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Abdennour Bidar : comment sortir de la religion ?

http://www.lemondedesreligions.fr/culture/abdennour-bidar-comment-sortir-de-la-religion-15-05-2012-2510_112.php

Abdennour Bidar est il un musulman français lucide comme l’affirme cet article de Riposte laïque :

http://ripostelaique.com/Abdennour-Bidar-un-musulman.html

et comme je l’avais encore admis dans cet article :

http://horreurislamique.wordpress.com/2012/03/28/une-tres-belle-tribune-dabdennour-bidar/

lucide certainement, notamment à propos de l’Islam (actuel)  !

encore musulman ?

lui qui déclare :

« La religion n’était de toute façon pas faite pour être éternelle : toute voie a une fin. à présent, nous sommes sortis de la voie ou de la matrice religieuse. Nous sommes « au-delà » de la voie religieuse. Ce qu’elle appelait elle-même « l’au-delà » commence maintenant. Le véritable au-delà, c’est « l’après » : l’après de notre condition de faiblesse, l’après de notre finitude, qui laisse place à l’émergence de notre puissance créatrice. »

et admet être « sorti », avoir quitté, à l’âge de 30 ans , la structure initiatique soufie qui l’avait accueilli :

« Puis, il y a eu dans ma vie un déclic à l’âge de 30 ans, qui a suivi ma sortie de la voie soufie. En quittant cette structure initiatique, j’ai traversé une période de crise personnelle extrêmement profonde, j’ai eu la sensation physique et psychique de mourir. »

« Si je regarde mon parcours, je suis sorti de la religion, je suis un héritier de l’islam qui a vécu et puisé dans sa matrice, mais je n’en ai plus besoin et je crois que nous pouvons tous nous considérer comme des nouveaux nés de l’humanité sortie de la religion.  »

Je crois que la réponse est claire : la religion (que ce soit l’Islam, l’hindouisme, le christianisme, le judaïsme, etc..) c’est terminé !

un cadavre !

je m’exprime différemment, mais au fond je ne dis pas autre chose , quand je caractérise le « Dieu » des « anciennes religions » comme « analogue » à ce qui serait un objet à la fois terminal et initial (créateur) en théorie des catégories.

Abdenour Bidar dit quant à lui , nous engageant à devenir « créateurs »:

« Les dieux, écrit-il, ne sont pas les maîtres de l’homme, ils sont le nom de son avenir. »

cela ne signifie rien d’autre que ce qui est dit ici : Dieu, s’il ne doit pas devenir une Idole, ne peut être rien d’autre qu’un « objet terminal », c’est à dire une Idée régulatrice, l’Idée de la Raison.

Le sens de notre existence, le seul sens universel de toute vie humaine, ne peut être que de créer Dieu !

Bidar dit :

« Mais pour l’instant, nous n’avons pas vu le lien entre les deux – religion et modernité – et donc nous n’avons pas su donner à cet événement sa signification existentielle ou spirituelle : cette extension prodigieuse de notre capacité créatrice met en péril le religieux qui était fondé justement sur l’idée d’une puissance créatrice supérieure à l’homme »

Je me demande pourquoi ce professeur de philosophie ne parle pas ici de la philosophie spirituelle et idéaliste de Léon Brunschvicg ?

car cette oeuvre a très bien fait le lien entre religion (religion véritable, philosophique , émancipée des mythologies « religieuses ») et la modernité scientifique.

Mais au fond, Brunschbvicg lui même aurait été le premier à dire que sa « personne » n’a aucune importance, ce qui compte c’est sa pensée, et celle ci est toute entière contenue en ce programme de progrès infini , que j’ai déjà si souvent cité :

http://mathesis.blogg.org/page-mathesis_universalis_amor_dei_intellectualis___un_jeu_de_perles_de_verre-995.html

« si les religions sont nées de l’homme, c’est à chaque instant qu’il lui faut échanger le Dieu de l’homo faber, le Dieu forgé par l’intelligence utilitaire, instrument vital, mensonge vital, tout au moins illusion systématique, pour le Dieu de l’homo sapiens, Dieu des philosophes et des savants, aperçu par la raison désintéressée, et dont aucune ombre ne peut venir qui se projette sur la joie de comprendre et d’aimer, qui menace d’en restreindre l’espérance et d’en limiter l’horizon.

