Une démonstration irréfutable de l’existence de DIEU

un vieux texte de moi, sur un de mes anciens blogs, datant de 2006…

il reste selon moi valable sur le fond, malgré des maladresses et des lourdeurs dans la forme.

http://topos.blogspirit.com/archive/2006/05/18/dieu-existe-en-voici-une-demonstration-irrefutable.html

J’ai longtemps hésité sur l’attitude à prendre vis à vis des diverses superstitions que l’on nomme « religions » ou « sectes » (ces deux termes étant à mon avis interchangeables) : faut il leur laisser la notion de « Dieu » sous la forme grotesque qu’elles en ont formées depuis 2000 ou 3000 ans (celle, tout à fait anthropomorphique et restée en arrière au niveau de la mentalité infantile des âges et sociétés pré-scientifiques, d’un Dieu personnel et législateur, un « Père » qui récompense et qui punit) ? ou bien faut il prendre à bras le corps philosophiquement le « problème de Dieu » et en former une notion toute différente , comme par exemple l’a fait Spinoza dans l’Ethique avec la « Substance », le « Deus sive Natura » (Dieu, ou encore la Nature) ?

Chacune des deux branches de cette alternative (de ce « point » à traiter selon la terminologie de Badiou) possède ses inconvénients : celui de la seconde est évidemment le risque de confusion entre les deux notions chez des esprits non éclairés (ou voulant, pour toutes sortes de raisons, rester dans la pénombre des « concepts flous »), mais cela n’est il pas déjà le cas avec des mots (qui devraient être plus que des mots !) comme « Amour » ou « esprit » (justement brocardé par Derrida) ? or devons nous laisser « Amour Maitre des cieux » aux chanteurs de variétés ? le chemin de Damas de  Saint Paul mène t’il en dernière instance  à Johnny Hallyday et pas un pouce plus loin ? vous dites ? Mireille Mathieu peut être ?

La première alternative est celle de l’athéisme philosophique c’est à dire radical (donc n’ayant rien à voir avec le « nihilisme soft » du « sea sex and sun et après moi le déluge nucléaire » que l’on qualifie souvent ainsi). Mais là encore les dangers de confusion, de glissements et de chochottements sont nombreux. C’est ainsi qu’il semble tout à fait oiseux de s’attacher encore aujourd’hui à démontrer la non existence de Dieu (le Dieu des religions) ou bien la non pertinence des différentes preuves (ontologique, cosmologique, …) qui ont été données de son existence. Ce n’est guère qu’un exercice de logique, et encore… quant aux orientations et aboutissements positifs des différentes philosophies se clamant haut et fort athées, le moins qu’on puisse dire est qu’ils sont mitigés, pour rester poli : le Sartre de « Etre et néant » de 1943 finit  30 ans plus tard en papy gâteau des cortèges gauchistes puis en vieillard gâteux tombé dans les griffes de Benny Lévy alias Pierre Victor, qui lui est passé en quelques années du gauchisme à la Torah et au Talmud. Ce « petit rabbin » (dixit Badiou) doit d’ailleurs avoir une « forte personalité » (accompagnée d’une grande culture) puisque dans ses entretiens avec Finkielkraut (« Le Livre et les livres ») ce dernier, qui pourtant n’est pas né de la dernière pluie en matière de philosophie,  prend en quelque sorte la posture de la sainte nitouche rougissante et se laisse violer sans trop protester (il en aurait eu des occasions, par exemple quand Benny Lévy assène des évidences comme : « l’universel c’est le juif »).

Autre exemple de philosophe se réclamant explicitement de l’athéisme : Alexandre Kojève, qui interprète le système hégélien dans une perspective athée radicale. Comment finit il après la guerre ? comme haut fonctionnaire du Quai Branly et discutailleur éminent des réunions et conférences organisant le marché commun européen. On aurait rêvé mieux pour un tel homme qu’un destin de technocrate. Car que l’on ne se méprenne pas, je ne nie pas du tout le génie philosophique (et scientifique car c’était un touche à tout) fascinant de Kojève.

