Archives du mot-clé Vérité

encore un effort pour être vraiment nihilistes, mes bien chers frères et sœurs !

Il y a un moment très particulier, vers la fin du film « Margin Call » :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/05/04/margin-call-un-tres-grand-film-glacant-et-terrifiant/

où Sam Rogers (Kevin Spacey), le « capitaine » des traders (celui qui mène ces soldats à l’attaque, contrairement aux généraux d’état major qui ne se soucint pas de ces contingences, et ont justement besoin des officiers inférieurs pour faire le sale boulot) monte au restaurant « s »expliquer » avec le grand patron de la firme :

John Tuld, joué par Jeremy Irons

ce nom renvoie évidemment à celui du PDG de Lehman Brothers :

Richard Fuld (surnommé parait il Big Dick, mais mes connaissances en anglais sont assez pauvres )

http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_S._Fuld,_Jr.

n intéressant article sur la morale sexuelle de « ces gens là » : tout collaborateur de haut niveau devait être marié, et fidèle (enfin…sauf les « à côté » avec les escorts et les filles nues venues faire de l’animation pour les jours d’anniversaire mais ça..) :

http://www.vanityfair.com/business/features/2010/04/test2

ce haut sens moral rappelle un peu celui , dans « Casino » de Scorcese, des pontes mafiosi du Middle West  qui « ne pouvaient pas aller plus loin que Kansas City sans se faire arrêter » et qui détestent que leurs « collaborateurs », à flingue ou à mallette, couchent avec la femme du voisin, c’est mauvais pour les affaires….. ils détestent tellement ça que celui qui passe outre , il ne lui reste quand les « pontes » l’apprennent, que quelques heures à vivre….

Bref… au cours de cet entretien à haute teneur « philosophique » au restaurant, Jeremy Irons alias John Tuld alias « Big dick » Dick Fuld , le big boss, qui lui peut aller (ou pouvait aller, à cette époque) partout sans se faire arrêter, finit par lâcher :

« si ce que nous faisons est vain, alors tout cela (il montre l’extérieur du building) est vain »

si je ne me trompe, de tels propos figurent déjà dans la Bible, non ?

« 1.2   Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité.

1.3   Quel avantage revient-il à l’homme de toute la peine qu’il se donne sous le soleil?

1.4   Une génération s’en va, une autre vient, et la terre subsiste toujours.

1.5   Le soleil se lève, le soleil se couche; il soupire après le lieu d’où il se lève de nouveau.

1.6   Le vent se dirige vers le midi, tourne vers le nord; puis il tourne encore, et reprend les mêmes circuits.

1.7   Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n’est point remplie; ils continuent à aller vers le lieu où ils se dirigent.

1.8   Toutes choses sont en travail au delà de ce qu’on peut dire; l’oeil ne se rassasie pas de voir, et l’oreille ne se lasse pas d’entendre.

1.9   Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. »

http://bible.evangiles.free.fr/ecclesiaste%201.html

seulement il y a une différence énorme entre les deux « discours philosophiques », comme quoi Big Dick Fuld ne l’a quand même pas aussi grosse que YHVH….

cette différence est dans le :

SI

comme le diable dans les détails

SI cela est vain, alors tout est vain…

et soyons sincères : bien que nous ne soyions pas tous aussi bien « pourvus » , par la nature ou par l’esprit, que « Big dick » Fuld, nous sommes tous empêtrés dans ce détestable « SI » (IF, en anglais, titre d’un autre film admirable sorti vers 1969 avec Malcolm Mc Dowell qui devait en 1971 devenir Alex dans « Orange mécanique »)…

osons nier que nous ne nous surprenons pas quelquefois à penser :

« SI je ne parviens pas à mes fins sur ce coup là, alors tout est vain »

alors bien sûr, nous « évacuons » ce genre de mauvaises pensées, en buvant  un coup ou autre « acte libérateur »…

mais le mal est fait, ou pensé, ce qui est pire !

car :

« Tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu. « 

http://www.aelf.org/bible-liturgie/Lc/chapitre/chapitre/12

comme dit Notre Seigneur, celui que Renan appelle le Grand Maître de la morale, ce dont conviendront sûrement les pontes mafiosi du Middle West, tous bons catholiques…

Au fond, le salut spirituel (qui n’est pas forcément celui des judéo-chrétiens comme Big Dick Fuld ou les pontes mafiosi) est « sagesse de femme et jeu d’enfant » comme l’ancienne Alchimie : il ne réclame pas de « faire quelque chose » mais de défaire, et de laisser tomber le SI !