Dieu difficile sans doute à gagner, encore plus difficile peut-être à conserver, mais qui du moins rendra tout facile. Comme chaque chose devient simple et transparente dès que nous avons triomphé de l’égoïsme inhérent à l’instinct naturel, que nous avons transporté dans tous les instants de notre existence cette attitude d’humilité sincère et scrupuleuse, de charité patiente et efficace, qui fait oublier au savant sa personnalité propre pour prendre part au travail de tous, pour ne songer qu’à enrichir le trésor commun ! »

et surtout ces lignes tirées de « Raison et religion », qui me paraissent comme un « Mont Everest » absolument inaccessible :

« Les théologiens se sont attachés à distinguer entre la voie étroite : Qui n’est pas avec moi est contre moi, et la voie large : Qui n’est pas contre moi est avec moi. Mais pour accomplir l’Évangile, il faut aller jusqu’à la parole de charité, non plus qui pardonne, mais qui n’a rien à pardonner, rien même à oublier : Qui est contre moi est encore avec moi.

Et celui-là seul est digne de la prononcer, qui aura su apercevoir, dans l’expansion infinie de l’intelligence et l’absolu désintéressement de l’amour, l’unique vérité dont Dieu ait à nous instruire. »

On peut et on doit, si l’on se situe sur la voie de progrès continu en intelligence et en moralité qui est la voie proprement humaine (et qui s’appelle déification) , quitter, sortir de toutes les « structures » initiatiques ou « religieuses ».

Mais on ne « sort » pas de cette unique vérité, car elle est proprement infinie, elle n’enferme pas dans un dogme ou une croyance.

Le seul problème est d’y rentrer !

Bidar quand il dit :

« Le principe de favoriser la bonne santé des êtres humains ne me choque pas du tout. L’éthique est nécessaire. Certains usages des thérapies géniques seront à proscrire. Le XXe siècle nous a avertis des dérives de l’eugénisme. Mais une humanité avertie en vaut deux. Là encore, il y a des possibilités qui ne vont pas cesser de croître. Et la question sera la même que pour tout le reste : quelle vocation spirituelle pourra-t-on leur donner ? S’il s’agit, grâce à nos connaissances génétiques, de donner naissance à des individus qui ne sont pas menacés par des maladies dégénératives, ni par telle ou telle faiblesse cardiaque, nous accroissons notre puissance créatrice : là où la nature commandait et où nous obéissions, à présent, c’est nous qui serons devenus maîtres. Nous sommes appelés à nous créer de plus en plus nous-mêmes. »

 semble se voir répondre par Brunschvicg :

« il ne s’agit plus pour l’homme de se soustraire à la condition de l’homme. Le sentiment de notre éternité intime n’empêche pas l’individu de mourir, pas plus que l’intelligence du soleil astronomique n’empêche le savant de voir les apparences du soleil sensible. Mais, de même que le système du monde est devenu vrai le jour où la pensée a réussi à se détacher de son centre biologique pour s’installer dans le soleil, de même il est arrivé que de la vie qui fuit avec le temps la pensée a fait surgir un ordre du temps qui ne se perd pas dans l’instant du présent, qui permet d’intégrer à notre conscience toutes celles des valeurs positives qui se dégagent de l’expérience du passé, celles là même aussi que notre action réfléchie contribue à déterminer et à créer pour l’avenir. Rien ici qui ne soit d’expérience et de certitude humaines. Par la dignité de notre pensée nous comprenons l’univers qui nous écrase, nous dominons le temps qui nous emporte; nous sommes plus qu’une personne dès que nous sommes capables de remonter à la source de ce qui à nos propres yeux nous constitue comme personne »
enfin il n’a peut être pas renoncé aux « dieux » comme objet initial, à l’Origine, in illo tempore :

« Mais saurons-nous être aussi sages que les dieux qui, auparavant, détenaient une telle toute-puissance créatrice ? Ils étaient à la fois tout-puissants et miséricordieux »

« Nous ne pouvons plus nous contenter de sagesses de l’humilité. à des sagesses de créature, nous devons substituer une sagesse de créateurs. Nous préparer à pouvoir créer et détruire des univers. »

certes ! mais nous devons surtout nous préparer à créer les dieux !

 

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objet initial, objet terminal et objet nul : première application de la toposophie…au CORAN !

cet article se situe dans le prolongement du précédent :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/05/09/la-dualite-de-letre-et-de-lun/

où l’on a abordé les constructions universelles, et la dualité dans la théorie des catégories et des topoi.

