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« It follows » de David Robert Mitchell (catégorie : horreur et épouvante)

Quels ont été les signes avant coureurs du nazisme ?

Entre autres : l’occultisme de la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, à Vienne, l’apparition de revues pornographiques d’un type très particulier, où des beautés blondes étaient soumises et violées par des individus patibulaires et…juifs.

Mystère (paranormal, surnaturel, occulte) et sexe (sous sa forme la plus sadique) : voilà le cocktail fort peu spirituel qui a été employé, par des gens qui étaient rien moins que nazis ou « nationalistes » pour dépraver les psychés (je n’ose dire les esprits) et les « préparer » à la future « Bête immonde ».

Ce que je dis là ressemble fort à de la théorie du complot, et j’en suis fort marri…disons que je n’oserais pas le dire sous cette forme à mes collègues , gens tous rationalistes purs et durs (comme moi) et souvent marxistes (pas comme moi, de plus je pense que cela se situe en contradiction avec le rationalisme, mais passons).

Quoiqu’il en soit, sans la première guerre mondiale et ses suites, le nazisme ne serait jamais apparu: mais je suis convaincu qu’il n’a pas comme seules causes le désastre économique de l’après guerre et de 1929, ou l’humiliation de la part des vainqueurs, qui fut réelle.

Pourquoi ce long préambule pour un film très surfait et sans aucun intérêt (autre que le succès commercial et remplir les poches de certains) ?

Parce que là aussi joue à plein le cocktail sexe et « paranormal- épouvante » : une mystérieuse maladie se transmet lors de rapports sexuels, la victime voit des apparitions horribles qui la menacent et que leur entourage ne voit pas.

Les apparitions « existent », il suffit de prendre certaines drogues ou même de boire beaucoup d’alcool pour en « voir »: mais elles ne sont pas « réelles » au sens d’avoir des effets physiques, ce qui est le cas avec celles du film (les autres, non contaminés, ne les voient pas mais peuvent leur tirer dessus sur les indications de la victime malade qui les « voit » et les blesser…
En plus cela se passe à Détroit !

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/It_Follows

Le sommet du ridicule est atteint quand des garçons amoureux de la fille lui proposent de coucher afin qu’elle leur transmette la maladie et en soit elle même libérée : et elle accepte…en tout cas le premier s’en mord les doits car il finit violé puis tué par une apparition qui ressemble comme deux gouttes d’eau à sa maman…de mon temps c’était plutôt l’aïeule démoniaque devenue vampire qui se chargeait de cette basse besogne…mais je ne suis pas né à Détroit, ni de la dernière pluie…
Le sommet bis du ridicule est atteint quand toute la bande des copains copine de la pauvre Jay disposent tout un tas d’enregistreurs sophistiqués autour de la piscine où elle entre, cela rend l’apparition furibonde et elle jette les appareils sur la pauvre Jay puis tente de la noyer…pas cool le fantôme!

Ensuite elle couche avec le second garçons, l’autre assassiné et violé (ou l’inverse) par sa maman n’étant plus vraiment disponible (sauf cas de nécrophilie, mais il faut bien que le ridicule s’arrête quelque part car s’il était infini il serait le génie absolu, hors d’atteinte du cinéma).

Lors de la dernière scène on les voit marcher dans la rue, main dans la main…ah c’est beau l’amour..sauf qu’ils sont suivis à distance par une personne de grande stature, et l’on comprend qu’il va leur arriver des bricoles incompatibles avec un orgasme heureux et pacifié..

mais au fait : si l’apparition est surnaturelle comment pourrait elle être enregistrée par des dispositifs techno-scientifiques ? et comment pourrait elle avoir des effets physiques alors que seule la « victime » la voit ?

Bref ce film se situe dans une longue série d’œuvre sur où la nunucherie le dispute à l’obscurantisme : car cela fait quatre siècles que la science a fort heureusement libéré l’humanité des fantômes, goules et autres revenants…

la série des Rec, Blair winch et aussi celle dont j’ai oublié le nom (ce dont je me fous) où des fantômes viennent perturber des couples d’amoureux en impressionnant les plaques photographiques..
certes la science rencontre des tas de choses inexplicables…pour le moment, mais ces énigmes se situent généralement à l’échelle des galaxies ou des particules sub-quantiques, et je proclame ici que les histoires de maisons hantées sont des balivernes machinées par des personnes humaines bien vivantes, le plus souvent pour se remplir les poches ou bien se venger d’autres personnes..

Le thème réel de « It follows » est évident : le malaise des jeunes générations face à la crise économique, aux problèmes sexuels et à l’invasion du porno, à la drogue, au vide de tout sens de l’existence…

Le maléfique, l’épouvante, l’horreur n’ont rien de paranormal : elles se situent dans les relations entre les êtres (domination, exploitation, tromperies et abus divers, etc..)

Alors pourquoi ne pas les prendre directement pour thèmes de films à portée sociale ou philosophique au lieu d’inventer ces histoires ridicules d’apparitions paranormales ?

Ah oui par ce que cela génèrerait moins de profit…suis je bête !

