Archives du mot-clé physique

La table d’émeraude, la Τοποσοφια μαθεσις uni√ersalis οντοποσοφια et le matérialisme

Suite de :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/07/12/la-table-demeraude-et-la-henosophia-τοποσοφια-οντοποσοφια-μαθεσι/

Commençons par souligner combien cette « pensée selon l’un » opposée par Brunschvicg à la pensée selon l’être, du multiple, ontologique, que nous retrouvons dans le platonisme et le néo-platonisme, ainsi que dans l’hermétisme, est incompatible avec les différentes variantes (qui peuvent être très éloignées les unes des autres) du matérialisme, ancien ou moderne.
Je parle ici du matérialisme philosophique, pas du « matérialisme » vulgaire de Mr Tout-le-monde.
Voir aussi sur les deux pensées opposées ontologique et hénologique :

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/2012/09/12/pensee-selon-letre-et-selon-l-un-categories-topoi-ensembles/

Frank Jdrzejewski les considère comme duale l’une de l’autre, en un sens de « dualité » analogue à celui de la théorie des catégories:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/04/24/en-france-du-nouveau-franck-jedrzejewski-diagrammes-et-categories-these-et-introduction/

la dualité prenant différents sens en mathématiques:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Dualité_(mathématiques)

Comme d’habitude, pour ceux qui lisent l’anglais, la page du Nlab est la plus profonde, mais elle réclame une étude détaillée, qui doit accompagner celle de la thèse de Jedrzejewski:

http://ncatlab.org/nlab/show/duality

Certes il y a différentes variantes du matérialisme mais TOUTES, y compris celle du matérialisme dialectique de Badiou, se rattachent à la pensée ontologique.

Adoptons la terminologie de l’article précédent sur la table d’émeraude et la mathesis universalis HENOSOPHIA basée sur les trois éléments primitifs de Wronski.
Tout matérialisme philosophique, que l’on peut supposer donc conséquent, ne peut que proclamer la primauté de l’élément-être, à l’ordre duquel appartient ce qu’il appelle « matière » ou « réel » ou « ce qui existe vraiment » ou même « ce qui résiste » (à l’effort physique).
Quant au savoir, aux théories scientifiques et à l’Un ou aux Idées, ce sont des superstructures idéologiques en dépendance de l’économie, de l’histoire, du social, du langage …

Ainsi pour Badiou c’est le multiple pur qui est premier, c’est à dire l’être : l’Un n’est que le compte-pour-un ensembliste.
Mais il est vrai que lorsqu’il dit :
« Il n’y a que des corps et des langages sinon qu’il y a des vérités éternelles »
il sort à mon avis du matérialisme, alors qu’il ne reconnaît que son opposition au matérialisme démocratique. La partie « il n’y a que des corps et des langages » décrit le plan vital, le « sinon qu’il y a des vérités » correspond au plan spirituel, à l’élément savoir.

Quant à l’Un il n’est pas: c’est la conclusion selon la méditation un de « L’être et l’événement »du Parmenide de Platon.
Brunschvicg disait : « être et un ne sont pas convertibles l’un en l’autre » (« nés et un un non converti tir »).
Il ne faut jamais oublier que Badiou est influencé par la pensée brunschvicgienne, sans jamais le reconnaître.

passons aux néo-platoniciens : la conversion (retour du multiple à l’un par conversion intellectuelle philosophique) n’est possible que parce qu’il « y a eu », (mais pas dans le Temps, d’où les guillemets) procession, que l’Un est devenu le multiple : toutes, ou beaucoup de mythologies antiques, en parlent, notamment les Brahmanas hindous avec le mythe de l’œuf de Brahma, et scandinaves.
Les mythologies monothéistes introduisent ensuite la fable de la création de l’Univers par Dieu (et par qui d’autre puisqu’il n’y a que lui ?) tout en identifiant ce Dieu créateur et protecteur (de sa tribu particulière et plus tard de sa communauté des « vrais croyants », les autres devant se soumettre ou être tués) à l’Un : ceci dans le « Shma Israël » biblique ou dans la sourate 112 du Coran.