Un autre exemple de ce genre de constructions est ce que l’on appelle « objet terminal » dans une catégorie: c’est un objet F  tel qu’il existe une flèche et une seule venant des autres objets de la catégorie vers F (F est défini à un isomorphisme près, comme toujours dans ce genre de constructions, c’est à dire que tout objet relié à F par un isomorphisme sera aussi terminal).

pour tout objet A de la catégorie, il existe une flèche et une seule :

A ———————- > F

File:Terminal and initial object.svg

http://ncatlab.org/nlab/show/terminal+object

la notion duale est celle d’objet initial :

http://en.wikipedia.org/wiki/Initial_and_terminal_objects

http://ncatlab.org/nlab/show/initial+object

il s’obtient par dualité, en renversant le sens des flèches; c’est donc un objet I tel que pour tout autre objet A il existe une flèche et une seule orientée de I vers A

I ———————–> A

un objet nul, ou objet zéro, est un objet qui est à la fois initial et terminal :

http://ncatlab.org/nlab/show/zero+object

Quelques exemples :

dans la catégorie des ensembles, tout ensemble à un seul élément est un objet terminal (ces ensembles sont évidemment tous isomorphes, en bijection)

aussi note t’on généralement l’objet terminal  par 1

et l’on note :

!:x→1

l’unique morphisme dirigé de n’importe quel objet x vers l’objet terminal 1

L’objet initial dans cette même catégorie des ensembles est l’ensemble vide , aussi le note t’on généralement : ∅

!:∅→x  ce qui veut dire : il n’existe qu’une seule flèche de l’objet initial vers n’importe quel objet x

dans la catégorie Grp des groupes, le groupe trivial est un objet à la fois initial et terminal, donc un objet nul.

http://ncatlab.org/nlab/show/trivial+group

Un ensemble ordonné peut être vu comme une catégorie :

http://ncatlab.org/nlab/show/partial+order

on met une flèche entre deux objets de cette catégorie, ou deux élément de l’ensemble ordonné x et y si x est inférieur à y :

x —- > y si et seulement si  x ≤ y

l’objet terminal dans une telle catégorie est alors le maximum de l’ensemble ordonné, s’il existe…rappelez vous ceci, nous allons voir ce à quoi cela correspond en théologie

Un objet terminal est un exemple de limite : celle du diagramme vide!

et l’objet initial est la colimite correspondante.

Application au Coran : ALLAH  est NUL

j’ai donné il y a quelques temps  une interprétation de la sourate 112 portant sur le prétendu monothéisme pur (qui serait évidemment l’Islam.. on se croirait dans une publicité électorale américaine, où un candidat a le droit de dénigrer ses concurrents, ceux ci sont évidemment le christianisme et le judaïsme) :

http://horreurislamique.wordpress.com/2012/03/20/la-sourate-112-al-ikhlas-le-monotheisme-pretendument-pur-verset-1/

http://horreurislamique.wordpress.com/2012/03/20/sourate-112-al-ikhlass-verset-2-labsolu/

http://horreurislamique.wordpress.com/2012/03/20/une-musulmane-fanatique-prise-en-flagrant-delit-dignorance-et-de-confusion/

http://horreurislamique.wordpress.com/2012/03/21/sourate-112-al-ikhlass-le-monotheisme-pur-versets-3-et-4/

Verset 1 :

112.1.قُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ

112.1. Dis : «C’est Lui, Dieu l’Unique

112.2.اللَّهُ الصَّمَدُ

112.2. Dieu le Suprême Refuge

mais le terme As-Samad peut aussi être traduit par Absolu

Ces deux versets peuvent être traduits en toposophie par la proposition :

Allah est objet terminal

ceci est valide dans toute catégorie correspondant au discours à analyser : une catégorie peut être considérée comme une « fenêtre », un « point de vue » sur la Réalité.

Nous avons donc l’équation coranique :

ALLAH = 1

qui serait en même temps l’UN « réalisé » (ce qui est exclus par la toposophie, qui tient compte de la situation incarnée de l’existence humaine comme effort infini vers l’Unification du réel)

rappelons nous ce que nous avons dit sur l’objet terminal comme maximum dans une catégorie correspondant à un ensemble ordonné : ne retrouvons nous pas ici l’argument de St Anselme sur Dieu comme « tel qu’on ne peut pas penser de plus grand » ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Anselme_de_Cantorb%C3%A9ry#.C2.AB_Preuve_ontologique_.C2.BB_de_l.27existence_de_Dieu

