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Lore (film de 2012)

J’ai eu une bonne surprise en regardant « Lore » mercredi soir sur Arte:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Lore_(film)

On peut voir ce film en deux parties sur Dailymotion , en allemand avec sous titres en anglais:

et

A noter que « Lore » veut dire en anglais « tradition » , correspondant à Qabbalah en hébreu. Le prénom complet de la jeune fille est Hannelore.
Un film émouvant parce que l’histoire semble se téléscoper actuellement :1945 a été une année très dure pour le peuple allemand, dont témoigne un livre comme « Automne allemand » de Stig Dagerman:

https://charybde2.wordpress.com/2015/03/31/note-de-lecture-automne-allemand-stig-dagerman/

et en particulier pour les femmes allemandes, victimes de viols quotidiens et monstrueux qui n’étaient pas tous commis par des soldats russes ivres de vodka. Certaines scènes de « Lore » montrent cette terrible réalité, révélée aussi par le livre « Une femme à Berlin »:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Une_femme_%C3%A0_Berlin

La situation qui prévalait dans le chaos de ces mois et années là était tout simplement la réalisation de « l’idéal » d’Hitler et de ses complices: le règne sans aucune « digue morale ou spirituelle »de l’état de Nature, c’est à dire du « plan vital » absolument séparé du « plan spirituel »dont c’est l’office des religions (ne parlons même pas ici de philosophie, les « intellectuels » étaient aux abonnés absents) d’être le représentant, ou la voie d’accès  :concurrence de tous et toutes pour la survie, seuls les plus forts (et sans doute les plus cruels, les moins scrupuleux) , les « plus aptes à la survie » sont sélectionnés par la « nature » et restent en vie, les autres, les « plus faibles » qui selon le Führer « ne méritent pas de vivre » (comme s’il y avait quelque chose comme le mérite ou la valeur sur le « plan vital »!) sont éliminés…ou s’éliminent eux mêmes en se suicidant. Il me semble que de telles périodes du plus grand danger pour une civilisation ou bien comme actuellement ou bien il y a 70 ans pour ´humanité dans son ensemble « mais où croît la plante qui sauve » correspondent à ces occasions dont l’Evangile dit que « le Royaume des cieux s’est rapproché de la terre »ou bien, comme le dit un Psaume je crois , « où la Vérité germera de la Terre »..en fait c’est le Psaume 85:11

http://saintebible.com/psalms/85-11.htm

« La vérité germera de la terre, et la justice regardera des cieux. »
Vérité : אֱ֭מֶת = Aleph dans Meth (=mort) (penser à la légende du Golem qui s’animait quand les rabbins lui adjoignaient un Aleph au front devant les lettres de Meth ce qui donnait Emeth et redevenait inerte lorsqu’ils l’en levaient ne laissant que Meth =mort
Germera: titzmeah תצמח
De la terre : meeretz
מֵאֶ֣רֶץ

Le kabbaliste Carlo Suares interprète Aleph comme  » vie-mort » donc soit :équivalence de la vie et de la mort, ce qui est une compréhension dépassant la contradiction ultime ;stade de compréhension et dépassement des contradictions nommé « point Suprême » dans le Zohar , soit succession indéfiniment répétée du cycle vie-mort qui désigne les générations: c’est ce que nous nommons ici « plan vital » et qui est le « mauvais infini » de Hegel et cela ne m’étonnerait pas que les anciens gnostiques en aient fait un dieu ou un Archonte et ne l’aient adoré, les Ophites par exemple, en lui consacrant force récits mythologiques . En tout cas Aleph désigné ce qui joint le « plan vital  » (succession indéfinie vie-mort) et le « plan spirituel » (équivalence dialectique de la vie et de la mort) c’est donc ce mystérieux élément neutre de Wronski « identité primitive de l’être et du Savoir » ou du plan vital et du plan spirituel, du multiple et de l’Un si l’on veut,que nous cherchons dans les foncteurs et les morphismes géométriques de la « Higher topos theory » de Jacob Lurie mais que les anciens hébreux, qui se torturaient moins les méninges, auraient caché dans l’Alphabet avec certaines clefs contenues dans le Tanakh et la Qabbalah. Cette porte est cependant fermée pour nous autres, et je préfère encore me fier à Lurie et Lawvere qui est d’ailleurs hégélien…
On notera en tout cas dans le verset 85:11 le curieux jeu des lettres Aleph, Mem, Tav, Tsadeh et Heth que Carlo Suares aurait certainement remarqué…le royaume des cieux dans les passages évangéliques ou bibliques dont je parlais plus haut désigne le plan spirituel royaume des Idées comme « Vérité » et « Justice » (qui doit être le Bien au delà de l’être de Platon, le Bien Ineffable, l’Un) justice qui regarde donc depuis son Royaume le « plan vital » en bas, plan de l’Histoire et notamment l’histoire du petit peuple « élu » qui chemine dans le désert. qu’est ce que tout ce fatras veut dire? Que les valeurs, appartenant au plan des Idées, ensemencent , par l’intermédiaire de l’esprit humain, la « terre » le plan vital de l’histoire des humains et ceci se produit le plus violemment et clairement lorsque le ciel se rapproche de la terre, le plan spirituel du plan vital, alors les « prophètes » se mettent à dire dans des « visions » : « repentez vous car le royaume des cieux est proche! » Repentez vous veut dire en fait « retournez vous, changez votre orientation » et cela évoque la metanoià la conversion, le changement d’attraction et de polarité qui est symbolisé dans le Tarot par la lame XII du Pendu et correspond dans la mythologie scandinave au dieu Odin qui pendit Neuf jours et Neuf nuits au Frêne universel Yggdrasil à la recherche de la Connaissance secrète, la Gnose et trouva apres cette ascèse les Runes (la Gnose sacrée); le fait de se trouver pendu par les pieds (comme dans la lame 12 du Tarot) signifie inverser l’attraction, en donnant désormais la prédominance au plan spirituel, à la recherche de la Gnose (les runes d’Odin) par rapport au plan vital.
Le Sepher Yetsirah, ou « Livre de la création » , très ancien traité de « science des lettres », distingue trois lettres-mères, fondamentales : Aleph, Mem et Shin:

http://www.hermetics.org/pdf/Sefer_Yetzirah_Kaplan.pdf
que l’on peut identifier me semble t’il aux trois « éléments primitifs » de Wronski et confirme le rôle d’élément neutre d’Aleph, identité primitive du plan vital représenté par la lettre Mem = Mayim= Eau et du plan spirituel Shin ש
A noter que Aleph suivi de Shin donne אש = Esh = le feu tandis que Aleph suivi de Mem est la mère אם. Mem suivi de Tav signifie « mort » מת mais ces deux lettres dans l’ordre inverse, Tav suivi de Mem signifie « Parfait » תם
Ces deux mêmes lettres Mem et Tav combinées avec Aleph donnent Emeth אמת
Tav n’est pas une lettre mère mais désigne la Croix, d’ailleurs dans certaines Lames 12 du Pendu dans le Tarot l’arrière plan du personnage pendu à la forme d’un Tav et ses jambes forment une Croix
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Le pendu désigne le stade spirituel où l’attraction s’inverse et où le plan spirituel de l’Idée et de l’immanence prédomine sur le plan vital Mem (Eau) de la transcendance « mondaine » ou de celle pseudo-religieuse des fausses conceptions de Dieu, différentes du Dieu des philosophes et des Savants « aperçu par la Raison désintéressée », transcendance calquée comme le dit André Simha dans son « Manifeste pour l’autonomie », sans doute le lien le plus important de ce blog, sur les rapports hiérarchiques propres au plan vital et aux sociétés humaines donc fort peu spirituel ( et contradictoire, car Transcendance ne peut que signifier absence de liens, de rapports, de morphismes):

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2016/01/24/brunschvicgintroduction-un-manifeste-pour-lautonomie/

Le Pendu a l’attitude inverse de celle de Narcisse, attiré par l’eau où sa beauté se reflète tellement bien qu’il tombe dans le fleuve pour se confondre avec son image: le narcissique reste pris au piège du psychique , impuissant à s’élever au plan spirituel par l’inversion des pôles symbolisée par le Pendu, qui n’est autre que la dés-individuation expliquée par André Simha dans son « manifeste pour l’autonomie » (page 10); rien ne pourrait être plus préjudiciable que d’interpréter les appels à l’intériorité de Brunschvicg sur le plan psychique, comme une obsession narcissique de soi meme, et d’ailleurs Brunschvicg met clairement en garde contre ce danger inhérent aux recours seulement psychiques à la « méditation », seule la mathesis peut éviter ce danger de complaisance envers soi meme, c’est pour cette raison que Brunschvicg insiste tellement dessus, et aussi Malebranche quand il dit que « la mathématique est la plus parfaite application de l’esprit à Dieu »
Notons aussi que si l’on retire le Mem central au mot Emeth = vérité restent Aleph et Tav dans le mot Eth qui en hébreu sert à désigner le complément d’objet, la « totalité objectifiée » ainsi au verset 1de la Torah le mot « Eth » précède les deux compléments directs de l’action d’Elohim  » eth ha-aretz » (la terre c’est à dire le plan vital) et « eth ha Shamayim » ( les cieux=plan spirituel) voir la gematria de ce verset 1, sans doute le plus important de la Bible hébraïque sur Biblewheel:

http://www.biblewheel.com/GR/GR_Database.php?bnum=1&cnum=1&vnum=1

Bereshit (Au commencement, Dans le Principe) bara Elohim (créa Lui-les-Dieux) eth ha Shamayim ( le ciel’ le plan spirituel) ve-eth ha-aretz ( et la terre, le plan vital)

Voilà pourquoi Louis Lambert dans la comédie humaine de Balzac dit que « trois et sept sont les deux plus grands nombres spirituels »
Trois : nombre des lettres mères Aleph, Mem, Shin du « Sepher Yetsirah » et des éléments primitifs de Wronski
Retirez 3 de 22, nombre total des lettres de l’alphabet hébreu, restent 19 autres lettres ( le fameux nombre 19 qui obsède tant les musulmans) et :

19= 7 + 12

7 ( dont le nom hébreu désigne un cycle, un retour au point de départ) est le nombre du Temps et des planètes ( ou lettres doubles de l’Alphabet hébreu) et 12 est le nombre de l’Espace, des signes du Zodiaque ( mentionné explicitement dans le « Sepher Yetsirah ») et des lettres simples. 3, 7 et 19 sont des nombres premiers (divisibles seulement par 1et par eux mêmes) de rang 3, 5 et 9 (ou 2, 4 et 8 soit trois puissances de 2 successives si l’on considère que 1 n’est pas un nombre mais le Tout et que la suite des nombres premiers commence avec 2)

