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la culpabilité de l’Occident sadien

les interconnexions entre Los Angeles (Hollywood), Black dahlia et « vérité sadienne », dont nous parlons ici :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/06/04/black-dahlia-los-angeles-les-anges/

elles peuvent s’étendre de manière à peu près indéfinie !

Aisni prenez le film « Chinatown » réalisé par Polanski en 1975 : le rôle de Noah Cross, patriarche abusif ayant violé et mise enceinte sa propre fille (jouée par Faye Dunaway) , y est tenu par … John Huston !

John Huston qui est accusé par certains sites d’avoir participé au viol collectif de Tamar Hodel qui aurait débouché sur la relation incestueuse dont a été accusé le chirurgien, et dont il a été acquitté, mais l’on sait que des hommes richissimes et influents peuvent aux USA bénéficier des services d’avocats spécialisés et quasiment certains d’obtenir l’acquittement.

Ce même Polanski qui a vu sa femme Sharon Tate, enceinte, être assassinée par des membres de la « famille », une secte d’inspiration hippie dirigée par le « gourou » Charles Manson…

et qui vers 1976 a été accusé d’avoir violé et sodomisé une adolescente de 13 ans après l’avoir saoûlée au champagne et autres produits ; certes celle ci n’en était semble t’il pas à son coup d’ essai, et sa mère l’encourageait à « faire carrière » à Hollywood au moyen de tels « stratagèmes », mais ceci est il une excuse ?

Une fois que l’on ouvre les vannes, on ne peut plus arrêter les flots déchaînés de l’inondation; d’autres auteurs (comme René Guénon) ont employé l’image du Mur qui se lézarde et se brise, laissant passer les influences infernales du « monde souterrain » (célébré par le cinéaste d’avant garde américain Kenneth Anger); que l’on pense aussi au film « The Wall » !

Est ce simplifier outrageusement les choses que de dépeindre cette évolution comme l’affrontement de deux camps :

-celui des « progressistes » sadiens, comme Mehdi Belhaj Kacem, qui pensent que l’essence de la civilisation mondiale qui vient est pornographique et sadienne, et que toute réaction contre cette évolution est « fasciste » et aboutit aux camps de Staline, Hitler ou Pol Pot , comme le voudrait selon lui le « platonisme » de Badiou… d’autres sont plus « modérés », voire plus lâches, et se contentent de sussurer « je ne comprends pas comment en 2012 on peut encore être opposé au mariage gay », bref de remplacer le débat argumenté par la flèche du temps, qui va forcément du moins bien vers le mieux

– et celui des « réactionnaires », tenants de l’ordre moral pur et dur et du « retour en arrière » ou bien, là encore, plus « modérés » (à l’exemple de Finkielkraut, Régis Debray , et bien d’autres personnages très différents)

non, ce n’est pas simpliste si l’on pense avec Badiou que tout moment crucial de choix pour l’humanité doit pouvoir se formaliser par un « point », c’est à dire un choix entre deux possibilités; oui c’est simpliste si l’on remarque que les deux « camps », et surtout le second, regroupe des tendances qui n’ont rien à voir entre elles.

Je récuse pour ma part entièrement le terme de « réactionnaire » : les réactionnnaires sont certes les intégristes, religieux ou autres, qui abondent aux USA , et qui parlent du « retour aux valeurs morales » jusqu’à ce qu’ils soient accusés de vilaines affaires d’adultère, ou pire, de viol ou pédophilie.

Et je récuse symétriquement le terme de « progressistes » appliqué aux « matons de Panurge » obsédés par le « vide juridique » (dernier exemple en date : celui du « harcèlement sexuel » ) , par la « diversité », la parité et autres salades.

Je me réclame d’un auteur comme Brunschvicg qui a écrit « Le progrès de la conscience dans la philosophie occidentale » , et qui certainement n’encouragerait jamais le « retour » en arrière vers les temps de l’enfance de l’humanité que sont les époques d’avant Descartes, d’avant la physique mathématique.