En tout cas, j’observe que ce genre de saletés sont en train de désorienter intellectuellement et psychiquement toute une génération, plusieurs même, comme l’alliance de l’occultisme et de la pornographie racialiste à Vienne au début du vingtième siècle..

Pour faire naître quelle nouvelle bête immonde ou nouveau démon (ce qui est le thème de « Rosemary’s baby » de Polanski en 1966-67)?

Le nouveau nazisme du 21 eme siècle, dont les prémisses sont clairement visibles dans DAESH ?

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BLACK DAHLIA : Los Angeles = les anges ??

La fascination étrange et durant encore aujourd’hui pour le meurtre horrible d’Elizabeth Short, surnommée « Black dahlia », le 15 janvier 1947 , s’explique par plusieurs raisons, mais principalement parce que l’affaire n’a jamais été résolue par le (tristement) célèbre service LAPD de la police de Los Angeles, connue dans l’immédiat après-guerre pour sa corruption, son racisme et son antisémitisme, et aussi bien sûr parce que cela se passe sous les fenêtres d’Hollywood (et, de manière plus anecdotique, par la sombre horreur de ce crime, les souffrances effroyables qui ont été infligées à cette jeune femme de 22 ans avant sa mort… inutile d’insister)..

j’ai passé à peu près les deux derniers jours à lire les principaux sites consacrés à ce « mystère » , et je note qu’il existe plusieurs « solutions », dont les deux principales sont les suivantes :

– celle de Steve Hodel, inspecteur à la retraite du LAPD, qui s’est occupé d’affaires criminelles des années 60 à la fin des années 80,  a résolu plus de 200 meurtres , et accuse, avec des arguments solides, …son père, le chirurgien -psychiatre

 Georges Hodel (1907-1999)

 un homme fascinant , ayant un QI de 186 (un point de plus qu’Einstein… oui je sais c’est stupide et c’est Steve Hodel qui le dit, mais dire des choses stupides , cela arrive à tout le monde tout le temps non ?), d’une culture musicale et littéraire et d’un raffinement (mais aussi à l’occasion d’une violence) extrêmes, musicien virtuose à 7 ans, chauffeur de taxi à 17 ans en ayant menti sur son âge, « journaliste » spécialiste d’affaires criminelles, puis chirurgien, puis psychiatre influent, lié au monde de la politique, de la police et de la pègre (dans ce LA d’avant guerre et des années 40 mis en scène par Polanski dans « Chinatown », ou par Chandler dans « Le grand sommeil »), dirigeant semble t’il de fructueuses cliniques pratiquant des avortements clandestins et possédant à ce titre des « informations confidentielles » sur la vie (sexuelle notamment) dépravée de la « bonne société » ….un homme « libertin » (pour reprendre le terme à la mode depuis le 14 mai 2011), accordant une importance énorme à l’oeuvre de Sade,  organisant dans sa luxueuse villa (ressemblant à un « temple maya ») de Franklin Avenue au coeur d’Hollywood des « orgies » où participaient paraît il des célébrités comme John Huston ou Orson Welles (qui a d’ailleurs figuré parmi les suspects du meurtre du Dahlia)…

voir les deux blogs de Steve Hodel « Squad room » et « Evidence room »:

http://www.stevehodel.com/

-la deuxième « solution » est donnée ici , de manière assez « sophistiquée » dirons nous :

http://blackdahliasolution.org/

le coupable serait un certain Ed Burns, mentalement déséquilibré selon le rapport de l’armée qu’il avait quittée en 1945 après le suicide de son épouse (qui avait en même temps noyé leur fille)

il l’aurait tuée par rage, parce que cette jeune femme à la dérive (financièrement et moralement) l’utilisait comme « chauffeur et pourvoyeur de cash » en lui consentant un moment de sexe de temps en temps, ce qu’elle faisait semble t’il les derniers temps avec … beaucoup d’hommes différents (un par jour); d’autres disent qu’elle ne pouvait pas avoir de sexualité normale à cause de malformation , qu’elle se contentait donc de « flirter » pour se donner l’illusion d’être une femme « normale », mais il reste qu’il existe de nombreux document hoteliers prouvant qu’elle a passé la nuit avec beaucoup d’hommes différents pendant les deniers mois de sa vie, à Los angeles ou dans la région, et ce n’est pas ici le lieu de « creuser » à propos de ce qui a bien pu se passer entre ces « adultes consentants »…  comme disent nos amis américains :

« this is  a free country« …

pour l’anecdote, il existe aussi d’autres « pistes », comme celle (suivie par Gilmore)d’un « looser » alcoolique nommé Arnold Smith qui est mort au début des années 80 dans l’incendie de sa chambre dans un hôtel miteux :

http://www.johngilmore.com/interviews&reviews/deadbeat.html

Je ne pense pas que l’on arrivera jamais maintenant à « faire la lumière », j’étais presque convaincu que la culpabilité de Georges Hodel était prouvée (par son fils, un policier très compétent et sérieux) , mais il me semble maintenant que les arguments sur Ed Burns sont sérieux aussi, notamment le fait qu’il soit la dernière personne ayant passé la nuit à l’hôtel avec Beth Short, et qu’il se soit suicidé peu après, en laissant semble t’il de manière « cryptée » , des « aveux »…

mais de toutes façons la « vérité factuelle » sur cette affaire (pour dire les choses crûment : quel est le monstre qua a tué cette femme, en la torturant, en la violant, la sodomisant avant et après la mort, puis en la découpant en morceaux ) est elle la totalité de la « vérité » ?