Quel rapport avec notre film ? C’est que « Lore » nous montre justement l’une de ces périodes, en 1945, où « les cieux sont ouverts » et où la metanoia, la conversion est possible, période terrible bien sûr, période apocalyptique (mot grec en rapport avec la Révélation, donc la compréhension de la Vérité qui « germe de la terre », du plan vital, du déroulement des événements de l’Histoire. C’est pourquoi le scénario introduit Thomas, le jeune juif échappé d’un camp d’extermination que rencontrera Lore la fille d’un haut dignitaire nazi et qui cheminera un temps avec elle et ses frères et sœurs et les aidera.
Ici on pourrait croire à un conte à l’eau de rose « antiraciste » comme on les affectionne dans les bars de luxe de St Germain des prés: juifs gentils, méchants allemands , si tous les gars et toutes les filles du monde voulaient bien danser en se tenant la main, et aussi la queue lol pour « fraterniser » etc..etc.. Mais ce n’est justement pas le cas, Lore reste marquée par la haine anti juive que lui a inculquée son père nazi , et Thomas le jeune juif est aussi très ambivalent. Ces deux là éprouvent une attraction qui n’est pas du tout noble et spirituelle et ils commettront un crime , tuant un allemand qui se préparait à violer Lore qui fait alors semblant d’être consentante, laissant approcher Thomas qui tue l’homme à coups de pierres. S’ensuit une scène très belle où Lore se précipite dans l’eau du fleuve (Mem, plan vital) avec le bébé qui est son petit frère, et est sauvée au denier moment de la noyade par Thomas. Cette scène symbolise selon moi l’immersion complète dans le plan vital qui est le sens symbolique profond du baptême. Elle est préparée par la scène précédente montrant l’homme qui sera tué par Thomas avec la complicité de Lore pêchant des poissons dans le fleuve et les mettant en réserve dans un seau d’eau. Or la pêche a toujours symbolisé la recherche de la connaissance d’En Haut dans le plan d’En Bas ( le plan vital) et les poissons comme habitants du plan vital (du fleuve) sont l’analogie des oiseaux comme habitants naturels du plan spirituel (du ciel) : pêcher les poissons et les ramener à l’air veut dire prendre du plan vital ce qui y est disponible pour le « plan spirituel », voir aussi la pêche miraculeuse et l’expression « pêcheur d’hommes » dans l’Evangile.
Le geste inverse ( abattre un oiseau pour le « fixer » en terre) correspond au meurtre du Soi, de l’Esprit : d’où la malédiction qui frappe le Vieux Marin dans le poème de Coleridge  » Rime of the anciens mariner » apres qu’il ait tué l’Albatros, symbole du plan spirituel et du Christ:
« With My cross bow I shot the Albatross »

Voir sur ce poème qui est sans doute l’œuvre littéraire qui m’a le plus influencé et bouleversé les liens suivants:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/03/06/coleridge-le-dit-du-vieux-marin/

https://horreurislamique.wordpress.com/2015/07/20/premiere-partie-du-dit-du-vieux-marin-de-coleridge/

https://horreurislamique.wordpress.com/2015/07/19/derniere-partie-du-dit-du-vieux-marin-de-samuel-taylor-coleridge/

https://horreurislamique.wordpress.com/2015/07/20/explication-sommaire-des-deux-passages-du-dit-du-vieux-marin/

et l’article suivant fait le lien entre ce poème et les deux plans, vital et spirituel, de « Raison et religion » de Brunschvicg:

https://mathesisuniversalis.wordpress.com/2015/05/27/brunschvicgraisonreligion-exemple-4-des-opositions-fondamentales-le-dit-du-vieux-marin-de-coleridge/

Mais si le film ne vise pas à être un nième « conte à l’eau de rose pour Bisounours » moqués à juste titre par Éric Zemmour, pourquoi introduire un jeune juif et une jeune allemande en fuite fille d’un dignitaire nazi ? Je vais essayer de montrer pour terminer cet article un peu en fouillis qu’il y a là une dimension plus profonde.. Pourquoi cette haine universelle contre les juifs, non seulement en Islam et chrétienté mais aussi paraît il au Japon ou en Chine où il n’y a jamais eu de présence juive importante ? une haine démoniaque dont Hannelore se libère dans le film au contact de Thomas, mais cela ne finit pas sur un happy end à la guimauve style « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » sinon nous serions dans « Qu’est ce qu’on a fait au Bon Dieu » qui est un film fort suspect comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire…
Un Dieudonné , fort habile, niera cette haine en prétendant qu’il ne hait que les « sionistes » mais cela ne trompe plus personne apres les attentats de 2015, un Askolovitch, juif lui même me semble t’il, ne songera qu’à dédouaner son cher Islam au moyen d’un traitement de choc au « CÉPALISLAM »

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Je vais expliquer ici la raison, fort peu rationnelle, de cette démoniaque haine universelle avec un sentiment aigu de ma responsabilité : la « raison » en est que les juifs sont justement associés dans les représentations collectives des peuples occidentaux (influencés par la Bible) à la dichotomie entre plan vital et plan spirituel qui est la grande affaire de l’humanité (et apres cette haine ou cet « effroi sacré » se transmettent aux autres peuples non concernés par la Bible à cause de la domination mondiale de l’Occident depuis 5 siècles)
C’est de plusieurs façons que les juifs, ou les hébreux (Israel) sont associés inconsciemment dans la psyché collective des peuples : d’abord parce que c’est aux israélites que Moïse transmet les Tables de la Loi divines, les juifs jouent donc le rôle de « Surmoi » de l’humanité dans l’inconscient collectif, de « frère aîné grincheux » venant donner des leçons aux autres . Mais le parcours même des juifs , de la sortie d’Egypte ( plan vital) à la Terre promise d’Israël ( plan spirituel) symbolise celui qui est la grande affaire de tout être humain désireux de salut: être libéré des servitudes du plan vital et accéder au plan spirituel qui est la promesse d’un sens à son existence d’esclave.
Mais il y a une troisième association plus obscure, des juifs (ou plutôt des représentations collectives les concernant) avec ces périodes dont je parlais plus haut de grand danger d’anéantissement total de l’humanité où « le royaume des cieux semble ouvert » et où il est important de se repentir, c’est à dire de se convertir du plan vital au plan spirituel en adoptant l’attitude de Metanoia (retournement) symbolisée par le Pendu du Tarot. Cette association provoque l’effroi sacré et la Terreur, chez les juifs eux mêmes, chez qui l’angoisse est remémorée à chaque fête de Pessah, ramenant les consciences « in illo tempore » vers la Sortie d’Egypte coïncidant avec l’extermination des nouveaux nés d’Egypte pour inciter le Pharaon à laisser partir les esclaves hébreux . L’interprétation de ces fables est pour moi très claire: ce sont des hébreux présents comme esclaves dans toutes les maisons d’Egypte et non l’Ange du Seigneur qui ont marqué les maisons des hébreux du sang d’un agneau pour indiquer qu’elles devaient être épargnées , et au cours le la nuit ce sont des hébreux qui ont massacré les nouveaux nés égyptiens sur l’ordre de Moïse : Dieu a bon dos! comment un « Dieu » pourrait il parcourir le pays (il a donc des jambes, une voiture) en massacrant cruellement les uns, et épargnant les autres? Tout cela est absurde et je me demande comment des gens instruits peuvent encore se complaire dans les bondieuseries suivantes, voir:

https://bible.org/node/17612

La conception du Dieu-Idée doit absolument être épurée par la Raison désintéressée , Raison universelle des esprits de ces horreurs ridicules qui acheminent l’humanité à l’athéisme , au désespoir et au nihilisme du consumérisme roi et de l’oubli de l’Esprit et de l’Un (plutôt que de l’Etre) dans une partouze générale qui laissera une terrible gueule de bois! Si du moins il y a un « après »
La fête de Purim commémore par contre le livre d’Esther qui décrit comment les juifs ont échappé à une extermination et à l’anéantissement total :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pourim

Bref les juifs sont forcément associés dans les représentations collectives à effroi, terreur, danger imminent d’anéantissement , toutes notions propres au plan vital parce que comme le remarque Brunschvicgles religions sont restées prisonnières du plan vital, incapables d’assurer leur office qui est de libérer les âmes (les consciences) du plan vital et de les acheminer au plan spirituel:

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/quelques-citations-eparses-de-brunschvicg-particulierement-eclairantes-voire-illuminatrices/

« si les religions sont nées de l’homme, c’est à chaque instant qu’il lui faut échanger le Dieu de l’homo faber, le Dieu forgé par l’intelligence utilitaire, instrument vital, mensonge vital, tout au moins illusion systématique, pour le Dieu de l’homo sapiens, Dieu des philosophes et des savants, aperçu par la raison désintéressée, et dont aucune ombre ne peut venir qui se projette sur la joie de comprendre et d’aimer, qui menace d’en restreindre l’espérance et d’en limiter l’horizon.


le propre de l’esprit est de s’apparaitre à lui même dans la certitude d’une lumière croissante, tandis que la vie est essentiellement menace et ambiguïté. Ce qui la définit c’est la succession fatale de la génération et de la corruption. Voilà pourquoi les religions, établies sur le plan vital, ont beau condamner le manichéisme, il demeure à la base de leur représentation dogmatique…  »
Si Le film « Lore » introduit donc dans l’intrigue un réfugié juif, ce qui est normal dans l’Allemagne de 1945, c’est aussi pour la raison plus profonde que je viens d’expliquer : la période terrible décrite par ce film est l’une de ces périodes de grand danger, mais où le « Royaume des cieux » , le plan spirituel, est « proche » et les juifs sont associés collectivement et « métaphysiquement » à de telles périodes.

Et il me semble que la phase historique de guerre mondiale terrifiante que nous vivons actuellement, 70 ans après 1945 , est aussi une telle période.

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Brunschvicg : Les étapes de la philosophie mathématique

Tous les livres de Brunschvicg sont d’égale importance, mais celui ci est peut être « plus égal » que d’autres.
Alain Badiou est l’héritier de cette « philosophie mathématique brunschvicgienne » (aussi appelée par Brunschvicg lui-même « idéalisme mathématisant ») sans que jamais il ne prononce le nom de Brunschvicg ni ne reconnaisse sa dette.

Car ce serait reconnaître la période idéaliste honnie depuis 1945.

Le livre « Etapes de la philosophie mathématique » peut être lu sur Archive, en divers formats (pdf, djvu, Kindle, etc..):

https://archive.org/details/lestapesdelaph00brun

il est annoncé « en préparation » depuis assez longtemps sur le site des Classiques des sciences sociales:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/brunschvicg_leon.html

et il est accessible sur le site d’une université américaine, là encore en plusieurs formats (image de page, pdf ou texte simple):

http://quod.lib.umich.edu/u/umhistmath/aan8827.0001.001/601?view=image

ou

http://quod.lib.umich.edu/cgi/t/text/text-idx?c=umhistmath;idno=AAN8827

Et cliquer sur « View entire text » pour obtenir:

http://quod.lib.umich.edu/u/umhistmath/AAN8827.0001.001?rgn=main;view=fulltext

Commençons donc l’étude du livre:

« LIVRE PREMIER ARITHMÉTIQUE 1. – C’est sans doute un préjugé de croire que les notions les plus simples et les plus anciennement conquises par l’humanité soient aussi celles dont il est le plus facile de reconstituer la genèse et de déterminer la nature. En fait, il n’est guère de notion qui, de nos jours, ait soulevé plus de discussions, qui ait prêté à plus d’interprétations diverses, que la notion de nombre, principe de la science élémentaire par excellence, de l’arithmétique. La méthode historique, dont nous voudrions faire un usage constant, peut-elle même être directement appliquée à l’éclaircissement de la notion de nombre? L’histoire de la philosophie mathématique s’ouvre avec le pythagorisme, qui est l’une des doctrines les plus éclatantes, mais aussi l’une des plus mal connues, de l’antiquité. Si nous laissons de côté les conjectures sur la part qui revient aux représentants successifs de l’École dans la constitution de la doctrine, ou les connexions souvent étranges et mystérieuses par lesquelles les données purement scientifiques se reliaient à la tradition des prescriptions morales ou des croyances religieuses, un problème subsiste où il serait essentiel d’avoir l’appui d’une documentation positive. Nous aurions à déterminer le progrès d’ordre technique auquel correspond la philosophie du pythagorisme; pour cela nous devrions pouvoir suivre la culture hellénique dans la continuité de sa croissance, savoir ce qu’elle a emprunté aux civilisations de l’Asie ou de l’Egypte. Plus encore, partant du premier systènme qui confère une valeur absolue aux objets de la science mathématique, nous aurions besoin de remonter jusqu’aux premieres lueurs qui manifestent dans l’humanité l’éveil de la pensée scientifique. Or, ici, l’histoire est presque silencieuse. Nous ne trouvons d’indications suffisamment précises que dans quelques documents égyptiens d’une antiquité reculée, dont le papyrus Rhind demeure le plus important. Notre seule ressource est de tourner la difficulté, de substituer aux recherches sur l’ère primitive de nos civilisations, les observations que, de nos jours, on fait directement sur les Sociétés inférieures. L’ethnographie, exerçant une sorte de function vicariante, permet de combler en une large mesure les lacunes de la préhistoire, et, par une hypothèse qui est assurément invérifiable, mais qui du moins a pour elle la vraisemblance, de rétablir dans ses grandes lignes le cours naturel de l’évolution humaine. Ainsi l’étude de la constitution de l’arithmétique comportera l’examen de trois questions distinctes:

1~ De quelle manière les hommes effectuent-ils les premieres opérations du calcul?

