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Wronski : la ruine du monde civilisé

Dans son « épître au Souverain Pontife » Léon XII, en 1827,  au tome II de la « Réforme absolue du savoir humain », tome portant sur la réforme de la philosophie (venant après la réforme des mathématiques au tome I), Wronski donne une description et une explication saisissantes de toute l’évolution (chrétienne, puis sadienne) occidentale (le « monde civilisé » , appelé à la ruine complète) dont nous avons parlés dans les deux articles précédents :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/06/04/black-dahlia-los-angeles-les-anges/

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/06/04/la-culpabilite-de-loccident-sadien/

Il caractérise le « point », ou choix fondamental entre « perversité et pornographie sadienne » et « platonisme » dont nous avons montré la nécessité, comme opposition entre les deux « partis » du droit divin (ou du « sentiment ») qui opérait aux temps chrétiens d’avant la Réforme, et du « droit humain » qui est celui de l’entendement pratique et limité au vital :

pages 400-401 du livre :

http://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=ucm.5305743815;page=root;view=image;size=100;seq=24;num=400

« Il est incontestable, en effet, que, dans la tendance actuelle des masses
opposées de l’humanité, le monde civilisé est menacé d’une ruine inévitable.
J’ai eu le premier le triste avantage de signaler, déjà en 1818, dans l’opus-
cule intitulé le Sphinx, les principes positifs de cette antinomie sociale ,
résultant de principes opposés de la raison humaine elle-même, sous les con-
ditions temporelles sous lesquelles l’homme peut l’exercer dans ce monde (2).
Il a été possible alors de reconnaître l’origine, les progrès et le terme fatal
de cette contradiction nécessaire dans la raison de l’homme, et par consé-
quent les lois funestes que suivent irrésistiblement les partis ennemis qui se
forment ainsi dans l’humanité. — Qui donc, en approfondissant de tels prin-
cipes, serait assez imprudent pour vouloir réprimer cette nécessaire opposition,
constituant un ouvrage du Créateur dans la vue des destinées de l’homme?
Et qui surtout pourrait alors s’abuser soi-même jusqu’à croire qu’il connaît
ces hautes destinées? — D’après les conditions caractéristiques de la vérité,

que je viens de me permettre d’annoncer ici, il est manifeste que la philoso-
phie absolue, si elle existe jamais, pourra seule éclairer l’humanité sur cet
état critique de son entraînement actuel.
Pour donner, tout à la fois, et une preuve positive et un exemple frappant
des dangereux écarts des deux partis qui, par suite de tels principes, com-
posent le monde civilisé, je dois supplier Votre Sainteté d’arrêter ses regards
sur les deux extinctions consécutives de la philosophie, telles qu’elles se
trouvent déduites dans les tableaux ci-joints. Elle y verra, d’abord , qu’après
le triomphe du christianisme, dans la troisième période historique , le parti
qui ne suit que l’appel du sentiment, repoussa tout savoir et développa ainsi
sur la terre une affreuse barbarie, laquelle, malgré la gloire de la religion,
brillant alors de son plus grand éclat, est si fortement opposée aux véritables
destinées des êtres raisonnables, que ce serait un blasphème de considérer
cet état de l’humanité comme étant le but de Dieu dans la création de
l’homme. Elle y verra, ensuite, qu’après le triomphe des idées libérales, à
la fin de la quatrième période historique, le parti opposé, qui ne suit que
l’appel de la cognition ou de la raison temporelle, repoussa tout sentiment
religieux et développa ainsi, à l’entrée de la sinistre révolution française, un
affreux abus de la civilisation, lequel, à son tour, malgré la gloire des
sciences, brillant alors de leur plus grand éclat, est de nouveau tellement
opposé aux véritables destinées de l’homme, que ce serait une dépravation de
le considérer comme le but de l’existence des êtres raisonnables.
Hélas , retournerons-nous aujourd’hui à l’ancienne barbarie des premiers
siècles du christianisme, pour revenir ensuite une seconde fois au moderne
abus des sciences et de la civilisation? Et, en nous laissant ainsi ballotter
perpétuellement, serait-ce par là que nous accomplirions nos destinées sur la
terre?—Ou plutôt, serait-ce que la fin du monde est près d’arriver, comme
le croient quelques hommes de bien , à qui il répugne de recommencer ce jeu
cruel?
Non, sans doute; ni l’un ni l’autre de ces aspects de l’œuvre divine ne
seraient glorieux pour le Créateur; car, sous l’un ou sous l’autre de ces as-
pects , il ne résulterait qu’un mauvais fruit de la création. — Vos lumières
personnelles, Très-Saint-Père, me permettent de dire ici, par anticipation sur
la philosophie absolue, qu’il n’existe qu’un seul moyen de tirer les hommes
de cette effrayante perplexité , et de remplir ainsi les vues du Créateur. Ce
moyen, très-simple, comme tout le monde en conviendra certainement, c’est
la DÉCOUVERTE DE LA VERITE.
Tout autre moyen de sauver l’espèce humaine de sa ruine imminente
serait actuellement sans aucune efficacité. — En effet, ce serait en vain qu’on
voudrait aujourd’hui, par les moyens connus, faire triompher exclusivement
la croyance religieuse , et, avec elle, l’ordre politique , dépendant de la

divinité; et ce serait également en vain qu’on voudrait, par les moyens con-
nus, faire de nouveau triompher exclusivement I’incrédulité religieuse, et,
avec elle , l’ordre politique dépendant purement de l’humanité. La presque
totalité du monde civilisé demande actuellement la certitude à la place de
la croyance; et réciproquement, cette même majorité du monde civilisé com-
mence déjà à demander des principes absolus à la place des simples faits
matériels du monde physique. Telle est aujourd’hui la culture intellectuelle
de l’espèce humaine; et cette culture, elle la doit précisément, d’abord, à
la religion, qui a indiqué à l’homme l’immortalité comme terme de son ac-
complissement, et, ensuite, aux sciences, qui ont réalisé ce premier degré
d’un tel accomplissement définitif.
Il faudrait donc faire rétrograder toute l’espèce humaine, pour la rejeter de
l’échelon actuel de sa culture dans son abrutissement primitif. Mais, cela serait,
tout à la fois, et inutile et impossible. —Cela serait inutile, dis-je, parce
que, lors même qu’on parviendrait à replonger l’humanité dans son premier
abrutissement où la croyance religieuse, sans aucune certitude , serait suffi-
sante à la tendance bornée de sa raison inculte, elle sortirait de cet état, à
l’aide précisément de notre sainte religion, comme elle l’a déjà fait une fois
pour parvenir à sa culture actuelle. Et ce qu’il faut bien remarquer, l’humanité
sortirait alors de cette nouvelle enfance par tous les échelons par lesquels,
comme le montrent les tableaux ci-joints, elle est déjà parvenue la première fois
au point où elle se trouve aujourd’hui. C’est là l’ordre immuable de Dieu; et
certes, Votre Sainteté est trop pieuse et trop éclairée pour ne pas prévoir que,
s’il en est ainsi effectivement, il n’existe point de puissance qui saurait anéantir
ou du moins fausser cet ordre éternel. — Mais, dis-je de plus , ce retour à
l’abrutissement primitif de l’espèce humaine serait même impossible aujourd’hui,
parce que plus de la moitié du monde civilisé a déjà obtenu des garanties
politiques, extrêmement puissantes, contre ce retour, non-seulement inutile
mais de plus impie, puisqu’il est opposé aux volontés du Créateur. S’il exis-
tait donc des Etats au milieu du monde civilisé, qui, par des motifs de
piété, pour arrêter le débordement actuel de l’incrédulité religieuse et de ses
suites funestes, prendraient des mesures tendant à ramener notre espèce, plus
ou moins, vers son abrutissement primitif, ils n’en retireraient que le triste
désavantage de se placer hors d’équilibre avec les États éclairés, et de perdre
ainsi, non-seulement leur rang politique, mais de plus et inévitablement, par
leur infériorité croissante, toutes les garanties de leur indépendance.
Il est donc incontestable, je le répète , qu’il n’existe aucun autre moyen
que celui de la découverte de la vérité, pour prévenir la ruine à laquelle
le monde civilisé se trouve aujourd’hui exposé inévitablement »

Il est difficile de trouver une page plus éclairante, et même illuminatrice (puisque tout le monde vante les « Lumières » de l’Aufklärung) dans toute la littérature philosophique : Wronski présente souvent certes des lourdeurs (un peu « germaniques » chez ce Slave) et des obscurités, mais là le Soleil (invaincu) de la Raison qui est Dieu brille à 100 % !

le « choix fondamental » entre les deux attitudes dont nous avons parlé sera sans portée réelle s’il ne sort pas de l’opposition stérile entre les deux « partis » du droti divin et du droit humain (dont l’opposition politique entre droite et gauche donne une image profondément faussée, car gauche comme droite, en Europe, ne se réclament que du droit humain, et laissent le droit divin au…vestiaire).

Or cette sortie ne peut être que la « découverte » de la Vérité, et sa fondation péremptoire sur la Terre, par la Raison absolue, qui est « dépassement » et « surmontement » (Aufhebung) de la raison seulement temporelle qui est l’entendement pratique (celui du « dernier homme » qui cligne de l’oeil et se montre le plus « malin » pour choisir un placement boursier par exemple…même et surtotu  quand les marchés s’effondrent )

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la culpabilité de l’Occident sadien

les interconnexions entre Los Angeles (Hollywood), Black dahlia et « vérité sadienne », dont nous parlons ici :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/06/04/black-dahlia-los-angeles-les-anges/

elles peuvent s’étendre de manière à peu près indéfinie !

Aisni prenez le film « Chinatown » réalisé par Polanski en 1975 : le rôle de Noah Cross, patriarche abusif ayant violé et mise enceinte sa propre fille (jouée par Faye Dunaway) , y est tenu par … John Huston !

John Huston qui est accusé par certains sites d’avoir participé au viol collectif de Tamar Hodel qui aurait débouché sur la relation incestueuse dont a été accusé le chirurgien, et dont il a été acquitté, mais l’on sait que des hommes richissimes et influents peuvent aux USA bénéficier des services d’avocats spécialisés et quasiment certains d’obtenir l’acquittement.

Ce même Polanski qui a vu sa femme Sharon Tate, enceinte, être assassinée par des membres de la « famille », une secte d’inspiration hippie dirigée par le « gourou » Charles Manson…

et qui vers 1976 a été accusé d’avoir violé et sodomisé une adolescente de 13 ans après l’avoir saoûlée au champagne et autres produits ; certes celle ci n’en était semble t’il pas à son coup d’ essai, et sa mère l’encourageait à « faire carrière » à Hollywood au moyen de tels « stratagèmes », mais ceci est il une excuse ?

Une fois que l’on ouvre les vannes, on ne peut plus arrêter les flots déchaînés de l’inondation; d’autres auteurs (comme René Guénon) ont employé l’image du Mur qui se lézarde et se brise, laissant passer les influences infernales du « monde souterrain » (célébré par le cinéaste d’avant garde américain Kenneth Anger); que l’on pense aussi au film « The Wall » !