Et de dire avec l’Ecclésiaste :

Tout est vanité !

Raymond Chandler (qui avait ses habitudes à Hollywood) l’a dit avec encore plus de classe dans « La dame du lac » (me semble t’il) par la voix du détective privé Phillip Marlowe :

« Rien n’est plus vide qu’une piscine vide »

dans le même roman il décrit la lutte intérieure d’un ivrogne avec la tentation de finir la bouteille et Marlowe désabusé déclare :

« comme toujours ce fut la bouteille qui gagna« 

Eh oui !

au fond le monde, et tous ses plaisirs ou chagrins (« la joie venait toujours après la peine ») , qu’est il d’autre qu’une immense piscine vide ?

pourquoi pas celle de Sunset Boulevard (« Boulevard du crépuscule » ), où au début du film les rats voisinent avec les feuilles mortes ?

et pourtant dans cette piscine vide, certains se noient , d’autres surnagent, et quelques uns (les « happy few », mais je doute que Stendhal ait visé ce genre de salopards) , se changent de « rats » en requins (de la finance ou d’autre chose)… jamais en baleine blanche, ce serait plus poétique ! ?

pourquoi se lever puisqu’il faudra se recoucher ? pourquoi faire des enfants puisqu’ils devront disparaitre, quelques années après nous ?

et la bouteille est toujours finie avant le petit matin !

c’est intolérable : on nous joue, on nous manoeuvre sur l’échiquier du Néant !

Oui, laissons tomber le « SI » , et de requin, ou de mouton (ou maton) de Panurge nous deviendrons… philosophes , engagés dans ce qui n’est pas vain, la recherche de la Vérité !

car enfin : un animal, entièrement « comblé » par le jeu de la vie , ce chatoyant et cruel spectacle, pourrait il émettre un tel jugement sur « la globalité du spectacle » ?

Si nous laissons tomber le « SI » , et sommes persuadés de ce que nous disons, alors nous disposons d’une première vérité !

une drôle de vérité d’ailleurs, qui ne passerait pas la barre au concours des mathématiciens traders (ou « spécialistes des fusées » ) car elle est auto-réfutante :

car si je dis en le pensant que « Tout est vanité » et que tout est effectivement vain, alors je dispose d’une Vérité éternelle, et tout n’est donc pas vain…

l’éternité c’est quelque chose !

« Une génération s’en va, une autre vient, et la terre subsiste toujours »

seulement l’Ecclésiaste nous attaque de manière perfide et tente de nous forcer à jeter ce premier acquis bien maigre :

« 1.12Moi, l’Ecclésiaste, j’ai été roi d’Israël à Jérusalem.

1.13J’ai appliqué mon coeur à rechercher et à sonder par la sagesse tout ce qui se fait sous les cieux: c’est là une occupation pénible, à laquelle Dieu soumet les fils de l’homme.

1.14J’ai vu tout ce qui se fait sous le soleil; et voici, tout est vanité et poursuite du vent.

1.15Ce qui est courbé ne peut se redresser, et ce qui manque ne peut être compté.

1.16J’ai dit en mon coeur: Voici, j’ai grandi et surpassé en sagesse tous ceux qui ont dominé avant moi sur Jérusalem, et mon coeur a vu beaucoup de sagesse et de science.

1.17J’ai appliqué mon coeur à connaître la sagesse, et à connaître la sottise et la folie; j’ai compris que cela aussi c’est la poursuite du vent.

