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La vraie raison du suicide de l’Europe

Voici un article remarquable en deux partie, qui laisse présager à court ou moyen terme une guerre civile en France, ou sans doute en Europe:

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/08/14/31003-20150814ARTFIG00245-des-territoires-perdus-de-la-republique-aux-territoires-perdus-de-la-nation-12.php

et

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/08/14/31003-20150814ARTFIG00248-georges-bensoussan-nous-assistons-a-l-emergence-de-deux-peuples.php

Certes Georges Bensoussan explique la situation actuelle par la grande saignée de la première guerre mondiale, dont la France qui figurait au nombre des vainqueurs ne s’est jamais relevée.
On peut d’ailleurs parler comme Max Gallo d’une « guerre de Trente ans » (1914-1944), qui se transforma en guerre mondiale mais commença, aussi bien en 1914 qu’en 1939, comme une guerre européenne.
Mais pourquoi ? pourquoi l’humanité européenne, hautement éduquée, anciennement christianisée, ayant reçu de longue date l’influence de la Grèce antique et de ce que l’on appelle les « humanités », cette humanité européenne qui crée la science et la philosophie modernes, qui est celle aussi des Lumières et du droit, pourquoi se livre t’elle ainsi au vingtième siècle à cette course à l’abîme?
Ici l’examen de l’Histoire nous donnera plusieurs raisons , plusieurs « causes », je serais d’ailleurs bien en peine de les énumérer toutes, tout dépend d’ailleurs de combien de siècles en arrière on remonte, puisqu’on peut affirmer que l’Europe était déjà en « gestation » trois mille ans en arrière, ou même 50000 si l’on remonte à cromagnon et Néanderthal…citons en vrac : les empires coloniaux, la Révolution française et les guerres napoléoniennes, la guerre de l’Europe chrétienne contre les Ottomans, où la France a souvent été perçue par ses voisins européens comme faisant le jeu de l’islam, etc..etc..etc..
Mais, à la fin des fins, cela ne nous donnera pas le pourquoi, celui qui s’impose et met fin à toutes les questions, celle ci notamment qui revient lancinante:
« Oui mais pourquoi, suite à de tels faits historiques, l’humanité européenne a t’elle réagi comme cela, jusqu’à provoquer deux guerres mondiales, et jusqu’à la volonté d’anéantissement à laquelle nous assistons depuis 1975, depuis 40 ans d’immigration forcenée ? »
Et pourquoi, surtout, jusqu’à l’inconcevable, l’indicible de la Shoah ?
Qu’un génocide se produise dans des sociétés inférieures comme la Turquie de 1915 ou le Rwanda de 1994, c’est intolérable mais on peut à la rigueur l’envisager, de par les rivalités tribales ou bien la mentalité musulmane forgée de longue date par la Sharia qui considérait les dhimmis arméniens comme des sous-hommes…mais dans une société européenne qui avait été celle de Kant, ou Einstein ?
Ici l’interview de Georges Bensoussan dans le Figaro a le grand mérite de ridiculiser et condamner le « catéchisme moral » de la Shoah, qui l’a banalisée en la comparant à la prétendue naqbah des Palestiniens, ou bien au prétendu génocide de SreBrenica: ceci fonctionne comme un véritable étouffoir de la réflexion.
Il nous faut donc chercher la réponse à notre question sur un registre supérieur, métaphysique, et non plus seulement factuel (bien que les faits historiques puissent servir à vérifier ou réfuter nos conclusions.
Et nous ne pouvons la chercher que sur la période qui distingue absolument l’humanité, la civilisation européenne de toutes les autres, y compris de l’Europe telle qu’elle était avant la période historique dont je parle, avant la ligne de démarcation du cartésianisme:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/03/06/la-ligne-de-partage-des-temps/

la ligne de partage des temps, qui pour les chrétiens est la naissance de Jesus-Christ, pour les juifs…je ne sais pas, (la sortie d’Egypte ?) pour les musulmans la descente du Coran, mais qui pour nous qui nous voulons vraiment religieux, pour nous qui voulons vraiment « dépouiller le vieil homme » ne peut être que la « nuit de songes de Descartes » du 10 au 11 novembre 1619:

http://singulier.info/rrr/2-rdes1.html

nuit suivant la journée au cours de laquelle il trouvé les fondements de l’admirable science, selon le récit de Baillet:

« 

Il nous apprend que le dixième de novembre mil six cent dix-neuf, s’étant couché tout rempli de son enthousiasme et tout occupé de la pensée d’avoir trouvé ce jour-là les fondements de la science admirable , il eut trois songes consécutifs en une seule nuit, qu’il s’imagina ne pouvoir être venus que d’en haut.