2Quels résultats étaient obtenus dans la pratique au moment de la rédaction du papyrus Rhind?

3~ Comment la science des nombres a-t-elle conduit, dans l’École pythagoricienne, à une representation intégrale el à une explication de l’univers?

2. – Ces trois ordres de recherches, dans l’état actuel de notre information, ne se font pas suite l’un à l’autre, non seulement parce qu’ils n’appartiennent pas à une même histoire, mais aussi parce que logiquement ils se déroulent dans des plans différents. Lorsque nous étudions le pythagorisme, nous avons pour tache de déterminer la conception que les Pythagoriciens se faisaisent de la science, la portée qu’ils attribuaient à la notion de nombre et aux relations numériques; notre exposé doit coincider avec la réflexion consciente des penseurs du VIe ou du Ve siècle avant Jésus-Christ. Au contraire, lorsque nous étudions les procédés de calcul ou de numération dont les peuplades de l’océanie ou du Brésil central font usage, nous avons affaire à des phénomènes dont les esprits humains sont le siège, mais qui ne sont pas pour ces mêmes esprits l’objet d’une réflexion consciente.

Les non-civilisés se livrent à des actes d’échange, à des operations de calcul, sans avoir aucune idée des règles d’égalité, des lois d’addition ou de multiplication qui confèrent à leurs pratiques un caractère de vérité; le sociologue est placé devant la pensée primitive, dont il essaie de saisir l’évolution, comme le physicien ou le physiologiste devant la nature extérieure dont il essaie de fixer les lois »

La distinction des deux plans : plan de la réflexion consciente et de l’idée, plan de la technique et de la vie (sociale) est capitale.
Dans les lignes suivantes Brunschvicg la clarifie encore en opposant les résultats de l’étude des religions comparées et les ecrits

« Les études qui constituent ce premier livre seront donc faites de deux points de vue différents. Nous examinerons les premières manifestations de l’art de compter du point de vue critique où la science se place aujourd’hui afin de rétablir le déterminismemental dont ces manifestations sont le produit, tandis que l’analyse des speculations pythagoriciennes nous reporte nécessairement dans le cadre du dogmatisme antique. Une semblable dualité paraît inévitable; elle est liée au progrès même de la science, qui montre la disproportion entre la croissance spontanée des phénomènes sociaux et la représentaLion que les sociétés s’en font. L’étude comparée des religions donne par exemple, de l’origine effective des croyances chrétiennes une idée qui n’a aucune commune mesure avec les systêmes de théologie que les docteurs des Eglises chrétiennes ont construits à différentes époques. Comnme le dit fort bien M. Lévy-Bruhl les Australiens connaissent admirablement les rites, cérémonies et pratiques de leur religion si compliquée: il serait ridicule de leur en attribuer la science. Mais cette science qu’il leur est impossible même de concevoir, les sociologues l’établissent »

Ce qui rappelle ce célèbre propos de Brunschvicg:

« l’histoire de l’Egypte, c’est l’histoire de l’égyptologie »

On pourrait dire aussi : « l’histoire de l’islam c’est l’histoire de l’islamologie » en gardant conscience de ce que cette histoire a enregistré une cassure entre islamologie musulmane, croyant aux fables sur la Révélation du Coran en 23 ans à MAHOMET par un Archange, et islamologie scientifique, dont l’ultime aboutissement est la théorie scientifique du Père Gallez sur l’origine nazaréenne de l’islam (et du Coran, collationné en plus de deux siècles à partir de lectionnaires judéo-nazaréens).

Voir là dessus:

https://bibliothequedecombat.files.wordpress.com/2014/12/le-grand-secret-de-lislam-nov2014.pdf

et

Youtube : les trois visages du Coran

ainsi que le site de Gallez:

http://www.lemessieetsonprophete.com

ou la récente thèse de Jean-Jacques Walter qui démontre par les moyens mathématiques de l’Analyse de données textuelles que le Coran n’a pu être écrit que par plus de vingt auteurs différents et sur plus de deux siècles :

Jean-Jacques Walter: le Coran révélé par la théorie des codes

et

http://www.eecho.fr/islamologie-mathematiques-appliquees-au-coran/

au fond le propos de Brunschvicg (qui a fait scandale) ne revient il pas à cette profonde vérité:

« le réel c’est le rationnel; le rationnel c’est le réel »

Illuminati et …. Illuminati

Les Illuminati sont les descendants, ou héritiers, des Lumières par le biais de la secte, ou du « mouvement » , d’Adam Weishaupt.

Ils ont de fortes connexions avec les diverses théories du complot (conspiracy theories) qui font fortune sur Internet, comme un rapide examen le montre immédiatement. Aussi se trouve t’on confronté, si l’on s’intéresse à ce sujet, à un « tsunami » de données, très diverses voire contradictoires, qui comme le tourniquet du « Parménide » de Platon vous expose, comme le dit Badiou, à la « volupté de ne jamais pouvoir conclure »…

Ainsi  peut on se demander si le « diabolique » docteur Georges Hodel dont je parlais ici :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/06/04/black-dahlia-los-angeles-les-anges/

ne fait pas partie des Illuminati qui  » derrière le rideau mènent le monde »  (à sa ruine, selon beaucoup) ?

comme il provient d’une famille juive originaire de Russie , il appartiendrait, si c’est le cas, aux fractions « juives » des Illuminati, qui sont les sabbataïstes et les frankistes, héritiers du « Messie apostat » de Smyrne Shabbataï Tsevi  (ayant apostasié en 1666)  et de son continuateur polonais Jacob Frank (1726-1791) , qui est selon le grand érudit Gershom Sholem « la figure la plus effrayante du judaïsme de tous les temps » (donc plus effrayant encore que Georges Hodel !).

Signalons que certaines théories attribuent le mouvement de réforme de l’Islam ottoman des « jeunes turcs » et le génocide arménien à des sabbataïstes extérieurement musulmans (la version ottomane des sabbataïstes est appelée secte des Dunmehs) , voir :

http://nwo-satanismus.blogspot.fr/2009/09/jews-plotted-armenian-holocaust.html

mais en même temps ces « sabbatéistes » viseraient à provoquer un nouveau génocide des juifs en Israel :

http://www.rense.com/general66/dweyb2.htm

bien sûr parmi eux figure les Rothschild, « empereurs » des Illuminati.

Mais nous n’avons de chances d’échapper à la volupté du « tourniquet » qu’en essayant d’établir un peu d’ordre dans tout ce fatras ; c’est très simple, il y a deux en gros conceptions opposées des Illuminati :

-selon les uns (très majoritaires) ce sont des athées , héritiers de Weishaupt ou de Frank, ou de Jamal ud-Din Al Afghani (ami de Blavatsky) côté musulman, visant à mettre en place une dictature de la Terreur planétaire définitive  qui serait le « nouvel ordre mondial »  , un exemple particulièrement éclairant de ces conceptions est celui de David Livingstone , un historien converti à l’Islam auquel j’ai consacré un article :

http://horreurislamique.wordpress.com/2012/05/29/david-livingstone-dhimmi-converti-et-collabo/

article où je donne les liens de ses livres accessibles entièrement sur le web

-selon d’autres ils sont certes héritiers de Weishaupt et des Lumières européennes, mais s’opposent justement  aux « fascistes » qui veulent mettre en place le nouvel ordre mondial, et visent la liberté universelle, voir notamment ce site :

 http://www.armageddonconspiracy.co.uk/The-Illuminati(903482).htm

Je suis plutôt de l’avis de ce second site, qui de plus partage la conception de « Dieu » exposée ici comme « objet terminal », c’est à dire Idée régulatrice de la Raison pour l’humanité ou, selon le site des Illuminati , plus haut stade de la conscience intellectuelle et morale auquel puisse parvenir l’homme.

Et pourtant, malgré ces ressemblances extérieures, mes thèses sont opposées à l’une et à l’autre de ces conceptions, pour une raison bien simple à comprendre : les Lumières du 18 ème siècle, dont hérite Weishaupt, sont en régression par rapport à la vraie « révolution européenne » qui est celle du cartésianisme et du spinozisme au 17 ème siècle.

Livingstone voit en Platon et en le platonisme l’élément diabolique, héritier (par le biais des mages chaldéens) des « kabbbalistes lucifériens » qui ont tenté de détruire le judaïsme , et fondateur des doctrines totalitaires qui visent le Nouvel ordre mondial :

http://thedyinggod.com/node/105

« There is little that should impress you in the writings of Plato, who is supposedly the greatest philosopher in history. On the contrary, there is much that should concern you, as Plato has been the founder of many of the totalitarian doctrines that have plagued the twentieth century. Rather, the only reason he has achieved the reputation he has is that, throughout the history of the Western and Eastern occult tradition, Plato has been regarded as the godfather of its doctrines, and as the great representative of those ancient traditions associated with the Kabbalah….

It was in his Republic that Plato articulated the basis of the future totalitarian state, ruled by the elite, or “philosopher kings”, or “guardians”, instructed in the Kabbalah. Essentially, The Republic provided the basis for all future Illuminati projects, including communism, the elimination of marriage and the family, compulsory education, the use of eugenics by the state, and the employment of deceptive propaganda methods.

According to Plato, “all these women shall be wives in common to all the men, and not one of them shall live privately with any man; the children too should be held in common so that no parent shall know which is his own offspring, and no child shall know his parent.” ii This belief is associated with a need for eugenics, as “the best men must cohabit with the best women in as many cases as possible and the worst with the worst in the fewest, and that the offspring of the one must be reared and that of the other not, if the flock is to be as perfect as possible.” More pernicious still is his prescription for infanticide: “The offspring of the inferior, and any of those of the other sort who are born defective, they will properly dispose of in secret, so that no one will know what has become of them. That is the condition of preserving the purity of the guardians’ breed.”

It is for this reason that Plato has been at the center of all esoteric philosophy ever since, and been extolled by all the leading philosophers of the Illuminati, for whom he articulated the vision of a New World Order, like Kant, Hegel, Nietzsche, and recently, Leo Strauss, the guru of the neo-conservatives that have embarked America in proxy wars in the Middle East on behalf of Israel.

Strauss, like Plato, taught that within societies, some are fit to lead, while others only to be led. But for Strauss, it was Machiavelli who initiated the Enlightenment, by rejecting the purely theoretical world of Plato, in favor of a more practical interpretation of reality, thus creating political science. For Strauss, in accordance with Machiavellian thinking, virtue would not be applicable, because no regime could meet its standards. Rather, a new regime should be created, by accepting, understanding, and harnessing man’s tendency for self-interest, or “human nature”.

