologue est placé devant la pensée primitive, dont il essaie de saisir l’évolution, comme le physicien ou le physiologiste devant la nature extérieure dont il essaie de fixer les lois »

La distinction des deux plans : plan de la réflexion consciente et de l’idée, plan de la technique et de la vie (sociale) est capitale.
Dans les lignes suivantes Brunschvicg la clarifie encore en opposant les résultats de l’étude des religions comparées et les ecrits

« Les études qui constituent ce premier livre seront donc faites de deux points de vue différents. Nous examinerons les premières manifestations de l’art de compter du point de vue critique où la science se place aujourd’hui afin de rétablir le déterminismemental dont ces manifestations sont le produit, tandis que l’analyse des speculations pythagoriciennes nous reporte nécessairement dans le cadre du dogmatisme antique. Une semblable dualité paraît inévitable; elle est liée au progrès même de la science, qui montre la disproportion entre la croissance spontanée des phénomènes sociaux et la représentaLion que les sociétés s’en font. L’étude comparée des religions donne par exemple, de l’origine effective des croyances chrétiennes une idée qui n’a aucune commune mesure avec les systêmes de théologie que les docteurs des Eglises chrétiennes ont construits à différentes époques. Comnme le dit fort bien M. Lévy-Bruhl les Australiens connaissent admirablement les rites, cérémonies et pratiques de leur religion si compliquée: il serait ridicule de leur en attribuer la science. Mais cette science qu’il leur est impossible même de concevoir, les sociologues l’établissent »

Ce qui rappelle ce célèbre propos de Brunschvicg:

« l’histoire de l’Egypte, c’est l’histoire de l’égyptologie »

On pourrait dire aussi : « l’histoire de l’islam c’est l’histoire de l’islamologie » en gardant conscience de ce que cette histoire a enregistré une cassure entre islamologie musulmane, croyant aux fables sur la Révélation du Coran en 23 ans à MAHOMET par un Archange, et islamologie scientifique, dont l’ultime aboutissement est la théorie scientifique du Père Gallez sur l’origine nazaréenne de l’islam (et du Coran, collationné en plus de deux siècles à partir de lectionnaires judéo-nazaréens).

Voir là dessus:

https://bibliothequedecombat.files.wordpress.com/2014/12/le-grand-secret-de-lislam-nov2014.pdf

et

Youtube : les trois visages du Coran

ainsi que le site de Gallez:

http://www.lemessieetsonprophete.com

ou la récente thèse de Jean-Jacques Walter qui démontre par les moyens mathématiques de l’Analyse de données textuelles que le Coran n’a pu être écrit que par plus de vingt auteurs différents et sur plus de deux siècles :

Jean-Jacques Walter: le Coran révélé par la théorie des codes

et

http://www.eecho.fr/islamologie-mathematiques-appliquees-au-coran/

au fond le propos de Brunschvicg (qui a fait scandale) ne revient il pas à cette profonde vérité:

« le réel c’est le rationnel; le rationnel c’est le réel »

Illuminati et …. Illuminati

Les Illuminati sont les descendants, ou héritiers, des Lumières par le biais de la secte, ou du « mouvement » , d’Adam Weishaupt.

Ils ont de fortes connexions avec les diverses théories du complot (conspiracy theories) qui font fortune sur Internet, comme un rapide examen le montre immédiatement. Aussi se trouve t’on confronté, si l’on s’intéresse à ce sujet, à un « tsunami » de données, très diverses voire contradictoires, qui comme le tourniquet du « Parménide » de Platon vous expose, comme le dit Badiou, à la « volupté de ne jamais pouvoir conclure »…

Ainsi  peut on se demander si le « diabolique » docteur Georges Hodel dont je parlais ici :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/06/04/black-dahlia-los-angeles-les-anges/

ne fait pas partie des Illuminati qui  » derrière le rideau mènent le monde »  (à sa ruine, selon beaucoup) ?

comme il provient d’une famille juive originaire de Russie , il appartiendrait, si c’est le cas, aux fractions « juives » des Illuminati, qui sont les sabbataïstes et les frankistes, héritiers du « Messie apostat » de Smyrne Shabbataï Tsevi  (ayant apostasié en 1666)  et de son continuateur polonais Jacob Frank (1726-1791) , qui est selon le grand érudit Gershom Sholem « la figure la plus effrayante du judaïsme de tous les temps » (donc plus effrayant encore que Georges Hodel !).

Signalons que certaines théories attribuent le mouvement de réforme de l’Islam ottoman des « jeunes turcs » et le génocide arménien à des sabbataïstes extérieurement musulmans (la version ottomane des sabbataïstes est appelée secte des Dunmehs) , voir :

http://nwo-satanismus.blogspot.fr/2009/09/jews-plotted-armenian-holocaust.html

mais en même temps ces « sabbatéistes » viseraient à provoquer un nouveau génocide des juifs en Israel :

http://www.rense.com/general66/dweyb2.htm

bien sûr parmi eux figure les Rothschild, « empereurs » des Illuminati.

Mais nous n’avons de chances d’échapper à la volupté du « tourniquet » qu’en essayant d’établir un peu d’ordre dans tout ce fatras ; c’est très simple, il y a deux en gros conceptions opposées des Illuminati :

-selon les uns (très majoritaires) ce sont des athées , héritiers de Weishaupt ou de Frank, ou de Jamal ud-Din Al Afghani (ami de Blavatsky) côté musulman, visant à mettre en place une dictature de la Terreur planétaire définitive  qui serait le « nouvel ordre mondial »  , un exemple particulièrement éclairant de ces conceptions est celui de David Livingstone , un historien converti à l’Islam auquel j’ai consacré un article :

http://horreurislamique.wordpress.com/2012/05/29/david-livingstone-dhimmi-converti-et-collabo/

article où je donne les liens de ses livres accessibles entièrement sur le web

-selon d’autres ils sont certes héritiers de Weishaupt et des Lumières européennes, mais s’opposent justement  aux « fascistes » qui veulent mettre en place le nouvel ordre mondial, et visent la liberté universelle, voir notamment ce site :

 http://www.armageddonconspiracy.co.uk/The-Illuminati(903482).htm

Je suis plutôt de l’avis de ce second site, qui de plus partage la conception de « Dieu » exposée ici comme « objet terminal », c’est à dire Idée régulatrice de la Raison pour l’humanité ou, selon le site des Illuminati , plus haut stade de la conscience intellectuelle et morale auquel puisse parvenir l’homme.

Et pourtant, malgré ces ressemblances extérieures, mes thèses sont opposées à l’une et à l’autre de ces conceptions, pour une raison bien simple à comprendre : les Lumières du 18 ème siècle, dont hérite Weishaupt, sont en régression par rapport à la vraie « révolution européenne » qui est celle du cartésianisme et du spinozisme au 17 ème siècle.