Est ce simplifier outrageusement les choses que de dépeindre cette évolution comme l’affrontement de deux camps :

-celui des « progressistes » sadiens, comme Mehdi Belhaj Kacem, qui pensent que l’essence de la civilisation mondiale qui vient est pornographique et sadienne, et que toute réaction contre cette évolution est « fasciste » et aboutit aux camps de Staline, Hitler ou Pol Pot , comme le voudrait selon lui le « platonisme » de Badiou… d’autres sont plus « modérés », voire plus lâches, et se contentent de sussurer « je ne comprends pas comment en 2012 on peut encore être opposé au mariage gay », bref de remplacer le débat argumenté par la flèche du temps, qui va forcément du moins bien vers le mieux

– et celui des « réactionnaires », tenants de l’ordre moral pur et dur et du « retour en arrière » ou bien, là encore, plus « modérés » (à l’exemple de Finkielkraut, Régis Debray , et bien d’autres personnages très différents)

non, ce n’est pas simpliste si l’on pense avec Badiou que tout moment crucial de choix pour l’humanité doit pouvoir se formaliser par un « point », c’est à dire un choix entre deux possibilités; oui c’est simpliste si l’on remarque que les deux « camps », et surtout le second, regroupe des tendances qui n’ont rien à voir entre elles.

Je récuse pour ma part entièrement le terme de « réactionnaire » : les réactionnnaires sont certes les intégristes, religieux ou autres, qui abondent aux USA , et qui parlent du « retour aux valeurs morales » jusqu’à ce qu’ils soient accusés de vilaines affaires d’adultère, ou pire, de viol ou pédophilie.

Et je récuse symétriquement le terme de « progressistes » appliqué aux « matons de Panurge » obsédés par le « vide juridique » (dernier exemple en date : celui du « harcèlement sexuel » ) , par la « diversité », la parité et autres salades.

Je me réclame d’un auteur comme Brunschvicg qui a écrit « Le progrès de la conscience dans la philosophie occidentale » , et qui certainement n’encouragerait jamais le « retour » en arrière vers les temps de l’enfance de l’humanité que sont les époques d’avant Descartes, d’avant la physique mathématique.

Seulement il faut bien voir que ce sont les « faux progressistes », tenants d’une évolution inéluctable vers « plus de droits individuels », plus de « diversité », qui en réalité tuent toute diversité réelle et appellent en retour la réaction et l’obscurantisme (islamique, notamment).

Une page magnifique comme celle ci de Brunschvicg (vers 1930) sur l’homme occidental :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/lhomme-occidental/

permet de jeter la pleine lumière sur l’évolution sadienne de l’Occident : les « les jugements de l’Orient sur l’anarchie et l’hypocrisie de notre civilisation » , ce sont évidemment les condamnations « morales » de la part de vertueux religieux des dépravations et turpitudes dont témoignent la vie d’une ville comme Los Angeles, « capitale de la saoûlographie » vers l’époque des années 40 selon un cinéaste de Hollywood, ville aussi de toutes les débauches sous un vernis « américano- chrétien ».

Mais il est facile de comprendre que tout retour en arrière (à supposer d’ailleurs qu’il y ait eu des lieux et des époques exempts de débauche ?) est impossible, puisque le passé a pu mener à ce qui existe là sous nos yeux comme « présent ».

Le seul progrès possible passe par l’idéal de réflexion intellectuelle et d’unité morale qui est celui de l’Occident véritable. Il va de la nature, domaine du « moi vital », à l’Esprit, et au « moi spirituel ».

quelle est la « coulpe vitale » de l’Occident, ou du monde moderne, sadien ?

elle est de se limiter au « seulement vital » justement : analysez les vies entrecroisées de toutes les personnes vivant dans une grande métropole comme Los Angeles en 1947 (ou de nos jours, ce qui fait deux villes très différentes certes) , vous aurez sous les yeux un « mouvement brownien » de « fourmis » affairées (pour la plupart en tout cas) par les seuls soucis du « vital », à savoir la nourriture, l’habitat, le travail et la subsistance, et le plaisir et le sexe.

Or le domaine du « seulement vital » est celui de la mort : la vie est équivalente à la mort, puisque tout ce qui est né doit périr.

La fascination pour le sexe est la fascination pour la mort : cela est très sensible dans certains ouvrages de Georges Bataille, très influencé par Sade, comme « Le bleu du ciel », où la scène centrale est celle du personnage qui jouit (sexuellement) au spectacle d’une morte qui n’est autre que sa mère… Bataille parle d’ailleurs des « outrances monstrueuses de ce livre », dont il n’aurait pas souhaité la publication…

un peu facile !

en somme, la fascination pour le sexe, qui est fascination pour la mort, cela revient à ne pas « renoncer à la mort », c’est à dire à refuser toute « vie religieuse » réelle…

Richard Amiel McGough : « pourquoi je quitte le christianisme »

http://www.biblewheel.com/forum/showthread.php?2368-Why-I-quit-Christianity

sur mon ancien blog maintenant détruit « Recherche de la vérité » j’ai passé pas mal de temps à ce que j’appelais « arithmosophie », à savoir sur les valeurs numériques des arrangements de lettres et de mots ou versets , en hébreu ou en grec, de la Bible (hébraïque ou grecque).

J’ai soudainement compris que j’avais peut être tort, et que je commettais peut être le MAL, aussi ai je pris la dcision soudaine, un beau matin, de détruire le blog, et pourtant je n’avais pas un seul millionième de gramme d’alcool dans le sang ce jour là ! 

(une autre raison, moins cruciale, est que je mélangeais des articles liés à la politique actuelle, d’importance toute relative donc, voire nulle dirais je maintenant, et des articles de philosophie, visant donc à la Vérité, mélange infâme qui revient à du relativisme et donc au MAL)

Comment est ce que je SAIS (et non pas je crois) que j’avais tort ?

à cause de cette simple citation de Brunschvicg, qui représente à mon avis la totalité de ce qu’il faut savoir pour entreprendre l’acheminement de l’âme vers Dieu :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/raison_et_religion/raison_et_religion.html

(voir page 114 du document Word):

« Et le paradoxe de l’attitude spinoziste était encore accru par la revendication énergique des droits de la conscience, par la récusation inflexible du symbole et de la lettre. Si la parfaite indifférence aux cérémonies extérieures du culte ne permet plus d’opposer le christianisme au judaïsme comme une Église à une Église, elle s’accompagne cependant d’une sympathie naturelle qui ne gêne en rien la liberté de la pensée. De même que l’astronome n’a pas à s’offusquer des erreurs de l’ignorant, qui dérivent nécessairement des conditions organiques de la vision, pas davantage le philosophe ne conteste au vulgaire son image subjective et illusoire du salut, récompense ultra-terrestre de sa conduite ici-bas.

Les théologiens se sont attachés à distinguer entre la voie étroite : Qui n’est pas avec moi est contre moi, et la voie large : Qui n’est pas contre moi est avec moi. Mais pour accomplir l’Évangile, il faut aller jusqu’à la parole de charité, non plus qui pardonne, mais qui n’a rien à pardonner, rien même à oublier : Qui est contre moi est encore avec moi. Et celui-là seul est digne de la prononcer, qui aura su apercevoir, dans l’expansion infinie de l’intelligence et l’absolu désintéressement de l’amour, l’unique vérité dont Dieu ait à nous instruire. »

Brunschvicg dit bien :

l’unique vérité dont Dieu ait à nous instruire

et donc si l’on ajoute une vérité, que ce soit un dogme, ou un mythe, tiré de la Bible, ou du Coran, ou des Vedas, ou une équation arithmosophique sur les valeurs numériques de la Bible, ou de l’Evangile, ou du Coran, on ne peut qu’ajouter…du faux !

L’unique vérité qui nous vient de Dieu n’est pas une « vérité » dogmatique que l’on peut « imposer » aux masses de « disciples » : c’est une vérité « pour soi même », dans le secret du coeur, de ce que j’appelle :

l’ Internel

ce que nous dit ici Brunschvicg, c’est que la seule philosophie suffit, pour trouver la religion véritable, parce que la seule philosophie EST la religion véritable, et qu’elle est tout entière contenue dans cette ligne, cette thèse, ou plutôt cette proposition de vie et d’action :

« l’expansion infinie de l’intelligence et l’absolu désintéressement de l’amour est l’unique vérité dont Dieu ait à nous instruire. »

Seulement ce n’est pas une phrase qu’il nous faudrait méditer confortablement installé dans notre fauteuil, ou à propos de laquelle nous pourrions débattre pendant des siècles (comme sur les Evangiles), écrire des livres savants, former des écoles de pensée rivales, tout simplement parce que ce n’est pas une « vérité », une affirmation qui soit vraie ou fausse…si vous relisez bien, Brunschvicg ne nous dit pas que ce soit « vrai » , il nous dit que seul celui qui aura su reconnaître ce programme d’action et de pensée comme valide sera capable de ne pas se comporter comme un fanatique (comme Badiou, par exemple), qu’il soit athéer, chrétien, juif, musulman, etc…mais sera capable de dire à ceux qui le haïssent et veulent l’éliminer :

« toi qui es contre moi, tu es encore avec moi »

la vérité, l’unique vérité, c’est Dieu qui la dispense, Dieu à savoir ce mouvement de transcendement (mais qui n’est pas une Transcendance), de dépassement perpétuel de nous même que nous avons EN NOUS, et qui peut s’appeler Raison, ou un autre terme si cela fait plaisir …

et cette « unique vérité » n’est pas une proposition, qui serait « prononcée » en direction d’un « autre », d’un « esclave de Dieu » , elle est cette voix qui retentit en nous même (si nous savons faire silence nous l’entendrons) et qui nous « dit » sans parler :

l’unique façon de vivre qui soit digne et bonne, c’est d’étendre à l’infini son intelligence POUR parvenir à l’absolu désintéressement de l’amour.

Et, si je ne me trompe, c’est là le programme de vie chrétien !

alors pourquoi le christianisme (ou plutôt les différentes formes de christianisme) s’est il révélé incapable du plus petit commencement de volonté de réalisation de ce programme, qui n’est autre que « la voie, la vérité et la vie »?

parce qu’il s’est voulu « supérieur » à la philosophie , selon une prétendue « Révélation » adressée à la Foi, qui serait supérieure à la Raison, considérée comme simple servante !

seulement la Raison ne sera jamais servante, ni de la Foi, ni de la Loi !

si vous cheminez réellement sur la Voie de la Raison, alors plus besoin de foi ni de loi !

après ce long préambule , revenons aux Nombres de la Bible (ils sont aussi dans le Coran, écrit par Waraqa Ibn Nawfal qui connaissait très bien la Bible, l’hébreu et la qabbalah) et notamment au site Biblewheel fondé par Richard Amiel McGough :

http://www.biblewheel.com/

qui s’appelle maintenant « Bibles, wheels and brains » et se déclare ouvert à tous les « libres penseurs »… il y a du changement, et Richard s’explique là dessus de façon très claire, et je trouve assez bouleversante, en expliquant pourquoi il quitte le christianisme :

http://www.biblewheel.com/content.php?15-Why-I-Quit-Christianity

« So here are three of the primary issues that conspired to finally convince me that the traditional Christian faith is not true:

1) The Doctrine of Hell
I cannot conceive of a good God who would design an eternal evil in which souls suffer eternal conscious torment. This is a central doctrine accepted by the vast majority of Christians. It always bothered me throughout my time as a Christian, but I put it on the “back burner” and didn’t think about it much.