 »

évidemment Descartes ne peut parler que le langage de l’ancienne époque puisque la nouvelle ne va naître qu’au cours de cette nuit obscure car ultra-lumineuse, Descartes reste chrétien : mais « en haut » désigne pour nous qui venons quatre siècles après le plan spirituel, plan de l’Idée, qui est nommé « cieux » (שמים = Shamayim par opposition à Eretz = terre qui désigne le plan vital ) au premier verset de la Torah. La pensée de la nouvelle époque d’après la ligne de démarcation est entièrement active, virile (non au sens de sexe masculin), solaire, conquérante, par opposition à l’ancienne époque lunaire, orientale, passive, recevant des « révélations » par les « prophètes » et ce n’est pas pour rien que Jean-Luc Marion tente d’annexer Descartes à sa thèse de la « donation-réception », niant la possibilité d’une pensée active, créatrice.

Science-sagesse admirable que nous appelons ici:

« 

HENOSOPHIA TOPOSOPHIA MATHESIS ενοσοφια τοποσοφια μαθεσις υνι√ερσαλις οντοποσοφια

et qui n’est autre que cette « Réforme absolue du savoir humain » que le philosophe-mathématicien Hoené Wronski tenta de fixer dans le livre de 1847 qui porte ce titre, mais sans y réussir parce que ce « Livre » est celui auquel le monde doit aboutir: le plan spirituel.

Voir aussi notre article assez ancien:

https://mathesisuniversalis.wordpress.com/mathesis-universalis-et-totalite/

Cette période de quatre siècles (1619-2015) qui marque la spécificité européenne et à laquelle nous devons donc nous restreindre pour expliquer la spécificité du destin de l’Europe, elle est encadrée quasi-symétriquement par deux « crises » (crise vient de krisis = jugement) dont parlent deux grands livres écrits au 20 eme siècle (au milieu des années 30 tous les deux) :

« La crise de la conscience européenne 1680-1715 » de Paul Hasard:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/La_Crise_de_la_conscience_européenne

et

http://classiques.uqac.ca/classiques/hazard_paul/crise_conscience_europe/crise_conscience.html

et « la crise des sciences européennes et la philosophie transcendantale » d’Edmund Husserl

http://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/file/husserl_depraz.pdf

Cette crise est à mon sens la suivante : la physique mathématique , déplacement dans l’axe de la vie religieuse selon Brunschvicg, n’a pas été inventée pour les progrès techniques, militaires et économiques qu’elle allait aussi apporter, car ceux ci ne sont venus que plus d’un siècle après, avec les premières machines à vapeur.
Elle a été inventée par des européens pour permettre à l’humanité européenne de se donner une forme de vie nouvelle, libérée de la Tradition et se donnant soi même son destin dans l’autonomie de la pensée et du jugement.
Cette autonomie consiste, dans la terminologie que j’emploie ici sous l’influence des trois premiers chapitres de « Raison et religion » de Léon Brunschvicg, dans l’appréciation exact de ce qu’est le plan spirituel (caractérisé par cette autonomie radicale) vis à vis du plan vital caractérise par l’asservissement de la conscience vis à vis des instincts. Il n’y a pas de liberté sur le plan vital, il ne peut pas y en avoir : la liberté « filtre » dans le monde en provenance du monde des Idées, comme tout ce qui est de l’ordre des valeurs véritables. Une valeur ne peut exister dans le monde sur le mode de l’être, elle y « apparaît » sur le mode du « doit être », toujours par l’intermédiaire d’une ou plusieurs consciences humaines , la liberté n’est pas (en tant que réalisée dans le monde) mais doit être, en tant au horizon pour l’action et la praxis vraiment humaine.
Un exemple : la sexualité en tant que symbole même du plan vital ne peut pas être libre, la « liberté sexuelle » est une baliverne. Tel homme, telle femme croit aimer tel partenaire librement, mais en fait c’est son instinct animal, qui dépend en partie de son histoire passée, qui le ou la pousse.
Seulement cela ne saurait être une justification pour le viol, ou pour le mariage forcé, qui n’est d’ailleurs qu’une forme de viol, ou pour les punitions en cas de sexe hors du mariage ou d’adultère….