Livingstone voit en Platon et en le platonisme l’élément diabolique, héritier (par le biais des mages chaldéens) des « kabbbalistes lucifériens » qui ont tenté de détruire le judaïsme , et fondateur des doctrines totalitaires qui visent le Nouvel ordre mondial :

http://thedyinggod.com/node/105

« There is little that should impress you in the writings of Plato, who is supposedly the greatest philosopher in history. On the contrary, there is much that should concern you, as Plato has been the founder of many of the totalitarian doctrines that have plagued the twentieth century. Rather, the only reason he has achieved the reputation he has is that, throughout the history of the Western and Eastern occult tradition, Plato has been regarded as the godfather of its doctrines, and as the great representative of those ancient traditions associated with the Kabbalah….

It was in his Republic that Plato articulated the basis of the future totalitarian state, ruled by the elite, or “philosopher kings”, or “guardians”, instructed in the Kabbalah. Essentially, The Republic provided the basis for all future Illuminati projects, including communism, the elimination of marriage and the family, compulsory education, the use of eugenics by the state, and the employment of deceptive propaganda methods.

According to Plato, “all these women shall be wives in common to all the men, and not one of them shall live privately with any man; the children too should be held in common so that no parent shall know which is his own offspring, and no child shall know his parent.” ii This belief is associated with a need for eugenics, as “the best men must cohabit with the best women in as many cases as possible and the worst with the worst in the fewest, and that the offspring of the one must be reared and that of the other not, if the flock is to be as perfect as possible.” More pernicious still is his prescription for infanticide: “The offspring of the inferior, and any of those of the other sort who are born defective, they will properly dispose of in secret, so that no one will know what has become of them. That is the condition of preserving the purity of the guardians’ breed.”

It is for this reason that Plato has been at the center of all esoteric philosophy ever since, and been extolled by all the leading philosophers of the Illuminati, for whom he articulated the vision of a New World Order, like Kant, Hegel, Nietzsche, and recently, Leo Strauss, the guru of the neo-conservatives that have embarked America in proxy wars in the Middle East on behalf of Israel.

Strauss, like Plato, taught that within societies, some are fit to lead, while others only to be led. But for Strauss, it was Machiavelli who initiated the Enlightenment, by rejecting the purely theoretical world of Plato, in favor of a more practical interpretation of reality, thus creating political science. For Strauss, in accordance with Machiavellian thinking, virtue would not be applicable, because no regime could meet its standards. Rather, a new regime should be created, by accepting, understanding, and harnessing man’s tendency for self-interest, or “human nature”.

Strauss thought that those who are fit to rule are those who realize there is no morality. Therefore, Strauss believed the world to be a place where policy advisers may have to deceive their own publics, and even their rulers in order to protect their countries. If exposed to the absence of absolute truth, the masses would quickly succumb to nihilism or anarchy. They “can’t handle the truth”. Thus, according to Strauss, it is necessary to maintain these “pious frauds”, or “the Noble Lie”, as Plato would have referred to it. »

Ainsi, selon David Livingstone le converti à l’Islam, la philosophie occidentale et donc le devenir européen est entièrement satanique et totalitaire, depuis Platon jusqu’à ses héritiers Kant, Hegel, Marx (hégélien), et le « frankiste » Leo Strauss qui est le maître à penser des intellectuels « néo-conservateurs » américains qui ont organisé la guerre de Bush contre l’Islam (selon Livingstone, le terrorisme islamique d’Al Qaida est une création de l’Occident aux fins de disposer d’un prétexte pour déclencher la guerre contre l’Islam).

Remarquons que Livingstone le musulman ne dit pas autre chose que Mehdi Belhaj Kacem le « philosophe anarchiste et sadien », « libéré » de l’emprise de Badiou le platonicien, et selon lequel le platonisme est le Mal , qui  aboutit aux camps hitlériens ,  staliniens  , polpotiens, après 25 siècles d’évolution « platonicienne » de l’Occident.

Les deux se rencontrent donc dans leur projet d’abattre l’Occident « platonicien » et judéo-chrétien ; une volonté qui est aussi celel de Badiou leur « ennemi » supposé !!

comment comprendre cela ??

c’est très simple !

en réalité ils se rejoignent sur une compréhension de Platon qui lui refuse toute possibilité d’évolution.

(j’admets que pour Badiou c’est plus complexe, il parle d’un « Platon pour notre temps », mais en réalité il me semble qu’il refuse de rompre avec la « transcendance de l’Idée »).

Mais c’est aussi le cas des Illuminati seconde tendance : ils admirent Platon, lui accordent une grande importance spirituelle, mais  il s’agit du Platon mythologue du Timée et « pythagoricien » …. pas du platonisme renouvelé par Descartes où les Idées transcendantes descendent , non pas sur Terre, mais dans l’intériorité de l’esprit humain, et deviennent… les idées régulées par les normes intellectuelles-morales mathématiciennes des démonstrations qui sont « les yeux de l’âme ».

voir notamment :

http://www.armageddonconspiracy.co.uk/The-Incompleteness-Theorem(2151432).htm

« The Illuminati, from the very beginning under Pythagoras, saw that The Theory of Everything that would guide the human race forever had to be a unity of philosophy, religion, science, and, above all, mathematics as the instrument of precision. These were all aspects of one overarching structure, not competing elements.

Mathematics provided the accurate, solid and reliable foundations on which everything else could be built. ONLY mathematics could accomplish this. Every approach that had any different starting point was doomed from the outset.

Number is at the heart of mathematics and so Pythagoras revered Number above all things. The cosmos is based on mathematics so to understand the cosmos it is imperative to define exactly what cosmic mathematics consists of. To understand the mathematical thinking of the « Designer » is to understand the design. »

de plus la doctrine « Sin for salvation » (la rédemption par le péché) est directement inspirée de Jacob Frank et des gnostiques :

http://www.armageddonconspiracy.co.uk/Sin-for-Salvation(1641286).htm

http://www.armageddonconspiracy.co.uk/Sex-for-Salvation-I(2395054).htm

La conception de Brunschvicg à propos du platonisme est entièrement différente , et permet de justifier son statut de « vérité de la philosophie », sans l’enfermer dans ses dérives théosophiques et totalitaires, qui existent certes (dernier exemple en date : Badiou) .

