Il y a de l’or dans cette poussière

Originally posted on Toposophia οντοποσοφια μαθεσις universalis:

Cette belle expression se trouve dans cet article, employée à propos de la fin de vie (en exil) de Léon Brunschvicg:

il y a de l’or dans cette poussière

Elle évoque le film de Theo Angelopoulos:

« La poussière du temps »

à propos duquel on peut lire ceci:

Sur Eleni et La poussière du temps : la troisième aile de l’ange

ainsi que cette page:

La troisième aile de l’ange

Ces considérations rappellent aussi les propos de Marie Anne Cochet sur la vie de l’Esprit qui se développe en un présent « éternel »:

La vie de l’esprit et le présent éternel

« « Platon et Spinoza sont nos contemporains car ce qui fut chronologique dans leurs écrits n’est plus que la poussière déposée par le temps sur un tableau de maître.

Nous l’écartons sans peine et contemplons l’éternelle beauté du tableau«….

….« Du présent éternel, lieu de l’esprit, au présent chronologique, lieu…

Voir l'original 620 mots de plus

Entre ici François Hollande avec ton terrible cortège d’imbéciles

il a osé…oui il a osé!!!!
Que voulez vous…ça ose tout

Il a osé, le minable qui se prend pour le président de la République, le (petit) Maître de la rue du cirque, mettre ses (petits) souliers de fonctionnaire de sous-préfecture, dans les traces de pas de géant laissés il y a un peu plus de cinquante ans par André Malraux, que ses ailes de géant n’ont jamais empêché de marcher (et c’est heureux car le mythe du génie méconnu on a suffisamment donné)…

Je vais faire mon Drucker : pardon aux fonctionnaires et aux sous-préfets (*)

Zemmour l’a fort excellemment dit ce matin sur RTL, voir le replay (enfin si l’on peut supporter la publicité qui précède, mais ça fait partie du problème non?):

Panthéon : Hollande n’a fait que montrer sa petitesse

(Au fait ce titre « On n’est pas forcément d’accord » pue son RTL…s’ils espèrent éviter ainsi les procès, ils se foutent le doigt quelque part…enfin moi c’que j’en dis)

Oui, Hollande a osé mettre ses pas dans le sillon du géant puisqu’il a employé le mot « cortège »…si j’en crois Zemmour (et je l’en crois) car moi hier c’était radio et télé fermées…enfin comme d’habitude.

Il a commis ce forfait au son de sa voix monocorde et ennuyeuse, sur le ton d’un serveur intérimaire qui inviterait quatre clients à entrer et prendre place:

« Entrez Msieudames, tenez prenez cette table, j’arrive…vous voulez un apéro en attendant? »

a t’il au moins inclus dans le cortège les « sans dents »?

Oui, tous les mots étaient là en rangs serrés, tous les grands mots, et comme dit Zemmour il ne manquait que le talent, l’âme..

Mais il manquait plus que cela, qui était là en 1964: il manquait l’Esprit

Et c’est là le crime contre lEsprit, qui ne sera pas pardonné.

Je regrette juste chez Zemmour le passage « concert des Rolling Stones sans Mick Jagger », je n’aime pas non plus ce petit monde..je n’ai plus 20 ans, ni 10…

Mais ce n’est pas moi qui vais donner des leçons à Maître Zemmour..

Alors on suivra ses conseils et on passera en boucle le discours de Malraux le 19 décembre 1964, et l’on commencera par relire et méditer le texte du discours, qui est ici:

Discours du transfert des cendres de Jean Moulin

puis l’on écoutera cette voix chevrotante et ridicule (ridicule selon nos critères d’appréciation 50 ans après, qui sont eux mêmes ridicules, privilégiant l’informatif ou la blague de mauvais goût)

version longue (22 minutes)

Discours du transfert des cendres de Jean Moulin

ou courte (5 minutes)

extrait du discours de transfert des cendres de Jean Moulin

S’il y en a qui après avoir comparé ce discours à celui de Hollande il y en a encore qui ne comprennent pas, non qui ne voient pas et n’entendent pas la vitesse de la chute accélérée de la France dans l’abîme, alors c’est moi qui dois être fou…vite enfermez moi, que je retrouve Robert Chardon!