Sans aller chercher aussi haut, ni rester dans le caniveau évoqué plus haut de l’hédonisme bobo contemporain, on peut se demander si l’athéisme revendiqué d’Onfray ouvre vraiment sur des plus vastes perspectives ? j’ai déjà répondu dans un article précédent. Mais revenant d’ailleurs au caniveau, peut on s’empêcher d’être pris d’une hilarité irrésistible au spectacle de ces « athées » , anciens bouffeurs de curés des années 70, dissertant gravement sur l’islamophobie ? ou bien à celui de Mouloud Aounit, se revendiquant « athée et laïc », et comparant une des caricatures (celle présentant Mahomet avec une bombe sur son turban) aux dessins antisémites des années 30 ?

Ce qui fait défaut à ces différents athéismes, c’est l’affrontement au problème de la Valeur inconditionnelle. Toute existence humaine doit « traiter ce point », sous peine de régresser dans les « au delà religieux » , ou bien dans le matérialisme démocratique (ou la Valeur inconditionnelle est tenue par l’idéologie des droits de l’homme). Tout le sens de l’oeuvre de Badiou s’éclaire à la lumière de sa doctrine des vérités éternelles. Pour prendre un autre exemple, le sceptique radical Marcel Conche nie Dieu en s’appuyant sur la souffrance des enfants : c’est cela, pour lui, l’inconditionnel, le point d’Archimède  qui le propulse dans l’athéisme. Pour faire court, nous en arrivons ici aux problèmes de la fondation.

C’est ici que nous devons présenter notre option, dont on se rendra vite compte qu’elle est « forcée » (et on le démontrera) mais pour ce faire je prendrai le détour du spinozisme de Constantin Brunner tel qu’il est présenté sur un ensemble de sites gérés par la même personne  : « Philosophie contre superstition », cf par exemple:

http://groups.msn.com/PhilosophieetSuperstition

dont j’extrais ceci :

 » L’analyse des facultés de notre entendement humain par le philosophe juif allemand Constantin Brunner (1862-1937), développant celle de Spinoza dans Éthique II, proposition XL, scolie II, distingue trois genres de connaissance :

– l’entendement pratique,

– le penser spirituel ou penser de l’Esprit,

– le penser superstitieux ou penser de Analogon de l’Esprit

A ces trois facultés de l’entendement humain correspondent trois « réalités » – ou vérités –, pensées spécifiquement par chacune d’elles. Ce sont respectivement :

la réalité ou vérité « relative » de l’entendement pratique

la réalité ou Vérité « absolue » du penser spirituel

la réalité ou vérité « superstitieuse » de l’Analogon de l’Esprit, ou vérité relative « absolutisée »

Chez Brunner, l’ « entendement pratique » regroupe l’expérience des sens ou penser en images représentatives, source des concepts génériques (Homme, cheval, etc.), correspondant à l’ « imaginatio » spinoziste, et le penser des abstractions (langage, causalité, mathématiques, et autres constructions auxiliaires, théorie des atomes, par exemple), équivalant à la « ratio » chez Spinoza. Ce penser pratique nous sert uniquement à vivre et à nous orienter dans notre monde des choses, pas à « philosopher » ! « 

Cette personne, qui gère aussi un groupe « philosophie contre superstition » sur Yahoo, fait du bon boulot en intervenant sur divers sites et en écrivant systématiquement aux différentes « élites médiatiques » (journalistes, hommes politiques, « philosophes », etc..), on s’en rendra compte en tapant par exemple sur Google les mots clés : « Brunner Spinoza Allah » et en lisant sur le groupe Google de philo : http://groups.google.com.bo/group/af.philo?hl=es les envois où il a démasqué le tentatives de récupération du spinozisme par l’Islam (par Abdelwahhab Meddeb en particulier), ainsi que ceux où il dénonce les autres superstitions idéologiques se donnant libre cours dans notre pays.

Mais la solution que nous proposons ici, qui est celle de Léon Brunschvicg, est entièrement différente, en ce qu’elle refuse de cantonner la raison scientifique au domaine de l’entendement pratique et relatif (aux intérêts biologiques spécifiquement humains). Nous refusons parallèlement la tentative très analogue, chez les idéalistes que sont Hegel ou Hamelin, d’inventer une raison dialectique supérieure à la raison scientifique et s’émancipant pour cela des exigences de la vérification qui sont celles que l’humanité a introduites dans l’histoire de la pensée lors de la naissance de la civilisation il y a 4 siècles en Europe (renaissance plutôt, après la longue éclipse du christianisme suite à l’étouffement de la première civilisation, celle d’Athènes, par les Macédoniens et les sectes asiatiques).