2) The Bible contains many errors, contradictions, logical absurdities, and moral abominations attributed to God.
This point covers a very large class of problems. Many recent threads on my forum deal with them. The most significant to me are the moral abominations attributed to God, such as his command to kill all the men, women, and children of people in Canaan, or the slaughter of all the Midianites except 32,000 virgins that were then distributed to the soldiers (Numbers 31).

3) God does not, as a general rule, answer prayers.
This fact seems incontrovertible and it directly contradicts the central promises of the Bible. It was the “final straw” for me. It has nothing to with any personal prayers that were not answered. The problem is that the promises in the Bible simply are not true. »

 

quant à moi, j’aurais pu répondre au point 3 que si Dieu (le vrai Dieu, c’est à dire le Dieu des philosophes et des savants) répondait aux prières, alors cela voudrait dire qu’il ne serait pas Dieu !

Il explique aussi pourquoi il était devenu chrétien, en des termes que Descartes n’aurait pas désavoués :

http://www.biblewheel.com/content.php?19-Why-I-became-a-Christian

« Religious beliefs are largely determined by the mere chance event of where you were born. Folks tend to adopt the dominant religion of the region of their birth unless their immediate family follows a different tradition. But neither geography nor family fully determines religious belief. Temperament and life experience play important roles. Not everyone is satisfied with their inherited religion, while others simply have no interest in the big question of « what it’s all about. » Some are looking for certainty in this disturbingly chaotic world. Religion gives answers, like a parent telling a child « everything will be alright. » Others are catapulted into a search for meaning by the traumas of life. Siddhartha, who became the Buddha, left his sheltered home to begin his famous quest for enlightenment after encountering suffering, disease, and death. Though I can’t claim to have achieved his goal, my motivations were largely the same.
I was born into a traditional Roman Catholic family but was raised by an atheist father. He encouraged me to think freely and question everything. Nothing was off limits for discussion. This influenced me a lot, but other forces came into play. His mother and siblings were active in the church and raised their children in it. He was the « black sheep » of the family. I bonded strongly with his mother because she helped raise me and my two sisters for about three years after our parents divorced in 1960 when I was still an infant. « 

bien entendu je ne prétends pas résumer ici tout ce chemin de vie, mais je ne puis que dire que les religions (à église, et prophètes) sont ce qui reste en nous de l’état d’enfance….

enfin Richard s’explique sur son blog sur l’ origine de ces merveilleuses et surprenantes structures (« patterns ») numériques qu’il avait trouvées (il est mathématicien) et qu’il avait appelées « Biblewheel » :

http://www.biblewheel.com/blog/index.php/2011/11/27/an-evolutionary-explanation-of-the-bible-wheel/

ces splendides structures ne sont évidemment pas dûes au hasard, pas plus que celles du Coran, elles s’expliquent par un schéma analogue à celui de la théorie de l’évolution !

« I think I’ve finally found a way to explain the Bible Wheel without any appeal to God, angels, or any other metaphysical woo-woo. I think the Bible Wheel evolved through a scribal selection process as the text was edited and rearranged by the countless scribes over the centuries before the printing press. »

bien évidemment, l’attitude de Richard doit nous servir d’exemples à tous, que nous soyions chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes, hindouistes…

la seule philosophie suffit !

 

La nature véritable de la oumma islamiyya mondiale

ces quelques développements supplémentaires auraient appartenu à l’article précédent :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/05/11/eclaircissements-grace-a-la-toposophie-sur-la-premiere-sourate-du-coran-selon-lordre-de-la-revelation/

mais je préfère en composer un autre article, pour attirer l’attention sur leur importance.

Au fond, quand le prêtre Nazaréen Waraqa Ibn Nawfal écrit et enseigne  cette  première sourate révélée , il sait qu’il joue gros parce qu’ IL MENT en prétendant que ces « sourates » lui viennent de l’autorité d’Allah, c’est à dire du Dieu d’Israel : elle est révélée par lui, pas par Dieu, puisque ces peuplades ignorantes d’avant la civilisation européenne moderne ne peuvent avoir aucune idée de ce que c’est que Dieu, à savoir la Raison universelle à l’oeuvre dans la science et la philosophie !

Seuls des savants comme Thalès, et les autres « savants-philosophes » ioniens ou grecs, vrais fondateurs de la civilisation européenne née avec Descartes 20 siècles plus tard, pourraient déterminer strictement cette essence de Dieu, seulement il leur est arrivé de gros ennuis quand ils ont tenté d ‘orienter les autres vers la Vérité, qui est Dieu comme l’a dit Spinoza : Socrate a dû boire la cigüe , sous l’accusation de « tentative de pervertir la jeunesse en la détournant des dieux de la cité », et Thalès, tombant dans un puits alors qu’il observait les étoiles pour en faire la théorie, a été la risée d’une (belle, j’espère) servante de Thrace qui passait par là et assista à la scène :

« non mais regardez moi ce bouffon de grec avec ses dieux débiles, il veut expliquer l’Univers et il n’est même pas capable de regarder devant lui où il met les pieds ! »

elle ne le traite pas d’athée, c’eût été un anachronisme, parce que pour tous ces anciens peuples encore sauvages, les « vrais dieux » , c’est à dire les plus forts, les plus puissants, c’étaient ceux de leur peuple ! tous les autres peuples ne pouvaient avoir que des dieux, pas tout à fait faux sans doute, mais moins puissants !

et la servante ne pouvait absolument pas se douter que sous ses yeux une révolution ayant bien plus de portée que la néolithique, était en train de s’accomplir : « les dieux » anthropomorphiques , ceux dont les fidèles ne se souciaient que de puissance (sur les éléments naturels) et non pas de Justice, de Vérité  et de Sagesse universelles, cédaient ici la place au Dieu des philosophes et des savants, celui qui est le Fils et la Sagesse dans la Trinité, et non pas le Père ou la Puissance (comme l’est encore Allah).

elle ne le pouvait pas  parce qu’elle croyait que Thalès, les yeux perdus dans les cieux, était en train de prier ses dieux, et sa mésaventure sonnait comme un avertissement et une confirmation : ces faux dieux , pour toute réponse à ses prières, laissaient littéralement tomber leur dévôt, évidemment puisque les vrais dieux, les siens, ceux des Thraces, étaient sous la terre et non dans le ciel !

elle était incapable de « penser au delà d’elle même et de son peuple », exactement comme de nos jours une musulmane venue se perdre en Occident, où son prétendu « Dieu », son Idole, n’a pas cours !

elle ne pouvait donc pas se « figurer » que les deux servent à autre chose que se faire prier et sacrifier des victimes (humaines, parfois, ou animales) pour qu’ils soient « propices à leur peuple » ).

La différence est qu’aujourd’hui le peuple de l’Islam c’est en droit (du droit du Jihad) l’humanité entière, et que les « victimes humaines » qu’on lui sacrifie sont les kamikazes !

J’ai formulé ailleurs, à propos de cette petite historiette de Thalès et de la servante, qui m’a toujours enchanté, l’hypothèse , qui a pu paraître scandaleuse, que la jeune servante Thrace, sous ses dehors un peu « brusques », était « bonne fille », et avait pu peut être soigner, voire consoler par ses beautés « asiates » , le vieux savant grec (qui était d’ailleurs tout aussi asiate extérieurement, en provenance d’Asie Mineure) tout meurtri de sa mésaventure « astronomique » (plutôt qu’astrologique) :

http://sedenion.blogg.org/date-2009-01-07-billet-951372.html

voici en tout cas ce que dit Brunschvicg, qui nous remet heureusement sur le droit chemin, à propos de cette anecdote qui se trouve chez Platon :

« Thalès étant tombé dans un puits tandis que, occupé d’astronomie, il regardait en l’air, une petite servante de Thrace, toute mignonne et pleine de bonne humeur, se mit, dit-on, à le railler de mettre tant d’ardeur à savoir ce qui est au ciel, alors qu’il ne s’apercevait pas de ce qu’il avait devant lui et à ses pieds. Or, à l’égard de ceux qui passent leur vie à philosopher, le même trait de raillerie est assez bien à sa place » (Platon, Théétète 174a)

« peut être la servante de Thrace avait-elle confondu la théorie des étoiles avec le culte de celles-ci, et avait à ce niveau tenu ses propres dieux pour les plus forts » (Hans Blumenberg)

« la sagesse du philosophe qui s’est retiré du monde pour vivre dans l’imitation de Dieu a, comme contre-partie inévitable, la maladresse et la gaucherie qui le mettent hors d’état de s’appliquer aux affaires de la vie pratique, qui font de lui, comme jadis de Thalès, la risée d’une servante thrace (Théétète, 174a). Est il légitime de se résigner à cette séparation de la vertu philosophique et de la réalité sociale, qui s’est traduite, dans l’histoire d’Athènes, par des évènements tels que la condamnation de Socrate ? n’est ce point manquer à l’intérêt de l’humanité que de l’abandonner aux opinions absurdes et aux passions désordonnées de la multitude ? et la misanthropie n’est elle point, en définitive, un péché contre l’esprit au même titre que la misologie ? (Phédon, 89b) » (Léon Brunschvicg)

Certes le Sage (mais une fois Sage seulement, donc hors de portée des charmes des servantes thraces ou des grandes dames du monde) a le devoir de redescendre des « sommets » de la solitude pour venir secourir et enseigner la multitude prise dans le chaos des « opinions » (ou des émissions de Télé réalité et autre « petit ou grand journal ») ;

 mais il risque alors de lui arriver ce qui arrive à Zarathoustra dans Nietzsche !

Lorsque Zarathoustra eut atteint sa trentième année, il quitta sa patrie et le lac de sa patrie et s’en alla dans la montagne. Là il jouit de son esprit et de sa solitude et ne s’en lassa point durant dix années. Mais enfin son cœur se transforma, — et un matin, se levant avec l’aurore, il s’avança devant le soleil et lui parla ainsi :

« Ô grand astre ! Quel serait ton bonheur, si tu n’avais pas ceux que tu éclaires ?

Depuis dix ans que tu viens vers ma caverne : tu te serais lassé de ta lumière et de ce chemin, sans moi, mon aigle et mon serpent.

Mais nous t’attendions chaque matin, nous te prenions ton superflu et nous t’en bénissions.

Voici ! Je suis dégoûté de ma sagesse, comme l’abeille qui a amassé trop de miel. J’ai besoin de mains qui se tendent.

Je voudrais donner et distribuer, jusqu’à ce que les sages parmi les hommes soient redevenus joyeux de leur folie, et les pauvres, heureux de leur richesse.

Voilà pourquoi je dois descendre dans les profondeurs, comme tu fais le soir quand tu vas derrière les mers, apportant ta clarté au-dessous du monde, ô astre débordant de richesse !

Je dois disparaître ainsi que toi, me coucher, comme disent les hommes vers qui je veux descendre.