« Nous croyons que tu es quelque chose de tel que rien de plus grand ne puisse être pensé. Est ce qu’une telle nature n’existe pas, parce que l’insensé a dit en son cœur : Dieu n’existe pas?[6] Mais du moins cet insensé, en entendant ce que je dis : quelque chose de tel que rien de plus grand ne puisse être pensé, comprend ce qu’il entend ; et ce qu’il comprend est dans son intelligence, même s’il ne comprend pas que cette chose existe. Autre chose est d’être dans l’intelligence, autre chose exister. […] Et certes l’Être qui est tel que rien de plus grand ne puisse être pensé, ne peut être dans la seule intelligence ; même, en effet, s’il est dans la seule intelligence, on peut imaginer un être comme lui qui existe aussi dans la réalité et qui est donc plus grand que lui. Si donc il était dans la seule intelligence, l’être qui est tel que rien de plus grand ne puisse être pensé serait tel que quelque chose de plus grand pût être pensé. »

— Anselme de Cantorbéry, Proslogion

et, concernant la traduction de As-Samad par « absolu », ne retrouvons nous pas la thèse de Hegel (dans la Phénoménologie de l’Esprit) sur l’Absolu qui est essentiellement résultat ?

http://alain.feler.pagesperso-orange.fr/guy/Preface.html

« 20- Le vrai est le tout. Mais le tout n’est que la nature fondamentale s’accomplissant par son développement. Il faut dire de l’absolu qu’il est fondamentalement résultat, qu’il n’est qu’à la fin ce qu’il est en vérité; et là-même est la nature de cet absolu, d’être du réel, d’être sujet, ou un devenir autonome. Aussi contradictoire qu’il peut sembler que l’absolu soit saisi fondamentalement comme résultat, un peu de réflexion redresse pourtant cette apparence de contradiction. Le début, le principe ou l’absolu, comme on l’exprime d’abord et im-médiatement, n’est que le général. Si peu quand je dis: tous les animaux, cela vaut comme zoologie, de même on voit que les mots du divin, de l’absolu, de l’éternel etc. n’expriment pas ce qui y est contenu; – et de tels mots n’expriment en fait que la contemplation comme im-médiat. Ce qui est plus qu’un tel mot, le passage à encore seulement une proposition, est un devenir autre, qu’il faut reprendre, c’est une médiation. Mais celle-ci est ce qu’on repousse, comme si en en faisant plus que de n’être rien d’absolu et pas du tout dans l’absolu, on en abandonnerait la connaissance absolue »

Reste qu’ Allah (Dieu) peut et doit être envisagé comme objet initial aussi, quand il est considéré comme l’Origine, la racine non manifestée, le Créateur , le Maître des mondes, par exemple dans la Sourate Al-Fatiha

1.2.الْحَمْدُ للّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ

1.2. Louange à Dieu, le Maître des Univers

(chaque univers correspond à une catégorie, ou plutôt un topos)

Ceci est encore plus évident dans le nom hébreu de YHVH qui correspond à ALLAH en arabe : on peut le traduire par « ce qui fut, est et sera »

l’origine et la fin

conclusion de la toposophie, c’est à dire de la philosophie absolue qui donne des leçons à YHVH-ALLAH :

ALLAH est un objet à la fois initial et terminal, donc un objet nul !

ALLAH = 1 = O

seulement ici nous déduisons de la théorie l’existence d’un moprhisme distingué reliant deux objets quelconques de la catégorie du discours , morphisme unique se factorisant par l’objet nul qui est l’objet zéro :

pour deux objets quelconques x et y , il existe un morphisme spécial unique appelé morphisme nul, ou morphisme zéro, obtenu en factorisant par l’objet nul 0 :

! : x  ———-> 0 ————–> y

l’unicité provient de ce qu’il s’agit du morphisme composé des deux morphismes uniques !

voir http://ncatlab.org/nlab/show/zero+object et http://ncatlab.org/nlab/show/zero+morphism

Nous avons ici l’explication de l’obscurantisme islamique : cet « unique morphisme », c’est (entre autres) la relation de deux êtres passant par Dieu, c’est à dire la relation déterminée une fois pour toutes par le dogme religieux.

Il est unique et inflexible, donc n’évoluera jamais !

ainsi par exemple, la relation entre un mari et sa femme « passant par Dieu » sera éternellement une relation de soumission de la femme à l’homme, et de sourde violence ..

ou, en d’autres termes moins « polis » :

« L’Islam des Lumières de Malek Chebel, et BHL,  c’est de la daube »

Le Coran corrigé par la toposophie

pour  conclure, voyons quel peut être le sens réel de ces apories.