C’est donc ici que nous donnons notre définition de ce que nous appelons « Dieu » : c’est ce que Brunschivcg appelle la « conscience intellectuelle », à savoir ce qui fait qu’il y a quelque chose comme des vérités , dont les conditions ont été strictement délimitées par la mutation scientifique moderne, et ce qui fait que tous les hommes peuvent être unis dans un même effort d’intelligence. L’amour (spirituel, non pas sexuel) vient donc après et sous condition du travail intellectuel en commun, c’est une différence majeure d’avec le christianisme. Mais encore une fois, aucune obsession puritaine ici, il me suffit de rappeler le bel exemple d’Héloïse et Abélard. Cette « conscience intellectuelle » qui spiritualise l’étendue mondaine dans un réseau de plus en plus serré de rapports intelligibles (d’équations, ou de morphismes dans des catégories), je l’appellerai tout simplement RAISON, ou encore DIEU (« Deus sive ratio ») ce que ne fait pas Brunschvicg qui limite la raison à la logique déductive qui ne fait que trouver ce qu’il y a dans les prémisses (les axiomes) , mais chacun est libre de sa terminologie, et la logique de l’invention (qui détermine les « bons » axiomes) est la même RAISON ou DIEU sous sa face analytique (inductive) unie à son autre face synthétique ou déductive.

Nous connaissons alors sans aucun résidu d’inintelligibilité l’essence de DIEU en prenant part au processus de la RAISON en acte, par exemple dans l’élaboration des mathématiques mais aussi dans le travail philosophique, si du moins la philosophie redevient fidèle à sa vraie nature, celle du mathème et de la mathesis universalis, plutôt que celle des langages (des logoï, privilégiés par Jean Hyppolite dans son commentaire de la Logique hégélienne). C’est même la seule connaissance absolument totale et certaine (par coïncidence) que nous puissions avoir : DIEU comme immanence radicale, comme « transcendance vers l’intérieur » selon la belle formule de Pierre Thévenaz. On y reconnaitra aussi l’essence du cogito cartésien. Assez donc pour l’Essence de Dieu, qui est la chose la moins mystérieuse et la plus transparente que l’on puisse imaginer, puisque la RAISON en acte est intériorité radicale à elle-même. Passons maintenant à la preuve promise de l’existence de DIEU.

Preuve irréfutable de l’existence de Dieu.

J’aurais pu arguer de l’existence évidente de la connaissance mathématique comme exemple de la Raison en acte, qui est DIEU. Mais tous ceux qui sont rebutés par ces domaines de connaissance auraient contesté la validité de cette preuve. Mais la démonstration promise est bien plus simple et évidente.  En effet, la solution au problème philosophique de DIEU sera trouvée au terme d’une recherche et d’une discussion argumentée et rationnelle. Depuis la rupture moderne cartésienne, galiléenne et copernicienne d’avec la Scolastique, qui coïncide avec la naissance de la civilisation, il est devenu impensable d’asséner dogmatiquement la solution à ce problème. Même le thomisme en sera incapable : il affirme bien sûr que la doctrine de Thomas d’Aquin est la Vérité, mais s’estime en mesure de démontrer à chacun cette thèse de manière rationnelle. Or quelle est la précondition à une telle discussion ? c’est bien que la faculté humaine de raison et d’argumentation rationnelle existe et soit valide. Donc quiconque s’engage dans la recherche à propos du problème philosophique de Dieu reconnait déjà, par définition, que la Raison existe et est à l’oeuvre. Si donc je définis Dieu comme la Raison, il est évident que la preuve de l’existence de DIEU est donnée du même coup, en ce que toute personne qui nierait cette existence tiendrait un discours auto-réfutant. Et par le même type d’argument il s’agit d’une démonstration irréfutable par principe, puisque là encore toute personne entendant la réfuter s’engagerait dans une recherche rationnelle de la vérité, donc reconnaitrait qu’il existe une faculté, la RAISON, apte à déterminer de manière absolue les vérités. « Si vous reconnaissez ma démonstration, vous la reconnaissez ; si vous la réfutez, vous dites que sa conclusion est vraie, donc vous la reconnaissez. Dans tous les cas vous êtes forcé de reconnaitre que mon argument est valide. »

Unicité de DIEU.