Vouir par exemple l’introduction à l’humanisme de l’Occident :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/ecrits_philosophiques_t1/ecrits_philosophiques_t1.html

« Et la même opposition, Orient et Occident pour parler un langage géographique, mais qui est aussi moyen âge et civilisation du point de vue historique, enfant et homme du point de vue pédagogique, a fait le fond de la littérature platonicienne. Quel est le rapport de la mythologie, fixée par le « Moyen âge homérique », à la dialectique issue des progrès de la mathématique ? Le problème s’est resserré sur le terrain de l’astronomie où devaient entrer en conflit, d’une façon décisive, le spiritualisme absolu de Platon et le réalisme d’Aristote. La valeur essentielle de la science, suivant Platon, est dans son pouvoir d’affranchissement à l’égard de l’imagination spatiale. Telle est la doctrine qui est au centre de la République. Selon le VIIe Livre, l’arithmétique et la géométrie ont une tout autre destinée que d’aider les marchands dans leur commerce ou les stratèges dans la manœuvre des armées ; elles élèvent l’âme au-dessus des choses périssables en lui faisant connaître ce qui est toujours ; elles l’obligent à porter en haut son regard, au lieu de l’abaisser, comme on le fait d’habitude, sur les choses d’ici-bas. Encore Platon n’emploie-t-il ces métaphores que pour avoir l’occasion d’insister sur leur sens métaphorique. Dans la considération de l’astronomie, enfin, la doctrine livre son secret, par l’antithèse qu’elle établit entre le réalisme de la matière et l’idéalisme de l’esprit, entre la valeur de la transcendance cosmique et la valeur de l’intériorité rationnelle. La dignité de l’astronomie n’est pas dans la supériorité locale de ses objets : « Tu crois donc que si quelqu’un distinguait quelque chose en considérant de bas en haut les ornements d’un plafond, il regarderait avec les yeux de l’âme et non avec les yeux du corps ?… Qu’on admire la beauté et l’ordre des astres dont le ciel est orné, rien de mieux ; mais, comme après tout ce sont des objets sensibles, je veux qu’on mette leurs objets bien au-dessous de la beauté véritable que produisent la vitesse et la lenteur réelles dans leurs rapports réciproques et dans les mouvements qu’ils communiquent aux astres, selon le vrai nombre et selon toutes leurs vraies figures. » Platon insiste encore d’une manière particulièrement significative dans le Phèdre : « Celui qui a le courage de parler de la vérité selon la vérité, doit chercher, à la fois un dehors du ciel et au delà de la poésie, ce qui existe sans aucune forme visible et palpable, objet de la seule intelligence par qui l’âme est gouvernée. » »

les « dérives » commencent immédiatement après Platon et signent l’adieu de l’Occident à lui même… jusqu’à Descartes du moins :

« Mais après Platon, ou du moins après Archimède, la spiritualité de la culture hellénique s’efface. L’animisme et l’artificialisme, qui caractérisent, selon les expressions de M. Piaget, la représentation du monde chez l’enfant, rentrent victorieusement en scène avec la métaphysique d’Aristote, incapable, pour parler avec M. Léon Robin, de « ménager de transition, sinon astrologique, entre l’intelligible et le sensible ». Dieu n’est plus ce qui est compris et aimé du dedans, tel l’Un-Bien de Platon ; c’est ce qui est imaginé en haut, c’est le moteur immobile auquel sont suspendues les âmes bienheureuses des astres ; l’ordonnance de la métaphysique aristotélicienne, de toutes les métaphysiques établies sur le modèle aristotélicien, implique une invention de créatures placées hiérarchiquement, c’est-à-dire situées topographiquement, au-dessus du monde sublunaire. La défaite de l’idéalisme platonicien sous les coups du réalisme aristotélicien engage la destinée de l’Europe pendant les vingt siècles qui vont s’écouler jusqu’à la renaissance cartésienne. »

Voici ce qu’il faut bien comprendre pour éviter de se faire piéger et de collaborer au Mal : l’Islam ne constitue pas un recours contre la dérive sadienne occidentale par un retour à l’âge d’or de l’origine , qu’il soit andalou ou des premiers siècles de Bagdad, parce qu’il se situe justement dans le prolongement de la mouvance sadienne qui est la corruption des Lumières !

le seul recours , qui n’est pas un « retour » au passé de « la barbarie des premiers siècles chrétiens » comme le dit si bien Wronski :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/06/04/wronski-la-ruine-du-monde-civilise/

c’est le platonisme revu par le cartésianisme, et l’oubli de Descartes après la mort de Malebranche en 1715, qui entraîne la corruption sadienne et « libertine » des Lumières (du 17 ème siècle ) est combattu seulement au 19 ème siècle  par…Wronski !

la culpabilité de l’Occident sadien

les interconnexions entre Los Angeles (Hollywood), Black dahlia et « vérité sadienne », dont nous parlons ici :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/06/04/black-dahlia-los-angeles-les-anges/

elles peuvent s’étendre de manière à peu près indéfinie !

Aisni prenez le film « Chinatown » réalisé par Polanski en 1975 : le rôle de Noah Cross, patriarche abusif ayant violé et mise enceinte sa propre fille (jouée par Faye Dunaway) , y est tenu par … John Huston !

John Huston qui est accusé par certains sites d’avoir participé au viol collectif de Tamar Hodel qui aurait débouché sur la relation incestueuse dont a été accusé le chirurgien, et dont il a été acquitté, mais l’on sait que des hommes richissimes et influents peuvent aux USA bénéficier des services d’avocats spécialisés et quasiment certains d’obtenir l’acquittement.

Ce même Polanski qui a vu sa femme Sharon Tate, enceinte, être assassinée par des membres de la « famille », une secte d’inspiration hippie dirigée par le « gourou » Charles Manson…

et qui vers 1976 a été accusé d’avoir violé et sodomisé une adolescente de 13 ans après l’avoir saoûlée au champagne et autres produits ; certes celle ci n’en était semble t’il pas à son coup d’ essai, et sa mère l’encourageait à « faire carrière » à Hollywood au moyen de tels « stratagèmes », mais ceci est il une excuse ?

Une fois que l’on ouvre les vannes, on ne peut plus arrêter les flots déchaînés de l’inondation; d’autres auteurs (comme René Guénon) ont employé l’image du Mur qui se lézarde et se brise, laissant passer les influences infernales du « monde souterrain » (célébré par le cinéaste d’avant garde américain Kenneth Anger); que l’on pense aussi au film « The Wall » !

Est ce simplifier outrageusement les choses que de dépeindre cette évolution comme l’affrontement de deux camps :

-celui des « progressistes » sadiens, comme Mehdi Belhaj Kacem, qui pensent que l’essence de la civilisation mondiale qui vient est pornographique et sadienne, et que toute réaction contre cette évolution est « fasciste » et aboutit aux camps de Staline, Hitler ou Pol Pot , comme le voudrait selon lui le « platonisme » de Badiou… d’autres sont plus « modérés », voire plus lâches, et se contentent de sussurer « je ne comprends pas comment en 2012 on peut encore être opposé au mariage gay », bref de remplacer le débat argumenté par la flèche du temps, qui va forcément du moins bien vers le mieux

– et celui des « réactionnaires », tenants de l’ordre moral pur et dur et du « retour en arrière » ou bien, là encore, plus « modérés » (à l’exemple de Finkielkraut, Régis Debray , et bien d’autres personnages très différents)

non, ce n’est pas simpliste si l’on pense avec Badiou que tout moment crucial de choix pour l’humanité doit pouvoir se formaliser par un « point », c’est à dire un choix entre deux possibilités; oui c’est simpliste si l’on remarque que les deux « camps », et surtout le second, regroupe des tendances qui n’ont rien à voir entre elles.