Nous nous sommes débarrassés des Idoles métaphysiques que sont l’Etre et l’Un pour les troquer contre un mouvement duel de la pensée, vers l’Unification ou vers la multiplicité : montée et descente, procession et récession.

Or ceic trouve une interprétation particulièrement claire en théorie des catégories !

la flèche unique orientée de n’importe quel objet vers l’objet terminal 1 correspond à la montée vers l’Absolu et vers l’Un, montée jamais terminée, car effort infini qui ne supporte aucune relâche (donc pas d’alcool et pas de sexe, sinon on tetombe dans l’orientation vers le multiple… les femmes attirantes sont si nombreuses, une c’est bien, mais deux valent mieux qu’une, trois que deux, etc… etc..nous nommerons cette façon de voir les choses « discours de Salomon, ou de DSK »)

Seulement quelle est la notion duale ?

c’est à dire en considérant les flèches allant de 1 vers n’importe quel objet ?

tout simplement celle d’éléments de l’objet A, ce qui répond à ce qui se passe quand la catégorie est celle des ensembles !

en effet, si 1 est l’objet terminal de la catégorie des ensembles, c’est n’importe quel ensemble à un élément

considérons alors un ensemble A quelconque, ayant trois éléments (pour simplifier) : x , y et z

les morphismes dirigés de 1 vers A sont alors les fonctions (applications) :

1 ——–> A

qui associent à l’unique élément de 1 un et un seul (ce qui est la définition des fonctions) élément de A

il y a trois telles fonctions, et pas plus :

1 ——-> x

1 ——–> y

et 1 ——–> z

elles peuvent être identifées avec les trois éléments de A

CQFD

voir :

http://ncatlab.org/nlab/show/generalized+element

« 

« In the category Set of sets, for X a set, an element x∈X is equivalently a morphism in Set (namely a function of sets) x:*→X, where ”*” denotes the point – the set with a single element. »

donc, la pensée selon l’un, la montée vers l’Un, consiste à prendre les morphismes dirigés vers 1, l’objet terminal

la pensée duale, vers l’Etre, la descente vers le multiple, consiste à inverser les flèches, à ne retenir que celles orientées de 1 vers un autre objet, ce qui revient à analyser un ensemble en ses éléments (dans le cas de la catégorie des ensembles)

Allah, YHVH, Dieu, c’est une Idée régulatrice, l’Idée de Raison, d’intelligibilité et d’unification portée à son maximum d’incandescence !

Et l’origine , l’objet initial ?

on la jette !

ce n’est qu’à ce prix que Dieu évitera d’être nul !

Si Dieu était « origine », objet initial, Dieu serait !

ce qui est selon Brunschvicg la formule de l’athéisme !

http://www.blogg.org/blog-76490-billet-atheisme__spiritualisme__philosophie_et_sens_commun_selon_brunschvicg-955910.html

« mais si l’idéal est la vérité, il est la vie même de l’esprit. L’idéal, c’est d’être géomètre, et de fournir d’une proposition une démonstration rigoureuse qui enlève tout soupçon d’ erreur; l’idéal c’est d’être juste, et de conformer son action à la pureté de l’amour rationnel qui enlève tout soupçon d’égoïsme et de partialité.

Le géomètre et le juste n’ont rien à désirer que de comprendre plus ou de faire plus, de la même façon qu’ils ont compris ou qu’ils ont agi, et ils vivent leur idéal.

Le philosophe n’est pas autre chose que la conscience du géomètre et du juste; mais il est cela, il a pour mission de dissiper tout préjugé qui leur cacherait la valeur exacte de leur oeuvre, qui leur ferait attendre, au delà des vérités démontrées ou des efforts accomplis, la révélation mystérieuse de je ne sais quoi qui serait le vrai en soi ou le bien en soi; le philosophe ouvre l’esprit de l’homme à la possession et à la conquête de l’idéal, en lui faisant voir que l’idéal est la réalité spirituelle, et que notre raison de vivre est de créer cet idéal.

La création n’est pas derrière nous, elle est devant nous; car l’idée est le principe de l’activité spirituelle… »

« Ou nous nous détachons des idées qui sont en nous pour chercher dans les apparences extérieures de la matière la constitution stable et nécessaire de l’être, nous nous résignons à la destinée inflexible de notre individu, et nous nous consolons avec le rêve dun idéal que nous reléguons dans la sphère de l’imagination ou dans le mystère de l’au delà« 

la destinée inflexible de l’individu, c’est le morphisme nul !

morphisme inéluctable si l’on conisdère dieu comme origine, comme objet à la fois initial et terminal, comme objet nul par lequel on peut « factoriser » les relations entre les êtres !

se détacher des idées qui sont en nous, c’est quitter l’immanence et l’intériorité pour la transcendance du monde, ou des croyances fabuleuses en le surnaturel et l’au delà !