Car notre conduite pratique en tout temps et en tout lieu doit être guidée par l’étoile polaire des Idées de Liberté, de Bien, de Vrai…or si je viole, si je force quelqu’un à se marier contre son gré, si je frappe ou lapide la femme adultère, j’obéis à mon instinct animal, individuel ou social: je ne suis plus guidé par les Idées éternelles, je commets le Mal.
Donc la science moderne, mathématique, qui au 17 eme siècle n’était pas encore séparée de la philosophie, n’a pas été créée pour la richesse ou la puissance économique et militaire, puisque les applications techniques militaires ou industrielles n’existaient pas à l’époque , personne ne pouvait en avoir l’idée. La science a été créée pour donner une juste vision et compréhension de la différence entre plan vital, ou plan de l’être, ou plan ontologique, et plan spirituel, ou plan des Idées et des Valeurs (véritables).
Je dis « juste compréhension » car il en existait déjà une, mais fausse : je veux parler de la vision du plan spirituel données par les religions et sectes ou systèmes se prétendant « de sagesse »: il y aurait lieu d’en parler pendant des heures, des mois, des années tant l’histoire de tels « systèmes de croyances » est complexe et embrouillée, je me bornerai donc à expliquer pourquoi tous ces systèmes existant avant l’émergence de la science ne pouvaient être que faux et mauvais (encore que bien sûr il faudrait introduire des nuances à l’infini): c’est que TOUS concevaient le plan des Idées et des valeurs sur le modèle du plan de l’être, du monde naturel caractérisé par la multiplicité indéfinie des étants. Or ici nous avons une célèbre citation de Brunschvicg qui comme d’habitude fait la lumière:
« Les trois propositions génératrices du scepticisme, de l’immoralisme, et de l’athéisme sont : le Vrai est, le Bien est, Dieu est »
On pourrait d’ailleurs y ajouter:
« La proposition génératrice de la dictature et de l’asservissement est : la liberté est »
Proposition que l’on rencontre généralement sous cette forme : « Je suis libre de faire, de dire, de penser ce que je veux » suivie de « et je t’emmerde ».
La liberté ce n’est pas de faire ce dont j’ai envie, poussé par mes pulsions et mes instincts : c’est de penser, de vivre et d’agir guidé par les Idées éternelles.
C’est Platon qui le premier a exprimé cette thèse dans sa philosophie, grâce sans doute à Socrate ainsi que par la connaissance des philosophes-savants plus anciens comme Thales, peut être par Pythagore, voir:

http://revistadefilosofia.com/11-3.pdf
Mais comme dit Brunschvicg « le miracle Grec dura le temps d’un éclair » , vint ensuite l’éclipse de l’idéalisme Grec platonicien, fondement de l’Occident, par le matérialisme oriental qui est à l’œuvre à Rome, Jérusalem, Byzance et Cordoue, et il faudra attendre Descartes pour que la spiritualité platonicienne, étouffée par l’aristotélisme qui était comme par hasard ce que les juifs, les chrétiens, et les musulmans avaient retenu de la philosophie grecque:

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/about/

«  Les « valeurs méditerranéennes », celles qui ont dominé tour à tour à Jérusalem, à Byzance, à Rome et à Cordoue, sont d’origine et de caractère asiatique…… »

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/ecrits_philosophiques_t1/ecrits_philosophiques_t1_intro.html

« C’est de Descartes que date le retour à la spiritualité pure par laquelle Platon avait mis en évidence le caractère de la civilisation occidentale : « Toutes les sciences (écrit-il dans la première des Règles pour la direction de l’esprit), ne sont rien d’autre que la sagesse humaine, laquelle demeure toujours une et identique, tout en s’appliquant à divers sujets, sans se laisser différencier par eux, plus que la lumière du soleil par la variété des choses qu’elle éclaire. » Mais l’humanisme de la sagesse ne manifestera toute sa vertu dans la recherche de la vérité, que s’il a conquis, par une ascèse préalable, sa liberté totale à l’égard des préjugés de la conscience collective. De cette ascèse, Descartes sera redevable aux Essais de Montaigne. »