Je récuse pour ma part entièrement le terme de « réactionnaire » : les réactionnnaires sont certes les intégristes, religieux ou autres, qui abondent aux USA , et qui parlent du « retour aux valeurs morales » jusqu’à ce qu’ils soient accusés de vilaines affaires d’adultère, ou pire, de viol ou pédophilie.

Et je récuse symétriquement le terme de « progressistes » appliqué aux « matons de Panurge » obsédés par le « vide juridique » (dernier exemple en date : celui du « harcèlement sexuel » ) , par la « diversité », la parité et autres salades.

Je me réclame d’un auteur comme Brunschvicg qui a écrit « Le progrès de la conscience dans la philosophie occidentale » , et qui certainement n’encouragerait jamais le « retour » en arrière vers les temps de l’enfance de l’humanité que sont les époques d’avant Descartes, d’avant la physique mathématique.

Seulement il faut bien voir que ce sont les « faux progressistes », tenants d’une évolution inéluctable vers « plus de droits individuels », plus de « diversité », qui en réalité tuent toute diversité réelle et appellent en retour la réaction et l’obscurantisme (islamique, notamment).

Une page magnifique comme celle ci de Brunschvicg (vers 1930) sur l’homme occidental :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/lhomme-occidental/

permet de jeter la pleine lumière sur l’évolution sadienne de l’Occident : les « les jugements de l’Orient sur l’anarchie et l’hypocrisie de notre civilisation » , ce sont évidemment les condamnations « morales » de la part de vertueux religieux des dépravations et turpitudes dont témoignent la vie d’une ville comme Los Angeles, « capitale de la saoûlographie » vers l’époque des années 40 selon un cinéaste de Hollywood, ville aussi de toutes les débauches sous un vernis « américano- chrétien ».

Mais il est facile de comprendre que tout retour en arrière (à supposer d’ailleurs qu’il y ait eu des lieux et des époques exempts de débauche ?) est impossible, puisque le passé a pu mener à ce qui existe là sous nos yeux comme « présent ».

Le seul progrès possible passe par l’idéal de réflexion intellectuelle et d’unité morale qui est celui de l’Occident véritable. Il va de la nature, domaine du « moi vital », à l’Esprit, et au « moi spirituel ».

quelle est la « coulpe vitale » de l’Occident, ou du monde moderne, sadien ?

elle est de se limiter au « seulement vital » justement : analysez les vies entrecroisées de toutes les personnes vivant dans une grande métropole comme Los Angeles en 1947 (ou de nos jours, ce qui fait deux villes très différentes certes) , vous aurez sous les yeux un « mouvement brownien » de « fourmis » affairées (pour la plupart en tout cas) par les seuls soucis du « vital », à savoir la nourriture, l’habitat, le travail et la subsistance, et le plaisir et le sexe.

Or le domaine du « seulement vital » est celui de la mort : la vie est équivalente à la mort, puisque tout ce qui est né doit périr.

La fascination pour le sexe est la fascination pour la mort : cela est très sensible dans certains ouvrages de Georges Bataille, très influencé par Sade, comme « Le bleu du ciel », où la scène centrale est celle du personnage qui jouit (sexuellement) au spectacle d’une morte qui n’est autre que sa mère… Bataille parle d’ailleurs des « outrances monstrueuses de ce livre », dont il n’aurait pas souhaité la publication…

un peu facile !

en somme, la fascination pour le sexe, qui est fascination pour la mort, cela revient à ne pas « renoncer à la mort », c’est à dire à refuser toute « vie religieuse » réelle…

Le platonisme est la vérité de la philosophie

Il faut tenir bon, non pas avec Badiou, mais avec Brunschvicg, pour affirmer que le platonisme est la vérité de la philosophie.

Lire notamment la page 70 des « Etapes de la philosophie mathématique » :

http://quod.lib.umich.edu/u/umhistmath/AAN8827.0001.001?view=toc

http://quod.lib.umich.edu/u/umhistmath/aan8827.0001.001/81?view=image

« Que la fonction de la pensée soit une fonction de résolution, qu’ elle s’exerce à l’aide de la science des nombres et des figures, et que de degré en degré elle parvienne à découvrir dans le tissu enchevêtré des phénomènes l’ordre des relations mathématiques, cette conception est, en un sens, le platonisme lui-mênme; et puisqu’elle est destinée à réapparaître dès le lendemain de la Renaissance pour devenir avec les Galilée, les Descartes et les Newton, la substance de la civilisation moderne, il est permis de croire que le platonisme est la vérité même de la philosophie.

Mlais certe vérité i! a fallu vingt siècles de réflexion pour parvenir à la dégager dans la pureté de sa lumière; il a fallu que, la psychologie se substituant à a théologie et la critique au dogmatisme, la méthode d’analyse régressive que Platon avait introduite dans le domaine de la réflexion spéculative devînt la rmesure directe du progrès scientifique, et qu’elle se constituât ainsi comme une méthode indépendante, suffisante pour l’appropriation de la nature à l’esprit. »

Whitehead voyait en la totalité de la philosophie occidentale une suite de « notes en bas de page de Platon », et il avait raison ; seulement de quel platonisme parle t’on ?

Charles Singevin a tout autant raison de signaler que l’on retombe sur Aristote dès que l’on donne congé à Platon, et que la philosophie occidentale a perdu Platon !

Ce qui fut selon Brunschvicg vrai pour 20 siècles à peu près :

« L’oeuvre positive de résolution, entrevue par Platon à un moment déterminé du processus dialectique, est donc loin de définir la forme sous laquelle la doctrine s’est effectivement constituée et s’est offerte à la discussion des premiers auditeurs de Platon. L’analyse idéaliste n’est qu’une démarche préparatoire à la connaissance supérieure qui atteint les principes de l’être et du savoir, et déduit de ces principes les hypothèses nécessaires aux combinaisons du calcul et aux relations métriques. Le platonisme suspend la partie technique de: la mathématique, le domaine positif de la science, à une dialectique qui les dépasse et qui leur est étrangère. Par là, non seulement son échec immédiat devenait inévitable; mais encore il était inevitable que cet échec fût tout autre chose que la ruine d’un système particulier, qu’il entraînat une éclipse séculaire de la philosophie à base mathématique. L’intellectualisme scientifique de Platon devra s’effacer devant l’intuitionisme grammatical; le sujet de la proposition, devenu l’être en tant qu’être, sera l’objet par excellence du savoir, au préjudice de l’idée eni tant que nombre.  »

Sinon, nous n’aurions pas besoin de tenter de retrouver, ou redéfinir, un « Platon pour notre temps », ce que Badiou tente de faire dans ses derniers séminaires à juste raison.