Ô Seigneur, puisque vous n’existe pas je puis bien vous demander ceci:

Crevez moi, Seigneur, les yeux et les tympans

Ouvrez moi Seigneur les portes de la nuit et du peuple de la nuit, afin que je m’en aille et que je disparaisse

Et moi je suis semblable à la feuille flétrie : emportez moi comme elle, orageux Aquilons

image

image

#BrunschvicgRaisonReligion exemple 4 des opositions fondamentales : « Le dit du vieux marin » de Coleridge

Originally posted on Mathesis universalis οντοποσοφια:

J’ai lu très jeune le poème de Samuel Taylor Coleridge « Le dit du vieux marin » (« The rime of the ancient mariner ») et je me souviens comme si c’était aujourd’hui de l’impression , le mot est faible, de la véritable transe intérieure qui me saisit aux premiers vers.

J’étais exactement dans l’état de saisissement de l’invité des noces que le marin fixe des yeux et qui ne peut faire autre chose que d’écouter son récit :

« Le vieux marin serre le bras du jeune homme de sa main décharnée : « Il y avait un vaisseau… dit-il. – Lâche-moi, ôte ta main, drôle à barbe grise ! » Et aussitôt la main tombe.

Le marin retient le jeune homme avec son oeil brillant. Le garçon de noce demeure tranquille et écoute comme un enfant de trois ans : le marin a sa volonté.

Le garçon de noce s’assit sur une pierre : il ne peut s’empêcher…

Voir l'original 1 242 mots de plus

#BrunschvicgRaisonReligion exemple 3 des oppositions fondamentales : « High noon » de Fred Zinneman (1952)

Ce splendide western « Le train sifflera trois fois » (« High noon ») est encore un exemple particulièrement clair de l’opposition fondamentale dont parle Brunschvicg au chapitre 1 de « Raison et religion »:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/raison_et_religion/raison_et_religion.html

opposition entre le plan vital (ou moi vital) et plan ou moi spirituel (ou plan de l’Idée).

Rappelons nous l’intrigue, qui est d’une simplicité biblique:

http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Le_train_sifflera_trois_fois

Au début du film, Will Kane (Gary Cooper), shérif de la ville qui doit être remplacé le lendemain par un successeur, épouse une jeune femme quaker Amy (jouée par Grâce Kelly); le mariage vient juste d’être prononcé quand arrive un télégramme signalant que le gangster psychopathe Frank Miller vient d’être libéré et doit rejoindre sa bande par le train de midi pour se venger de Kane, qui l’avait fait coffrer 5 ans auparavant.

Tous ceux qui assistent au mariage le pressent de fuir avec sa femme, puisqu’il n’est plus shérif , et dans un premier temps il se rend à leurs arguments, mais il rebrousse chemin et revient faire face au gang, expliquant à sa femme qui le supplie de fuir qu’ils ne seraient jamais tranquilles de toute leur vie : mieux vaut régler le problème du psychopathe Miller ici, sans attendre. Elle lui objecte aussi qu’elle est quaker et s’oppose à toute violence quel su en soit le motif.
La secte quaker est prise ici comme exemple d’une fausse spiritualité impuissante à s’élever au dessus du plan vital, puisque ce plan se caractérise par la lutte pour la vie et la puissance, donc par la violence, il est donc absurde de vouloir protéger absolument la vie contre la violence.

Mais voici comment s’introduit le plan spirituel dans cette discussion entre Kane et sa femme : le seul argument qu’il peut lui donner en définitive est « il le faut » , c’est à dire l’éthique kantienne du devoir que le dernier film de Woody Allen :  » L’homme irrationnel » oppose paraît il à l’éthique de conviction qui est celle des fous furieux et illuminés.
Mais si l’accès au plan spirituel est trouvé, les deux éthiques , de conviction et de devoir, se confondent, et c’est bien le cas de Will Kane.

Aucun de ses interlocuteurs ne parvient à comprendre les motifs de Kane pour rester: il a bien fait son travail, mais il a rendu juste après son mariage son étoile de shérif aux autorités de la ville, ce n’est donc plus son affaire.

Même sa femme ne le comprend pas , elle croit qu’il veut « passer pour un héros à ses yeux pour qu’elle l’aime encore plus » et le rassure, elle l’aime absolument quoiqu’il fasse.

Mais devant son obstination et son refus de fuir, elle lui annonce, espérant le fléchir, qu’elle va le quitter par ce même train de midi; plus tard elle se trompera encore, croyant qu’il est encore amoureux de son ancienne maîtresse mexicaine et qu’il veut la protéger de Miller.