Bénis-moi donc, œil tranquille, qui peux voir sans envie un bonheur même sans mesure !

Bénis la coupe qui veut déborder, que l’eau toute dorée en découle, apportant partout le reflet de ta joie !

Vois ! cette coupe veut se vider à nouveau et Zarathoustra veut redevenir homme. »

Ainsi commença le déclin de Zarathoustra

….

et voici comment se termine cette belle et morale idylle si altruiste :

« Quand Zarathoustra eut dit ces mots, il considéra de nouveau le peuple et se tut, puis il dit à son cœur : « Les voilà qui se mettent à rire ; ils ne me comprennent point, je ne suis pas la bouche qu’il faut à ces oreilles.

Faut-il d’abord leur briser les oreilles, afin qu’ils apprennent à entendre avec les yeux ? Faut-il faire du tapage comme les cymbales et les prédicateurs de carême ? Ou n’ont-ils foi que dans les bègues ?

Ils ont quelque chose dont ils sont fiers. Comment nomment-ils donc ce dont ils sont fiers ? Ils le nomment civilisation, c’est ce qui les distingue des chevriers.

C’est pourquoi ils n’aiment pas, quand on parle d’eux, entendre le mot de « mépris ». Je parlerai donc à leur fierté.

Je vais donc leur parler de ce qu’il y a de plus méprisable : je veux dire le dernier homme. »

Et ainsi Zarathoustra se mit à parler au peuple :

Il est temps que l’homme se fixe à lui-même son but. Il est temps que l’homme plante le germe de sa plus haute espérance.

Maintenant son sol est encore assez riche. Mais ce sol un jour sera pauvre et stérile et aucun grand arbre ne pourra plus y croître.

Malheur ! Les temps sont proches où l’homme ne jettera plus par-dessus les hommes la flèche de son désir, où les cordes de son arc ne sauront plus vibrer !

Je vous le dis : il faut porter encore en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. Je vous le dis : vous portez en vous un chaos.

Malheur ! Les temps sont proches où l’homme ne mettra plus d’étoile au monde. Malheur ! Les temps sont proches du plus méprisable des hommes, qui ne sait plus se mépriser lui-même.

Voici ! Je vous montre le dernier homme.

« Amour ? Création ? Désir ? Etoile ? Qu’est cela ? » — Ainsi demande le dernier homme et il cligne de l’œil.

La terre sera alors devenue plus petite, et sur elle sautillera le dernier homme, qui rapetisse tout. Sa race est indestructible comme celle du puceron ; le dernier homme vit le plus longtemps.

« Nous avons inventé le bonheur, » — disent les derniers hommes, et ils clignent de l’œil.

Ils ont abandonné les contrées où il était dur de vivre : car on a besoin de chaleur. On aime encore son voisin et l’on se frotte à lui : car on a besoin de chaleur.

Tomber malade et être méfiant passe chez eux pour un péché : on s’avance prudemment. Bien fou qui trébuche encore sur les pierres et sur les hommes !

Un peu de poison de-ci de-là, pour se procurer des rêves agréables. Et beaucoup de poisons enfin, pour mourir agréablement.

On travaille encore, car le travail est une distraction. Mais l’on veille à ce que la distraction ne débilite point.

On ne devient plus ni pauvre ni riche : ce sont deux choses trop pénibles. Qui voudrait encore gouverner ? Qui voudrait obéir encore ? Ce sont deux choses trop pénibles.

Point de berger et un seul troupeau ! Chacun veut la même chose, tous sont égaux : qui a d’autres sentiments va de son plein gré dans la maison des fous.

« Autrefois tout le monde était fou, » — disent ceux qui sont les plus fins, et ils clignent de l’œil.

On est prudent et l’on sait tout ce qui est arrivé : c’est ainsi que l’on peut railler sans fin. On se dispute encore, mais on se réconcilie bientôt — car on ne veut pas se gâter l’estomac.

On a son petit plaisir pour le jour et son petit plaisir pour la nuit : mais on respecte la santé.

« Nous avons inventé le bonheur, » — disent les derniers hommes, et ils clignent de l’œil. —

Ici finit le premier discours de Zarathoustra, celui que l’on appelle aussi « le prologue » : car en cet endroit il fut interrompu par les cris et la joie de la foule. « Donne-nous ce dernier homme, ô Zarathoustra, — s’écriaient-ils — rends-nous semblables à ces derniers hommes ! Nous te tiendrons quitte du Surhumain ! » Et tout le peuple jubilait et claquait de la langue. Zarathoustra cependant devint triste et dit à son cœur :

« Ils ne me comprennent pas : je ne suis pas la bouche qu’il faut à ces oreilles. »

comprenez vous ce qui se passe ?

« Il est temps que l’homme se fixe à lui-même son but. Il est temps que l’homme plante le germe de sa plus haute espérance. » c’est tout simplement ce que j’ai désigné comme « objet terminal », Dieu comme Idée des Fins, ce que Nietzsche appelle de façon dangereuse (ce que l’on a compris 60 ans après) le « Surhomme« .

Il ne le fait pas pour « souder les humains » en une communauté universelle (universelle à la façon ensembliste, idolâtre donc) ; il le fait pour éviter le règne du dernier homme, c’est à dire celui qui a cessé de vouloir que l’homme « se dépasse lui même » pour arriver au …bonheur et au confort !

par contre, dans la Sourate Al-Alaq, les desseins de Waraqa Ibn Nawfal sont tout autres que ceux de Thalès ou de Zarathoustra (c’est à dire : que ceux des vrais européens) .

Nous sommes au début du 7 ème siècle (vers 610  après Jésus-Christ) : la Grèce antique, celle de la si belle et si courte floraison de sagesse de Platon préparée chez Thalès, a cédé la place aux dieux  et aux cultes « d’origine et de caractère asiatique » comme dit Brunschvicg :

« Les “valeurs méditérranéennes”, celles qui ont dominé tour à tour à Jérusalem, à Byzance, à Rome et à Cordoue, sont d’origine et de caractère asiatique…… »

en somme, depuis 6 ou 8 siècles, et pour encore 10 siècles avant Descartes, c’est « business as usual » , et la servante de Thrace se sentirait comme un poisson dans l’eau : les dieux et les déesses côtoient les dieux et les déesses .

Et le Dieu d’Israel , qui a donné naissance au christianisme sous les espèces de son « fils » (ce qui sacandalise certes les juifs orthodoxes, qui sentent bien que tout ceci va mal se terminer pour eux, et pour les Nazaréens, qui se préparent à faire leur « révolution universelle » qui sera appelée plus tard « Islam ») ?

Itou !

c’est un Dieu à « peuple élu », donc point différent en essence des autres dieux, avec juste un peu plus de hargne peut être ? et encore ….

mais SVP, ne dites pas à ma mère que je vous ai dit ça, elle me croit barman au CRIJF !

Il reste que si je me réclame de Brunschvicg, je dois admettre que :

« pas de culte ni de peuple d’exception »

« l’esprit se refuse au Dieu du mystère comme au Dieu des armées »

 ou encore :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/raison_et_religion/raison_et_religion.html (page 205)

« LII. — Bon gré, mal gré, il faudra en arriver à poser en termes nets et francs le problème que l’éclectisme cherchait à embrouiller ou à dissimuler, et dont aussi bien dépend la vocation spirituelle de l’humanité. Dira-t-on que nous nous convertissons à l’évidence du vrai lorsque nous surmontons la violence de l’instinct, que nous refusons de centrer notre conception du monde et de Dieu sur l’intérêt du moi ? ou sommes-nous dupes d’une ambition fallacieuse lorsque nous prétendons, vivants,

échapper aux lois de la vie, nous évader hors de la caverne, pour respirer dans un P199 monde sans Providence et sans prières, sans sacrements et sans promesses ?

La clarté de l’alternative explique assez la résistance à laquelle se heurte une conception entièrement désocialisée de la réalité religieuse. Un Dieu impersonnel et qui ne fait pas acception des personnes, un Dieu qui n’intervient pas dans le cours du monde et en particulier dans les événements de notre planète, dans le cours quotidien de nos affaires, « les hommes n’ont jamais songé à l’invoquer ». Or, remarque M. Bergson, « quand la philosophie parle de Dieu, il s’agit si peu du Dieu auquel pensent la plupart des hommes que, si, par miracle, et contre l’avis des philosophes, Dieu ainsi défini descendait dans le champ de l’expérience, personne ne le reconnaîtrait. Statique ou dynamique, en effet, la religion le tient avant tout pour un Être qui peut entrer en rapport avec nous »

et Brunschvicg est encore plus clair à la fin de « Raison et religion » sur la rénovation religieuse qui s’opère chez Thalès sous les yeux moqueurs de la servante thrace :

« Et la parole demeure, qui passe outre à la séduction pieuse de l’éclectisme : On ne sert pas deux maîtres à la fois, seraient-ce (oserons-nous conclure) la puissance du Père et la sagesse du Fils. »

la voilà, la différence, entre la révolution religieuse, scientifique et philosophique, enfin mise en chantier définitivement en Europe avec Descartes (savoir si elle n’est pas à l’arrêt et possède une seule chance d’être menée à bout, ça c’est un autre problème) et la prétendue révolution mondiale du Coran mise en branle, pour des motifs de conquête de et puissance dominatrice, par Waraqa Ibn Nawfal !

Le gourou nazaréen ne connaît pas le « Fils », c’ est à dire la réflexion philosophique et mathématique menant à la Sagesse : il ne connaît que le Père, Allah, à la fois objet initial comme « Seigneur et Créateur » , et objet terminal comme « ce à quoi nous faisons retour, à la fin, au Jugement ».

aussi en mettant en place dès cette première sourate révélée, le « morphisme spécial » passant par le point 0 qui est l’objet nul Allah, voir :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/05/09/objet-initial-objet-terminal-et-objet-nul-premiere-application-de-la-toposophie-au-coran/

ne se soucie t’il absolument pas de « recherche de la Vérité universelle » dans la science et la philosophie !

ces barbares ne savent pas ce que c’est que la science, ils ne disposent, face aux déchaînements terrifiants de la Nature, que de recettes de mages et de sorciers, aussi s’explique qu’ils ont besoin d’imaginer des « dieux puissants, plutôt que sages », qui le protègeront des ouragans, des tempêtes, des famines, des sècheresses, etc….

Ce que veut Waraqa Ibn Nawfal, ce n’est pas la Vérité universelle (accessible seulement par l’effort infini de la recherche)…

c’est la domination universelle, et pour cela il a besoin de créer l’Idée ( simili-éternelle, comme tous les mensonges bien médités et les Idoles) d’une communauté modiale et universelle :

la Oumma islamiyya

idée qui dure encore à ce jour, et entraîne l’incessant prosélytisme islamique, dont on comprend maintenant qu’il est vain d’espérer qu’il renonce un jour.

S’il le faisait, il renoncerait à sa fondation même, dans ce que nous avons appelé ici le « morphisme distingué » passant par Allah, le point nul, à la fois initial et terminal.

On comprend aussi quelle devra être la stratégie intellectuelle, philosophique et religieuse pour trouver la seule alternative à l’Islam mondial : laisser tomber Dieu comme objet initial, comme Origine.