Mais que s’est il passe alors pendant la « crise de la conscience européenne », de 1680 à 1715, et surtout après 1715, après la mort de Malebranche qui était le dernier des « grands » cartésiens ?
Il s’est passé que l’humanité européenne a connu le destin de Narcisse qui fasciné par son image dans l’eau (c’est à dire par le plan vital qui ne renvoie que la fausse image de la personne, non universelle donc non adéquate à la vérité) est tombé dans le cours d’eau et s’est noyé.
Dans le cas de l’Europe cette fascination par le moi personnel, vital et social, commence avec la « profondeur vide des Lumières » au 18ème siècle, elle est représentée par Danton lors de la Révolution française et provoque en retour la Terreur qui signe l’échec de tout projet d’émancipation réelle. Puis commencent à arriver les nouveaux objets inventés par l’industrie et la fascination grandissante qu’ils exercent.
Résumons : l’humanité européenne a été incapable d’accomplir le projet du 17 eme siècle , et s’est progressivement enlisée dans le naturalisme, ce qui est le diagnostic de Husserl en 1936, qui attribue cet enlisement à la crise des sciences positives qui n’ont plus rien à nous dire « dans la détresse de notre vie » (1936 en Allemagne) sur les questions importantes, touchant au sens de l’existence humaine.
Ce qui signifie dans notre terminologie : impuissante à définir une approche et une compréhension juste du plan spirituel, l’Europe sombre peu à peu, aux 19ème et 20 eme siècle, dans le naturalisme qui est le véritable athéisme : la thèse selon laquelle il n’y a que le plan vital.
Seulement l’athéisme positif , celui qui détruit les fausses conceptions, religieuses, du plan spirituel, n’en a pas moins joué son rôle à partir du 18ème siècle, et il est impossible de revenir en arrière, si bien que l’on en arrive à ce que révèlent les enquêtes de la fin du vingtième siècle, qui révèlent que les européens , même s’ils gardent une pratique religieuse minimaliste, ne croient plus aux « grands récits » sur un destin de la personne « après la mort », ce qui n’était qu’un voile mythique jeté sur la vérité du plan spirituel dont l’accès réclame comme condition préalable la « mort » (ascétique, initiatique) au plan vital.
En même temps des conceptions sectaires de l’initiation se font jour à partir du 19 eme siècle : théosophie, Golden dawn, anthroposophie etc..et créent un climat délétère d’où le nazisme prendra son envol.
C’est que l’humanité européenne n’arrive pas à faire l’effort (sans doute parce
Qu’elle ne connaît de la science que sa version vulgarisée) que pour détruire les fausses conceptions du plan spirituel, il fallait en connaître la vraie version : le « vêtement d’idées mathématiques » qui est derrière les théories scientifiques qui ont amené au 17 eme siècle le « déplacement dans l’axe de la vie religieuse »:

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/2012/09/11/la-querelle-de-latheisme-de-brunschvicg/

« Le fait décisif de l’histoire, ce serait donc, à nos yeux, le déplacement dans l’axe de la vie religieuse au XVIIesiècle, lorsque la physique mathématique, susceptible d’une vérification sans cesse plus scrupuleuse et plus heureuse, a remplacé une physique métaphysique qui était un tissu de dissertations abstraites et chimériques autour des croyances primitives. L’intelligence du spirituel à laquelle la discipline probe et stricte de l’analyse élève la philosophie, ne permet plus, désormais, l’imagination du surnaturel qui soutenait les dogmes formulés à partir d’un réalisme de la matière ou de la vie. L’hypothèse d’une transcendance spirituelle est manifestement contradictoire dans les termes ; le Dieu des êtres raisonnables ne saurait être, quelque part au delà de l’espace terrestre ou visible, quelque chose qui se représente par analogie avec l’artisan humain ou le père de famille. Étranger à toute forme d’extériorité, c’est dans la conscience seulement qu’il se découvre comme la racine des valeurs que toutes les consciences reconnaissent également. À ce principe de communion les propositions successivement mises au jour et démontrées par les générations doivent leur caractère intrinsèque de vérités objectives et éternelles, de même qu’il fonde en chacun de nous cette caritas humani generis, sans qui rien ne s’expliquerait des sentiments et des actes par lesquels l’individu s’arrache à l’égoïsme de la nature. Ce Dieu, il faudra donc l’appeler le Verbe, à la condition que nous sachions entendre par là le Verbum ratio (λόγος ἐνδιάθετος) dont le Verbum oratio (λόγος προφορικὸς) est la négation bien plutôt que le complément, avec tout ce qui, par l’extériorité du langage à la pensée, s’est introduit dans les cultes populaires : mythes de révélations locales et de métamorphoses miraculeuses, symboles de finalité anthropomorphique.» »