« ou bien nous rendons à nos idées mortes leur vie et leur fécondité, nous comprenons qu’elles se purifient et se développent grâce au labeur perpétuel de l’humanité dans le double progrès de la science et de la moralité, que chaque individu se transforme, à mesure  qu’il participe davantage à ce double progrès. Les idées, qui définissent les conditions du vrai et du juste, font à celui qui les recueille et s’abandonne à elles, une âme de vérité et de justice; la philosophie, qui est la science des idées, doit au monde de telles âmes, et il dépend de nous qu’elle les lui donne »

 http://sedenion.blogg.org/date-2009-01-14-billet-958406.html

« Le danger du réalisme se trouvera donc conjuré du moment que la conscience sensible, que la conscience intellectuelle même considérée dans sa fonction théorique, ne sont que des abstractions de la conscience morale, comme le danger de voir la pureté de la critique s’infléchir dans le sens dialectique, l’immanence du Wissen (savoir) se subordonner à la transcendance du Glauben (croire, foi) »

C’est seulement en tant que je suis un être moral que la certitude est pour moi possible : le criterium de toute vérité théorique n’est pas lui même un criterium théorique, c’est un criterium pratique : un criterium interne, non un criterium externe, objectif, car précisément là où il est considéré comme moral, le moi doit être entièrement autonome et indépendant de tout ce qui se trouve en dehors de lui

il (le philosophe) a pour mission de dissiper tout préjugé qui leur cacherait la valeur exacte de leur oeuvre, qui leur ferait attendre, au delà des vérités démontrées ou des efforts accomplis, la révélation mystérieuse de je ne sais quoi qui serait le vrai en soi ou le bien en soi

« en définitive, les trois propositions génératrices du scepticisme, de l’immoralisme, de l’athéisme, sont : le vrai est, le bien est, Dieu est »

Dieu n’est pas : il doit être !

l’Absolu est essentiellement résultat : il n’est qu’à la fin ce qu’il est en vérité .

Adorer Dieu en Esprit et en Vérité, c’est cela !

et c’est là le sens de la toposophie !

Victor Stenger : la science a t’elle trouvé Dieu ?

Victor Stenger, célèbre physicien et philosophe américain, se proclame et est généralement considéré comme un athée militant….

le sous-titre de l’un de ses livres est :

« comment la science prouve que Dieu n’existe pas »

voici le texte « Has science found God ? » :

http://www.colorado.edu/philosophy/vstenger/god.html

voir aussi :

http://www.huffingtonpost.com/victor-stenger

http://www.automatesintelligents.com/echanges/2006/juil/vide.html

seulement s’agit il d’un athée ?

je dirais plutôt qu’il s’agit d’un pourfendeur des conceptions idolâtres de Dieu, en somme d’un :

Croisé (Crusader)

car nous avons déjà vu ici qu’il y a une totale incompatibilité entre le Dieu des philosophes, ou Dieu des idées claires, et le Dieu des « révélations ».

Si la Raison, par sa création la science, peut prouver que le Dieu des idolâtres n’existe pas, alors cette Raison vient bien de Dieu !

Elle est Dieu si nous suivons l’Evangile et admettons que Dieu est Esprit !

Comme la Raison est un processus, et progresse constamment de vérités en vérités, nous devons admettre qu’elle ne sera « qu’à la fin » ce qu’elle est réellement, en ce sens qu’elle s’égalera à son Idée .

Nous avons donc l’équation :

Dieu = Raison = Idée de la Raison = Idée de Dieu

ce qui correspond à l’affirmation hégélienne  (dans la préface à la Phénoménologie de l’esprit) :

http://alain.feler.pagesperso-orange.fr/guy/Preface.html

« 20- Le vrai est le tout. Mais le tout n’est que la nature fondamentale s’accomplissant par son développement. Il faut dire de l’absolu qu’il est fondamentalement résultat, qu’il n’est qu’à la fin ce qu’il est en vérité; et là-même est la nature de cet absolu, d’être du réel, d’être sujet, ou un devenir autonome. Aussi contradictoire qu’il peut sembler que l’absolu soit saisi fondamentalement comme résultat, un peu de réflexion redresse pourtant cette apparence de contradiction. Le début, le principe ou l’absolu, comme on l’exprime d’abord et im-médiatement, n’est que le général. Si peu quand je dis: tous les animaux, cela vaut comme zoologie, de même on voit que les mots du divin, de l’absolu, de l’éternel etc. n’expriment pas ce qui y est contenu; – et de tels mots n’expriment en fait que la contemplation comme im-médiat. Ce qui est plus qu’un tel mot, le passage à encore seulement une proposition, est un devenir autre, qu’il faut reprendre, c’est une médiation. Mais celle-ci est ce qu’on repousse, comme si en en faisant plus que de n’être rien d’absolu et pas du tout dans l’absolu, on en abandonnerait la connaissance absolue. »