Or il est sans doute symptômatique que Badiou se situe face aux détracteurs en tous genres comme Platon face à Aristote, ou comme Saint Thomas d’Aquin face à Averroès.

Et que MBK ne caricature cette attitude en appelant Badiou, imitant des noms lacaniens :

Le sinthomme à quinquin

Il ne faut pas céder sur le caractère primordial de la mathesis parce que justement nous avons besoin de la mathématique universelle et de ses démonstrations, qui sont les « yeux de l’âme » comme dit Spinoza, si nous voulons ne pas décoller (pour un « good » ou « bad trip ») de l’immanence radicale des idées et ne pas repartir pour un tour pour « la Transcendance de l’Idée », soit ce qu’il faut bien appeler le dogmatisme de Badiou et d’autres. Sans la boussole de la raison et les yeux de l’âme que sont les démonstrations, nous ressemblons à ce paralytique porté par un aveugle, dont le destin est de tomber dans une fosse…fosse de Babel ou fosse des camps de concentration.

« Il y a une mesure du vrai, et elle est en nous, dans cette puissance universelle de juger qui est, selon la maxime du cartésianisme, la chose du monde la mieux partagée. Mais c’est aussi que l’être lui même, que l’univers l’y a mise, en ce qu’il vise l’un, que l’ un est valeur, et que ce qui juge de la valeur, c’est nous »

(fin du livre de Singevin : « Essai sur l’ Un« )

Wronski : introduction à la philosophie des mathématiques

http://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=mdp.39015067101579

début de l’ouvrage page 1 :

http://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=mdp.39015067101579;page=root;view=image;size=100;seq=19;num=1;orient=0
« LE monde physique présente, dans la causalite non intelligente,
dans la nature, deux objets distincts : l’un, qui est la forme et la
manière d’être ; l’autre, qui est le contenu, l’essence même de
l’action physique.
La déduction de cette dualité de la nature, appartient à la Philo-
sophie : nous, nous contenterons ici d’en indiquer l’origine trans-
cendantale.–Elle consiste dans la dualité des lois de notre savoir,
et nommément dans la diversité qui se trouve entre les lois trans-
cendantales de la sensibilité (de la réceptivité de notre savoir), et
les lois transcendantales de l’entendement ( de la spontanéité ou de
l’activité de notre savoir). C’est, en effet, dans la diversité qui ré-
sulte de l’application de ces lois aux phénomènes donnés à pos-
teriori , que consiste la dualité de l’aspect sous lequel se présente
la nature; dualité que nous rangeons, conduits de nouveau par des
lois transcendantales, sous les conceptions de forme et de contenu
du monde physique.
Or la forme, la manière d’être de la nature ou du monde phy-
sique, est l’objet général des MATHÉMATIQUES; et son contenu, son
essence même, est l’objet général de la PHYSIQUE. — Mais, laissons
cette dernière, pour ne nous occuper ici que des Mathématiques.
La forme du monde physique, qui résulte de l’application des
lois transcendantales de la sensibilité aux phénomènes donnés à
posteriori, est le temps, pour tous les objets physiques eu général,
et l’ espace, pour les objets physiques extérieurs. — Ce sont donc
les lois du temps et de l’espace, en considérant ces derniers comme

appartenant au monde physique donné à posteriori, qui font le véri-
table objet des Mathematiques (*).
Telle est d’abord la détermination de l’objet en question, donnée
par la Philosophie en général, et nommément par l’Architectonique
du savoir humain. — La détermination ultérieure de cet objet,
appartient à la Philosophie des Mathématiques.
Cette dernière Philosophie a pour but l’application des lois pures
du savoir, transcendantales et logiques, à l’objet général des sciences
dont il s’agit, à l’objet général tel que nous venons de le déter-
miner ; et elle doit ainsi, suivant cette idée, déduire, par une voie
subjective, les lois premières des Mathématiques, ou leurs principes
philosophiques. — Les Mathématiques elles-mêmes partent de ces
principes, et en déduisent, par une voie purement objective , sans
remonter jusqu’aux lois intellectuelles, les propositions dont l’en-
semble fait l’objet de ces sciences.
Pour mieux approfondir la nature de la Philosophie des Mathé-
matiques, il faut savoir qu’il existe, pour les fonctions intellectuelles
de l’homme, des lois déterminées. Ces lois, transcendantales et
logiques , caractérisent l’intelligence humaine, ou plutôt constituent
la nature même du savoir de l’homme. Or, en appliquant ces lois,
prises dans leur pureté subjective, à l’objet général des Mathé-
matiques^ la forme du monde physique, il en résulte, dans le
domaine de notre savoir, un système de lois particulières, qui ré-
gissent les fonctions intellectuelles spéciales portant sur l’objet de
cette application, sur le temps et l’espace. — Ce sont ces lois par-
ticulières qui constituent les principes philosophiques des Mathé-
matiques, principes que nous avons nommés. — Il faut encore re-
marquer que, suivant cette exposition de la Philosophie des Mathé-
matiques , cette Philosophie donne, en même temps, l’explication

des phenomènes intellectuels que présentent les sciences mathéma-
tiques : en effet, l’ensemble de ces sciences forme un certain ordre
de fonctions intellectuelles, et ces fonctions sont de véritables phé-
nomènes; de manière que les lois de ces fonctions, qui sont, en
même temps, les lois de ces phénomènes, contiennent la condi-
tion de la possibilité de ces derniers, et donnent, par là, leur expli-
cation philosophique. »

à quoi Wronski ajoute en note page 2 :

« (*) Nous devons observer ici, pour les Philosophes, que nous dirons expressé-
ment que les Mathématiques ont pour objet les lois du temps et de l’espace, en
considérant ces derniers objectivement, c’est-à-dire, comme appartenant au monde
physique, donné à posteriori, et non subjectivement, comme lois transcendantales
de notre savoir, données à priori. — Les intuitions du temps et de l’espace , con-
sidérées sous ce dernier point de vue , font l’ objet de la Philosophie elle-même , et
spécialement de l’Esthétique transcendantale »

Cette « Introduction à la philosophie des mathématiques » date de 1811, elle est idsponible aussi sur Google :

http://books.google.fr/books?id=GeBJAAAAMAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

c’est un livre de jeunesse donc, se situant dans la veine du premier ouvrage de Wrsonki, en 1803, sur la « Philosophie critique découverte par Kant » :

http://balzacwronskimessianisme.wordpress.com/2012/04/06/wronski-philosophie-critique-decouverte-par-kant/

On raconte que Wronski, vers les années 1820, voulut un jour se rendre à Londres, il déposa donc une demande auprès de la préfecture de Police , et le fonctioonaire zélé qui s’acquitta de l’enquête à son propos nota uniquement ceci :

« ce n’est pas un fou dangereux »

et permission lui fut accordée de voyager !

eh bien oui ! je persiste et signe !