Strauss thought that those who are fit to rule are those who realize there is no morality. Therefore, Strauss believed the world to be a place where policy advisers may have to deceive their own publics, and even their rulers in order to protect their countries. If exposed to the absence of absolute truth, the masses would quickly succumb to nihilism or anarchy. They “can’t handle the truth”. Thus, according to Strauss, it is necessary to maintain these “pious frauds”, or “the Noble Lie”, as Plato would have referred to it. »

Ainsi, selon David Livingstone le converti à l’Islam, la philosophie occidentale et donc le devenir européen est entièrement satanique et totalitaire, depuis Platon jusqu’à ses héritiers Kant, Hegel, Marx (hégélien), et le « frankiste » Leo Strauss qui est le maître à penser des intellectuels « néo-conservateurs » américains qui ont organisé la guerre de Bush contre l’Islam (selon Livingstone, le terrorisme islamique d’Al Qaida est une création de l’Occident aux fins de disposer d’un prétexte pour déclencher la guerre contre l’Islam).

Remarquons que Livingstone le musulman ne dit pas autre chose que Mehdi Belhaj Kacem le « philosophe anarchiste et sadien », « libéré » de l’emprise de Badiou le platonicien, et selon lequel le platonisme est le Mal , qui  aboutit aux camps hitlériens ,  staliniens  , polpotiens, après 25 siècles d’évolution « platonicienne » de l’Occident.

Les deux se rencontrent donc dans leur projet d’abattre l’Occident « platonicien » et judéo-chrétien ; une volonté qui est aussi celel de Badiou leur « ennemi » supposé !!

comment comprendre cela ??

c’est très simple !

en réalité ils se rejoignent sur une compréhension de Platon qui lui refuse toute possibilité d’évolution.

(j’admets que pour Badiou c’est plus complexe, il parle d’un « Platon pour notre temps », mais en réalité il me semble qu’il refuse de rompre avec la « transcendance de l’Idée »).

Mais c’est aussi le cas des Illuminati seconde tendance : ils admirent Platon, lui accordent une grande importance spirituelle, mais  il s’agit du Platon mythologue du Timée et « pythagoricien » …. pas du platonisme renouvelé par Descartes où les Idées transcendantes descendent , non pas sur Terre, mais dans l’intériorité de l’esprit humain, et deviennent… les idées régulées par les normes intellectuelles-morales mathématiciennes des démonstrations qui sont « les yeux de l’âme ».

voir notamment :

http://www.armageddonconspiracy.co.uk/The-Incompleteness-Theorem(2151432).htm

« The Illuminati, from the very beginning under Pythagoras, saw that The Theory of Everything that would guide the human race forever had to be a unity of philosophy, religion, science, and, above all, mathematics as the instrument of precision. These were all aspects of one overarching structure, not competing elements.

Mathematics provided the accurate, solid and reliable foundations on which everything else could be built. ONLY mathematics could accomplish this. Every approach that had any different starting point was doomed from the outset.

Number is at the heart of mathematics and so Pythagoras revered Number above all things. The cosmos is based on mathematics so to understand the cosmos it is imperative to define exactly what cosmic mathematics consists of. To understand the mathematical thinking of the « Designer » is to understand the design. »

de plus la doctrine « Sin for salvation » (la rédemption par le péché) est directement inspirée de Jacob Frank et des gnostiques :

http://www.armageddonconspiracy.co.uk/Sin-for-Salvation(1641286).htm

http://www.armageddonconspiracy.co.uk/Sex-for-Salvation-I(2395054).htm

La conception de Brunschvicg à propos du platonisme est entièrement différente , et permet de justifier son statut de « vérité de la philosophie », sans l’enfermer dans ses dérives théosophiques et totalitaires, qui existent certes (dernier exemple en date : Badiou) .

Vouir par exemple l’introduction à l’humanisme de l’Occident :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/ecrits_philosophiques_t1/ecrits_philosophiques_t1.html

« Et la même opposition, Orient et Occident pour parler un langage géographique, mais qui est aussi moyen âge et civilisation du point de vue historique, enfant et homme du point de vue pédagogique, a fait le fond de la littérature platonicienne. Quel est le rapport de la mythologie, fixée par le « Moyen âge homérique », à la dialectique issue des progrès de la mathématique ? Le problème s’est resserré sur le terrain de l’astronomie où devaient entrer en conflit, d’une façon décisive, le spiritualisme absolu de Platon et le réalisme d’Aristote. La valeur essentielle de la science, suivant Platon, est dans son pouvoir d’affranchissement à l’égard de l’imagination spatiale. Telle est la doctrine qui est au centre de la République. Selon le VIIe Livre, l’arithmétique et la géométrie ont une tout autre destinée que d’aider les marchands dans leur commerce ou les stratèges dans la manœuvre des armées ; elles élèvent l’âme au-dessus des choses périssables en lui faisant connaître ce qui est toujours ; elles l’obligent à porter en haut son regard, au lieu de l’abaisser, comme on le fait d’habitude, sur les choses d’ici-bas. Encore Platon n’emploie-t-il ces métaphores que pour avoir l’occasion d’insister sur leur sens métaphorique. Dans la considération de l’astronomie, enfin, la doctrine livre son secret, par l’antithèse qu’elle établit entre le réalisme de la matière et l’idéalisme de l’esprit, entre la valeur de la transcendance cosmique et la valeur de l’intériorité rationnelle. La dignité de l’astronomie n’est pas dans la supériorité locale de ses objets : « Tu crois donc que si quelqu’un distinguait quelque chose en considérant de bas en haut les ornements d’un plafond, il regarderait avec les yeux de l’âme et non avec les yeux du corps ?… Qu’on admire la beauté et l’ordre des astres dont le ciel est orné, rien de mieux ; mais, comme après tout ce sont des objets sensibles, je veux qu’on mette leurs objets bien au-dessous de la beauté véritable que produisent la vitesse et la lenteur réelles dans leurs rapports réciproques et dans les mouvements qu’ils communiquent aux astres, selon le vrai nombre et selon toutes leurs vraies figures. » Platon insiste encore d’une manière particulièrement significative dans le Phèdre : « Celui qui a le courage de parler de la vérité selon la vérité, doit chercher, à la fois un dehors du ciel et au delà de la poésie, ce qui existe sans aucune forme visible et palpable, objet de la seule intelligence par qui l’âme est gouvernée. » »

les « dérives » commencent immédiatement après Platon et signent l’adieu de l’Occident à lui même… jusqu’à Descartes du moins :

« Mais après Platon, ou du moins après Archimède, la spiritualité de la culture hellénique s’efface. L’animisme et l’artificialisme, qui caractérisent, selon les expressions de M. Piaget, la représentation du monde chez l’enfant, rentrent victorieusement en scène avec la métaphysique d’Aristote, incapable, pour parler avec M. Léon Robin, de « ménager de transition, sinon astrologique, entre l’intelligible et le sensible ». Dieu n’est plus ce qui est compris et aimé du dedans, tel l’Un-Bien de Platon ; c’est ce qui est imaginé en haut, c’est le moteur immobile auquel sont suspendues les âmes bienheureuses des astres ; l’ordonnance de la métaphysique aristotélicienne, de toutes les métaphysiques établies sur le modèle aristotélicien, implique une invention de créatures placées hiérarchiquement, c’est-à-dire situées topographiquement, au-dessus du monde sublunaire. La défaite de l’idéalisme platonicien sous les coups du réalisme aristotélicien engage la destinée de l’Europe pendant les vingt siècles qui vont s’écouler jusqu’à la renaissance cartésienne. »

Voici ce qu’il faut bien comprendre pour éviter de se faire piéger et de collaborer au Mal : l’Islam ne constitue pas un recours contre la dérive sadienne occidentale par un retour à l’âge d’or de l’origine , qu’il soit andalou ou des premiers siècles de Bagdad, parce qu’il se situe justement dans le prolongement de la mouvance sadienne qui est la corruption des Lumières !

le seul recours , qui n’est pas un « retour » au passé de « la barbarie des premiers siècles chrétiens » comme le dit si bien Wronski :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/06/04/wronski-la-ruine-du-monde-civilise/

c’est le platonisme revu par le cartésianisme, et l’oubli de Descartes après la mort de Malebranche en 1715, qui entraîne la corruption sadienne et « libertine » des Lumières (du 17 ème siècle ) est combattu seulement au 19 ème siècle  par…Wronski !

Abdennour Bidar : comment sortir de la religion ?

http://www.lemondedesreligions.fr/culture/abdennour-bidar-comment-sortir-de-la-religion-15-05-2012-2510_112.php

Abdennour Bidar est il un musulman français lucide comme l’affirme cet article de Riposte laïque :

http://ripostelaique.com/Abdennour-Bidar-un-musulman.html

et comme je l’avais encore admis dans cet article :

http://horreurislamique.wordpress.com/2012/03/28/une-tres-belle-tribune-dabdennour-bidar/

lucide certainement, notamment à propos de l’Islam (actuel)  !

encore musulman ?

lui qui déclare :

« La religion n’était de toute façon pas faite pour être éternelle : toute voie a une fin. à présent, nous sommes sortis de la voie ou de la matrice religieuse. Nous sommes « au-delà » de la voie religieuse. Ce qu’elle appelait elle-même « l’au-delà » commence maintenant. Le véritable au-delà, c’est « l’après » : l’après de notre condition de faiblesse, l’après de notre finitude, qui laisse place à l’émergence de notre puissance créatrice. »

et admet être « sorti », avoir quitté, à l’âge de 30 ans , la structure initiatique soufie qui l’avait accueilli :

« Puis, il y a eu dans ma vie un déclic à l’âge de 30 ans, qui a suivi ma sortie de la voie soufie. En quittant cette structure initiatique, j’ai traversé une période de crise personnelle extrêmement profonde, j’ai eu la sensation physique et psychique de mourir. »

« Si je regarde mon parcours, je suis sorti de la religion, je suis un héritier de l’islam qui a vécu et puisé dans sa matrice, mais je n’en ai plus besoin et je crois que nous pouvons tous nous considérer comme des nouveaux nés de l’humanité sortie de la religion.  »

Je crois que la réponse est claire : la religion (que ce soit l’Islam, l’hindouisme, le christianisme, le judaïsme, etc..) c’est terminé !

un cadavre !

je m’exprime différemment, mais au fond je ne dis pas autre chose , quand je caractérise le « Dieu » des « anciennes religions » comme « analogue » à ce qui serait un objet à la fois terminal et initial (créateur) en théorie des catégories.

Abdenour Bidar dit quant à lui , nous engageant à devenir « créateurs »:

« Les dieux, écrit-il, ne sont pas les maîtres de l’homme, ils sont le nom de son avenir. »

cela ne signifie rien d’autre que ce qui est dit ici : Dieu, s’il ne doit pas devenir une Idole, ne peut être rien d’autre qu’un « objet terminal », c’est à dire une Idée régulatrice, l’Idée de la Raison.

Le sens de notre existence, le seul sens universel de toute vie humaine, ne peut être que de créer Dieu !

Bidar dit :

« Mais pour l’instant, nous n’avons pas vu le lien entre les deux – religion et modernité – et donc nous n’avons pas su donner à cet événement sa signification existentielle ou spirituelle : cette extension prodigieuse de notre capacité créatrice met en péril le religieux qui était fondé justement sur l’idée d’une puissance créatrice supérieure à l’homme »

Je me demande pourquoi ce professeur de philosophie ne parle pas ici de la philosophie spirituelle et idéaliste de Léon Brunschvicg ?

car cette oeuvre a très bien fait le lien entre religion (religion véritable, philosophique , émancipée des mythologies « religieuses ») et la modernité scientifique.