Amy l’épouse quaker de Kane est dans le film le symbole privilégié du plan vital ou plan des générations successives, puisque de par leur mariage elle est destinée à mettre au monde leurs enfants; elle ne peut comprendre son mari parce qu’il est impossible de comprendre le spirituel si l’on en reste au plan vital: pour le monde l’Esprit est un néant, il n’est pas, et c’est ce que Brunschvicg veut dire lorsqu’il affirme:

« Le vrai est, le bien est, Dieu est : telles sont les trois propositions génératrices du scepticisme, de l’immoralisme et de l’athéisme »

Ce qui signifie entre autres que croire au Dieu qui est des religions abrahamiques revient à être athée : Dieu n’est pas, il doit être, il faut qu’il soit, et c’est à l’homme que revient cette tâche, c’est pour cela que je dis contre Heidegger:

« L’homme n’est pas le berger de l’être mais le hérault de la vérité »

C’est exactement ce que veut dire Kane quand il dit à sa femme « il le faut, il faut que j’affronte le gang même si je suis seul »

Kane ne veut pas jouer les héros parce qu’il n’est pas un héros (symbole vital et guerrier) mais un Hérault (symbole spirituel), le Hérault de la vérité.

La religion chrétienne sera traitée aussi mal que la secte quaker: lorsque Kane se rend au Temple pour recruter des assistants, la discussion s’embourbe, et le prêtre interrogé finit par avouer qu’il ne sait pas quoi dire, puisque les commandements de Dieu sont de ne pas tuer..mais alors pourquoi ce Dieu ordonne t’il la guerre contre les infidèles ?
Lorsque le combat commence, la femme de Kane amoureuse descend du train et court rejoindre son mari: elle tuera l’un des bandits d’un coup de revolver dans le dos, allant contre sa foi quaker.
Et à la fin, Kane victorieux jettera son étoile de shérif par terre d’un geste méprisant avant de partir définitivement avec sa femme : les valeurs spirituelles n’ont rien à voir avec l’ordre social, ni non plus avec le désordre.
Du point de vue social ou « religieux » (au sens des religions positives), le spirituel est néant, il n’est pas (comme un étant du monde): or ce qui est est appelé en philosophie « substance » , et Brunschvicg a raison de dire avec Hannequin que tout l’appareil métaphysique de l’Ethique de Spinoza s’est effondré avec la notion de substance, mais que cela n’entame pas la vérité profonde du spinozisme, qui est celle de l’Esprit, et réclame la lecture du « Traité de la réforme de l’entendement » pour être comprise.

Notons pour terminer que le triste état de la France actuelle témoigne d’une perte complète du sens des valeurs spirituelles, depuis la disparition de Brunschvicg en 1944 et le remplacement de l’idéalisme mathématisant par l’existentialisme, le matérialisme dialectique ou pas et la déconstruction : il faut lutter contre le jihadisme (et contre la corruption de l’Esprit dans une idéologie comme l’Islam) d’abord du point de vue du plan spirituel, et non pas du point de vue du plan vital, pour le « vivre ensemble », comme dans l’idéologie du « Je suis Charlie », d’ailleurs l’omniprésence de ce « je suis » ces derniers temps (Je suis Charlie, Je suis Ahmed, Je suis musulman, etc..) montre bien l’impossible rupture avec l’ontologique et l’Etre pour s’orienter vers l’Esprit et l’Un qui n’est pas mais DOIT être.

Penser selon l’être ou penser selon l’Un : toujours le choix qui nous a été laissé par Brunschvicg en 1943 deux mois avant sa mort.

« Penser l’être nous éloigne de Dieu » ( et donc les religions nous éloignent de Dieu), « mais méditer l’Un nous y ramène »

Comme tout est clair et lumineux quand on a posé les vraies questions…
image

construire une spiritualité laïque

Originally posted on Mathesis universalis οντοποσοφια:

Cet article paru il y a peu sur « Riposte laïque » est tout à fait intéressant:

http://ripostelaique.com/la-spiritualite-laique.html

« La laïcisation est un processus en marche dans les sociétés modernes ; processus qu’il faut avoir la volonté d’éclairer et de poursuivre.

L’idéal radieux des Lumières de la fin du 18 ème siècle ne s’est pas réalisé.

Une réflexion sur la spiritualité laïque ne peut pas faire comme s’il suffisait d’en revenir à ses principes édictés alors et à combattre la bête immonde. »

Ah oui…l’Abbé Thimmonde ….justement j’y pensais en regardant hier soir l’émission sur France 3 à propos de ces femmes remarquables qui sont entrées dans la Résistance, pour des raisons diverses, et souvent ont fait le sacrifice de leur vie, et que l’on a un peu trop vite oubliées à partir de 1945.

En (re)voyant ces images, ces films de juifs lynchés  à mort par la population dans les pays de l’Est…

Voir l'original 813 mots de plus