Une telle croisade contre les Idoles que celle de Stenger est et sera de plus en plus nécessaire, alors que des prétendus pourfendeurs d’idoles que celui ci :

http://www.total-loyalty-to-god-alone.co.uk/

commencent à pulluler, et tentent de resservir leur Coran à une nouvelle « sauce » prenant les atours du « questionnement philosophique »….seulement hélas les « réponses » arrivent vite !

Au nom de DIEU , la Raison, la Vérité

Le livre passionnant et érudit de Pierre Antoine Bernheim (hélas prématurément décédé en 2011) « Jacques frère de Jésus » , donne à la fin un bref éclairage sur l’origine de l’Islam.

http://www.erudit.org/revue/LTP/2000/v56/n3/401321ar.pdf

disons pour résumer très brièvement ce qui demanderait des centaines voire des milliers de pages ceci :

les premiers chrétiens sont comme chacun sait issus du judaïsme dont ils représentent un sous-groupe à tendance « homilétique », s’attachant à l’interprétation des textes et des mythes. L’émergence de ce courant entraîne des situations conflictuelles, notamment à travers les doctrines de Saül de Tarse (Saint Paul) qui se traduisent au bout de plusieurs siècles par un éclatement, un schisme entre ce que Pierre Antoine Bernheim appelle les « pagano-chrétiens » , pauliniens, qui ont finalement vaincu (en Occident du moins) et sont devenus les chrétiens, et judéo-chrétiens, s’opposant aux thèses de Saint Paul, et désireux de conserver la validité des aspects légalistes et « talmudiques » du judaïsme.

En clair : les pagano-chrétiens estiment que les païens peuvent devenir chrétiens sans avoir à adopter le particularisme juif (la circoncision notamment), les judéo-chrétiens refusent ces conversions, car ils ne veulent pas risquer de dissocier le christianisme de sa matrice juive…. ce qui est effectivement arrivé !

Si les pagano-chrétiens sont devenus les chrétiens, les judéo-chrétiens sont devenus… les musulmans.

Ce sont un ou des prédicateurs ébionites (= judéo-chrétiens) qui ont écrit le Coran, qui est une sorte de « cahier de cours », de polycopié, de « pot-pourri » simplifié composé de passages de la Torah et du Talmud, et s’en sont servi pour enseigner le monothéisme aux communautés bédouines à travers leur premier élève Mohamed, qui est devenu le Prophète de l’Islam.

Et les juifs dans tout ça ?

ils se sont trouvés pris au milieu de l’affrontement entre pagano-chrétiens et judéo-chrétiens, qui est devenu la guerre (qui dure depuis 14 siècles) entre Europe chrétienne et les « terres d’Islam ».

Et l’on sait que ce n’est jamais très plaisant, d’être pris au milieu d’une guerre.

Disons que jusqu’ au 19 ème siècle et à l’émancipation des juifs d’Europe, les communautés juives étaient, par nature, plutôt du côté des judéo-chrétiens, et donc de l’Islam, pour une raison bien simple : le pagano-christianisme , devenu le christianisme, tend à diluer l’identité juive puisqu’ il élimine le caractère universel de la loi mosaïque remplacée en Occident chrétien par le droit Romain.

C’est cela le fondement de ce qui est maintenant appelé laïcité : « rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », cela veut dire rendre l’espace public aux lois humaines, contingentes, et réserver le « sacré », le « saint », les religieux, à l’espace de l’intimité des consciences.

Les communautés juives étaient au début plutôt du côté de l’Islam aussi à cause du sort terrible qui leur était réservé en « terre chrétienne »…seulement côté musulman les choses n’étaient guère meilleures !