Mais au fond, Brunschbvicg lui même aurait été le premier à dire que sa « personne » n’a aucune importance, ce qui compte c’est sa pensée, et celle ci est toute entière contenue en ce programme de progrès infini , que j’ai déjà si souvent cité :

http://mathesis.blogg.org/page-mathesis_universalis_amor_dei_intellectualis___un_jeu_de_perles_de_verre-995.html

« si les religions sont nées de l’homme, c’est à chaque instant qu’il lui faut échanger le Dieu de l’homo faber, le Dieu forgé par l’intelligence utilitaire, instrument vital, mensonge vital, tout au moins illusion systématique, pour le Dieu de l’homo sapiens, Dieu des philosophes et des savants, aperçu par la raison désintéressée, et dont aucune ombre ne peut venir qui se projette sur la joie de comprendre et d’aimer, qui menace d’en restreindre l’espérance et d’en limiter l’horizon.

Dieu difficile sans doute à gagner, encore plus difficile peut-être à conserver, mais qui du moins rendra tout facile. Comme chaque chose devient simple et transparente dès que nous avons triomphé de l’égoïsme inhérent à l’instinct naturel, que nous avons transporté dans tous les instants de notre existence cette attitude d’humilité sincère et scrupuleuse, de charité patiente et efficace, qui fait oublier au savant sa personnalité propre pour prendre part au travail de tous, pour ne songer qu’à enrichir le trésor commun ! »

et surtout ces lignes tirées de « Raison et religion », qui me paraissent comme un « Mont Everest » absolument inaccessible :

« Les théologiens se sont attachés à distinguer entre la voie étroite : Qui n’est pas avec moi est contre moi, et la voie large : Qui n’est pas contre moi est avec moi. Mais pour accomplir l’Évangile, il faut aller jusqu’à la parole de charité, non plus qui pardonne, mais qui n’a rien à pardonner, rien même à oublier : Qui est contre moi est encore avec moi.

Et celui-là seul est digne de la prononcer, qui aura su apercevoir, dans l’expansion infinie de l’intelligence et l’absolu désintéressement de l’amour, l’unique vérité dont Dieu ait à nous instruire. »

On peut et on doit, si l’on se situe sur la voie de progrès continu en intelligence et en moralité qui est la voie proprement humaine (et qui s’appelle déification) , quitter, sortir de toutes les « structures » initiatiques ou « religieuses ».

Mais on ne « sort » pas de cette unique vérité, car elle est proprement infinie, elle n’enferme pas dans un dogme ou une croyance.

Le seul problème est d’y rentrer !

Bidar quand il dit :

« Le principe de favoriser la bonne santé des êtres humains ne me choque pas du tout. L’éthique est nécessaire. Certains usages des thérapies géniques seront à proscrire. Le XXe siècle nous a avertis des dérives de l’eugénisme. Mais une humanité avertie en vaut deux. Là encore, il y a des possibilités qui ne vont pas cesser de croître. Et la question sera la même que pour tout le reste : quelle vocation spirituelle pourra-t-on leur donner ? S’il s’agit, grâce à nos connaissances génétiques, de donner naissance à des individus qui ne sont pas menacés par des maladies dégénératives, ni par telle ou telle faiblesse cardiaque, nous accroissons notre puissance créatrice : là où la nature commandait et où nous obéissions, à présent, c’est nous qui serons devenus maîtres. Nous sommes appelés à nous créer de plus en plus nous-mêmes. »

 semble se voir répondre par Brunschvicg :

« il ne s’agit plus pour l’homme de se soustraire à la condition de l’homme. Le sentiment de notre éternité intime n’empêche pas l’individu de mourir, pas plus que l’intelligence du soleil astronomique n’empêche le savant de voir les apparences du soleil sensible. Mais, de même que le système du monde est devenu vrai le jour où la pensée a réussi à se détacher de son centre biologique pour s’installer dans le soleil, de même il est arrivé que de la vie qui fuit avec le temps la pensée a fait surgir un ordre du temps qui ne se perd pas dans l’instant du présent, qui permet d’intégrer à notre conscience toutes celles des valeurs positives qui se dégagent de l’expérience du passé, celles là même aussi que notre action réfléchie contribue à déterminer et à créer pour l’avenir. Rien ici qui ne soit d’expérience et de certitude humaines. Par la dignité de notre pensée nous comprenons l’univers qui nous écrase, nous dominons le temps qui nous emporte; nous sommes plus qu’une personne dès que nous sommes capables de remonter à la source de ce qui à nos propres yeux nous constitue comme personne »
enfin il n’a peut être pas renoncé aux « dieux » comme objet initial, à l’Origine, in illo tempore :

« Mais saurons-nous être aussi sages que les dieux qui, auparavant, détenaient une telle toute-puissance créatrice ? Ils étaient à la fois tout-puissants et miséricordieux »

« Nous ne pouvons plus nous contenter de sagesses de l’humilité. à des sagesses de créature, nous devons substituer une sagesse de créateurs. Nous préparer à pouvoir créer et détruire des univers. »

certes ! mais nous devons surtout nous préparer à créer les dieux !

 

La nature véritable de la oumma islamiyya mondiale

ces quelques développements supplémentaires auraient appartenu à l’article précédent :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/05/11/eclaircissements-grace-a-la-toposophie-sur-la-premiere-sourate-du-coran-selon-lordre-de-la-revelation/

mais je préfère en composer un autre article, pour attirer l’attention sur leur importance.

Au fond, quand le prêtre Nazaréen Waraqa Ibn Nawfal écrit et enseigne  cette  première sourate révélée , il sait qu’il joue gros parce qu’ IL MENT en prétendant que ces « sourates » lui viennent de l’autorité d’Allah, c’est à dire du Dieu d’Israel : elle est révélée par lui, pas par Dieu, puisque ces peuplades ignorantes d’avant la civilisation européenne moderne ne peuvent avoir aucune idée de ce que c’est que Dieu, à savoir la Raison universelle à l’oeuvre dans la science et la philosophie !

Seuls des savants comme Thalès, et les autres « savants-philosophes » ioniens ou grecs, vrais fondateurs de la civilisation européenne née avec Descartes 20 siècles plus tard, pourraient déterminer strictement cette essence de Dieu, seulement il leur est arrivé de gros ennuis quand ils ont tenté d ‘orienter les autres vers la Vérité, qui est Dieu comme l’a dit Spinoza : Socrate a dû boire la cigüe , sous l’accusation de « tentative de pervertir la jeunesse en la détournant des dieux de la cité », et Thalès, tombant dans un puits alors qu’il observait les étoiles pour en faire la théorie, a été la risée d’une (belle, j’espère) servante de Thrace qui passait par là et assista à la scène :

« non mais regardez moi ce bouffon de grec avec ses dieux débiles, il veut expliquer l’Univers et il n’est même pas capable de regarder devant lui où il met les pieds ! »

elle ne le traite pas d’athée, c’eût été un anachronisme, parce que pour tous ces anciens peuples encore sauvages, les « vrais dieux » , c’est à dire les plus forts, les plus puissants, c’étaient ceux de leur peuple ! tous les autres peuples ne pouvaient avoir que des dieux, pas tout à fait faux sans doute, mais moins puissants !

et la servante ne pouvait absolument pas se douter que sous ses yeux une révolution ayant bien plus de portée que la néolithique, était en train de s’accomplir : « les dieux » anthropomorphiques , ceux dont les fidèles ne se souciaient que de puissance (sur les éléments naturels) et non pas de Justice, de Vérité  et de Sagesse universelles, cédaient ici la place au Dieu des philosophes et des savants, celui qui est le Fils et la Sagesse dans la Trinité, et non pas le Père ou la Puissance (comme l’est encore Allah).

elle ne le pouvait pas  parce qu’elle croyait que Thalès, les yeux perdus dans les cieux, était en train de prier ses dieux, et sa mésaventure sonnait comme un avertissement et une confirmation : ces faux dieux , pour toute réponse à ses prières, laissaient littéralement tomber leur dévôt, évidemment puisque les vrais dieux, les siens, ceux des Thraces, étaient sous la terre et non dans le ciel !

elle était incapable de « penser au delà d’elle même et de son peuple », exactement comme de nos jours une musulmane venue se perdre en Occident, où son prétendu « Dieu », son Idole, n’a pas cours !

elle ne pouvait donc pas se « figurer » que les deux servent à autre chose que se faire prier et sacrifier des victimes (humaines, parfois, ou animales) pour qu’ils soient « propices à leur peuple » ).

La différence est qu’aujourd’hui le peuple de l’Islam c’est en droit (du droit du Jihad) l’humanité entière, et que les « victimes humaines » qu’on lui sacrifie sont les kamikazes !

J’ai formulé ailleurs, à propos de cette petite historiette de Thalès et de la servante, qui m’a toujours enchanté, l’hypothèse , qui a pu paraître scandaleuse, que la jeune servante Thrace, sous ses dehors un peu « brusques », était « bonne fille », et avait pu peut être soigner, voire consoler par ses beautés « asiates » , le vieux savant grec (qui était d’ailleurs tout aussi asiate extérieurement, en provenance d’Asie Mineure) tout meurtri de sa mésaventure « astronomique » (plutôt qu’astrologique) :

http://sedenion.blogg.org/date-2009-01-07-billet-951372.html

voici en tout cas ce que dit Brunschvicg, qui nous remet heureusement sur le droit chemin, à propos de cette anecdote qui se trouve chez Platon :

« Thalès étant tombé dans un puits tandis que, occupé d’astronomie, il regardait en l’air, une petite servante de Thrace, toute mignonne et pleine de bonne humeur, se mit, dit-on, à le railler de mettre tant d’ardeur à savoir ce qui est au ciel, alors qu’il ne s’apercevait pas de ce qu’il avait devant lui et à ses pieds. Or, à l’égard de ceux qui passent leur vie à philosopher, le même trait de raillerie est assez bien à sa place » (Platon, Théétète 174a)

« peut être la servante de Thrace avait-elle confondu la théorie des étoiles avec le culte de celles-ci, et avait à ce niveau tenu ses propres dieux pour les plus forts » (Hans Blumenberg)

« la sagesse du philosophe qui s’est retiré du monde pour vivre dans l’imitation de Dieu a, comme contre-partie inévitable, la maladresse et la gaucherie qui le mettent hors d’état de s’appliquer aux affaires de la vie pratique, qui font de lui, comme jadis de Thalès, la risée d’une servante thrace (Théétète, 174a). Est il légitime de se résigner à cette séparation de la vertu philosophique et de la réalité sociale, qui s’est traduite, dans l’histoire d’Athènes, par des évènements tels que la condamnation de Socrate ? n’est ce point manquer à l’intérêt de l’humanité que de l’abandonner aux opinions absurdes et aux passions désordonnées de la multitude ? et la misanthropie n’est elle point, en définitive, un péché contre l’esprit au même titre que la misologie ? (Phédon, 89b) » (Léon Brunschvicg)

Certes le Sage (mais une fois Sage seulement, donc hors de portée des charmes des servantes thraces ou des grandes dames du monde) a le devoir de redescendre des « sommets » de la solitude pour venir secourir et enseigner la multitude prise dans le chaos des « opinions » (ou des émissions de Télé réalité et autre « petit ou grand journal ») ;

 mais il risque alors de lui arriver ce qui arrive à Zarathoustra dans Nietzsche !