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Chema_Israël

http://islamfrance.free.fr/doc/coran/sourate/112.html

Seulement jamais personne n’a pu comprendre, ni donc expliquer, sauf dans le fanatisme des assemblées cultuelles galvanisées par les sermons ou, peut être, dans les étreintes passionnées des amants (ou en dépassant les 5 grammes d’alcool par litre) comment l’Un peut créer quelque chose en dehors de lui, ou même avoir des volontés, des projets de changement.
Bien sûr il y a la Qabbale ou plutôt les Qabbales (l’ésotérisme hébraïque) et leurs explications abstruses et invérifiables. Toutes ces vieilleries sont totalement caduques depuis la naissance de la science.

Nous ne suivons pas ici la voie néo-platonicienne, mais bien sûr il faudra y revenir, ceci n’est qu’un survol.
Si nous ne voulons pas retomber dans la pensée ontologique et le matérialisme, il ne nous reste donc qu’une seule option: l’idéalisme philosophique, qui consiste à donner la prédominance à l’élément-savoir, au plan de l’idée.
D’ailleurs nous y sommes déjà entrés si nous lisons ce qui est dit ici, et qui se situe sur le plan des idées, surtout si nous l’interprétons mathématiquement comme nous l’avons suggère avec le schéma d’un foncteur entre deux topos.

Le plus grand commentateur de Wronski, à savoir Francis Warrain, a affirmé pour cette raison que l’élément-savoir conditionne l’élément-être et non l’inverse.
Signalons aussi que la triade des éléments primitifs EE, ES, En est aussi celle de l’Alchimie : souffre, sel et mercure. Nous comprenons alors qu’il ne s’agit pas du mercure, Ou du soufre « vulgaires » : l’alchimie est entièrement spirituelle, ce qui veut dire qu’elle se situe au plan de l’idée, pas au plan de la matière et des « souffleurs »: le « fourneau » est philosophal, pas physique. Sinon nous serions dans une cuisine, celle que Faust nomme « la cuisine des sorcières ».
J’entends aujourd’hui lundi 13 juillet sur France Info, dans « Le monde des idées », le physicien Étienne Klein.
Il dit (ce matin) que les Indiens ont la même raison que nous européens, mais que nous sommes les seuls à avoir la science, c’est ce qui nous distingue.
C’est évident : tous les êtres humains ont la même raison, que l’on peut donc appeler avec Malebranche « Raison universelle des esprits ».
Seulement l’esprit européen est le seul à pratiquer la « pauvreté en esprit », c’est à dire à avoir abandonné le culte d’une Raison ou d’une science qui saurait tout et pourrait résoudre tous les problèmes. C’est là ce qui rend la science possible.
Il dit aussi que les Indiens ont gardé le « sentiment » d’une communauté universelle de tous les étants : « nous sommes la même chose que le planète Mars », ce qui garantit qu’ils n’essaieront pas de dominer et d’exploiter la nature.

Tout cela est fort bien, mais cela se situe encore sur le plan de l’être, avec une vague prescience de l’Un.
Une citation souvent utilisée par moi permet de comprendre la différence radicale de l’esprit européen créateur de la science grâce à l’idéalisme philosophique et mathématisant hérité de Platon : nous ne sommes pas le Soleil mais nous, ou plutôt les philosophes-savants européens sont ceux qui rendu le monde vrai en faisant en sorte que

la pensée se détache de son centre biologique pour s’installer dans le Soleil

Très belle définition de l’idéalisme qui fonde la science véritable, la science européenne.
Les musulmans et autres primitifs en sont incapables puisque lorsqu’ils remercient Allah (leur idole sanguinaire et tribale) de toutes les bonnes choses qu’il a créées pour qu’ils puissent se nourrir ils restent sur le « plan vital » ou le Bien se limite à l’agréable. Ils ne réussissentas à émanciper la pensée de son centre biologique pour l’installer dans le « centre qui est partout et tout le temps ».