Seulement il faut bien voir que ce sont les « faux progressistes », tenants d’une évolution inéluctable vers « plus de droits individuels », plus de « diversité », qui en réalité tuent toute diversité réelle et appellent en retour la réaction et l’obscurantisme (islamique, notamment).

Une page magnifique comme celle ci de Brunschvicg (vers 1930) sur l’homme occidental :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/lhomme-occidental/

permet de jeter la pleine lumière sur l’évolution sadienne de l’Occident : les « les jugements de l’Orient sur l’anarchie et l’hypocrisie de notre civilisation » , ce sont évidemment les condamnations « morales » de la part de vertueux religieux des dépravations et turpitudes dont témoignent la vie d’une ville comme Los Angeles, « capitale de la saoûlographie » vers l’époque des années 40 selon un cinéaste de Hollywood, ville aussi de toutes les débauches sous un vernis « américano- chrétien ».

Mais il est facile de comprendre que tout retour en arrière (à supposer d’ailleurs qu’il y ait eu des lieux et des époques exempts de débauche ?) est impossible, puisque le passé a pu mener à ce qui existe là sous nos yeux comme « présent ».

Le seul progrès possible passe par l’idéal de réflexion intellectuelle et d’unité morale qui est celui de l’Occident véritable. Il va de la nature, domaine du « moi vital », à l’Esprit, et au « moi spirituel ».

quelle est la « coulpe vitale » de l’Occident, ou du monde moderne, sadien ?

elle est de se limiter au « seulement vital » justement : analysez les vies entrecroisées de toutes les personnes vivant dans une grande métropole comme Los Angeles en 1947 (ou de nos jours, ce qui fait deux villes très différentes certes) , vous aurez sous les yeux un « mouvement brownien » de « fourmis » affairées (pour la plupart en tout cas) par les seuls soucis du « vital », à savoir la nourriture, l’habitat, le travail et la subsistance, et le plaisir et le sexe.

Or le domaine du « seulement vital » est celui de la mort : la vie est équivalente à la mort, puisque tout ce qui est né doit périr.

La fascination pour le sexe est la fascination pour la mort : cela est très sensible dans certains ouvrages de Georges Bataille, très influencé par Sade, comme « Le bleu du ciel », où la scène centrale est celle du personnage qui jouit (sexuellement) au spectacle d’une morte qui n’est autre que sa mère… Bataille parle d’ailleurs des « outrances monstrueuses de ce livre », dont il n’aurait pas souhaité la publication…

un peu facile !

en somme, la fascination pour le sexe, qui est fascination pour la mort, cela revient à ne pas « renoncer à la mort », c’est à dire à refuser toute « vie religieuse » réelle…

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BLACK DAHLIA : Los Angeles = les anges ??

La fascination étrange et durant encore aujourd’hui pour le meurtre horrible d’Elizabeth Short, surnommée « Black dahlia », le 15 janvier 1947 , s’explique par plusieurs raisons, mais principalement parce que l’affaire n’a jamais été résolue par le (tristement) célèbre service LAPD de la police de Los Angeles, connue dans l’immédiat après-guerre pour sa corruption, son racisme et son antisémitisme, et aussi bien sûr parce que cela se passe sous les fenêtres d’Hollywood (et, de manière plus anecdotique, par la sombre horreur de ce crime, les souffrances effroyables qui ont été infligées à cette jeune femme de 22 ans avant sa mort… inutile d’insister)..

j’ai passé à peu près les deux derniers jours à lire les principaux sites consacrés à ce « mystère » , et je note qu’il existe plusieurs « solutions », dont les deux principales sont les suivantes :

– celle de Steve Hodel, inspecteur à la retraite du LAPD, qui s’est occupé d’affaires criminelles des années 60 à la fin des années 80,  a résolu plus de 200 meurtres , et accuse, avec des arguments solides, …son père, le chirurgien -psychiatre