En d’autres termes : la masse de l’humanité européenne est incapable d’accéder au « Temple » du Dieu des philosophes et des savants, mais elle ne peut pas non plus revenir en arrière (sauf une minorité religieuse bien sûr) dans le giron du Dieu des religions abrahamiques : elle se retrouve donc, surtout dans les 70 années de 2945 à 2015, dans l’attitude de l’athéisme pratique selon laquelle il n’y a que le plan vital et pas de plan spirituel, les idées n’étant vues que comme une superstructure du monde naturel. C’est aussi ce que Badiou nomme l’attitude du matérialisme démocratique :
« il n’y a que des corps et des langages »…et des droits, ajouterons nous..
Or cette attitude est impossible à maintenir sur une longue période : l’examen de l’histoire passée le montre,niais aussi la réflexion, car nous savons bien tous que « la vie est une affaire qui ne rembourse pas ses dettes » (Schopenhauer) ou bien « un pauvre comédien qui se pavane sur la scène une heure durant et qu’ensuite on n’entend plus, une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, ne signifiant rien » (Macbeth).
D’où l’attitude suicidaire des peuples européens, tellement évidente pour qui regarde encore le JT du soir.
La période 1945-2015 peut s’analyser comme un faux relèvement, celui des Trente glorieuses, uniquement productif et économique, accompagné d’une montée du nihilisme dans les arts et les philosophies de la de construction : dans « De l’esprit », Derrida compare ainsi l’esprit à une fermentation gazeuse, à une sorte de flatulence.
Un film ou plutôt une trilogie de trois films, « Welcome un Vienna », réalisée par Axel Corti dans les années 80 montre les raisons de cette montée du nihilisme à partir de 1945, parce que les questions de fond, spirituelles et religieuses, n’ont pas été traitées :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/dieu-croit-il-encore-en-nous/

Cette volonté de suicide, difficile à enrayer, se manifeste aux niveaux politiques, economiques, et « culturels ».

Mais un auteur comme Raymond Abellio parle quant à lui d’une « Assomption de l’Europe »:

Descartes et Malebranche : deux faces d’un même joyau

Descartes et Malebranche : deux faces d’un même joyau.via Descartes et Malebranche : deux faces d'un même joyau.

Wronski : introduction à la philosophie des mathématiques

http://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=mdp.39015067101579

début de l’ouvrage page 1 :

http://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=mdp.39015067101579;page=root;view=image;size=100;seq=19;num=1;orient=0
« LE monde physique présente, dans la causalite non intelligente,
dans la nature, deux objets distincts : l’un, qui est la forme et la
manière d’être ; l’autre, qui est le contenu, l’essence même de
l’action physique.
La déduction de cette dualité de la nature, appartient à la Philo-
sophie : nous, nous contenterons ici d’en indiquer l’origine trans-
cendantale.–Elle consiste dans la dualité des lois de notre savoir,
et nommément dans la diversité qui se trouve entre les lois trans-
cendantales de la sensibilité (de la réceptivité de notre savoir), et
les lois transcendantales de l’entendement ( de la spontanéité ou de
l’activité de notre savoir). C’est, en effet, dans la diversité qui ré-
sulte de l’application de ces lois aux phénomènes donnés à pos-
teriori , que consiste la dualité de l’aspect sous lequel se présente
la nature; dualité que nous rangeons, conduits de nouveau par des
lois transcendantales, sous les conceptions de forme et de contenu
du monde physique.
Or la forme, la manière d’être de la nature ou du monde phy-
sique, est l’objet général des MATHÉMATIQUES; et son contenu, son
essence même, est l’objet général de la PHYSIQUE. — Mais, laissons
cette dernière, pour ne nous occuper ici que des Mathématiques.
La forme du monde physique, qui résulte de l’application des
lois transcendantales de la sensibilité aux phénomènes donnés à
posteriori, est le temps, pour tous les objets physiques eu général,
et l’ espace, pour les objets physiques extérieurs. — Ce sont donc
les lois du temps et de l’espace, en considérant ces derniers comme