Il ne peut exister deux Absolus, la démonstration en est donnée par exemple dans l’Ethique de Spinoza. Il ne peut y avoir qu’une seule RAISON absolument universelle, car imaginons qu’il y en ait deux. Pour les reconnaitre comme différentes mais valides en tant que RAISONS, il y aurait besoin d’un cadre supérieur unique, qui jouerait le rôle de LA RAISON, donc ces deux Raisons prétendues apparaitrait alors comme deux instances locales et limitées.

Je tiens que ma définition de Dieu est la seule adéquate. En effet imaginons qu’il y ait un autre DIEU qui ne soit pas la RAISON : pour en dire quoi que ce soit qui ait une valeur de vérité, vous devriez employer la RAISON, qui apparait donc comme condition préalable à la moindre thèse sur ce prétendu Dieu. Car s’il n’y avait pas la RAISON, qui est le seul Dieu véritable, vous ne pourriez rien dire qui ait une valeur de vérité sur votre prétendu Dieu, qui serait ainsi un Néant, un nuage inconsistant, une flatulence de votre cerveau malade. La Raison est donc en position de condition pour tout autre qu’elle : c’est bien l’Absolu, ou DIEU.

Et comme il ne peut y avoir qu’un seul Absolu, et que j’ai démontré de manière irréfutable que la Raison existe et est cet Absolu, j’ai démontré par là même que le prétendu Dieu des religions est un faux dieu, et que les religions ne sont que des impostures. Il n’y a qu’un seul Dieu, le dieu des philosophes et des savants, qui est la RAISON.

Il me reste enfin à répondre aux objections « sentimentales » de la foule des déçus, de ceux qui regretteront le bon vieux Dieu, le « Bon Dieu » comme disait Victor Hugo, le bon papa sur l’épaule de qui on peut toujours s’épancher aux heures difficiles. Ce Dieu, qui a été démontré irréfutablement FAUX, était d’abord le Dieu créateur du monde : mais pourquoi voulez vous que le monde ait un créateur ? ou une cause ? le principe de causalité ne joue que pour les phénomènes intra-mondains, c’est le faire sortir de son domaine de validité que d’en faire un tel emploi. Et pour que le monde prouve son Créateur comme « l’horloge prouve l’horloger », encore faudrait il démontrer que le monde est une oeuvre d’art. Conception anthropomorphique dépassée par quatre siècles de science.

passons au « Bon Dieu » …. mais que veut dire « bon » ? Spinoza là encore, dans un passage célèbre du livre 1 de l’Ethique, a bien mis en évidence l’origine des dieux de la foule, ceux que l’on prie pour qu’il nous envoient des occurrences favorables et envoient à nos ennemis des occurrences défavorables. Mais comment un tel dieu pourra t’il être universel ? ce dieu et tous les faux dieux de sa sorte trouve son origine dans l’intérêt biologique individuel ou ethnique.  Mais comment ne pas voir que toutes ces luttes pour la possession des ressources, des terres, des femmes, de l’argent, ne mènent qu’à la vanité et au malheur universel et que ce « Dieu », s’il n’était radicalement imaginaire, jouerait le rôle du diable ? un diable donc imaginaire, mais aux effets bien réels, en témoignent les massacres du 11 septembre, ou bien  ceux du Darfour.

Il existe une voie hors de tout ce cloaque, c’est celle de ce que Brunschvicg appelait la « conversion véritable », par opposition aux fausses conversions qui sont les conversions religieuses : la conversion à l’intériorité de l’Esprit, de la pensée spirituelle, en un mot au DIEU qui est la RAISON, qui ne doit pas faire l’objet de croyances ou de prières mais se trouve (se rencontre, dirait Frossard, nous n’avons pas pu résister à ce clin d’oeil) immanquablement  dans l’inversion de l’orientation , du monde extérieur qui est « là devant » vers l’idéalité intériorisante de la mathesis.

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