1.18 Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa science augmente sa douleur. »

seulement il se passe ici quelque chose d’inouï qui rend tout eoil immobile :

« Mais alors il advint quelque chose qui fit taire  tout discours et rendit tout rebard immobile . Car pendant ce temps le danseur de corde s’était mis à l’ouvrage  »

http://fr.wikisource.org/wiki/Ainsi_parlait_Zarathoustra/Premi%C3%A8re_partie/Le_prologue_de_Zarathoustra

nous avons donné dans un autre blog des leçons à Allah :

http://horreurislamique.wordpress.com/

nous n’hésiterons pas à faire de même avec YHVH ici, ne fût ce que pour un noble motif de non discrimination laïque et égalitaire !

Il n’est pas vrai que « rien de nouveau sous le soleil »

certes les kabbalistes nous assurent que le « Soleil » dont il est parlé ici est en fait la Sephira « Tipheret », et que ce qui est « sous le soleil » désigne les Sephirot inférieures, Malkuth , Yesod , Hod, Netzah…

Eh bien non ! nous refsuons ce genre de facilités « ésotérique » et mystérieuses…

démocrate, rationaliste et laïque jusqu’au bout des ongles, vous dit le Monsieur !

il y a bien quelque chose de nouveau qui vient après la Sagesse, certes admirable, de la Bible, c’est Copernic, Galilée, Descartes, Spinoza et la science moderne !

et je suis bien désolé de dire en face (tout en restant en vie, faisant mentir Avenou Moshe) à D-ieu que je préfère à tous les Livres sacrés , comme aux soupes de lentilles, mon modeste crouton de pain consistant en cette première vérité :

« tout est vain, donc émettre ce jugement n’est pas vain puisque c’est vrai, donc tout n’est pas vain »

il me semble que le grand Herman Melville parlait à des gens tels que nous lorsqu’il commençait son « Pierre ou les ambiguïtés » par :

« O toi ! malheureux à qui la Vérité, en ses premières vagues, n’apporte que des épaves »

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Lamartine : l’Homme

http://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Homme

comme souvent chez Lamartine on trouve ici de très beaux vers, exemple :

L’aigle, roi des déserts, dédaigne ainsi la plaine;Il ne veut, comme toi, que des rocs escarpésQue l’hiver a blanchis, que la foudre a frappés;Des rivages couverts des débris du naufrage,Ou des champs tout noircis des restes du carnage.Et, tandis que l’oiseau qui chante ses douleursBâtit au bord des eaux son nid parmi les fleurs,Lui, des sommets d’Athos franchit l’horrible cime,Suspend aux flancs des monts son aire sur l’abîme,Et là, seul, entouré de membres palpitants,De rochers d’un sang noir sans cesse dégouttants,Trouvant sa volupté dans les cris de sa proie,Bercé par la tempête, il s’endort dans sa joie.

et le célèbre :

Ici-bas, la douleur à la douleur s’enchaîne.Le jour succède au jour, et la peine à la peine.Borné dans sa nature, infini dans ses vœux,L’homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux;Soit que déshérité de son antique gloire,De ses destins perdus il garde la mémoire;Soit que de ses désirs l’immense profondeurLui présage de loin sa future grandeur :Imparfait ou déchu, l’homme est le grand mystère.Dans la prison des sens enchaîné sur la terre,Esclave, il sent un cœur né pour la liberté;Malheureux, il aspire à la félicité;Il veut aimer toujours, ce qu’il aime est fragile !Tout mortel est semblable à l’exilé d’Eden ….

seulement la beauté entraîne t’elle la vérité ?

« C’est pour la vérité que Dieu fit le génie. »

mais ces vers :

Notre crime est d’être homme et de vouloir connaître :Ignorer et servir, c’est la loi de notre être.Byron, ce mot est dur : longtemps j’en ai douté;Mais pourquoi reculer devant la vérité ?Ton titre devant Dieu c’est d’être son ouvrage !De sentir, d’adorer ton divin esclavage…

appellent le commentaire, qui est de Brunschvicg là encore, et se trouve en préface aux « Esquisses de philosophie critique » :

quiconque pourra dire Warheit und Dichtung (poésie ET vérité) sera tout ce que l’on voudra en marge de la philosophie, et même, si l’on insiste, au dessus de la philosophie.