L’Origine est dans le Cogito, là où je dis « je pense, je suis », à l’intérieur de chacun de nous !

pas dans le temps reculé du Big Bang ou des fluctuations du vide quantique.

Tout simplement parce que pour « voir des signaux lumineux » en provenance de plus en plus rapprochée du Big Bang, il faut quelqu’un qui ait construit les téléscopes, et qui regarde…

de même que pour créer la théorie des « quantum fluctuations », il faut des physiciens et des mathématiciens ! et la physique mathématique !

et l’idée de Vérité, donc , qui n’est autre que l’Idée de Dieu!

Dieu est en nous comme Idée universelle, régulant notre pensée !

c’est ça l’objet terminal, le seul qui puisse orienter universellement l’humanité !

quant aux houris dans les « Jardins d’Allah », elles attendront !

elles ne peuvent faire que ça, puisque ce sont des êtres imaginaires !

(et d’une imagination pas très « jolie » , si vous voulez mon avis)

ce que fait Waraqa, en choisissant de créer une oumma mondiale plutôt que de chercher la Vérité « en son coeur et en sa Raison », c’est d’opter pour l’universalisme ensembliste :

http://leserpentvert.wordpress.com/universalisme-abstrait-ou-concret/

ce qu’il faut faire, c’est donc opter pour l »‘universalisme catégorique, celui des topoi et de la toposophie !

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/lhomme-occidental/

« Toute réflexion inquiète de l’Européen sur l’Europe trahit un mauvais état de santé intellectuelle, l’empêche de faire sa tâche, de travailler à bien penser, suivant la raison occidentale, qui est la raison tout court, de faire surgir, ainsi que l’ont voulu Platon et Spinoza, de la science vraie la pureté du sentiment religieux en  chassant les imaginations matérialistes  qui sont ce que l’Occident a toujours reçu de l’Orient »

et l’on sait que les « réflexions inquiètes des Européens sur l’Europe », elles sont de plus en plus fréquentes, notamment chez ceux qui s’imaginent trouver un recours, sinon un retour, dans l’Islam :

Ils ont bien tort, et l’on vient , si je ne m’abuse, de le leur démontrer !

éclaircissements grâce à la toposophie sur la première Sourate du Coran selon l’ordre de la révélation

Nous avons vu ici :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/05/09/objet-initial-objet-terminal-et-objet-nul-premiere-application-de-la-toposophie-au-coran/

que le mathème qui permet de comprendre rigoureusement le Dieu de l’Islam est la notion d’objet nul, c’est à dire d’objet à la fois initial et terminal dans une catégorie.

De plus nous avons vu que la présence d’un tel objet nul induit l’existence, pour tout couple d’objets de la catégorie, d’un morphisme « spécial » unique, le morphisme nul ou zéro-morphisme , qui est le morphisme entre ces deux objets passant par l’objet nul, noté 0 :

http://en.wikipedia.org/wiki/Zero_morphism

http://planetmath.org/KernelOfAMorphism.html

http://ncatlab.org/nlab/show/zero+morphism

Ce morphisme « spécial » entre deux objets quelconques X et Y est noté :

0XY : X0Y

on voit facilement qu’il obéit à la commutativité du diagramme suivant :

ZeroMorphism.png
 
Or nous avons vu que ce morphisme « distingué » et déterminé une fois pour toutes est celui des relations « passant par Dieu » , et donc inamovibles entre les êtres: telle est l’origine réelle de l’obscurantisme religieux, islamique notamment.
Or ce morphisme apparaît dès le début du Coran , dès la Sourate 96 Al-Alaq , qui si elle porte le numéro 96 dans l’ordre de la Vulgate est la première selon l’ordre de la Révélation !
c’est à dire que c’est la première à être enseignée à Mahomet par le créateur et le « scribe » principal du Coran, le prêtre nazaréen
 

Waraqa Ibn Nawfal

voir là dessus :
 
 
 
texte et traduction de la Sourate :
 
Le premier verset de cette Sourate introduit d’ailleurs Allah sous la forme de l’objet initial, c’est à dire « Ton Seigneur » qui  » a tout créé » :
 

اقْرَأْ بِاسْمِ رَبِّكَ الَّذِي خَلَقَ

Lis au nom de ton Seigneur qui a tout créé

c’est au verset 2 que Waraqa Ibn Nawafal , l’inquiétant et pervers Gourou qui a créé le Coran :
 
enseigne à Mahomet l’existence du « morphisme nul », c’est à dire de ce que le Coran appelle « Al-‘alaq » et qui donne son titre à la première Sourate révélée, preuve de l’importance cruciale de cette notion:
 

Al-‘Alaq = le lien, l’adhérence

96.2.خَلَقَ الْإِنسَانَ مِنْ عَلَقٍ

96.2. qui a créé l’homme d’une adhérence !

Allah en tant qu’objet terminal n’est introduit qu’au verset 8 seulement :
 

  

96.8.إِنَّ إِلَى رَبِّكَ الرُّجْعَى

 

96.8. comme si tout n’était pas destiné à faire retour à ton Seigneur !

et seulement dans le but de couper court aux vélléités de rébellion et d’autonomie des « élèves » :

96.6. Et pourtant c’est cet homme-là qui devient rebelle

96.7. dès qu’il se sent en mesure de se suffire à lui-même,

aux versets précédents, le Gourou a placé son enseignement sous l’Autorité d’Allah :

96.3. Lis, car la bonté de ton Seigneur est infinie

96.4. C’est Lui qui a fait de la plume un moyen du savoir
 
La deuxième Sourate révélée, qui est la sourate 68, celle du Calame , prendra la suite et « mettra les points sur les i » comme on dit :
 
68.3. En vérité, une récompense sans reproche t’est réservée
 
cette « récompense » qui est réservée à Mahomet, c’est d’être le Prophète ultime d’Allah sur terre !
 
c’est là sa « situation » spéciale, son « morphisme nul » passant par Allah, l’objet nul, le plaçant dans un statut absolument sans égal !
 
voilà pourquoi, bien que l’Islam aille sans cesse répétant que Mahomet est un homme comme les autres (sinon on tomberait dans le paganisme et ses dieux incarnés, ou le christianisme et son Dieu fait Homme) il n’est quand même pas tout à fait pareil, et l’on s’expose à de « gros ennuis », pour dire le moins, à le critiquer, même aujourd’hui !
 
Waraqa n’insiste pas dans la première sourate 96, , ou juste autant qu’il est strictement besoin, sur Allah comme objet terminal, sur le « règne des Fins » : ces tribus encore ingorantes et plongées dans l’idolâtrie (à ses yeux) n’ent ont pas besoin, et seraient de toutes façons incapables de comprendre !
 
 

 

 

objet initial, objet terminal et objet nul : première application de la toposophie…au CORAN !

cet article se situe dans le prolongement du précédent :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/05/09/la-dualite-de-letre-et-de-lun/

où l’on a abordé les constructions universelles, et la dualité dans la théorie des catégories et des topoi.

Un autre exemple de ce genre de constructions est ce que l’on appelle « objet terminal » dans une catégorie: c’est un objet F  tel qu’il existe une flèche et une seule venant des autres objets de la catégorie vers F (F est défini à un isomorphisme près, comme toujours dans ce genre de constructions, c’est à dire que tout objet relié à F par un isomorphisme sera aussi terminal).

pour tout objet A de la catégorie, il existe une flèche et une seule :

A ———————- > F

File:Terminal and initial object.svg

http://ncatlab.org/nlab/show/terminal+object

la notion duale est celle d’objet initial :

http://en.wikipedia.org/wiki/Initial_and_terminal_objects

http://ncatlab.org/nlab/show/initial+object

il s’obtient par dualité, en renversant le sens des flèches; c’est donc un objet I tel que pour tout autre objet A il existe une flèche et une seule orientée de I vers A

I ———————–> A

un objet nul, ou objet zéro, est un objet qui est à la fois initial et terminal :

http://ncatlab.org/nlab/show/zero+object

Quelques exemples :

dans la catégorie des ensembles, tout ensemble à un seul élément est un objet terminal (ces ensembles sont évidemment tous isomorphes, en bijection)

aussi note t’on généralement l’objet terminal  par 1

et l’on note :

!:x→1

l’unique morphisme dirigé de n’importe quel objet x vers l’objet terminal 1

L’objet initial dans cette même catégorie des ensembles est l’ensemble vide , aussi le note t’on généralement : ∅

!:∅→x  ce qui veut dire : il n’existe qu’une seule flèche de l’objet initial vers n’importe quel objet x

dans la catégorie Grp des groupes, le groupe trivial est un objet à la fois initial et terminal, donc un objet nul.

http://ncatlab.org/nlab/show/trivial+group

Un ensemble ordonné peut être vu comme une catégorie :

http://ncatlab.org/nlab/show/partial+order

on met une flèche entre deux objets de cette catégorie, ou deux élément de l’ensemble ordonné x et y si x est inférieur à y :

x —- > y si et seulement si  x ≤ y

l’objet terminal dans une telle catégorie est alors le maximum de l’ensemble ordonné, s’il existe…rappelez vous ceci, nous allons voir ce à quoi cela correspond en théologie

Un objet terminal est un exemple de limite : celle du diagramme vide!

et l’objet initial est la colimite correspondante.

Application au Coran : ALLAH  est NUL

j’ai donné il y a quelques temps  une interprétation de la sourate 112 portant sur le prétendu monothéisme pur (qui serait évidemment l’Islam.. on se croirait dans une publicité électorale américaine, où un candidat a le droit de dénigrer ses concurrents, ceux ci sont évidemment le christianisme et le judaïsme) :

http://horreurislamique.wordpress.com/2012/03/20/la-sourate-112-al-ikhlas-le-monotheisme-pretendument-pur-verset-1/

http://horreurislamique.wordpress.com/2012/03/20/sourate-112-al-ikhlass-verset-2-labsolu/

http://horreurislamique.wordpress.com/2012/03/20/une-musulmane-fanatique-prise-en-flagrant-delit-dignorance-et-de-confusion/

http://horreurislamique.wordpress.com/2012/03/21/sourate-112-al-ikhlass-le-monotheisme-pur-versets-3-et-4/

Verset 1 :

112.1.قُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ

112.1. Dis : «C’est Lui, Dieu l’Unique

112.2.اللَّهُ الصَّمَدُ

112.2. Dieu le Suprême Refuge

mais le terme As-Samad peut aussi être traduit par Absolu

Ces deux versets peuvent être traduits en toposophie par la proposition :

Allah est objet terminal

ceci est valide dans toute catégorie correspondant au discours à analyser : une catégorie peut être considérée comme une « fenêtre », un « point de vue » sur la Réalité.