Wronski est selon moi l’un des philosophes ET mathématiciens les plus importants, et il est symptomatiques des temps de la Restauration (qui sont ceux des « Illusions perdues » de Balzac, voir :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/05/07/un-fameux-passage-des-illusions-perdues/  )

que la pensée de ce génie, sans doute aussi élevé que celui de Grothendieck, soit tournée en dérision par un bureaucrate aux ordres !

certes on doit convenir que la lourdeur de son expression, les redites, les longueurs, le style ampoulé, rendent  la plupart de ses ouvrages  presqu’ illisibles , et c’est bien dommage !

Il a totalement manqué , en mathématiques, le virage galoisien (pourtant il était contemporain de Galois) vers la théorie des groupes et des structures, et la mathématique a totalement changé de visage depuis son époque, aussi ses « lois absolues » sont elles devenues complètement…caduques!

Au fond, quel peut être un usage valide de Wronski et de son « messianisme » ?

à peu près le même que celui de l’Evangile pour le « christianisme des philosophes » : élaguer, élaguer, élaguer, et séparer le bon grain (spirituel) de l’ivraie (des fables et des « histoires »).

Il suffit d’envever du messianisme de Wronski tout ce qui est par trop … messianique : je veux dire par là que le messianisme ne se situe pas dans le futur imminent ou pas; le messianisme est « internel », ce qui veut dire qu’il arrive, par définition !

L’élément messianique, c’est ce qui est toujours « en instance d’arriver », de façon transcendantale !

ou encore : « il n’y aura pas d’épiphanie de la vérité » déclare Badiou ?

certes car la Vérité, c’est l’épiphanie !

la note en page 2 de Wronski est importante, car elle départage la philosophie de la mathématique.

La « loi de création » de Wronski est merveilleuse, mais elle n’a qu’un seul défaut : son bouclage , son statut « définitif » !

Nous refusons de parler de « transcendance », mais le transcendement, le « mouvement pour aller plus loin » de Malebranche, comme l’ignorer ?

 

La « voie » est pour nous l’acheminement de la conscience du multiple à l’un : la multiplicité pure est la matière, la « Materie » de l’Esthétique transcendantale de Kant, pure diversité, multiplicité « inconsistante » de Cantor et Badiou « en amont » du compte-pour-un ensembliste.

Nous retrouvons là la conception scolastique de la matière première comme principe d’individuation.

La philosophie commence avec les lois transcendantales des formes de l’espace et du temps considérés comme « a priori ».

elle passe ensuite le relais à la mathématique comme science des formes de l’espace et du temps mais considérés « a posteriori », phénoménalement.

Le problème du partage entre physique et mathématique est évidemment plus complexe que la simple séparation entre forme et contenu dont parle Wronski : la physique moderne traite de notre action (par le biais d’appareils fort complexes, comme des accélérateurs de particules) sur « la matière », et non pas sur « la matière » brute (qui est la multiplicité inconsistante), c’est pour cela qu’elle peut être mathématisée, notamment par la théorie des groupes de symétrie, qui se branche directement sur les « symétries » de nos actes et expériences.

Mais ce qui est important dans cette histoire, c’est que la mathématisation , une fois lancée, opère toute seule par la montée vers l’Absolu des « structures » de plus en plus complexes : ensembles, catégories, 2-catégories, etc..

Il suffit à la philosophie de suivre et de … réfléchir ce processus intellectuel qui semble marcher tout seul. 

Nous décrivons cela par un modèle fonctoriel entre « élément-être » et « élément-savoir » à la Wronski.

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/04/25/la-loi-de-creation-de-wronski-et-la-theorie-des-categories/

Il nous faut maintenant entrer dans la « jungle » où se trouve « la chose même » , qui est le paradis que non pas Cantor, mais Eilenberg et Mac Lane ont créé pour nous en 1945 :

http://en.wikipedia.org/wiki/Category_theory

http://en.wikipedia.org/wiki/Samuel_Eilenberg

http://en.wikipedia.org/wiki/Saunders_Mac_Lane

Oui, il nous faut « descendre » et nous mouiller : nous ne pouvons pas nous contenter, pour un tel travail, de rester des « aviateurs » et de survoler ces « terres » … nous laissons cela à MBK et ses nouveaux amis.

Certes nous ne renions pas ce que nous avons dit ici :

http://sedenion.blogg.org/date-2009-03-11-billet-990890.html

La mathesis universalis est « vol de l’aigle » , elle est de nature unitive et non pas encyclopédique; elle est semblable à ce « vol d’un avion » dont parle Whitehead au début de « Process and reality » … seulement pour décoller, l’avion doit atterrir, et réciproquement…

le platonisme par gros temps

Sur mon ancien blog « Recherche de la Vérité » (maintenant détruit) j’avais donné un compte rendu jubilatoire (sous le titre « Du rififi dans la bande à Badiou » je crois) du livre de MBK (Mehdi Belhaj Kacem) :

« Après Badiou »

je ne vais certainement pas perdre mon temps à réécrire cet article, mais cela me serait facile : au fond j’étais bien content qu’ un « disciple » (et quel disciple !) dise son fait au père fouettard castrateur (puisque ces gens là ne parlent que de psychanalyse) … sans bien sûr approuver ses délires « pornographiques » ni surtout sa « récupération » par BHL et « La règle du jeu » :

http://laregledujeu.org/2011/02/01/4496/a-b-ou-b-a/

http://laregledujeu.org/2011/02/08/4604/joyeux-parricide/

je rappelle ici à toutes fins utiles que je suis pas « sioniste » ni encore moins « américano-sioniste » (mon racisme anti-Yankee primaire plaide pour moi !) mais anti-anti-sioniste , ou dans ma terminologie « sionistophobophobe », parce que je SAIS que l’antisionisme est toujours l’allié de l’islamisme et de l’antisémitisme, implicitement ou explicitement…

(dans la « cage aux phobes » qu’est devenue le monde, il faut TOUJOURS éviter d’être un « phobe » au premier degré ; ainsi je n’admettrai jamais que je suis islamophobe, mais islamophobophobophobe, au troisième degré; nouvelle version du vieux « c’est pas moi qu’ai commencé, c’est l’autre »)

ce qui m’amène directement au livre de MBK qui prend la suite d’ Après Badiou :

« La conjuration des tartuffes »

puisque le jeune et beau philosophe tunisien y situe le « Tartuffe » dévôt de Badiou (qui est Fabien  Tarby : http://fabientarby.blogspot.fr/ ) entre « anti-sémitisme » et « anti-anti-sémitisme » (je le soupçonne d’être lui aussi un prestidigitateur de la « cage aux phobes » en folie)…

mais ne perdons pas de temps avec ces contingences… je ne veux pas recommencer mes « dispersions et distractions » de « Recherche de la vérité » (ce qui serait bien le comble de la part de quelqu’un qui s’enquiert d’un « chemin qui ne mène nulle part allant du multiple à l’un »)