« Le sentiment de notre éternité intime n’empêche pas l’individu de mourir, pas plus que l’intelligence du soleil astronomique n’empêche le savant de voir les apparences du soleil sensible. Mais, de même que le système du monde est devenu vrai le jour où la pensée a réussi à se détacher de son centre biologique pour s’installer dans le soleil, de même il est arrivé que de la vie qui fuit avec le temps la pensée a fait surgir un ordre du temps qui ne se perd pas dans l’instant du présent, qui permet d’intégrer à notre conscience toutes celles des valeurs positives qui se dégagent de l’expérience du passé, celles là même aussi que notre action réfléchie contribue à déterminer et à créer pour l’avenir. Rien ici qui ne soit d’expérience et de certitude humaines. Par la dignité de notre pensée nous comprenons l’univers qui nous écrase, nous dominons le temps qui nous emporte; nous sommes plus qu’une personne dès que nous sommes capables de remonter à la source de ce qui à nos propres yeux nous constitue comme personne…. » (Leon Brunschvicg)
Il y a une autre citation de Brunschvicg où il évoque le souvenir émouvant d’une petite écolière, lors d’une cérémonie de remise des prix, qui parlait du Paradis de Dieu où des îles flottantes en sucre glissant dans des fleuves de miel ou de vanille.
Le Coran est encore plus ridicule, et surtout plus dégoûtant, lorsqu’il décrit dans la sourate 56 la fornication des « élus » avec les houris, après s’être « mis en forme » en tripotant les garçons « éternellement jeunes » qui leur servent à boire : ainsi Allah récompense t’il ses fidèles.

http://islamfrance.free.fr/doc/coran/sourate/56.html

Étienne Klein dit encore sur France Info, en citant une conférence d’Einstein, que « la science dit ce qui se passe, pas ce qu’il faut faire ». Et il dénonce à propos des nanotechnologies et les rêves délirants d’immortalité qu’elles provoquent chez certains (américains surtout) le mixage d’un projet technologique et d’un projet métaphysique. « La science ne nous dit pas s’il faut sortir ou non de la condition humaine, c’est à chacun d’en décider ».

La science ne nous dit pas cela parce qu’elle parle de « ce qui arrive », du plan physique , mais à partir du plan des idées (mathématiques)où elle établit la pensée.
Que cela soit à chacun d’en décider, d’accord : mais à condition que son esprit soit établi, grâce à la connaissance de la science, sur ce plan de l’idée. La démocratie et la liberté sans connaissance réelle sont illusoires.
Et Brunschvicg dit fort justement:

« Le sentiment de notre éternité intime n’empêche pas l’individu de mourir, pas plus que l’intelligence du soleil astronomique n’empêche le savant de voir les apparences du soleil sensible »

Avoir des rêves délirants d’immortalité signifie simplement que l’on n’a pas renoncé à la mort, c’est à dire que l’on a été incapable d’établir la pensée sur le plan spirituel, « centre non biologique qui est partout et nulle part, tout le temps parce qu’en dehors du temps »

Publicités

« It follows » de David Robert Mitchell (catégorie : horreur et épouvante)

Quels ont été les signes avant coureurs du nazisme ?

Entre autres : l’occultisme de la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, à Vienne, l’apparition de revues pornographiques d’un type très particulier, où des beautés blondes étaient soumises et violées par des individus patibulaires et…juifs.

Mystère (paranormal, surnaturel, occulte) et sexe (sous sa forme la plus sadique) : voilà le cocktail fort peu spirituel qui a été employé, par des gens qui étaient rien moins que nazis ou « nationalistes » pour dépraver les psychés (je n’ose dire les esprits) et les « préparer » à la future « Bête immonde ».

Ce que je dis là ressemble fort à de la théorie du complot, et j’en suis fort marri…disons que je n’oserais pas le dire sous cette forme à mes collègues , gens tous rationalistes purs et durs (comme moi) et souvent marxistes (pas comme moi, de plus je pense que cela se situe en contradiction avec le rationalisme, mais passons).