Nous avons donc l’équation coranique :

ALLAH = 1

qui serait en même temps l’UN « réalisé » (ce qui est exclus par la toposophie, qui tient compte de la situation incarnée de l’existence humaine comme effort infini vers l’Unification du réel)

rappelons nous ce que nous avons dit sur l’objet terminal comme maximum dans une catégorie correspondant à un ensemble ordonné : ne retrouvons nous pas ici l’argument de St Anselme sur Dieu comme « tel qu’on ne peut pas penser de plus grand » ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Anselme_de_Cantorb%C3%A9ry#.C2.AB_Preuve_ontologique_.C2.BB_de_l.27existence_de_Dieu

« Nous croyons que tu es quelque chose de tel que rien de plus grand ne puisse être pensé. Est ce qu’une telle nature n’existe pas, parce que l’insensé a dit en son cœur : Dieu n’existe pas?[6] Mais du moins cet insensé, en entendant ce que je dis : quelque chose de tel que rien de plus grand ne puisse être pensé, comprend ce qu’il entend ; et ce qu’il comprend est dans son intelligence, même s’il ne comprend pas que cette chose existe. Autre chose est d’être dans l’intelligence, autre chose exister. […] Et certes l’Être qui est tel que rien de plus grand ne puisse être pensé, ne peut être dans la seule intelligence ; même, en effet, s’il est dans la seule intelligence, on peut imaginer un être comme lui qui existe aussi dans la réalité et qui est donc plus grand que lui. Si donc il était dans la seule intelligence, l’être qui est tel que rien de plus grand ne puisse être pensé serait tel que quelque chose de plus grand pût être pensé. »

— Anselme de Cantorbéry, Proslogion

et, concernant la traduction de As-Samad par « absolu », ne retrouvons nous pas la thèse de Hegel (dans la Phénoménologie de l’Esprit) sur l’Absolu qui est essentiellement résultat ?

http://alain.feler.pagesperso-orange.fr/guy/Preface.html

« 20- Le vrai est le tout. Mais le tout n’est que la nature fondamentale s’accomplissant par son développement. Il faut dire de l’absolu qu’il est fondamentalement résultat, qu’il n’est qu’à la fin ce qu’il est en vérité; et là-même est la nature de cet absolu, d’être du réel, d’être sujet, ou un devenir autonome. Aussi contradictoire qu’il peut sembler que l’absolu soit saisi fondamentalement comme résultat, un peu de réflexion redresse pourtant cette apparence de contradiction. Le début, le principe ou l’absolu, comme on l’exprime d’abord et im-médiatement, n’est que le général. Si peu quand je dis: tous les animaux, cela vaut comme zoologie, de même on voit que les mots du divin, de l’absolu, de l’éternel etc. n’expriment pas ce qui y est contenu; – et de tels mots n’expriment en fait que la contemplation comme im-médiat. Ce qui est plus qu’un tel mot, le passage à encore seulement une proposition, est un devenir autre, qu’il faut reprendre, c’est une médiation. Mais celle-ci est ce qu’on repousse, comme si en en faisant plus que de n’être rien d’absolu et pas du tout dans l’absolu, on en abandonnerait la connaissance absolue »

Reste qu’ Allah (Dieu) peut et doit être envisagé comme objet initial aussi, quand il est considéré comme l’Origine, la racine non manifestée, le Créateur , le Maître des mondes, par exemple dans la Sourate Al-Fatiha

1.2.الْحَمْدُ للّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ

1.2. Louange à Dieu, le Maître des Univers

(chaque univers correspond à une catégorie, ou plutôt un topos)

Ceci est encore plus évident dans le nom hébreu de YHVH qui correspond à ALLAH en arabe : on peut le traduire par « ce qui fut, est et sera »

l’origine et la fin

conclusion de la toposophie, c’est à dire de la philosophie absolue qui donne des leçons à YHVH-ALLAH :

ALLAH est un objet à la fois initial et terminal, donc un objet nul !

ALLAH = 1 = O

seulement ici nous déduisons de la théorie l’existence d’un moprhisme distingué reliant deux objets quelconques de la catégorie du discours , morphisme unique se factorisant par l’objet nul qui est l’objet zéro :

pour deux objets quelconques x et y , il existe un morphisme spécial unique appelé morphisme nul, ou morphisme zéro, obtenu en factorisant par l’objet nul 0 :

! : x  ———-> 0 ————–> y

l’unicité provient de ce qu’il s’agit du morphisme composé des deux morphismes uniques !

voir http://ncatlab.org/nlab/show/zero+object et http://ncatlab.org/nlab/show/zero+morphism

Nous avons ici l’explication de l’obscurantisme islamique : cet « unique morphisme », c’est (entre autres) la relation de deux êtres passant par Dieu, c’est à dire la relation déterminée une fois pour toutes par le dogme religieux.

Il est unique et inflexible, donc n’évoluera jamais !

ainsi par exemple, la relation entre un mari et sa femme « passant par Dieu » sera éternellement une relation de soumission de la femme à l’homme, et de sourde violence ..

ou, en d’autres termes moins « polis » :

« L’Islam des Lumières de Malek Chebel, et BHL,  c’est de la daube »

Le Coran corrigé par la toposophie

pour  conclure, voyons quel peut être le sens réel de ces apories.

Nous nous sommes débarrassés des Idoles métaphysiques que sont l’Etre et l’Un pour les troquer contre un mouvement duel de la pensée, vers l’Unification ou vers la multiplicité : montée et descente, procession et récession.

Or ceic trouve une interprétation particulièrement claire en théorie des catégories !

la flèche unique orientée de n’importe quel objet vers l’objet terminal 1 correspond à la montée vers l’Absolu et vers l’Un, montée jamais terminée, car effort infini qui ne supporte aucune relâche (donc pas d’alcool et pas de sexe, sinon on tetombe dans l’orientation vers le multiple… les femmes attirantes sont si nombreuses, une c’est bien, mais deux valent mieux qu’une, trois que deux, etc… etc..nous nommerons cette façon de voir les choses « discours de Salomon, ou de DSK »)

Seulement quelle est la notion duale ?

c’est à dire en considérant les flèches allant de 1 vers n’importe quel objet ?

tout simplement celle d’éléments de l’objet A, ce qui répond à ce qui se passe quand la catégorie est celle des ensembles !

en effet, si 1 est l’objet terminal de la catégorie des ensembles, c’est n’importe quel ensemble à un élément

considérons alors un ensemble A quelconque, ayant trois éléments (pour simplifier) : x , y et z

les morphismes dirigés de 1 vers A sont alors les fonctions (applications) :

1 ——–> A

qui associent à l’unique élément de 1 un et un seul (ce qui est la définition des fonctions) élément de A

il y a trois telles fonctions, et pas plus :

1 ——-> x

1 ——–> y

et 1 ——–> z

elles peuvent être identifées avec les trois éléments de A

CQFD

voir :

http://ncatlab.org/nlab/show/generalized+element

« 

« In the category Set of sets, for X a set, an element x∈X is equivalently a morphism in Set (namely a function of sets) x:*→X, where ”*” denotes the point – the set with a single element. »

donc, la pensée selon l’un, la montée vers l’Un, consiste à prendre les morphismes dirigés vers 1, l’objet terminal

la pensée duale, vers l’Etre, la descente vers le multiple, consiste à inverser les flèches, à ne retenir que celles orientées de 1 vers un autre objet, ce qui revient à analyser un ensemble en ses éléments (dans le cas de la catégorie des ensembles)

Allah, YHVH, Dieu, c’est une Idée régulatrice, l’Idée de Raison, d’intelligibilité et d’unification portée à son maximum d’incandescence !

Et l’origine , l’objet initial ?

on la jette !

ce n’est qu’à ce prix que Dieu évitera d’être nul !

Si Dieu était « origine », objet initial, Dieu serait !

ce qui est selon Brunschvicg la formule de l’athéisme !

http://www.blogg.org/blog-76490-billet-atheisme__spiritualisme__philosophie_et_sens_commun_selon_brunschvicg-955910.html

« mais si l’idéal est la vérité, il est la vie même de l’esprit. L’idéal, c’est d’être géomètre, et de fournir d’une proposition une démonstration rigoureuse qui enlève tout soupçon d’ erreur; l’idéal c’est d’être juste, et de conformer son action à la pureté de l’amour rationnel qui enlève tout soupçon d’égoïsme et de partialité.

Le géomètre et le juste n’ont rien à désirer que de comprendre plus ou de faire plus, de la même façon qu’ils ont compris ou qu’ils ont agi, et ils vivent leur idéal.

Le philosophe n’est pas autre chose que la conscience du géomètre et du juste; mais il est cela, il a pour mission de dissiper tout préjugé qui leur cacherait la valeur exacte de leur oeuvre, qui leur ferait attendre, au delà des vérités démontrées ou des efforts accomplis, la révélation mystérieuse de je ne sais quoi qui serait le vrai en soi ou le bien en soi; le philosophe ouvre l’esprit de l’homme à la possession et à la conquête de l’idéal, en lui faisant voir que l’idéal est la réalité spirituelle, et que notre raison de vivre est de créer cet idéal.

La création n’est pas derrière nous, elle est devant nous; car l’idée est le principe de l’activité spirituelle… »

« Ou nous nous détachons des idées qui sont en nous pour chercher dans les apparences extérieures de la matière la constitution stable et nécessaire de l’être, nous nous résignons à la destinée inflexible de notre individu, et nous nous consolons avec le rêve dun idéal que nous reléguons dans la sphère de l’imagination ou dans le mystère de l’au delà« 

la destinée inflexible de l’individu, c’est le morphisme nul !

morphisme inéluctable si l’on conisdère dieu comme origine, comme objet à la fois initial et terminal, comme objet nul par lequel on peut « factoriser » les relations entre les êtres !

se détacher des idées qui sont en nous, c’est quitter l’immanence et l’intériorité pour la transcendance du monde, ou des croyances fabuleuses en le surnaturel et l’au delà !

« ou bien nous rendons à nos idées mortes leur vie et leur fécondité, nous comprenons qu’elles se purifient et se développent grâce au labeur perpétuel de l’humanité dans le double progrès de la science et de la moralité, que chaque individu se transforme, à mesure  qu’il participe davantage à ce double progrès. Les idées, qui définissent les conditions du vrai et du juste, font à celui qui les recueille et s’abandonne à elles, une âme de vérité et de justice; la philosophie, qui est la science des idées, doit au monde de telles âmes, et il dépend de nous qu’elle les lui donne »

 http://sedenion.blogg.org/date-2009-01-14-billet-958406.html

« Le danger du réalisme se trouvera donc conjuré du moment que la conscience sensible, que la conscience intellectuelle même considérée dans sa fonction théorique, ne sont que des abstractions de la conscience morale, comme le danger de voir la pureté de la critique s’infléchir dans le sens dialectique, l’immanence du Wissen (savoir) se subordonner à la transcendance du Glauben (croire, foi) »

C’est seulement en tant que je suis un être moral que la certitude est pour moi possible : le criterium de toute vérité théorique n’est pas lui même un criterium théorique, c’est un criterium pratique : un criterium interne, non un criterium externe, objectif, car précisément là où il est considéré comme moral, le moi doit être entièrement autonome et indépendant de tout ce qui se trouve en dehors de lui

il (le philosophe) a pour mission de dissiper tout préjugé qui leur cacherait la valeur exacte de leur oeuvre, qui leur ferait attendre, au delà des vérités démontrées ou des efforts accomplis, la révélation mystérieuse de je ne sais quoi qui serait le vrai en soi ou le bien en soi

« en définitive, les trois propositions génératrices du scepticisme, de l’immoralisme, de l’athéisme, sont : le vrai est, le bien est, Dieu est »

Dieu n’est pas : il doit être !

l’Absolu est essentiellement résultat : il n’est qu’à la fin ce qu’il est en vérité .