Car au delà de Badiou , du grand épurateur maoïste appointé par l’Education Nationale , MBK s’attaque directement à la mathesis et au platonisme où il décèle l’autre face du nihilisme (tant vitupéré par les dévôts de la rue d’Ulm et leur Gourou , qui seraient donc en somme la version up-to-date des pompiers pyromanes, ou à tout le moins des arroseurs arrosés ?). Ce qui n’est autre, si je ne me trompe, qu’un « nouvel avatar » des thèses de Nietzsche et Heidegger…

25 siècles de platonisme, ou de « métaphysique occidentale » (dit Heidegger) , ou d’idéalisme mathématisant (Brunschvicg) , seraient donc responsables, selon MBK, des malheurs et souffrances indicibles de 99 % de la population mondiale, à côté des 1 % d’élus du « paradis que Cantor a créé pour nous »…en somme là aussi une version laïcisée du jugement dernier coranique !

outre les camps nazis, soviétiques, chinois , ou cambodgiens , que le Grand prophète du Mathème voudrait rouvrir (toujours selon MBK… il le connaît mieux que moi non ?).

Je ne peux certainement pas ici paraître « me payer MBK », je n’ai plus de temps à gaspiller à ce genre de débilités, et il me semble que certaines de ses thèses sont sérieuses, et ne sauraient être balayées d’un revers de main..

d’autant plus qu’ une deuxième critique, pas vraiment semblable mais allant dans la même direction, vient du passé  par la parole  et l’écriture de celui qui fut sans doute le plus grand mathématicien de tous les temps :

Alexandre Grothendieck

http://www.math.jussieu.fr/~leila/grothendieckcircle/recoltesetc.php

voir particulièrement cet exposé de 1970 (date où il quitta l’institution , au motif ponctuel des crédits militaires alloués à la recherche) sur la « responsabilité du savant » :

http://www.math.jussieu.fr/~leila/grothendieckcircle/Savant.pdf

on peut encore moins balayer ces propos, qui viennent je le répète , non plus d’un « jeune philosophe en rupture de ban avec la secte des dévôts badiolistes » mais de l’un des plus grands savants (mathématiciens) de tous les temps, qui de 1955 à 1970 fut celui qui mit en chantier TOUS les travaux (notamment la théorie des topoi, depuis la géométire algébrique, par une curieuse coïncidence avec William Lawvere qui lui les « inventa » depuis la logique) dont vit encore la mathématique aujourd’hui.

Or Grothendieck annonce, là aussi selon une (très ) curieuse coïncidence avec Theodor Kaczynski (qui quitte l’université vers la même époque) l’effondrement de la société industrielle, la fin de 4 siècles de recherches scientifiques culminant avec…lui, et « accuse » la discipline mathématique (qui l’a mis au sommet) de reléguer la majorité de la population (qui ne peut pas suivre) dans un statut … humiliant  et infâmant (notamment la grande masse des chercheurs)

Bien entendu, ce n’est pas moi qui vais « répondre » ici et directement à ces thèses, encore une fois très sérieuses, celles de MBK et surtout celles de Grothendieck ,qui n’a pu cependant s’empêcher de revenir au mathématiques, notamment avec son travail sur les dérivateurs, avant de dire adieu au monde en 1991, il vit encore solitaire à 84 ans dans les Pyrénées, et n’a donné de ses nouvelles qu’en 2010 pour signaler son opposition radicale à toute réédition et mise en ligne de ses écrits, voir :

http://sbseminar.wordpress.com/2010/02/09/grothendiecks-letter/

 qu’il me soit permis cependant de rappeler une ambiguïté fondamentale à propos du  « platonisme » : la Transcendance des Idées (qui selon MBK serait la cause des dérapages mao-fascistes de Badiou) appartient à l’ancienne version du platonisme, avant la « ligne de partage des temps » qui est selon Brunschvicg la « Géométrie analytique » de Descartes.

Pour ma part , si je suis aussi un « suiveur » (comme les dévôts) , je m’aligne sur Brunschvicg et sa conception du cartésianisme : les Idées (transcendantes) deviennent les « idées » (immanentes à notre esprit) et notre effort principal doit être justement de ne plus jamais « décoller » de cette immanence…

cela doit se traduie dans les faits par une « sincérité » absolue : si je ne sais pas je ne sais pas…si je ne comprends pas je ne comprends pas…

cela évite au moins les « bad trip » dont se plaint MBK, « désintoxiqué » des mathèmes mao-lacano-badiolistes…

au lieu de faire descendre le « ciel » des Idées en terre, ce qui provoque de fâcheuses comparaisons entre les « copies » (imparfaites, forcément, du monde de l’existence, ici bas) et les Archétypes qu’elles sont censées incarner, nous formons le projet de faire monter la terre (de l’existence) au ciel (des idées, avec un « i » minuscule) qui est et a toujours été là, avec nous, en nous , en sa présence internelle…

cela évitera peut être les camps ?

je souhaiterais d’ailleurs à ce sujet (des camps) « réconcilier », si cela est possible, MBK et AB (Alain Badiou).

AB préfère « un désastre à un désêtre« , MBK, avec toute la post-modernité « démocratique et pornographique », déclare préférer « un désêtre à un désastre »

le type même du désastre étant un retour des camps (selon le modèle massif de Pol Pot, le dernier à une telle échelle)…

cependant on peut peut être augurer une « fin de l’Histoire » qui serait à la fois un désastre et un désêtre ?

il paraît que vers les temps de la fin de l’URSS on trouvait des sortes de mouroirs qui étaient en même temps des hopitaux psychiatriques (et l’on sait combien l’URSS affectionnait la psychiatrie, au moins autant que Lacan -Badiou), où les « pensionnaires » passaient leur temps devant la télé (qui ne devait pas être tellement plus intelligente que chez nous, il y a une scène de ce type se passant aux USA vers 1990 dans « L’armée des 12 singes ») en train de baver … les plus privilégiés avaient de la vodka… infirmières comme médecins étaient partis , pour gagner leur pitance d’une autre façon, parce que là c’était mal payé, et même pas payé du tout, à la fin, manque de crédits publics, on connaît ça nous aussi n’est ce pas ?

ce n’était pas à proprement parler des camps, aucun des « pensionnaires » n’aurait songé à fuir, car pour aller où ?

donc pas de portes fermées, pas de barbelés, pas de miradors… seulement des « vigiles » qui venaient distribuer les « médicaments » pour faire tenir tout le monde tranquille…

un déastre qui est en même temps un désêtre… le monde qui finit en un murmure plutôt qu’en un bang….

la stratégie de Badiou pour démontrer l’inexistence du Tout

Dans « Logiques des mondes » (LDM) , page 119, section 1, Badiou commence sa présentation du « concept de transcendantal » (qui sera pour nous attaché à la notion de topos, comme ce que l’on appelle « objet-vérité » Ω) en démontrant l’inexistence du Tout.