j’ai bien conscience de sembler « provocateur » (ce qui n’est pas le cas) , mais il me semble que (pour paraphraser un feuilleton nommé « X files ») « la vérité est ailleurs »..

elle se trouve dans la proximité et l’implication du milieu hollywoodien !

à ce titre, la piste « Georges Hodel » est la plus « intéressante » philosophiquement parlant, mais encore une fois les indices factuels qui l’accusent sont très sérieux aussi !

 c’était semble t’il en 1950 le suspect numéro 1 de la police , qui avait placé des micros dans sa villa, il aurait tenu des propos accablants à un interlocuteur allemand, du genre « si j’ai tué le dahlia, de toutes façons la police ne peut rien prouver maintenant »…il avait été accusé de viol en 1949 par sa propre fille Tamar, âgée de 14 ans , et n’avait été acquitté qu’en faisant appel aux avocats les plus célèbres du barreau (un peu comme DSK en 2011)… et enfin il avait fui le pays en 1950, alors que les policiers se préparaient à l’arrêter ,abandonnant maison et famille, pour aller mener pendant 40 ans un vie d’hommes d’affaires en Asie..il est revenu aux USA en 1991 avec sa dernière épouse, et après sa mort en 1999 son fils Steve a retrouvé dans son carnet des photos qui ressemblent à celles du Dahlia, d’où son enquête et sa conviction que son père est le coupable..

de plus il y eut à Los angeles, de 1943 à 1950, toute une série de meurtres de femmes qui ressemblent à  celui du Dahlia, notamment celui de Jeanne French le 10 février 1947 , ou celui de Louise Springer en 1949.

Selon Steve Hodel le meurtre du Dahlia par son père Georges Hodel aurait des motivations… philosophiques et artistiques « surréalistes », puisque la position de la partie « torse » du cadavre semble immiter une célèbre photo de Man Ray (grand ami de Hodel, comme John Huston ) nommée « Le minotaure » :

Il y a bien d’autres « relations » avec la vie hollywoodienne et de la « cité des anges » , notamment avec l’oeuvre de James Ellroy dont la mère Jean Hilliker Ellroy a elle aussi été violée et assassinée en 1958. Le livre d’Ellroy « L A confidential » a été adapté au cinéma en 1997 deux ans avant la mort de Georges Hodel et fourmille d’allusions à l’affaire du Dahlia, plusieurs scènes ont d’ailleurs été tournées dans la villa de Franklin House qui avait été celle d’Hodel de 1945 à 1950, et aussi plusieurs scènes du film de Scorcese « Aviator »…

mais je voudrais ici surtout retenir l’aspect « sadien » et « libertin » du personnage de Georges Hodel, comme aussi celui de ses amis John Huston et Man Ray (qui n’ont rien à voir dans le meurtre) ou aussi Fred Sexton (qui a sculpté la statuette du « faucon noir » du film de Huston « Le faucon maltais » en 1941, cet « objet » symbolique dont Bogart déclare à la fin du film que c’est « l’étoffe dont sont faits les rêves »).

Il est un livre formidalbe de Dany Robert-Dufour , « La cité perverse » , voir là dessus mes articles :

http://mathesis.blogg.org/date-2009-12-04-billet-1116688.html

http://mathesisuniversalis.multiply.com/links/item/90/90

http://aventurien.multiply.com/journal/item/9/9

qui analyse tout le devenir occidental comme une chute accélérée dans la perversion « accompagnant » le libéralisme (devenu de nos jours la substance même du capitalisme mondialisé) qui avait commencé comme « solution alternative à l’absolutisme pour sortir des guerres de religions » (la denière émission « Répliques » de Finkielkraut, où l’invité était Jean Claude Michea, a porté là dessus).

Sade marque évidemment une étape capitale dans cette évolution, Georges Hodel et Man Ray (comme les surréalistes et les dadaïstes) ont donc raison « factuellement » sur ce point , et c’est ce qu’affirme aussi Mehdi Belhaj Kacem dans ses livres prenant position contre Badiou et contre le « platonisme » :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/05/23/le-platonisme-par-gros-temps/

seulement il y a deux façons de reconnaître cette « vérité sadienne » de notre humanité (occidentale) moderne : pour le glorifier (comme les surréalistes) ou au moins le reconnaître comme inéluctable (comme Mehdi Belhaj Kacem) ou bien pour …le combattre en tentant d’inverser cette tendance funeste.

Et c’est là la tâche du platonisme, dont nous nous réclamons ici :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/05/25/le-platonisme-est-la-verite-de-la-philosophie/