 Georges Hodel (1907-1999)

 un homme fascinant , ayant un QI de 186 (un point de plus qu’Einstein… oui je sais c’est stupide et c’est Steve Hodel qui le dit, mais dire des choses stupides , cela arrive à tout le monde tout le temps non ?), d’une culture musicale et littéraire et d’un raffinement (mais aussi à l’occasion d’une violence) extrêmes, musicien virtuose à 7 ans, chauffeur de taxi à 17 ans en ayant menti sur son âge, « journaliste » spécialiste d’affaires criminelles, puis chirurgien, puis psychiatre influent, lié au monde de la politique, de la police et de la pègre (dans ce LA d’avant guerre et des années 40 mis en scène par Polanski dans « Chinatown », ou par Chandler dans « Le grand sommeil »), dirigeant semble t’il de fructueuses cliniques pratiquant des avortements clandestins et possédant à ce titre des « informations confidentielles » sur la vie (sexuelle notamment) dépravée de la « bonne société » ….un homme « libertin » (pour reprendre le terme à la mode depuis le 14 mai 2011), accordant une importance énorme à l’oeuvre de Sade,  organisant dans sa luxueuse villa (ressemblant à un « temple maya ») de Franklin Avenue au coeur d’Hollywood des « orgies » où participaient paraît il des célébrités comme John Huston ou Orson Welles (qui a d’ailleurs figuré parmi les suspects du meurtre du Dahlia)…

voir les deux blogs de Steve Hodel « Squad room » et « Evidence room »:

http://www.stevehodel.com/

-la deuxième « solution » est donnée ici , de manière assez « sophistiquée » dirons nous :

http://blackdahliasolution.org/

le coupable serait un certain Ed Burns, mentalement déséquilibré selon le rapport de l’armée qu’il avait quittée en 1945 après le suicide de son épouse (qui avait en même temps noyé leur fille)

il l’aurait tuée par rage, parce que cette jeune femme à la dérive (financièrement et moralement) l’utilisait comme « chauffeur et pourvoyeur de cash » en lui consentant un moment de sexe de temps en temps, ce qu’elle faisait semble t’il les derniers temps avec … beaucoup d’hommes différents (un par jour); d’autres disent qu’elle ne pouvait pas avoir de sexualité normale à cause de malformation , qu’elle se contentait donc de « flirter » pour se donner l’illusion d’être une femme « normale », mais il reste qu’il existe de nombreux document hoteliers prouvant qu’elle a passé la nuit avec beaucoup d’hommes différents pendant les deniers mois de sa vie, à Los angeles ou dans la région, et ce n’est pas ici le lieu de « creuser » à propos de ce qui a bien pu se passer entre ces « adultes consentants »…  comme disent nos amis américains :

« this is  a free country« …

pour l’anecdote, il existe aussi d’autres « pistes », comme celle (suivie par Gilmore)d’un « looser » alcoolique nommé Arnold Smith qui est mort au début des années 80 dans l’incendie de sa chambre dans un hôtel miteux :

http://www.johngilmore.com/interviews&reviews/deadbeat.html

Je ne pense pas que l’on arrivera jamais maintenant à « faire la lumière », j’étais presque convaincu que la culpabilité de Georges Hodel était prouvée (par son fils, un policier très compétent et sérieux) , mais il me semble maintenant que les arguments sur Ed Burns sont sérieux aussi, notamment le fait qu’il soit la dernière personne ayant passé la nuit à l’hôtel avec Beth Short, et qu’il se soit suicidé peu après, en laissant semble t’il de manière « cryptée » , des « aveux »…

mais de toutes façons la « vérité factuelle » sur cette affaire (pour dire les choses crûment : quel est le monstre qua a tué cette femme, en la torturant, en la violant, la sodomisant avant et après la mort, puis en la découpant en morceaux ) est elle la totalité de la « vérité » ?

j’ai bien conscience de sembler « provocateur » (ce qui n’est pas le cas) , mais il me semble que (pour paraphraser un feuilleton nommé « X files ») « la vérité est ailleurs »..

elle se trouve dans la proximité et l’implication du milieu hollywoodien !