Lorsque Zarathoustra eut atteint sa trentième année, il quitta sa patrie et le lac de sa patrie et s’en alla dans la montagne. Là il jouit de son esprit et de sa solitude et ne s’en lassa point durant dix années. Mais enfin son cœur se transforma, — et un matin, se levant avec l’aurore, il s’avança devant le soleil et lui parla ainsi :

« Ô grand astre ! Quel serait ton bonheur, si tu n’avais pas ceux que tu éclaires ?

Depuis dix ans que tu viens vers ma caverne : tu te serais lassé de ta lumière et de ce chemin, sans moi, mon aigle et mon serpent.

Mais nous t’attendions chaque matin, nous te prenions ton superflu et nous t’en bénissions.

Voici ! Je suis dégoûté de ma sagesse, comme l’abeille qui a amassé trop de miel. J’ai besoin de mains qui se tendent.

Je voudrais donner et distribuer, jusqu’à ce que les sages parmi les hommes soient redevenus joyeux de leur folie, et les pauvres, heureux de leur richesse.

Voilà pourquoi je dois descendre dans les profondeurs, comme tu fais le soir quand tu vas derrière les mers, apportant ta clarté au-dessous du monde, ô astre débordant de richesse !

Je dois disparaître ainsi que toi, me coucher, comme disent les hommes vers qui je veux descendre.

Bénis-moi donc, œil tranquille, qui peux voir sans envie un bonheur même sans mesure !

Bénis la coupe qui veut déborder, que l’eau toute dorée en découle, apportant partout le reflet de ta joie !

Vois ! cette coupe veut se vider à nouveau et Zarathoustra veut redevenir homme. »

Ainsi commença le déclin de Zarathoustra

….

et voici comment se termine cette belle et morale idylle si altruiste :

« Quand Zarathoustra eut dit ces mots, il considéra de nouveau le peuple et se tut, puis il dit à son cœur : « Les voilà qui se mettent à rire ; ils ne me comprennent point, je ne suis pas la bouche qu’il faut à ces oreilles.

Faut-il d’abord leur briser les oreilles, afin qu’ils apprennent à entendre avec les yeux ? Faut-il faire du tapage comme les cymbales et les prédicateurs de carême ? Ou n’ont-ils foi que dans les bègues ?

Ils ont quelque chose dont ils sont fiers. Comment nomment-ils donc ce dont ils sont fiers ? Ils le nomment civilisation, c’est ce qui les distingue des chevriers.

C’est pourquoi ils n’aiment pas, quand on parle d’eux, entendre le mot de « mépris ». Je parlerai donc à leur fierté.

Je vais donc leur parler de ce qu’il y a de plus méprisable : je veux dire le dernier homme. »

Et ainsi Zarathoustra se mit à parler au peuple :

Il est temps que l’homme se fixe à lui-même son but. Il est temps que l’homme plante le germe de sa plus haute espérance.

Maintenant son sol est encore assez riche. Mais ce sol un jour sera pauvre et stérile et aucun grand arbre ne pourra plus y croître.

Malheur ! Les temps sont proches où l’homme ne jettera plus par-dessus les hommes la flèche de son désir, où les cordes de son arc ne sauront plus vibrer !

Je vous le dis : il faut porter encore en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. Je vous le dis : vous portez en vous un chaos.

Malheur ! Les temps sont proches où l’homme ne mettra plus d’étoile au monde. Malheur ! Les temps sont proches du plus méprisable des hommes, qui ne sait plus se mépriser lui-même.

Voici ! Je vous montre le dernier homme.

« Amour ? Création ? Désir ? Etoile ? Qu’est cela ? » — Ainsi demande le dernier homme et il cligne de l’œil.

La terre sera alors devenue plus petite, et sur elle sautillera le dernier homme, qui rapetisse tout. Sa race est indestructible comme celle du puceron ; le dernier homme vit le plus longtemps.

« Nous avons inventé le bonheur, » — disent les derniers hommes, et ils clignent de l’œil.

Ils ont abandonné les contrées où il était dur de vivre : car on a besoin de chaleur. On aime encore son voisin et l’on se frotte à lui : car on a besoin de chaleur.

Tomber malade et être méfiant passe chez eux pour un péché : on s’avance prudemment. Bien fou qui trébuche encore sur les pierres et sur les hommes !

Un peu de poison de-ci de-là, pour se procurer des rêves agréables. Et beaucoup de poisons enfin, pour mourir agréablement.

On travaille encore, car le travail est une distraction. Mais l’on veille à ce que la distraction ne débilite point.

On ne devient plus ni pauvre ni riche : ce sont deux choses trop pénibles. Qui voudrait encore gouverner ? Qui voudrait obéir encore ? Ce sont deux choses trop pénibles.

Point de berger et un seul troupeau ! Chacun veut la même chose, tous sont égaux : qui a d’autres sentiments va de son plein gré dans la maison des fous.

« Autrefois tout le monde était fou, » — disent ceux qui sont les plus fins, et ils clignent de l’œil.

On est prudent et l’on sait tout ce qui est arrivé : c’est ainsi que l’on peut railler sans fin. On se dispute encore, mais on se réconcilie bientôt — car on ne veut pas se gâter l’estomac.

On a son petit plaisir pour le jour et son petit plaisir pour la nuit : mais on respecte la santé.

« Nous avons inventé le bonheur, » — disent les derniers hommes, et ils clignent de l’œil. —

Ici finit le premier discours de Zarathoustra, celui que l’on appelle aussi « le prologue » : car en cet endroit il fut interrompu par les cris et la joie de la foule. « Donne-nous ce dernier homme, ô Zarathoustra, — s’écriaient-ils — rends-nous semblables à ces derniers hommes ! Nous te tiendrons quitte du Surhumain ! » Et tout le peuple jubilait et claquait de la langue. Zarathoustra cependant devint triste et dit à son cœur :

« Ils ne me comprennent pas : je ne suis pas la bouche qu’il faut à ces oreilles. »

comprenez vous ce qui se passe ?

« Il est temps que l’homme se fixe à lui-même son but. Il est temps que l’homme plante le germe de sa plus haute espérance. » c’est tout simplement ce que j’ai désigné comme « objet terminal », Dieu comme Idée des Fins, ce que Nietzsche appelle de façon dangereuse (ce que l’on a compris 60 ans après) le « Surhomme« .

Il ne le fait pas pour « souder les humains » en une communauté universelle (universelle à la façon ensembliste, idolâtre donc) ; il le fait pour éviter le règne du dernier homme, c’est à dire celui qui a cessé de vouloir que l’homme « se dépasse lui même » pour arriver au …bonheur et au confort !

par contre, dans la Sourate Al-Alaq, les desseins de Waraqa Ibn Nawfal sont tout autres que ceux de Thalès ou de Zarathoustra (c’est à dire : que ceux des vrais européens) .

Nous sommes au début du 7 ème siècle (vers 610  après Jésus-Christ) : la Grèce antique, celle de la si belle et si courte floraison de sagesse de Platon préparée chez Thalès, a cédé la place aux dieux  et aux cultes « d’origine et de caractère asiatique » comme dit Brunschvicg :

« Les “valeurs méditérranéennes”, celles qui ont dominé tour à tour à Jérusalem, à Byzance, à Rome et à Cordoue, sont d’origine et de caractère asiatique…… »

en somme, depuis 6 ou 8 siècles, et pour encore 10 siècles avant Descartes, c’est « business as usual » , et la servante de Thrace se sentirait comme un poisson dans l’eau : les dieux et les déesses côtoient les dieux et les déesses .

Et le Dieu d’Israel , qui a donné naissance au christianisme sous les espèces de son « fils » (ce qui sacandalise certes les juifs orthodoxes, qui sentent bien que tout ceci va mal se terminer pour eux, et pour les Nazaréens, qui se préparent à faire leur « révolution universelle » qui sera appelée plus tard « Islam ») ?

Itou !

c’est un Dieu à « peuple élu », donc point différent en essence des autres dieux, avec juste un peu plus de hargne peut être ? et encore ….

mais SVP, ne dites pas à ma mère que je vous ai dit ça, elle me croit barman au CRIJF !

Il reste que si je me réclame de Brunschvicg, je dois admettre que :

« pas de culte ni de peuple d’exception »

« l’esprit se refuse au Dieu du mystère comme au Dieu des armées »

 ou encore :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/raison_et_religion/raison_et_religion.html (page 205)

« LII. — Bon gré, mal gré, il faudra en arriver à poser en termes nets et francs le problème que l’éclectisme cherchait à embrouiller ou à dissimuler, et dont aussi bien dépend la vocation spirituelle de l’humanité. Dira-t-on que nous nous convertissons à l’évidence du vrai lorsque nous surmontons la violence de l’instinct, que nous refusons de centrer notre conception du monde et de Dieu sur l’intérêt du moi ? ou sommes-nous dupes d’une ambition fallacieuse lorsque nous prétendons, vivants,

échapper aux lois de la vie, nous évader hors de la caverne, pour respirer dans un P199 monde sans Providence et sans prières, sans sacrements et sans promesses ?

La clarté de l’alternative explique assez la résistance à laquelle se heurte une conception entièrement désocialisée de la réalité religieuse. Un Dieu impersonnel et qui ne fait pas acception des personnes, un Dieu qui n’intervient pas dans le cours du monde et en particulier dans les événements de notre planète, dans le cours quotidien de nos affaires, « les hommes n’ont jamais songé à l’invoquer ». Or, remarque M. Bergson, « quand la philosophie parle de Dieu, il s’agit si peu du Dieu auquel pensent la plupart des hommes que, si, par miracle, et contre l’avis des philosophes, Dieu ainsi défini descendait dans le champ de l’expérience, personne ne le reconnaîtrait. Statique ou dynamique, en effet, la religion le tient avant tout pour un Être qui peut entrer en rapport avec nous »

et Brunschvicg est encore plus clair à la fin de « Raison et religion » sur la rénovation religieuse qui s’opère chez Thalès sous les yeux moqueurs de la servante thrace :

« Et la parole demeure, qui passe outre à la séduction pieuse de l’éclectisme : On ne sert pas deux maîtres à la fois, seraient-ce (oserons-nous conclure) la puissance du Père et la sagesse du Fils. »

la voilà, la différence, entre la révolution religieuse, scientifique et philosophique, enfin mise en chantier définitivement en Europe avec Descartes (savoir si elle n’est pas à l’arrêt et possède une seule chance d’être menée à bout, ça c’est un autre problème) et la prétendue révolution mondiale du Coran mise en branle, pour des motifs de conquête de et puissance dominatrice, par Waraqa Ibn Nawfal !

Le gourou nazaréen ne connaît pas le « Fils », c’ est à dire la réflexion philosophique et mathématique menant à la Sagesse : il ne connaît que le Père, Allah, à la fois objet initial comme « Seigneur et Créateur » , et objet terminal comme « ce à quoi nous faisons retour, à la fin, au Jugement ».

aussi en mettant en place dès cette première sourate révélée, le « morphisme spécial » passant par le point 0 qui est l’objet nul Allah, voir :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/05/09/objet-initial-objet-terminal-et-objet-nul-premiere-application-de-la-toposophie-au-coran/

ne se soucie t’il absolument pas de « recherche de la Vérité universelle » dans la science et la philosophie !

ces barbares ne savent pas ce que c’est que la science, ils ne disposent, face aux déchaînements terrifiants de la Nature, que de recettes de mages et de sorciers, aussi s’explique qu’ils ont besoin d’imaginer des « dieux puissants, plutôt que sages », qui le protègeront des ouragans, des tempêtes, des famines, des sècheresses, etc….