appartenant au monde physique donné à posteriori, qui font le véri-
table objet des Mathematiques (*).
Telle est d’abord la détermination de l’objet en question, donnée
par la Philosophie en général, et nommément par l’Architectonique
du savoir humain. — La détermination ultérieure de cet objet,
appartient à la Philosophie des Mathématiques.
Cette dernière Philosophie a pour but l’application des lois pures
du savoir, transcendantales et logiques, à l’objet général des sciences
dont il s’agit, à l’objet général tel que nous venons de le déter-
miner ; et elle doit ainsi, suivant cette idée, déduire, par une voie
subjective, les lois premières des Mathématiques, ou leurs principes
philosophiques. — Les Mathématiques elles-mêmes partent de ces
principes, et en déduisent, par une voie purement objective , sans
remonter jusqu’aux lois intellectuelles, les propositions dont l’en-
semble fait l’objet de ces sciences.
Pour mieux approfondir la nature de la Philosophie des Mathé-
matiques, il faut savoir qu’il existe, pour les fonctions intellectuelles
de l’homme, des lois déterminées. Ces lois, transcendantales et
logiques , caractérisent l’intelligence humaine, ou plutôt constituent
la nature même du savoir de l’homme. Or, en appliquant ces lois,
prises dans leur pureté subjective, à l’objet général des Mathé-
matiques^ la forme du monde physique, il en résulte, dans le
domaine de notre savoir, un système de lois particulières, qui ré-
gissent les fonctions intellectuelles spéciales portant sur l’objet de
cette application, sur le temps et l’espace. — Ce sont ces lois par-
ticulières qui constituent les principes philosophiques des Mathé-
matiques, principes que nous avons nommés. — Il faut encore re-
marquer que, suivant cette exposition de la Philosophie des Mathé-
matiques , cette Philosophie donne, en même temps, l’explication

des phenomènes intellectuels que présentent les sciences mathéma-
tiques : en effet, l’ensemble de ces sciences forme un certain ordre
de fonctions intellectuelles, et ces fonctions sont de véritables phé-
nomènes; de manière que les lois de ces fonctions, qui sont, en
même temps, les lois de ces phénomènes, contiennent la condi-
tion de la possibilité de ces derniers, et donnent, par là, leur expli-
cation philosophique. »

à quoi Wronski ajoute en note page 2 :

« (*) Nous devons observer ici, pour les Philosophes, que nous dirons expressé-
ment que les Mathématiques ont pour objet les lois du temps et de l’espace, en
considérant ces derniers objectivement, c’est-à-dire, comme appartenant au monde
physique, donné à posteriori, et non subjectivement, comme lois transcendantales
de notre savoir, données à priori. — Les intuitions du temps et de l’espace , con-
sidérées sous ce dernier point de vue , font l’ objet de la Philosophie elle-même , et
spécialement de l’Esthétique transcendantale »

Cette « Introduction à la philosophie des mathématiques » date de 1811, elle est idsponible aussi sur Google :

http://books.google.fr/books?id=GeBJAAAAMAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

c’est un livre de jeunesse donc, se situant dans la veine du premier ouvrage de Wrsonki, en 1803, sur la « Philosophie critique découverte par Kant » :

http://balzacwronskimessianisme.wordpress.com/2012/04/06/wronski-philosophie-critique-decouverte-par-kant/

On raconte que Wronski, vers les années 1820, voulut un jour se rendre à Londres, il déposa donc une demande auprès de la préfecture de Police , et le fonctioonaire zélé qui s’acquitta de l’enquête à son propos nota uniquement ceci :

« ce n’est pas un fou dangereux »

et permission lui fut accordée de voyager !

eh bien oui ! je persiste et signe !

Wronski est selon moi l’un des philosophes ET mathématiciens les plus importants, et il est symptomatiques des temps de la Restauration (qui sont ceux des « Illusions perdues » de Balzac, voir :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/05/07/un-fameux-passage-des-illusions-perdues/  )

que la pensée de ce génie, sans doute aussi élevé que celui de Grothendieck, soit tournée en dérision par un bureaucrate aux ordres !

certes on doit convenir que la lourdeur de son expression, les redites, les longueurs, le style ampoulé, rendent  la plupart de ses ouvrages  presqu’ illisibles , et c’est bien dommage !

Il a totalement manqué , en mathématiques, le virage galoisien (pourtant il était contemporain de Galois) vers la théorie des groupes et des structures, et la mathématique a totalement changé de visage depuis son époque, aussi ses « lois absolues » sont elles devenues complètement…caduques!

Au fond, quel peut être un usage valide de Wronski et de son « messianisme » ?

à peu près le même que celui de l’Evangile pour le « christianisme des philosophes » : élaguer, élaguer, élaguer, et séparer le bon grain (spirituel) de l’ivraie (des fables et des « histoires »).