Le philosophe, lui, s’il se départit de sa devise

Warheit oder Dichtung

abandonne sa raison d’être qui est, à dire vrai, la raison elle même, le centre de pensée pure qui est indépendant de l’avenir comme du présent

Et Brunschvicg ajoute :

In principio erat Verbum

« un tel mot ne saurait trouver sa pleine signification que par un appel courageux et incessant du langage à la pensée, du commencement qui serait dans le temps au principe qui est éternel, de l’orthodoxie de la lettre à la vérité de l’esprit »

Savoir (vérité) et liberté (d’aimer) c’est la loi de notre être : ainsi reformulerais je le vers de Lamartine

Les Méditations métaphysiques de Descartes

Compte tenu de ce qui a été dit précédemment, l’étude de Descartes est indispensable pour comprendre notre temps et donc pour comprendre tous les temps.

L’homme Descartes , avec ses faiblesses , est sans doute le plus grand des Français, et « explique et enveloppe » la France, la France éternelle dans sa dimension d’universalité (donc au delà du saucisson-vin rouge  et du camembert, choses certes très respectables et appréciables).

Il est sans doute vrai qu’il vaut mieux commencer cette étude par les Regulae et la « Recherche de la vérité » (bien plus courte que celle de Malebranche), puis par le « traité de la seconde naissance » (c’est à dire de l’initiation individuelle et collective, comme le dit Brunschvicg, mais pas une initiation à l’idole d’une quelconque tribu, avec exercices respiratoires, postures de yoga ou de prière, et interdits alimentaires à la clef, quand ce n’est pas des séances sexuelles collectives « tantriques ») : le Discours de la méthode.

Mais pourquoi ne pas se donner aussi un peu de liberté, et grapiller à l’arbre toujours vert et portant toujours du fruit comme il nous plaît ?

et puis les Méditations, en latin Meditationes de prima philosophia, ont donné son nom à ce blog, elles méritent donc bien quelques privilèges…

voici donc quelques liens :

-ce site où l’on trouve le texte latin, la traduction en anglais de 1901, et la traductuion en français du duc de Luynes de 1647 :

http://www.wright.edu/cola/descartes/

c’est réellement le meilleur à mon sens

– le texte latin en html est aussi ici :

http://www.ac-nice.fr/philo/textes/Descartes-Meditationes.htm

http://www.gutenberg.org/ebooks/23306

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207489/f36.image

la traduction française sur la Bibliotheca Augustana :

http://www.hs-augsburg.de/~harsch/gallica/Chronologie/17siecle/Descartes/des_me00.html

et ici :

http://pedagogie.ac-toulouse.fr/philosophie/phpes/descartes.htm

La ligne de partage des temps

          

 

Ces lignes sont extraites de l’introduction de « Raison et religion » par Léon Brunschvicg page 13 :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/raison_et_religion/raison_et_religion.html

« Mais c’est ici que Descartes intervient pour se répondre à lui-même. Le Discours de la méthode, qui marque dans l’histoire de l’esprit humain la ligne de partage des temps, est un traité de la seconde naissance, non plus du tout le rite de passage, la cérémonie d’initiation, qui voue l’enfant à l’idole de la tribu, mais bien l’effort viril qui l’arrache au préjugé des représentations collectives, à la tyrannie des apparences immédiates, qui lui ouvre l’accès d’une vérité susceptible de se développer sous le double contrôle de la raison et de l’expérience. Or, comment demeurer scrupuleusement et sincèrement fidèle au service unique de la vérité si l’on a d’avance entravé sa destinée par un engagement qui lie l’avenir au passé, c’est-à-dire qui détruit l’avenir en tant qu’avenir ? »

Descartes se répond ici à lui même , lui qui se vante aussi « d’être toujours resté fidèle à la religion de sa nourrice »