Quoiqu’il en soit, sans la première guerre mondiale et ses suites, le nazisme ne serait jamais apparu: mais je suis convaincu qu’il n’a pas comme seules causes le désastre économique de l’après guerre et de 1929, ou l’humiliation de la part des vainqueurs, qui fut réelle.

Pourquoi ce long préambule pour un film très surfait et sans aucun intérêt (autre que le succès commercial et remplir les poches de certains) ?

Parce que là aussi joue à plein le cocktail sexe et « paranormal- épouvante » : une mystérieuse maladie se transmet lors de rapports sexuels, la victime voit des apparitions horribles qui la menacent et que leur entourage ne voit pas.

Les apparitions « existent », il suffit de prendre certaines drogues ou même de boire beaucoup d’alcool pour en « voir »: mais elles ne sont pas « réelles » au sens d’avoir des effets physiques, ce qui est le cas avec celles du film (les autres, non contaminés, ne les voient pas mais peuvent leur tirer dessus sur les indications de la victime malade qui les « voit » et les blesser…
En plus cela se passe à Détroit !

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/It_Follows

Le sommet du ridicule est atteint quand des garçons amoureux de la fille lui proposent de coucher afin qu’elle leur transmette la maladie et en soit elle même libérée : et elle accepte…en tout cas le premier s’en mord les doits car il finit violé puis tué par une apparition qui ressemble comme deux gouttes d’eau à sa maman…de mon temps c’était plutôt l’aïeule démoniaque devenue vampire qui se chargeait de cette basse besogne…mais je ne suis pas né à Détroit, ni de la dernière pluie…
Le sommet bis du ridicule est atteint quand toute la bande des copains copine de la pauvre Jay disposent tout un tas d’enregistreurs sophistiqués autour de la piscine où elle entre, cela rend l’apparition furibonde et elle jette les appareils sur la pauvre Jay puis tente de la noyer…pas cool le fantôme!

Ensuite elle couche avec le second garçons, l’autre assassiné et violé (ou l’inverse) par sa maman n’étant plus vraiment disponible (sauf cas de nécrophilie, mais il faut bien que le ridicule s’arrête quelque part car s’il était infini il serait le génie absolu, hors d’atteinte du cinéma).

Lors de la dernière scène on les voit marcher dans la rue, main dans la main…ah c’est beau l’amour..sauf qu’ils sont suivis à distance par une personne de grande stature, et l’on comprend qu’il va leur arriver des bricoles incompatibles avec un orgasme heureux et pacifié..

mais au fait : si l’apparition est surnaturelle comment pourrait elle être enregistrée par des dispositifs techno-scientifiques ? et comment pourrait elle avoir des effets physiques alors que seule la « victime » la voit ?

Bref ce film se situe dans une longue série d’œuvre sur où la nunucherie le dispute à l’obscurantisme : car cela fait quatre siècles que la science a fort heureusement libéré l’humanité des fantômes, goules et autres revenants…

la série des Rec, Blair winch et aussi celle dont j’ai oublié le nom (ce dont je me fous) où des fantômes viennent perturber des couples d’amoureux en impressionnant les plaques photographiques..
certes la science rencontre des tas de choses inexplicables…pour le moment, mais ces énigmes se situent généralement à l’échelle des galaxies ou des particules sub-quantiques, et je proclame ici que les histoires de maisons hantées sont des balivernes machinées par des personnes humaines bien vivantes, le plus souvent pour se remplir les poches ou bien se venger d’autres personnes..

Le thème réel de « It follows » est évident : le malaise des jeunes générations face à la crise économique, aux problèmes sexuels et à l’invasion du porno, à la drogue, au vide de tout sens de l’existence…

Le maléfique, l’épouvante, l’horreur n’ont rien de paranormal : elles se situent dans les relations entre les êtres (domination, exploitation, tromperies et abus divers, etc..)

Alors pourquoi ne pas les prendre directement pour thèmes de films à portée sociale ou philosophique au lieu d’inventer ces histoires ridicules d’apparitions paranormales ?

Ah oui par ce que cela génèrerait moins de profit…suis je bête !