Il suffit d’envever du messianisme de Wronski tout ce qui est par trop … messianique : je veux dire par là que le messianisme ne se situe pas dans le futur imminent ou pas; le messianisme est « internel », ce qui veut dire qu’il arrive, par définition !

L’élément messianique, c’est ce qui est toujours « en instance d’arriver », de façon transcendantale !

ou encore : « il n’y aura pas d’épiphanie de la vérité » déclare Badiou ?

certes car la Vérité, c’est l’épiphanie !

la note en page 2 de Wronski est importante, car elle départage la philosophie de la mathématique.

La « loi de création » de Wronski est merveilleuse, mais elle n’a qu’un seul défaut : son bouclage , son statut « définitif » !

Nous refusons de parler de « transcendance », mais le transcendement, le « mouvement pour aller plus loin » de Malebranche, comme l’ignorer ?

 

La « voie » est pour nous l’acheminement de la conscience du multiple à l’un : la multiplicité pure est la matière, la « Materie » de l’Esthétique transcendantale de Kant, pure diversité, multiplicité « inconsistante » de Cantor et Badiou « en amont » du compte-pour-un ensembliste.

Nous retrouvons là la conception scolastique de la matière première comme principe d’individuation.

La philosophie commence avec les lois transcendantales des formes de l’espace et du temps considérés comme « a priori ».

elle passe ensuite le relais à la mathématique comme science des formes de l’espace et du temps mais considérés « a posteriori », phénoménalement.

Le problème du partage entre physique et mathématique est évidemment plus complexe que la simple séparation entre forme et contenu dont parle Wronski : la physique moderne traite de notre action (par le biais d’appareils fort complexes, comme des accélérateurs de particules) sur « la matière », et non pas sur « la matière » brute (qui est la multiplicité inconsistante), c’est pour cela qu’elle peut être mathématisée, notamment par la théorie des groupes de symétrie, qui se branche directement sur les « symétries » de nos actes et expériences.

Mais ce qui est important dans cette histoire, c’est que la mathématisation , une fois lancée, opère toute seule par la montée vers l’Absolu des « structures » de plus en plus complexes : ensembles, catégories, 2-catégories, etc..

Il suffit à la philosophie de suivre et de … réfléchir ce processus intellectuel qui semble marcher tout seul. 

Nous décrivons cela par un modèle fonctoriel entre « élément-être » et « élément-savoir » à la Wronski.

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/04/25/la-loi-de-creation-de-wronski-et-la-theorie-des-categories/

Il nous faut maintenant entrer dans la « jungle » où se trouve « la chose même » , qui est le paradis que non pas Cantor, mais Eilenberg et Mac Lane ont créé pour nous en 1945 :

http://en.wikipedia.org/wiki/Category_theory

http://en.wikipedia.org/wiki/Samuel_Eilenberg

http://en.wikipedia.org/wiki/Saunders_Mac_Lane

Oui, il nous faut « descendre » et nous mouiller : nous ne pouvons pas nous contenter, pour un tel travail, de rester des « aviateurs » et de survoler ces « terres » … nous laissons cela à MBK et ses nouveaux amis.

Certes nous ne renions pas ce que nous avons dit ici :

http://sedenion.blogg.org/date-2009-03-11-billet-990890.html

La mathesis universalis est « vol de l’aigle » , elle est de nature unitive et non pas encyclopédique; elle est semblable à ce « vol d’un avion » dont parle Whitehead au début de « Process and reality » … seulement pour décoller, l’avion doit atterrir, et réciproquement…

racisme et communautarisme ethno-religieux

tout ce dont les membres, exempts de pathologies mentales graves,  d’une communauté linguistique peuvent parler en se faisant comprendre  « existe », il n’y aurait aucun sens à le nier.

Ainsi cette table, devant moi, cet arbre au loin, ils « existent ».

Et pourtant, peut on dire qu’il « existent absolument » ?

la table a été construite par des hommes, pour des usages humains, elle ne peut ‘exister » indépendamment des savoirs faire industriels humains, acquis au cours de l’Histoire.

De même l’arbre, ou tout autre objet naturel, est une « abstraction » si on le conçoit isolé du monde qui l’entoure : il a besoin pour continuer à « être là » des minéraux que ses racines puisent dans le sol, de l’atmosphère (si elle est trop polluée il meurt).

A la limite il n’existe « dans l’Absolu » rien d’autre que le Tout : et ce Tout est bien plus que ce que nous appelons « le monde ».