Ce que veut Waraqa Ibn Nawfal, ce n’est pas la Vérité universelle (accessible seulement par l’effort infini de la recherche)…

c’est la domination universelle, et pour cela il a besoin de créer l’Idée ( simili-éternelle, comme tous les mensonges bien médités et les Idoles) d’une communauté modiale et universelle :

la Oumma islamiyya

idée qui dure encore à ce jour, et entraîne l’incessant prosélytisme islamique, dont on comprend maintenant qu’il est vain d’espérer qu’il renonce un jour.

S’il le faisait, il renoncerait à sa fondation même, dans ce que nous avons appelé ici le « morphisme distingué » passant par Allah, le point nul, à la fois initial et terminal.

On comprend aussi quelle devra être la stratégie intellectuelle, philosophique et religieuse pour trouver la seule alternative à l’Islam mondial : laisser tomber Dieu comme objet initial, comme Origine.

L’Origine est dans le Cogito, là où je dis « je pense, je suis », à l’intérieur de chacun de nous !

pas dans le temps reculé du Big Bang ou des fluctuations du vide quantique.

Tout simplement parce que pour « voir des signaux lumineux » en provenance de plus en plus rapprochée du Big Bang, il faut quelqu’un qui ait construit les téléscopes, et qui regarde…

de même que pour créer la théorie des « quantum fluctuations », il faut des physiciens et des mathématiciens ! et la physique mathématique !

et l’idée de Vérité, donc , qui n’est autre que l’Idée de Dieu!

Dieu est en nous comme Idée universelle, régulant notre pensée !

c’est ça l’objet terminal, le seul qui puisse orienter universellement l’humanité !

quant aux houris dans les « Jardins d’Allah », elles attendront !

elles ne peuvent faire que ça, puisque ce sont des êtres imaginaires !

(et d’une imagination pas très « jolie » , si vous voulez mon avis)

ce que fait Waraqa, en choisissant de créer une oumma mondiale plutôt que de chercher la Vérité « en son coeur et en sa Raison », c’est d’opter pour l’universalisme ensembliste :

http://leserpentvert.wordpress.com/universalisme-abstrait-ou-concret/

ce qu’il faut faire, c’est donc opter pour l »‘universalisme catégorique, celui des topoi et de la toposophie !

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/lhomme-occidental/

« Toute réflexion inquiète de l’Européen sur l’Europe trahit un mauvais état de santé intellectuelle, l’empêche de faire sa tâche, de travailler à bien penser, suivant la raison occidentale, qui est la raison tout court, de faire surgir, ainsi que l’ont voulu Platon et Spinoza, de la science vraie la pureté du sentiment religieux en  chassant les imaginations matérialistes  qui sont ce que l’Occident a toujours reçu de l’Orient »

et l’on sait que les « réflexions inquiètes des Européens sur l’Europe », elles sont de plus en plus fréquentes, notamment chez ceux qui s’imaginent trouver un recours, sinon un retour, dans l’Islam :

Ils ont bien tort, et l’on vient , si je ne m’abuse, de le leur démontrer !

éclaircissements grâce à la toposophie sur la première Sourate du Coran selon l’ordre de la révélation

Nous avons vu ici :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/05/09/objet-initial-objet-terminal-et-objet-nul-premiere-application-de-la-toposophie-au-coran/

que le mathème qui permet de comprendre rigoureusement le Dieu de l’Islam est la notion d’objet nul, c’est à dire d’objet à la fois initial et terminal dans une catégorie.

De plus nous avons vu que la présence d’un tel objet nul induit l’existence, pour tout couple d’objets de la catégorie, d’un morphisme « spécial » unique, le morphisme nul ou zéro-morphisme , qui est le morphisme entre ces deux objets passant par l’objet nul, noté 0 :

http://en.wikipedia.org/wiki/Zero_morphism

http://planetmath.org/KernelOfAMorphism.html

http://ncatlab.org/nlab/show/zero+morphism

Ce morphisme « spécial » entre deux objets quelconques X et Y est noté :

0XY : X0Y

on voit facilement qu’il obéit à la commutativité du diagramme suivant :

ZeroMorphism.png
 
Or nous avons vu que ce morphisme « distingué » et déterminé une fois pour toutes est celui des relations « passant par Dieu » , et donc inamovibles entre les êtres: telle est l’origine réelle de l’obscurantisme religieux, islamique notamment.
Or ce morphisme apparaît dès le début du Coran , dès la Sourate 96 Al-Alaq , qui si elle porte le numéro 96 dans l’ordre de la Vulgate est la première selon l’ordre de la Révélation !
c’est à dire que c’est la première à être enseignée à Mahomet par le créateur et le « scribe » principal du Coran, le prêtre nazaréen
 

Waraqa Ibn Nawfal

voir là dessus :
 
 
 
texte et traduction de la Sourate :
 
Le premier verset de cette Sourate introduit d’ailleurs Allah sous la forme de l’objet initial, c’est à dire « Ton Seigneur » qui  » a tout créé » :
 

اقْرَأْ بِاسْمِ رَبِّكَ الَّذِي خَلَقَ

Lis au nom de ton Seigneur qui a tout créé

c’est au verset 2 que Waraqa Ibn Nawafal , l’inquiétant et pervers Gourou qui a créé le Coran :
 
enseigne à Mahomet l’existence du « morphisme nul », c’est à dire de ce que le Coran appelle « Al-‘alaq » et qui donne son titre à la première Sourate révélée, preuve de l’importance cruciale de cette notion:
 

Al-‘Alaq = le lien, l’adhérence

96.2.خَلَقَ الْإِنسَانَ مِنْ عَلَقٍ

96.2. qui a créé l’homme d’une adhérence !

Allah en tant qu’objet terminal n’est introduit qu’au verset 8 seulement :
 

  

96.8.إِنَّ إِلَى رَبِّكَ الرُّجْعَى

 

96.8. comme si tout n’était pas destiné à faire retour à ton Seigneur !

et seulement dans le but de couper court aux vélléités de rébellion et d’autonomie des « élèves » :

96.6. Et pourtant c’est cet homme-là qui devient rebelle

96.7. dès qu’il se sent en mesure de se suffire à lui-même,

aux versets précédents, le Gourou a placé son enseignement sous l’Autorité d’Allah :

96.3. Lis, car la bonté de ton Seigneur est infinie

96.4. C’est Lui qui a fait de la plume un moyen du savoir
 
La deuxième Sourate révélée, qui est la sourate 68, celle du Calame , prendra la suite et « mettra les points sur les i » comme on dit :
 
68.3. En vérité, une récompense sans reproche t’est réservée
 
cette « récompense » qui est réservée à Mahomet, c’est d’être le Prophète ultime d’Allah sur terre !
 
c’est là sa « situation » spéciale, son « morphisme nul » passant par Allah, l’objet nul, le plaçant dans un statut absolument sans égal !
 
voilà pourquoi, bien que l’Islam aille sans cesse répétant que Mahomet est un homme comme les autres (sinon on tomberait dans le paganisme et ses dieux incarnés, ou le christianisme et son Dieu fait Homme) il n’est quand même pas tout à fait pareil, et l’on s’expose à de « gros ennuis », pour dire le moins, à le critiquer, même aujourd’hui !
 
Waraqa n’insiste pas dans la première sourate 96, , ou juste autant qu’il est strictement besoin, sur Allah comme objet terminal, sur le « règne des Fins » : ces tribus encore ingorantes et plongées dans l’idolâtrie (à ses yeux) n’ent ont pas besoin, et seraient de toutes façons incapables de comprendre !
 
 

 

 

objet initial, objet terminal et objet nul : première application de la toposophie…au CORAN !

cet article se situe dans le prolongement du précédent :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/05/09/la-dualite-de-letre-et-de-lun/

où l’on a abordé les constructions universelles, et la dualité dans la théorie des catégories et des topoi.

Un autre exemple de ce genre de constructions est ce que l’on appelle « objet terminal » dans une catégorie: c’est un objet F  tel qu’il existe une flèche et une seule venant des autres objets de la catégorie vers F (F est défini à un isomorphisme près, comme toujours dans ce genre de constructions, c’est à dire que tout objet relié à F par un isomorphisme sera aussi terminal).

pour tout objet A de la catégorie, il existe une flèche et une seule :

A ———————- > F

File:Terminal and initial object.svg

http://ncatlab.org/nlab/show/terminal+object

la notion duale est celle d’objet initial :

http://en.wikipedia.org/wiki/Initial_and_terminal_objects

http://ncatlab.org/nlab/show/initial+object

il s’obtient par dualité, en renversant le sens des flèches; c’est donc un objet I tel que pour tout autre objet A il existe une flèche et une seule orientée de I vers A

I ———————–> A

un objet nul, ou objet zéro, est un objet qui est à la fois initial et terminal :

http://ncatlab.org/nlab/show/zero+object

Quelques exemples :

dans la catégorie des ensembles, tout ensemble à un seul élément est un objet terminal (ces ensembles sont évidemment tous isomorphes, en bijection)

aussi note t’on généralement l’objet terminal  par 1

et l’on note :

!:x→1

l’unique morphisme dirigé de n’importe quel objet x vers l’objet terminal 1

L’objet initial dans cette même catégorie des ensembles est l’ensemble vide , aussi le note t’on généralement : ∅

!:∅→x  ce qui veut dire : il n’existe qu’une seule flèche de l’objet initial vers n’importe quel objet x

dans la catégorie Grp des groupes, le groupe trivial est un objet à la fois initial et terminal, donc un objet nul.

http://ncatlab.org/nlab/show/trivial+group

Un ensemble ordonné peut être vu comme une catégorie :

http://ncatlab.org/nlab/show/partial+order

on met une flèche entre deux objets de cette catégorie, ou deux élément de l’ensemble ordonné x et y si x est inférieur à y :

x —- > y si et seulement si  x ≤ y

l’objet terminal dans une telle catégorie est alors le maximum de l’ensemble ordonné, s’il existe…rappelez vous ceci, nous allons voir ce à quoi cela correspond en théologie

Un objet terminal est un exemple de limite : celle du diagramme vide!

et l’objet initial est la colimite correspondante.

Application au Coran : ALLAH  est NUL

j’ai donné il y a quelques temps  une interprétation de la sourate 112 portant sur le prétendu monothéisme pur (qui serait évidemment l’Islam.. on se croirait dans une publicité électorale américaine, où un candidat a le droit de dénigrer ses concurrents, ceux ci sont évidemment le christianisme et le judaïsme) :

http://horreurislamique.wordpress.com/2012/03/20/la-sourate-112-al-ikhlas-le-monotheisme-pretendument-pur-verset-1/

http://horreurislamique.wordpress.com/2012/03/20/sourate-112-al-ikhlass-verset-2-labsolu/

http://horreurislamique.wordpress.com/2012/03/20/une-musulmane-fanatique-prise-en-flagrant-delit-dignorance-et-de-confusion/

http://horreurislamique.wordpress.com/2012/03/21/sourate-112-al-ikhlass-le-monotheisme-pur-versets-3-et-4/

Verset 1 :

112.1.قُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ

112.1. Dis : «C’est Lui, Dieu l’Unique

112.2.اللَّهُ الصَّمَدُ

112.2. Dieu le Suprême Refuge

mais le terme As-Samad peut aussi être traduit par Absolu

Ces deux versets peuvent être traduits en toposophie par la proposition :

Allah est objet terminal

ceci est valide dans toute catégorie correspondant au discours à analyser : une catégorie peut être considérée comme une « fenêtre », un « point de vue » sur la Réalité.