Adorer Dieu en Esprit et en Vérité, c’est cela !

et c’est là le sens de la toposophie !

Un fameux passage des Illusions perdues

Illusions perdues…ne dirait on pas que cela sonne l’heure exacte ce matin ? sauf que depuis longtemps je ne me fais plus aucune illusion sur la situation politique de la France et du monde…

mais passons là dessus !

Balzac est pour moi le monde, le monde spirituel où je reviens toujours …surtout quand je suis écrasé par la « vie » et la (fausse) « réalité ».

Cela a commencé un certain jour de ma lointaine adolescence, je devais avoir 15 ans ? 16 ans ?, où j’ai lu d’une traite « Le lys dans la vallée »… perché sur un escabeau dans le séjour de l’appartement (de mes parents) où je vivais encore (à cet âge là c’est normal non ?).

oui, sur un escabeau !

pourquoi lire Balzac sur un escabeau ? je ne sais pas !

en tout cas ce jour a changé ma vie !

 j’ai dû lire le livre entier de 9h ou 10 h du matin à la fin de l’après midi, je n’ai pas pris le temps de manger tellement j’étais absorbé par la lecture…

je me souviens du torrent de larmes qui a jailli de mes yeux lorsque j’ai lu la lettre de Mme De Mortsauf à Felix de Vandenesse, qui clôt presque l’ouvrage :

http://artfl.uchicago.edu/cgi-bin/philologic31/getobject.pl?c.35:1.balzac

« page 479 :

Mon Dieu ! je suis restée neutre, fidèle à mon mari, ne vous laissant pas faire un seul pas, Félix, dans votre propre royaume. La grandeur de mes passions a réagi sur mes facultés, j’ai regardé les tourments que m’infligeait monsieur de Mortsauf comme des expiations, et je les endurais avec orgueil pour insulter à mes penchants coupables. Autrefois j’étais disposée à murmurer, mais depuis que vous êtes demeuré près de moi, j’ai repris quelque gaieté dont monsieur de Mortsauf s’est bien trouvé. Sans cette force que vous me prêtiez, j’aurais succombé depuis long-temps à ma vie intérieure que je vous ai racontée. Si vous avez été pour beaucoup dans mes fautes, vous avez été pour beaucoup dans l’exercice de mes devoirs. Il en fut de même pour mes enfants. Je croyais les avoir privés de quelque chose, et je craignais de ne faire jamais assez pour eux. Ma vie fut dès lors une continuelle douleur que j’aimais. En sentant que j’étais moins mère, moins honnête femme, le remords s’est logé dans mon coeur ; et, craignant de manquer à mes obligations, j’ai constamment voulu les outrepasser. Pour ne pas faillir, j’ai donc mis Madeleine entre vous et moi, et je vous ai destiné l’un à l’autre, en m’élevant ainsi des barrières entre nous deux. Barrières impuissantes ! rien ne pouvait étouffer les tressaillements que vous me causiez. Absent ou présent, vous aviez la même force. J’ai préféré Madeleine à Jacques, parce que Madeleine devait être à vous. Mais je ne vous cédais pas à ma fille sans combats. Je me disais que je n’avais que vingt-huit ans quand je vous rencontrai, que vous en aviez presque vingt-deux ; je rapprochais les distances, je me livrais à de faux espoirs. O mon Dieu, Félix, je vous fais ces aveux afin de vous épargner des remords, peut-être aussi afin de vous apprendre que je n’étais pas insensible, que nos souffrances d’amour étaient bien cruellement égales, et qu’Arabelle n’avait aucune supériorité sur moi. J’étais aussi une de ces filles de la race déchue que les hommes aiment tant. Il y eut un moment où la lutte fut si terrible que je pleurais pendant toutes les nuits : mes cheveux tombaient. Ceux-là, vous les avez eus ! Vous vous souvenez de la maladie que fit monsieur de Mortsauf. Votre grandeur d’âme d’alors, loin de m’élever, m’a rapetissée. Hélas ! dès ce jour je souhaitais me donner à vous comme une récompense due à tant d’héroïsme ; mais cette folie a été courte. Je l’ai mise aux pieds de Dieu pendant la messe à laquelle vous avez refusé d’assister. La maladie de Jacques et les souffrances de Madeleine m’ont paru des menaces de Dieu, qui tirait fortement à lui la brebis égarée. Puis votre amour si naturel pour cette Anglaise m’a révélé des secrets que j’ignorais moi-même. Je vous aimais plus que je ne croyais vous aimer. Madeleine a disparu. Les constantes émotions de ma vie orageuse, les efforts que je faisais pour me dompter moi-même sans autre secours que la religion, tout a préparé la maladie dont je meurs…..

page 481

Vous savez ce que je veux vous demander. Soyez auprès de monsieur de Mortsauf comme est une soeur de charité auprès d’un malade, écoutez-le, aimez-le ; personne ne l’aimera. Interposez-vous entre ses enfants et lui comme je le faisais. Votre tâche ne sera pas de longue durée : Jacques quittera bientôt la maison pour aller à Paris auprès de son grand-père, et vous m’avez promis de le guider à travers les écueils de ce monde. Quant à Madeleine, elle se mariera ; puissiez-vous un jour lui plaire ! elle est tout moi-même, et de plus elle est forte, elle a cette volonté qui m’a manqué, cette énergie nécessaire à la compagne d’un homme que sa carrière destine aux orages de la vie politique, elle est adroite et pénétrante. Si vos destinées s’unissaient, elle serait plus heureuse que ne le fut sa mère. En acquérant ainsi le droit de continuer mon oeuvre à Clochegourde, vous effaceriez des fautes qui n’auront pas été suffisamment expiées, bien que pardonnées au ciel et sur la terre, car ilest généreux et me pardonnera. Je suis, vous le voyez, toujours égoïste ; mais n’est-ce pas la preuve d’un despotique amour ? Je veux être aimée par vous dans les miens. N’ayant pu être à vous, je vous lègue mes pensées et mes devoirs ! Si vous m’aimez trop pour m’obéir, si vous ne voulez pas épouser Madeleine, vous veillerez du moins au repos de mon âme en rendant monsieur de Mortsauf aussi heureux qu’il peut l’être.

Adieu, cher enfant de mon coeur, ceci est l’adieu complétement intelligent, encore plein de vie, l’adieu d’une âme où tu as répandu de trop grandes joies pour que tu puisses avoir le moindre remords de la catastrophe qu’elles ont engendrée ; je me sers de ce mot en pensant que vous m’aimez, car moi j’arrive au lieu du repos, immolée au devoir, et, ce qui me fait frémir, non sans regret ! Dieu saura mieux que moi si j’ai pratiqué ses saintes lois selon leur esprit. J’ai sans doute chancelé souvent, mais je ne suis point tombée, et la plus puissante excuse de mes fautes est dans la grandeur même des séductions qui m’ont environnée. Le Seigneur me verra tout aussi tremblante que si j’avais succombé. Encore adieu, un adieu semblable à celui que j’ai fait hier à notre belle vallée, au sein de laquelle je reposerai bientôt, et où vous reviendrez souvent, n’est-ce pas ?
                     « HENRIETTE. »

et où vous reviendrez souvent n’est ce pas ?

Felix je ne sais pas…mais moi j’ai longtemps hanté cette « vallée » imaginaire, et cela m’arrive encore aujourd’hui…

mon rapport à la vie, à la « réalité », à l’amour des femmes (que je ne connaissais pas encore, eh oui, excusez nous, mais à cette époque là, nous étions encore vierges à 16 ans …surtout les garçons comme moi, qui avaient peur de tout)..

est ce cette lecture qui m’a évité de tomber dans le piège de Mai 68, et de perdre mon « pucelage », comme les autres, en cette Sorbonne qui selon les descriptions si poétiques de ceux qui y étaient (les « anciens combattants de 68 » ) : « ruisselait de sperme » ?

ou bien cette peur sans nom (héritée sans doute des camps de concentrations des années 40, dont mes parents qui y avaient échappé ne m’avaient parlé qu’en termes …vagues et irrationnels) qui me faisait fuir tout groupe, toute « manif »… ?

moi le frère de Brassens qui chante :

« Le pluriel ne vaut rien à l’homme et sied au con…

quand on est plus de 4 on est une bande de cons…

bande à part sacrebleu c’est ma règle et j’y tiens..

au faisceau des phallus on verra pas le mien »

on connaît l’histoire, si simple en apparence, qui forme la trame du « Lys dans la vallée » : Felix de Vandenesse se remémore sa jeunesse, son premier amour pour Mme de Mortsauf, mariée à un noble dégénéré qui la rend malheureuse….mais qui reste , stoïque, pour élever leurs deux enfants…

Felix tombe follement amoureux de cette femme, et on apprend à la fin qu’elle n’était pas insensible à cet amour…lorsque succombant presque à la maladie qui la tue, elle rêve de « partir avec lui en Italie », d’être enfin heureuse…

mais elle ne succombera pas, ils ne seront jamais amants !

De nos jours, ce scénario susciterait les sourires entendus de nos modernes « libertins », qui imagineraient d’autres « issues » : la femme de 36 ans et le jeune puceau de 17 qui s’éclateraient enfin dans les boîtes à la mode de Djerba ou d’ailleurs, expérimentant les plaisirs sans nombre de la « modernité libérée de la chape de plomb du christianisme », et pourquoi pas la sexualité de groupe  …

oui pourquoi pas ? seulement nous ne sommes plus dans Balzac, mais dans le Nouvel Obs…

on m’excusera de préférer le monde réel, c’est à dire spirituel, dont la Comédie humaine nous ouvre des « accès », si l’on sait lire de manière « méditative »..

20 ans plus tard à peu près, déjà pas mal étrillé par la vie et par les « amours », j’ai lu pour la première fois avec attention les « Illusions perdues » …là encore la même sensation de passer dans un « autre monde »…

Il existe dans TOUS les ouvrages de Balzac de tels « moments » de lecture, que les pisse-froid appellent le « charabia » de Balzac…

en voici un ou deux tirés des « Illusions perdues » , livre II (« Un grand homme de province à Paris »):

http://artfl.uchicago.edu/cgi-bin/philologic31/getobject.pl?c.37:1.balzac

Lucien de Rubempré , venu d’Angoulême à Paris, est tiraillé entre deux influences, l’une céleste, celle du « cénacle » , ses amis Daniel d’Arthez , Michel Chrestien, et autres, hommes de pensée qui connaissent sa nature faible de « poète », et celle, infernale, du journalisme, c’est à dire la prostitution de la pensée selon Balzac (et selon moi).