En tout cas, j’observe que ce genre de saletés sont en train de désorienter intellectuellement et psychiquement toute une génération, plusieurs même, comme l’alliance de l’occultisme et de la pornographie racialiste à Vienne au début du vingtième siècle..

Pour faire naître quelle nouvelle bête immonde ou nouveau démon (ce qui est le thème de « Rosemary’s baby » de Polanski en 1966-67)?

Le nouveau nazisme du 21 eme siècle, dont les prémisses sont clairement visibles dans DAESH ?

image

MARGIN CALL : un très grand film, glaçant et terrifiant

J’avais fait la promesse, devant mon miroir le matin en me rasant, de ne plus jamais aller au cinéma, pour au moins ne pas alimenter de mon modeste argent l’entreprise de démolition nihiliste des consciences menée par le  cinéma contemporain (hollywoodien , entre autres)..

promesse d’ivrogne !

il est vrai que j’avais fait une exception : le prochain film de Paul Thomas Anderson, (qui est le réalisateur génial de ce chef d’oeuvre absolu « There will be blood », ainsi que de Magnolia et « Punch drunk love), ce prochain film doit porter sur Lafayette Ron Hubbard, fondateur de la scientologie, et cela fait des années qu’on l’annonce …

ce n’est jamais bon de prévoir des exceptions !

il est vrai aussi que j’avais « tenu bon », et au jour d’uajourd’hui je n’ai toujours pas été voir le dernier film des frères Coen (le western), et pourtant j’admire énormément leur oeuvre… mais un film comme « Burn after reading », que j’ai vu au moins 5 ou 6 fois tellement j’ai trouvé cela désopilant, a des implications tellement désespérantes sur l’évolution prévisible de l’humanité occidentale, surtout compte tenu du talent des frères Coen, que je considère qu’il n’est pas bon,  moralement et humainement, d’aller voir ce genre de films!

enfin bref, de toutes façons j’ai trahi mon « noble » serment, et suis allé voir « Margin Call« , ce film qui « décrit » l’éclatement de la crise financière de 2008 avec le crash de Lehman Brothers :

http://www.lemonde.fr/cinema/article/2012/05/02/margin-call-en-pleine-debacle-financiere-wall-street-a-visage-humain-trop-humain_1693459_3476.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Margin_Call

http://www.rue89.com/rue89-culture/2012/05/02/margin-call-24-heures-chrono-avec-les-requins-de-la-finance-231751

Eh bien je dois dire que je n’ai pas regretté ma « rupture de voeux » : c’est réellement un film très attachant, bien plus que cela même, dont le ton « feutré » (puisque cet « univers » est feutré) évite les outrances ridicules des films « catastrophe » et leur manichéisme…

en plus , avec le cinéma, ce n’est pas comme quand on recommence à boire, ou à « courir »,  en trahissant ses promesses, ni gueule de bois ni MST le lendemain matin …la vie n’est elle pas merveilleuse ?

Oui, je dirais presqque que « Margin call » est un cehf d’oeuvre, l’article du Monde évoque Kubrick, de manière fort juste (mais sans les délires grandiloquents et spectaculaires, ce qui est de mon point de vue une bonne chose), mais j’ai lu que le réalisateur, J C Chandor, est un admirateur des films de Sidney Lumet, et cela se voit !

le ton quasi-documentaire (parfois) m’a aussi rappelé Paul Greengrass, notamment dans « Bloody Sunday » ou « United 93″… il est vrai que la crise de 2008 n’est pas le 11 septembre : elle est (peut être ?) pire, quoique moins spectaculaire, aux yeux du cinéma et de la « société du spectacle » en tout cas…

bien évidemment, ce qui ne peut pas laisser insensible quelqu’un comme moi, et justifie le fait que quelques lignes à propos de ce film igurent dans un blog comme celui ci , c’est la provenance « scientifique » de la plupart des traders, en tout cas les jeunes (ceux qui ont moins de 30 ans).