Les Juifs d’Arabie vivaient en bonne entente au milieu des bédouins polythéistes , les choses se sont gâtées avec l’avènement de l’Islam parce que les musulmans croyaient que ces juifs dont certains (qui étaient en fait ébionites, à la lisière du judaïsme et du christianisme, mais c’était le cas d’un grand nombre de « juifs ») leur avaient enseigné le monothéisme allaient se fondre avec eux en une seule communauté universelle, une seule « oumma », notamment par le biais de mariages entre tribus et par l’adoption du nouveau culte l’Islam par tous, juifs ou musulmans.

Seulement les juifs n’étaient pas de cet avis, ce qui est bien leur droit, et  il en est très vite résulté une guerre, qui a vu l’élimination des tribus juives de Médine, puis le Pacte d’Omar qui a règlementé sur le mode de l’apartheid le statut des « non-musulmans » en terre d’Islam , appelé statut de dhimmis.

Nous avons donc deux processus inverses à l’oeuvre dans cette période de l’Histoire : un processus d’universalisation pagano-chrétien puis chrétien, un processus de retour au particularisme (la loi mosaïque, devenue sous une forme très simplifiée  la Shari’a islamique) judéo-chrétien puis musulman, qui est le cause d’une rupture, d’un schisme qui résulte en un dualisme , opposant « croyants » (musulmans) à « mécréants » ou « infidèles » (avec le statut spécial réservé au « gens du Livre »).

Pourquoi le processus (pagano-)chrétien est il « meilleur », supérieur au processus judéo-chrétien, islamique ?

parce que l’universalisme, tendant à l’unité de l’humanité, est supérieur aux particularismes, tendant à l’éclatement et à la guerre, si du moins ils n’en restent pas à leur niveau et veulent s’imposer à toute l’humanité sous le visage d’un « faux universel ».

« Faux universel » dont nous connaissons le visage hideux actuel , qui est celui du totalitarisme islamique, cherchant à imposer à toute l’humanité la shari’a, dans ses aspects les plus horribles (lapidations, mises à mort des apostats, etc..).

http://www.fdesouche.com/286582-le-para-abel-chenouf-abattu-a-montauban-etait-catholique-pratiquant-sa-famille-representee-par-gilbert-collard

http://jssnews.com/2012/03/21/tuerie-de-toulouse-mohamed-merah-navait-pas-choisi-le-19-mars-au-hasard/

Mais on doit reconnaître que le christianisme n’a pas tenu ses promesses universalistes, et est simplement devenu un autre particularisme qui a éclaté en une multitude de courants (ou « sectes » diront certains) et s’est rendu coupable sous sa forme catholique du génocide des Cathares.

Mais  après la ligne de partage des Temps, qui est le cartésianisme et l’émergence de la science moderne, mathématisée, en Europe :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/03/06/la-ligne-de-partage-des-temps/

la vocation de l’universalisme est reprise par la philosophie et la science, unies par Descartes sous le nom de « Mathesis universalis », et pourvues par lui d’une méthode d’intelligence .

Ce passage en revue très court et sommaire, certes, de l’Histoire, nous permet de répondre à la question :

pourquoi attaquer le Coran et pas la Bible ?

parce que la Bible, en ses deux « composantes » dites Ancien et Nouveau Testament, est associée au processus d’universalisation , tendant à la spiritualité absolument pure qui éclate en certains (pas tous) passages de l’Evangile, processus qui a été poussé à son terme par Spinoza.

Le Coran, par contre, est le texte qui fonde l’autre processus, obscurantiste et régressif, travaillant contre l’universalisme et donc contre l’humanité.

Et contre Dieu, si celui ci est le nom donné à l’effort infini de la Raison pour se donner des normes de vérité et de moralité de plus en plus parfaites.

Dans son article sur la spiritualité brunschvicgienne :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k113603/f27.image.langFR

Georges Bastide donne (page 23) une image saisissante, qui remonte à Platon, de ces deux processus que nous venons de repérer dans l’Histoire : la vraie conversion, à la spiritualité absolument pure de l’intériorité , qui est progression de l’ombre à la lumière, et la fausse conversion qui est régression de la lumière à l’ombre.

Le Coran est tout simplement cette régression (de la lumière à l’ombre) mise à l’oeuvre, au travil de destruction de l’humanité.

En tant qu’humain, je n’ai pas le droit de laisser s’accomplir cette « oeuvre » sans résister.

C’est ma liberté de citoyen, ni meilleur ni pire que n’importe qui d’autre, mais c’est mon devoir, devoir envers Dieu qui est la Raison radicalement immanente à toute conscience humaine:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/une-demonstration-irrefutable-de-lexistence-de-dieu/

d’où ce blog :

http://horreurislamique.wordpress.com/