à ce titre, la piste « Georges Hodel » est la plus « intéressante » philosophiquement parlant, mais encore une fois les indices factuels qui l’accusent sont très sérieux aussi !

 c’était semble t’il en 1950 le suspect numéro 1 de la police , qui avait placé des micros dans sa villa, il aurait tenu des propos accablants à un interlocuteur allemand, du genre « si j’ai tué le dahlia, de toutes façons la police ne peut rien prouver maintenant »…il avait été accusé de viol en 1949 par sa propre fille Tamar, âgée de 14 ans , et n’avait été acquitté qu’en faisant appel aux avocats les plus célèbres du barreau (un peu comme DSK en 2011)… et enfin il avait fui le pays en 1950, alors que les policiers se préparaient à l’arrêter ,abandonnant maison et famille, pour aller mener pendant 40 ans un vie d’hommes d’affaires en Asie..il est revenu aux USA en 1991 avec sa dernière épouse, et après sa mort en 1999 son fils Steve a retrouvé dans son carnet des photos qui ressemblent à celles du Dahlia, d’où son enquête et sa conviction que son père est le coupable..

de plus il y eut à Los angeles, de 1943 à 1950, toute une série de meurtres de femmes qui ressemblent à  celui du Dahlia, notamment celui de Jeanne French le 10 février 1947 , ou celui de Louise Springer en 1949.

Selon Steve Hodel le meurtre du Dahlia par son père Georges Hodel aurait des motivations… philosophiques et artistiques « surréalistes », puisque la position de la partie « torse » du cadavre semble immiter une célèbre photo de Man Ray (grand ami de Hodel, comme John Huston ) nommée « Le minotaure » :

Il y a bien d’autres « relations » avec la vie hollywoodienne et de la « cité des anges » , notamment avec l’oeuvre de James Ellroy dont la mère Jean Hilliker Ellroy a elle aussi été violée et assassinée en 1958. Le livre d’Ellroy « L A confidential » a été adapté au cinéma en 1997 deux ans avant la mort de Georges Hodel et fourmille d’allusions à l’affaire du Dahlia, plusieurs scènes ont d’ailleurs été tournées dans la villa de Franklin House qui avait été celle d’Hodel de 1945 à 1950, et aussi plusieurs scènes du film de Scorcese « Aviator »…

mais je voudrais ici surtout retenir l’aspect « sadien » et « libertin » du personnage de Georges Hodel, comme aussi celui de ses amis John Huston et Man Ray (qui n’ont rien à voir dans le meurtre) ou aussi Fred Sexton (qui a sculpté la statuette du « faucon noir » du film de Huston « Le faucon maltais » en 1941, cet « objet » symbolique dont Bogart déclare à la fin du film que c’est « l’étoffe dont sont faits les rêves »).

Il est un livre formidalbe de Dany Robert-Dufour , « La cité perverse » , voir là dessus mes articles :

http://mathesis.blogg.org/date-2009-12-04-billet-1116688.html

http://mathesisuniversalis.multiply.com/links/item/90/90

http://aventurien.multiply.com/journal/item/9/9

qui analyse tout le devenir occidental comme une chute accélérée dans la perversion « accompagnant » le libéralisme (devenu de nos jours la substance même du capitalisme mondialisé) qui avait commencé comme « solution alternative à l’absolutisme pour sortir des guerres de religions » (la denière émission « Répliques » de Finkielkraut, où l’invité était Jean Claude Michea, a porté là dessus).

Sade marque évidemment une étape capitale dans cette évolution, Georges Hodel et Man Ray (comme les surréalistes et les dadaïstes) ont donc raison « factuellement » sur ce point , et c’est ce qu’affirme aussi Mehdi Belhaj Kacem dans ses livres prenant position contre Badiou et contre le « platonisme » :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/05/23/le-platonisme-par-gros-temps/

seulement il y a deux façons de reconnaître cette « vérité sadienne » de notre humanité (occidentale) moderne : pour le glorifier (comme les surréalistes) ou au moins le reconnaître comme inéluctable (comme Mehdi Belhaj Kacem) ou bien pour …le combattre en tentant d’inverser cette tendance funeste.

Et c’est là la tâche du platonisme, dont nous nous réclamons ici :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/05/25/le-platonisme-est-la-verite-de-la-philosophie/