Dans le film, tous les dirigeants , qu’ils soient « associés », ceux qui se partagent les gros bénéfices, ou cadres salariés de plus de 40 ans, disent sans cesse aux « jeunes matheux » de « parler anglais », et avouent crûment qu’ils ne comprennent rien aux « modèles stochastiques »…

quand aux autres, ce sont ‘anciens « ingénieurs » reconvertis dans la finance parce que « ça paye beaucoup plus » … tu m’étonnes !

l’un, dirigeant le service de « gestion des risques », et viré dès le début du film, construisait des ponts vers 1986, avant de venir se perdre à Wall Street..

l’autre (Zachary quinto, très bon), jeune trader de 28 ans, est un diplômé mais dans le domaine des fusées (« rocket scientist ») : c’est lui qui découvre le pot aux roses, le fait que la volatilité est « sortie » du domaine normal de variations (un peu comme un fleuve en crue sort de son lit) , et que les pertes potentielles dépassent la valeur de la société….là tout le monde comprend la nature du petit problème, pas la peine de savoir résoudre des équations aux dérivées partielles…

Ce qui est vrai, c’est que les techniques mathématiques impulsées par la mécanique quantique sont venues considérablement étoffer les « talents » des analystes et spécialistes des modèles aléatoires (ce que n’aurait pas prévu Feynman, mathématicien génial contrairement à Einstein, et qui est à l’origine de toute cette évolution).

Mais peut on dire qu’il y a là une réfutation des thèses de Brunschvicg, largement reprises par moi, sur le « savant désintéressé » et qui serait presqu’un Grand Saint, à défaut d’un petit..d’où le Dieu des philosophes et des Savants, celui de la Raison désintéressée qui se confond avec l’Amour universel et supérieur à celui prôné par les religions (limité celui là aux tenants de la même foi)  ??

oui et non !

un ingénieur , ou un « spécialsite » dont la compréhension se limite à un domaine étroit nécessaire pour les techniques financières, n’est pas un savant, dont les exemples archétypiques sont selon moi Einstein, Dirac, Heisenberg, Feynman, Von Neumann …cela fait une large palette, passant des ambitions « philosophiques » d’Einstein ou Heisenberg aux talent mathématiques spectaculaires de Feynman et Heisenberg.. et encore pourrait on parler des mathématiciens purs, Grothendieck notamment, bien au dessus encore dans le ciel immaculé des maths…

reste que l’on peut déceler un « virage » vers les années 80, où l’on voit les travaux mathématiques même « purs » s’infléchir dans le sens des applications pratiques possibles , financières , industrielles…la mathématique devient servante, voire serve, et ce n’est pas bon !

d’où mes rêves (mais est ce plus que des rêves) d’ une science unitaire totale et UNE, qui se confondrait avec la philosophie et la recherche de la Sagesse, comme Descartes et le 17 ème siècle en formaient encore le concept, par exemple dans la Règle numéro 1 pour la direction de l’esprit :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/03/08/descartes-regulae-ad-directionem-ingenii-i/

oui, l’on voit avec de plus en plus d’évidence que la science moderne est le problème , avec  les « pouvoirs » qu’elle a donnés à l’homme sur les fusées, les ordinateurs et les « systèmes » de données…. mais peut elle être la solution tout en gardant la même forme ?

reste que je vais à nouveau trahir mes voeux avant peu, car j’ai vu qu’un merveilleux film d’Elio Petri (le réalisateur en 1970 du fameux « Enquête sur un citoyen au dessus de tout soupçon) , datant de 1962, est à l’affiche :

Les jours comptés

thème : un plombier italien réalise l’imminence de la mort et abandonne tout pour « profiter de la vie »

seulement qu’est ce que cela veut dire , « profiter de la vie » ?

les traders du film de Chandor, eux, ont une réponse simple : les putes, les putes et les putes…et aussi les bars avec danseuses « topless » qui se font « two grand » (2000)  pour une soirée…. »night is falling on Manhattan » comme disait Lumet

oh pardon, j’aurais dû avoir le tact de l’article du monde , et parler d’escort-girls… décidément je ne suis pas sortable, avec ma manie de dire tout haut ce que les bobos pensent tout bas… à défaut de le faire tout haut comme notre ami DSK…