Nous avons donc l’équation coranique :

ALLAH = 1

qui serait en même temps l’UN « réalisé » (ce qui est exclus par la toposophie, qui tient compte de la situation incarnée de l’existence humaine comme effort infini vers l’Unification du réel)

rappelons nous ce que nous avons dit sur l’objet terminal comme maximum dans une catégorie correspondant à un ensemble ordonné : ne retrouvons nous pas ici l’argument de St Anselme sur Dieu comme « tel qu’on ne peut pas penser de plus grand » ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Anselme_de_Cantorb%C3%A9ry#.C2.AB_Preuve_ontologique_.C2.BB_de_l.27existence_de_Dieu

« Nous croyons que tu es quelque chose de tel que rien de plus grand ne puisse être pensé. Est ce qu’une telle nature n’existe pas, parce que l’insensé a dit en son cœur : Dieu n’existe pas?[6] Mais du moins cet insensé, en entendant ce que je dis : quelque chose de tel que rien de plus grand ne puisse être pensé, comprend ce qu’il entend ; et ce qu’il comprend est dans son intelligence, même s’il ne comprend pas que cette chose existe. Autre chose est d’être dans l’intelligence, autre chose exister. […] Et certes l’Être qui est tel que rien de plus grand ne puisse être pensé, ne peut être dans la seule intelligence ; même, en effet, s’il est dans la seule intelligence, on peut imaginer un être comme lui qui existe aussi dans la réalité et qui est donc plus grand que lui. Si donc il était dans la seule intelligence, l’être qui est tel que rien de plus grand ne puisse être pensé serait tel que quelque chose de plus grand pût être pensé. »

— Anselme de Cantorbéry, Proslogion

et, concernant la traduction de As-Samad par « absolu », ne retrouvons nous pas la thèse de Hegel (dans la Phénoménologie de l’Esprit) sur l’Absolu qui est essentiellement résultat ?

http://alain.feler.pagesperso-orange.fr/guy/Preface.html

« 20- Le vrai est le tout. Mais le tout n’est que la nature fondamentale s’accomplissant par son développement. Il faut dire de l’absolu qu’il est fondamentalement résultat, qu’il n’est qu’à la fin ce qu’il est en vérité; et là-même est la nature de cet absolu, d’être du réel, d’être sujet, ou un devenir autonome. Aussi contradictoire qu’il peut sembler que l’absolu soit saisi fondamentalement comme résultat, un peu de réflexion redresse pourtant cette apparence de contradiction. Le début, le principe ou l’absolu, comme on l’exprime d’abord et im-médiatement, n’est que le général. Si peu quand je dis: tous les animaux, cela vaut comme zoologie, de même on voit que les mots du divin, de l’absolu, de l’éternel etc. n’expriment pas ce qui y est contenu; – et de tels mots n’expriment en fait que la contemplation comme im-médiat. Ce qui est plus qu’un tel mot, le passage à encore seulement une proposition, est un devenir autre, qu’il faut reprendre, c’est une médiation. Mais celle-ci est ce qu’on repousse, comme si en en faisant plus que de n’être rien d’absolu et pas du tout dans l’absolu, on en abandonnerait la connaissance absolue »

Reste qu’ Allah (Dieu) peut et doit être envisagé comme objet initial aussi, quand il est considéré comme l’Origine, la racine non manifestée, le Créateur , le Maître des mondes, par exemple dans la Sourate Al-Fatiha

1.2.الْحَمْدُ للّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ

1.2. Louange à Dieu, le Maître des Univers

(chaque univers correspond à une catégorie, ou plutôt un topos)

Ceci est encore plus évident dans le nom hébreu de YHVH qui correspond à ALLAH en arabe : on peut le traduire par « ce qui fut, est et sera »

l’origine et la fin

conclusion de la toposophie, c’est à dire de la philosophie absolue qui donne des leçons à YHVH-ALLAH :

ALLAH est un objet à la fois initial et terminal, donc un objet nul !

ALLAH = 1 = O

seulement ici nous déduisons de la théorie l’existence d’un moprhisme distingué reliant deux objets quelconques de la catégorie du discours , morphisme unique se factorisant par l’objet nul qui est l’objet zéro :

pour deux objets quelconques x et y , il existe un morphisme spécial unique appelé morphisme nul, ou morphisme zéro, obtenu en factorisant par l’objet nul 0 :

! : x  ———-> 0 ————–> y

l’unicité provient de ce qu’il s’agit du morphisme composé des deux morphismes uniques !

voir http://ncatlab.org/nlab/show/zero+object et http://ncatlab.org/nlab/show/zero+morphism

Nous avons ici l’explication de l’obscurantisme islamique : cet « unique morphisme », c’est (entre autres) la relation de deux êtres passant par Dieu, c’est à dire la relation déterminée une fois pour toutes par le dogme religieux.

Il est unique et inflexible, donc n’évoluera jamais !

ainsi par exemple, la relation entre un mari et sa femme « passant par Dieu » sera éternellement une relation de soumission de la femme à l’homme, et de sourde violence ..

ou, en d’autres termes moins « polis » :

« L’Islam des Lumières de Malek Chebel, et BHL,  c’est de la daube »

Le Coran corrigé par la toposophie

pour  conclure, voyons quel peut être le sens réel de ces apories.

Nous nous sommes débarrassés des Idoles métaphysiques que sont l’Etre et l’Un pour les troquer contre un mouvement duel de la pensée, vers l’Unification ou vers la multiplicité : montée et descente, procession et récession.

Or ceic trouve une interprétation particulièrement claire en théorie des catégories !

la flèche unique orientée de n’importe quel objet vers l’objet terminal 1 correspond à la montée vers l’Absolu et vers l’Un, montée jamais terminée, car effort infini qui ne supporte aucune relâche (donc pas d’alcool et pas de sexe, sinon on tetombe dans l’orientation vers le multiple… les femmes attirantes sont si nombreuses, une c’est bien, mais deux valent mieux qu’une, trois que deux, etc… etc..nous nommerons cette façon de voir les choses « discours de Salomon, ou de DSK »)

Seulement quelle est la notion duale ?

c’est à dire en considérant les flèches allant de 1 vers n’importe quel objet ?

tout simplement celle d’éléments de l’objet A, ce qui répond à ce qui se passe quand la catégorie est celle des ensembles !

en effet, si 1 est l’objet terminal de la catégorie des ensembles, c’est n’importe quel ensemble à un élément

considérons alors un ensemble A quelconque, ayant trois éléments (pour simplifier) : x , y et z

les morphismes dirigés de 1 vers A sont alors les fonctions (applications) :

1 ——–> A

qui associent à l’unique élément de 1 un et un seul (ce qui est la définition des fonctions) élément de A

il y a trois telles fonctions, et pas plus :

1 ——-> x

1 ——–> y

et 1 ——–> z

elles peuvent être identifées avec les trois éléments de A

CQFD

voir :

http://ncatlab.org/nlab/show/generalized+element

« 

« In the category Set of sets, for X a set, an element x∈X is equivalently a morphism in Set (namely a function of sets) x:*→X, where ”*” denotes the point – the set with a single element. »

donc, la pensée selon l’un, la montée vers l’Un, consiste à prendre les morphismes dirigés vers 1, l’objet terminal

la pensée duale, vers l’Etre, la descente vers le multiple, consiste à inverser les flèches, à ne retenir que celles orientées de 1 vers un autre objet, ce qui revient à analyser un ensemble en ses éléments (dans le cas de la catégorie des ensembles)

Allah, YHVH, Dieu, c’est une Idée régulatrice, l’Idée de Raison, d’intelligibilité et d’unification portée à son maximum d’incandescence !

Et l’origine , l’objet initial ?

on la jette !

ce n’est qu’à ce prix que Dieu évitera d’être nul !

Si Dieu était « origine », objet initial, Dieu serait !

ce qui est selon Brunschvicg la formule de l’athéisme !

http://www.blogg.org/blog-76490-billet-atheisme__spiritualisme__philosophie_et_sens_commun_selon_brunschvicg-955910.html

« mais si l’idéal est la vérité, il est la vie même de l’esprit. L’idéal, c’est d’être géomètre, et de fournir d’une proposition une démonstration rigoureuse qui enlève tout soupçon d’ erreur; l’idéal c’est d’être juste, et de conformer son action à la pureté de l’amour rationnel qui enlève tout soupçon d’égoïsme et de partialité.

Le géomètre et le juste n’ont rien à désirer que de comprendre plus ou de faire plus, de la même façon qu’ils ont compris ou qu’ils ont agi, et ils vivent leur idéal.

Le philosophe n’est pas autre chose que la conscience du géomètre et du juste; mais il est cela, il a pour mission de dissiper tout préjugé qui leur cacherait la valeur exacte de leur oeuvre, qui leur ferait attendre, au delà des vérités démontrées ou des efforts accomplis, la révélation mystérieuse de je ne sais quoi qui serait le vrai en soi ou le bien en soi; le philosophe ouvre l’esprit de l’homme à la possession et à la conquête de l’idéal, en lui faisant voir que l’idéal est la réalité spirituelle, et que notre raison de vivre est de créer cet idéal.

La création n’est pas derrière nous, elle est devant nous; car l’idée est le principe de l’activité spirituelle… »

« Ou nous nous détachons des idées qui sont en nous pour chercher dans les apparences extérieures de la matière la constitution stable et nécessaire de l’être, nous nous résignons à la destinée inflexible de notre individu, et nous nous consolons avec le rêve dun idéal que nous reléguons dans la sphère de l’imagination ou dans le mystère de l’au delà« 

la destinée inflexible de l’individu, c’est le morphisme nul !

morphisme inéluctable si l’on conisdère dieu comme origine, comme objet à la fois initial et terminal, comme objet nul par lequel on peut « factoriser » les relations entre les êtres !

se détacher des idées qui sont en nous, c’est quitter l’immanence et l’intériorité pour la transcendance du monde, ou des croyances fabuleuses en le surnaturel et l’au delà !

« ou bien nous rendons à nos idées mortes leur vie et leur fécondité, nous comprenons qu’elles se purifient et se développent grâce au labeur perpétuel de l’humanité dans le double progrès de la science et de la moralité, que chaque individu se transforme, à mesure  qu’il participe davantage à ce double progrès. Les idées, qui définissent les conditions du vrai et du juste, font à celui qui les recueille et s’abandonne à elles, une âme de vérité et de justice; la philosophie, qui est la science des idées, doit au monde de telles âmes, et il dépend de nous qu’elle les lui donne »

 http://sedenion.blogg.org/date-2009-01-14-billet-958406.html

« Le danger du réalisme se trouvera donc conjuré du moment que la conscience sensible, que la conscience intellectuelle même considérée dans sa fonction théorique, ne sont que des abstractions de la conscience morale, comme le danger de voir la pureté de la critique s’infléchir dans le sens dialectique, l’immanence du Wissen (savoir) se subordonner à la transcendance du Glauben (croire, foi) »

C’est seulement en tant que je suis un être moral que la certitude est pour moi possible : le criterium de toute vérité théorique n’est pas lui même un criterium théorique, c’est un criterium pratique : un criterium interne, non un criterium externe, objectif, car précisément là où il est considéré comme moral, le moi doit être entièrement autonome et indépendant de tout ce qui se trouve en dehors de lui

il (le philosophe) a pour mission de dissiper tout préjugé qui leur cacherait la valeur exacte de leur oeuvre, qui leur ferait attendre, au delà des vérités démontrées ou des efforts accomplis, la révélation mystérieuse de je ne sais quoi qui serait le vrai en soi ou le bien en soi

« en définitive, les trois propositions génératrices du scepticisme, de l’immoralisme, de l’athéisme, sont : le vrai est, le bien est, Dieu est »

Dieu n’est pas : il doit être !

l’Absolu est essentiellement résultat : il n’est qu’à la fin ce qu’il est en vérité .

Adorer Dieu en Esprit et en Vérité, c’est cela !

et c’est là le sens de la toposophie !