Seulement, fidèle à sa thèse de la théorie des ensembles (pas n’importe laquelle, celle axiomatisée par Zermelo-Fraenkel) comme ontologie, ou doctrine de l’être en tant qu’être, le Tout doit être pour lui la totalité de « ce qu’il y a » , et comme tout ce qu’il y a ce sont les multiples purs, les ensembles, le Tout doit être la totalité des ensembles.

Mais si le Tout doit être, comme ce qui est, ce sont les multiples, le Tout doit être un multiple, un ensemble.

Conclusion : le Tout doit être un ensemble, et il doit être la totalité des ensembles.

Il ne peut donc être que l’ensemble de tous les ensembles, et à ce titre il doit être élément de lui même.

De tels ensembles, qui sont éléments d’eux mêmes, sont appelés par Badiou « multiples réflexifs », et ils ont été considérés de longue date par les mathématiciens comme assez « problématiques », voire dangereux, à tel point que la théorie a jugé bon de créer un axiome, l’axiome de fondation, pour les écarter comme possibilité de pensée.

http://forums.futura-sciences.com/mathematiques-superieur/378117-ensemble-se-contenant-lui-meme.html

http://utilisateur-ianop.blogspot.fr/2008/01/lensemble-vide-est-lment-de-lui-mme.html

d’ailleurs, même en théorie « intuitive » ou « naïve », on a du mal à en trouver : je ne puis proposer que des formulations négatives, comme par exemple l’ensemble des ensembles dont la cardinalité est non bornée, ou supérieure à un nombre entier fini quelconque n.

Mais revenons à l’enchaînement de pensées de Badiou : supposons que le Tout soit, et qu’il soit donc ensemble de tous les ensembles (comme nous y sonnes forcés si nous suivons les thèses de Badiou sur l’ontologie du multiple) alors il y a au moins un ensemble élément de lui même, et il est consistant de dire que de tels ensembles (dits réfelxifs) existent.

Mais il est aussi consistant de dire que des ensembles qui ne sont pas éléments d’eux mêmes existent, et là on en trouve à foison.

Badiou cite comme exemple ces 5 poires qui sont là sur la table devant lui : on peut en former un ensemble, mais il n’a aucune chance d’être une poire, et donc il ne peut être élément de lui même, puisque tous ces éléments sont par construction…des poires !

Badiou poursuit : il est logiquement possible de séparer « tout ce qu’il y a », c’est à dire tous les multiples, en deux catégories : les réflexifs, et les non réflexifs.

Il est donc consistant de former l’idée du multiple de « tous les multiples non réflexifs », que Badiou appelle la Chimère.

Or cette Chimère, est elle réflexive ? elle est un ensemble, l’ensemble de tous les ensembles non réflexifs, mais peut elle être élément d’elle même ?

si elle l’était, cela voudrait dire qu’elle serait un ensemble non réflexif, puisque c’est la définition des éléments de la Chimère !

Conclusion : si la Chimère était réflexive, elle serait non réflexive !

Nous arrivons à une contradiction, une absurdité, donc la chimère ne peut être réflexive…

seulement nous arrivons au même genre de problèmes si nous la supposons non réflexive: car si elle est non réflexive, cela veut dire qu’elle est un ensemble qui n’est pas élément de lui même.

Donc elle appartient à l’ensemble des ensembles non réflexifs.

Or cet ensemble c’est elle même.

Donc elle appartient à elle même, elle est élément d’elle même.

Donc si nous supposons que la chimère est non réflexive, nous aboutissons à la conclusion qu’elle doit être réflexive !

Conclusion :

la Chimère est bien…chimérique, elle n’a pas d’être, elle ne peut être un

ensemble.

Et comme elle suivait de l’hypothèse de l’être du Tout, cette hypothèse, menant à des absurdités, doit être écartée.

Le Tout n’a pas d’être.

Seulement ceci n’est valable que dans le cadre des thèses ensemblistes de Badiou, et même dans ce cadre les mathématiciens ont depuis longtemps eu l’idée d’un axiome d’antifondation et d’ensembles dits « non well-founded », qui passent allègrement par dessus les prétendus interdits de « pensée philosophique » :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Axiome_d’anti-fondation

http://plato.stanford.edu/entries/nonwellfounded-set-theory/

mais selon moi le vrai problème est que Badiou ne part pas du véritable point de départ, qui est la dualité entre « élément-être » et « élément-savoir ».

Il parle seulement de l’idée du Tout, non pas du Tout lui même !

un ensemble n’est qu’une idée, et Badiou le reconnaît lui même avec son exemple de l’ensemble des 5 poires : c’est l’idée que nous nous formons de la collection des 5 poires, mais pas les 5 poires elles mêmes en leut être « massif », comme dirait Sartre, là devant nous, sur la table.

Si je suis sur le point de mourir de faim et de soif, ce n’est pas l’ensemble des 5 poires qui va me sauver : ce sont les 5 poires, et tout le monde le sait bien, qu’il soit idéaliste ou pas !

ou encore : c’est le chien qui aboie et qui mord, pas l’idée du chien !

Dans nos conditions d’existence incarnée, il est complètement absurde de vouloir « séparer » être et savoir, matière et esprit.

Mais, ce qui est la vérité éternelle de l’idéalisme, l’esprit possède  une prédominance évidente quand il s’agit de l’âme humaine et de son salut : sans les idées, et leur aboutissement la science, je pourrai cueillir les poires sur l’arbre, comme les anciennes tribus de sauvages , mais il me sera difficile de les faire venir sur ma table, sauf utilisation d’esclaves. Et encore devrai je savoir les faire pousser !

Qu’est ce que le Tout  : tous les étants « du monde extérieur » dont je puis former l’idée, moi ou n’importe qui d’autre, plus toutes les idées d’un étant quelconque ; cela fait du monde , car il y a en plus les idées d’idées (idées d’évènements par exemple).

Bref on comprend qu’il est insensé de vouloir avoir même l’idée d’en former un ensemble, ou une collection.

Le Tout serait en somme l’identité primitive de l’être et du savoir, dont nous avons constaté que la route est « barrée » à la pensée, sauf introduction du mysticisme dans la philosophie.

Le Tout est donc une idée mal formée, inconsistante : pas besoin de Zermelo-Fraenkel ni du paradoxe de Russell pour le comprendre !

Par contre si comme le dit Hegel « seul le vrai est le Tout », et que nous assignons à la philosophie , renommée par nous toposophie , la recherche et l’acheminement de l’âme vers la vérité, alors il devient licite d’envisager le Tout, comme l’Un ou l’Etre, comme limites : c’est là le schéma de pensée « fonctorielle » par lequel nous remplaçons les « arcanes du badiolisme » (pour reprendre ce néologisme, désignant l’école de pensée de Badiou, à son créateur François Laruelle).