Il se laissera tenter par la facilité, et choisira la mauvaise voie, trahissant ses amis..il trouvera l’amour d’une de ces « actrices » demi mondaines, Coralie, (je crois que la grande Sarah Bernhard a mené ce genre de vie à ses débuts) mais après avoir côtoyé la fortune facile les dettes le rattraperont , et il verra mourir sa maîtresse sans pouvoir la secourir, au milieu des saisies d’huisser…

voici le premier passage, page 386 :

« Lucien fut contraint par la misère d’aller chez Lousteau réclamer les mille francs que cet ancien ami, ce traître, lui devait. Ce fut, au milieu de ses malheurs, la démarche qui lui coûta le plus. Lousteau ne pouvait plus rentrer chez lui rue de la Harpe, il couchait chez ses amis, il était poursuivi, traqué comme un lièvre. Lucien ne put trouver son fatal introducteur dans le monde littéraire que chez Flicoteaux. Lousteau dînait à la même table où Lucien l’avait rencontré, pour son malheur, le jour où il s’était éloigné de d’Arthez. Lousteau lui offrit à dîner, et Lucien accepta !

Quand, en sortant de chez Flicoteaux, Claude Vignon, qui y mangeait ce jour-là, Lousteau, Lucien et le grand inconnu qui remisait sa garderobe chez Samanon voulurent aller au café Voltaire prendre du café, jamais ils ne purent faire trente sous en réunissant le billon qui retentissait dans leurs poches. Ils flânèrent au Luxembourg, espérant y rencontrer un libraire, et ils virent en effet un des plus fameux imprimeurs de ce temps auquel Lousteau demanda quarante francs, et qui les donna.

 Lousteau partagea la somme en quatre portions égales, et chacun des écrivains en prit une. La misère avait éteint toute fierté, tout sentiment chez Lucien ; il pleura devant ces trois artistes en leur racontant sa situation ; mais chacun de ses camarades avait un drame tout aussi cruellement horrible à lui dire : quand chacun eut paraphrasé le sien, le poète se trouva le moins malheureux des quatre.

Aussi tous avaient-ils besoin d’oublier et leur malheur et leur pensée qui doublait le malheur.

Lousteau courut au Palais-Royal, y jouer les neuf francs qui lui restèrent sur ses dix francs.

Le grand inconnu, quoiqu’il eût une divine maîtresse, alla dans une vile maison suspecte se plonger dans le bourbier des voluptés dangereuses.

Vignon se rendit au Petit Rocher de Cancale dans l’intention d’y boire deux bouteilles de vin de Bordeaux pour abdiquer sa raison et sa mémoire.

Lucien quitta Claude Vignon sur le seuil du restaurant, en refusant sa part de ce souper. La poignée de main que le grand homme de province donna au seul journaliste qui ne lui avait pas été hostile fut accompagnée d’un horrible serrement de coeur.

— Que faire ? lui demanda-t-il.

— A la guerre, comme à la guerre, lui dit le grand critique. Votre livre est beau, mais il vous a fait des envieux, votre lutte sera longue et difficile. Le génie est une horrible maladie »

et voici le second, Coralie est morte, et Lucien le poète se voit obligé, pour payer les obsèques minimales , de composer des chansons paillardes…car la poésie, cela ne rapporte rien…de nos jours il serait un grand réalisateur méconnu obligé de tourner un porno ..on n’arrête pas le progrès !

page 389 et suivantes :

« Lucien écrivit alors une de ces lettres épouvantables où les malheureux ne ménagent plus rien. Un soir, il avait mis en doute la possibilité de ces abaissements, quand Lousteau lui parlait des demandes faites par de jeunes talents à Finot, et sa plume l’emportait peut-être alors au delà des limites où l’infortune avait jeté ses prédécesseurs. Il revint las, imbécile et fiévreux par les boulevards, sans se douter de l’horrible chef-d’oeuvre que venait de lui dicter le désespoir. Il rencontra Barbet.

— Barbet, cinq cents francs ? lui dit-il en lui tendant la main.

— Non, deux cents, répondit le libraire.

— Ah ! vous avez donc un coeur.

Oui, mais j’ai aussi des affaires. Vous me faites perdre bien de l’argent, ajouta-t-il après lui avoir raconté la faillite de Fendant et de Cavalier, faites-m’en donc gagner ?

Lucien frissonna.

— Vous êtes poète, vous devez savoir faire toutes sortes de vers, dit le libraire en continuant. En ce moment, j’ai besoin de chansons grivoises pour les mêler à quelques chansons prises à différents auteurs, afin de ne pas être poursuivi comme contrefacteur et pouvoir vendre dans les rues un joli recueil de chansons à dix sous. Si vous voulez m’envoyer demain dix bonnes chansons à boire ou croustilleuses… là… vous savez ! je vous donnerai deux cents francs.

Lucien revint chez lui : il y trouva Coralie étendue droit et roide sur un lit de sangle, enveloppée dans un méchant drap de lit que cousait Bérénice en pleurant. La grosse Normande avait allumé quatre chandelles aux quatre coins de ce lit. Sur le visage de Coralie étincelait cette fleur de beauté qui parle si haut aux vivants en leur exprimant un calme absolu, elle ressemblait à ces jeunes filles qui ont la maladie des pâles couleurs : il semblait par moments que ces deux lèvres violettes allaient s’ouvrir et murmurer le nom de Lucien, ce mot qui, mêlé à celui de Dieu, avait précédé son dernier soupir. Lucien dit à Bérénice d’aller commander aux pompes funèbres un convoi qui ne coûtât pas plus de deux cents francs, en y comprenant le service à la chétive église de Bonne-Nouvelle.

Dès que Bérénice fut sortie, le poète se mit à sa table, auprès du corps de sa pauvre amie, et y composa les dix chansons qui voulaient des idées gaies et des airs populaires. Il éprouva des peines inouïes avant de pouvoir travailler ; mais il finit par trouver son intelligence au service de la nécessité, comme s’il n’eût pas souffert. Il exécutait déjà le terrible arrêt de Claude Vignon sur la séparation qui s’accomplit entre le coeur et le cerveau. Quelle nuit que celle où ce pauvre enfant se livrait à la recherche de poésies à offrir aux Goguettes en écrivant à la lueur des cierges, à côté du prêtre qui priait pour Coralie ?…

Le lendemain matin, Lucien, qui avait achevé sa dernière chanson, essayait de la mettre sur un air alors à la mode. Bérénice et le prêtre eurent alors peur que ce pauvre garçon ne fût devenu fou en lui entendant chanter les couplets suivants :

Amis, la morale en chanson
Me fatigue et m’ennuie ;
Doit-on invoquer la raison
Quand on sert la Folie ?
D’ailleurs tous les refrains sont bons
Lorsqu’on trinque avec des lurons :
          Epicure l’atteste.
N’allons pas chercher Apollon ;
Quand Bacchus est notre échanson ;
               Rions ! buvons !
          Et moquons-nous du reste.

 

Hippocrate à tout bon buveur
Promettait la centaine.
Qu’importe, après tout, par malheur,
Si la jambe incertaine
Ne peut plus poursuivre un tendron,
Pourvu qu’à vider un flacon
          La main soit toujours leste ?
Si toujours, en vrais biberons,
Jusqu’à soixante ans nous trinquons,
          Rions ! buvons !
               ;Et moquons-nous du reste.

 

Veut-on savoir d’où nous venons,
La chose est très facile ;
Mais, pour savoir où nous irons,
Il faudrait être habile.
Sans nous inquiéter, enfin,
Usons, ma foi, jusqu’à la fin
          De la bonté céleste !
Il est certain que nous mourrons ;
Mais il est sûr que nous vivons :
          Rions ! buvons !
               Et moquons-nous du reste. »

ne dirait on pas un de ces quatrains « libertins » composés par un de ces vrais libertins, ceux du 17 ème siècle, ceux que Descartes a combattus victorieusement (victoire à la Pyrrhus) :

« le Saint Esprit peut bien descendre en colombe comme une bombe, je m’en fous, pourvu que j’aie du vin »

et Daniel d’Arthez, le noble penseur qu’il a trahi, avec le chirurgien Bianchon, arrivent alors…

voici le sublime pardon chrétien (christianisme des philosophes, car d’Arthez est un penseur de la stature de Louis Lambert, ou presque), aussi sublime que le renoncement d’Henriette dans « Le lys »

« Au moment où le poète chantait cet épouvantable dernier couplet, Bianchon et d’Arthez entrèrent et le trouvèrent dans le paroxisme de l’abattement, il versait un torrent de larmes, et n’avait plus la force de remettre ses chansons au net. Quand, à travers ses sanglots, il eut expliqué sa situation, il vit des larmes dans les yeux de ceux qui l’écoutaient.

Ceci, dit d’Arthez, efface bien des fautes !

— Heureux ceux qui trouvent l’Enfer ici-bas, dit gravement le prêtre.

Le spectacle de cette belle morte souriant à l’éternité, la vue de son amant lui achetant une tombe avec des gravelures, Barbet payant un cercueil, ces quatre chandelles autour de cette actrice dont la basquine et les bas rouges à coins verts faisaient naguère palpiter toute une salle, puis sur la porte le prêtre qui l’avait réconciliée avec Dieu retournant à l’église pour y dire une messe en faveur de celle qui avait tant aimé ! ces grandeurs et ces infamies, ces douleurs écrasées sous la nécessité glacèrent le grand écrivain et le grand médecin qui s’assirent sans pouvoir proférer une parole. Un valet apparut et annonça mademoiselle des Touches. Cette belle et sublime fille comprit tout, elle alla vivement à Lucien, lui serra la main, et y glissa deux billets de mille francs.

— Il n’est plus temps, dit-il en lui jetant un regard de mourant.

D’Arthez, Bianchon et mademoiselle des Touches ne quittèrent Lucien qu’après avoir bercé son désespoir des plus douces paroles, mais tous les ressorts étaient brisés chez lui »

oui, quand je n’ai plus qu’une envie , celle de dire au vent, comme Lamartine :

« et moi je suis semblable à la feuille flétrie

emporte moi comme elle , orageux Aquilon ! »

je sais que j’ai toujours un refuge chez Balzac !

et que je peux faire, selon le mot du Satan de Milton , « un ciel de l’enfer« :

http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Paradis_perdu/Livre_I

«  Est-ce ici la région, le sol, le climat, dit alors l’archange perdu, est-ce ici le séjour que nous devons changer contre le Ciel, cette morne obscurité contre cette lumière céleste ? Soit ! puisque celui qui maintenant est souverain peut disposer et décider de ce qui sera justice. Le plus loin de lui est le mieux, de lui qui, égalé en raison, s’est élevé au-dessus de ses égaux par la force.

Adieu, champs fortunés où la joie habite pour toujours !

Salut, horreurs ! salut, monde infernal ! Et toi, profond Enfer, reçois ton nouveau possesseur. Il t’apporte un esprit que ne changeront ni le temps ni le lieu.

L’esprit est à soi-même sa propre demeure ; il peut faire en soi un Ciel de l’Enfer, un Enfer du Ciel.

Qu’importe où je serai, si je suis toujours le même et ce que je dois être, tout, quoique moindre que celui que le tonnerre a fait plus grand ?

Ici du moins nous serons libres. Le Tout-Puissant n’a pas bâti ce lieu pour nous l’envier ; il ne voudra pas nous en chasser. Ici nous pourrons régner en sûreté ; et, à mon avis, régner est digne d’ambition, même en Enfer ; mieux vaut régner dans l’Enfer que servir dans le Ciel. »