(c’est à dire, s’agissant de Descartes, le catholicisme)

Qui a raison ici ? le Descartes qui répond, après la ligne de partage des temps (1637) qui coïncide avec la « seconde naissance » (non plus d’un seul homme, fût ce Descartes lui même, mais potentiellement toute l’humanité chrétienne-européenne, et donc potentiellement aussi toute l’humanité), ou le Descartes d’avant la ligne ?

là encore les propos de Brunschvicg ont une vertu illuminatrice :

« De ce point de vue il apparaîtra singulièrement touchant que les Églises chrétiennes donnent l’exemple d’une sorte de Société des Religions, où soit consacré définitivement et mis en pratique le principe de la liberté de conscience. Mais, si la considération de l’avenir est l’essentiel de notre problème, nous ne pouvons pas en demeurer là. Vérité, c’est unité. Il ne suffit pas d’assurer le statut juridique de la personne et qu’il soit permis à chacun de rester, suivant le mot de Descartes où l’on a vainement voulu voir un soupçon d’ironie, fidèle à la religion de sa nourrice . L’adage renouvelé des Anciens  qui a conjuré pour un temps les ravages des guerres de religion : Cujus regio, ejus religio, est d’allure sceptique autant que d’allure pacifique. Plaisante religion, faudrait-il dire dans le style de Pascal, qu’une rivière borne, qu’un iota délimite »

et cette « lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde » nous est spécialement propice, à nous autres hommes de ce temps de « tolérance » et de « multiculturalisme ».

car la « société des religions » dont parle Brunschvicg, et qu’il attribue fort justement aux églises chrétiennes (car, n’est ce pas, que ce soit en Inde , par exemple en 1947 lors de la partition , ou bien en terre d’Islam, on entend un tout autre son de cloche), nous la voyons se réaliser sous nos yeux dans notre France laïque du 21 ème siècle.

Qui voudrait aller contre cette si belle tolérance ? certainement pas Brunschvicg, ni l’auteur de ce blog (quoique quelquefois… mais je ne veux pas livrer ici mes turpitudes, je ne suis pas assez exhibitionniste pour cela), ni Descartes.

« Il faut rester fidèle à la religion de sa nourrice » cela veut dire : les religions des nourrices, c’est à dire LES religions, au pluriel, se valent à peu près toutes si l’on en reste au plan des dogmes , ou disons au plan « théorique », parce qu’elles n’ont aucune valeur de vérité.

(après, bien sûr, on conviendra qu’une religion qui enseigne qu’il faut tuer l’apostat est, disons, moins « gentille » qu’une autre)

Il est donc inutile de « faire des infidélités » à sa nourrice en se convertissant à une autre DES religions.

Car cela n’a strictement aucun rapport avec la conversion véritable, qui est la conversion à la Raison, à la philosophie , et à la dimension d’universalité de la recherche de la Vérité.

Pourquoi, en nos temps actuels, cette épidémie de prétendues « conversions » à des spiritualités orientales, ou à l’Islam ?

tout simplement par fatigue de soi même, par dégoût de l’âme européenne telle qu’elle est devenue.

Mais certainement pas par amour de la vérité !

Le Descartes d’après la ligne a donc raison AVEC celui d’avant la ligne, parce qu’ils ne parlent pas de la même chose.

La religion sociologique, celle qu’on hérite de ses parents, est une chose , LA religion véritable, la philosophie, en est une autre !

Il faut choisir : soit on fait de la philosophie, soit on fait de la sociologie.

Seulement la conversion véritable, spirituelle, ne réclame nullement que l’on se « débaptise » dans un geste spectaculaire, c’est à dire infantile.

La seule nécessité, sous peine de dire et de faire n’importe quoi (ce qui arrive souvent aujourd’hui) est de ne pas confondre les deux plans : particulier (ethnique et sociologique) et universel (recherche rationnelle de la vérité).

qu’on le veuille ou non, Descartes est la Porte : sans lui, pas de Spinoza, pas de Malebranche, pas de Brunschvicg !