Car il est le « Tout » dont on parle, dont je parle actuellement : en en parlant je me situe en quelque sorte « en dehors » du Tout, ce qui m’amène à penser que la notion de « Tout dont on parle » est autocontradictoire.

Hamlet dit à Horatio:

 «  il y a plus de choses sur terre et dans le ciel que dans toute votre philosophie »

seulement, comme le note Brunschvicg,  il parle de la philosophie de son époque, la philosophie scolastique, sorte de mixte entre la philosophie aristotélicienne et les mythologies chrétienne, juive ou musulmane.

La science véritable, et donc la philosophie véritable, ayant affaire à la Vérité pure et non pas aux mensonges de la physique « aristotélicienne » esclave des illusions de la perception, font leur entrée en scène avec Copernic, Galilée, et surtout Descartes.

Et la philosophie « remonte au ciel » selon la belle expression de Guéroult à propos du malebranchisme.

Qu’est ce que la terre ? qu’est ce que le ciel ?

la science montre enfin que les « cieux » , l’espace immense des planètes, des astres et des galaxies, ne sont pas d’une nature différente de celle de notre planète.

La « terre », c’est donc pour nous le monde sensible, celui des perceptions, sensations, …des êtres vivants (et donc mortels) que nous sommes.

Le « ciel » c’est l’espace « intérieur » , ou « internel » selon ce mot que je trouve si beau, et que j’avais trouvé je ne sais plus où…

C’est l’intériorité pure où seulement nous pouvons nous acheminer vers « Dieu » qui est, comme je l’ai démontré, l’Absolu en tant que Raison immanente.

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/une-demonstration-irrefutable-de-lexistence-de-dieu/

Seulement ici attention à ne pas tomber dans un piège terrible !

 cette intériorité est l’universalité véritable, si justement elle dépasse ce qui constitue la prison de la « fausse intériorité » celle des fantasmes et obsessions égocentriques , celle qui me constitue comme « cette personne unique », avec mes goûts, mes pulsions, mes illusions.

Or il n’y a rien là d’unique, parce que tout le monde se prend pour le centre du monde et croit que sa petite personne est l’aboutissement de l’Histoire universelle… tout au moins à notre époque dite « individualiste », celle de la « télé réalité » où tout le monde adore parler de « soi », des ses obsessions médiocres (en général sexuelles », etc…

Seulement l’universalité de la Raison, c’est à dire de l’intériorité vraie, ne commence qu’une fois franchie cette barrière du singulier (mes caractéristiques individuelles quantifiables ou « ineffables », qui disparaîront dans la tombe avec moi), et du niveau « particulier » de ma personnalité, liée à ma « culture » nationale ou tribale , à ma religion éventuelle, et qui en aucun cas n’est universel ni universalisable, sauf fanatisme barbare, celui que nous connaissons trop de nos jours).

A partir de la ligne de partage des temps, à partir de Descartes :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/03/06/la-ligne-de-partage-des-temps/

on peut et on doit donc inverser l’appréciation d’Hamlet :

« il y a plus de choses dans la vraie philosophie qui est « itinerarum mentis in Deum », acheminement de l’âme dans le ciel internel vers la Raison Absolue, que sur la terre des êtres sensibles, soumis au vieillissement, à l’entropie et à la mort »

certes, Descartes et Malebranche restent chrétiens, et Descartes dit fort justement, en universalisant pour une fois son comportement particulier, qu’il « est toujours resté fidèle à la religion de sa nourrice », et, implicitement, que c’est ce que tout le monde devrait faire !

eh oui ! c’était le temps où il y avait encore des nourrices, et encore des religions dignes de ce nom (quoique…après la Saint Barthélémy, il nous soit peut être impossible de dire ça) !

ils restent chrétiens, mais leur philosophie, même si elle trouve sa condition de possibilité dans le christianisme, en dépasse les aspects purement religieux, c’est à dire particuliers… et ce même pour Malebranche qui déclare :

« la foi passera mais l’intelligence subsistera éternellement »

ce long préambule pour en venir au terrible problème du racisme et du communautarisme, qui menacent maintenant directement notre république !

de même que cette table, cet arbre, cette maison, « existent », puisque nous pouvons en parler en nous faisant comprendre, de même les « races » existent!

certes elles n’existent pas pour la science, mais pour celle ci, pour la physique mathématique née au 17 ème siècle, naissance en laquelle  Brunschvicg voit le fait capital de l’évolution humaine, cette table, cet arbre n’existent pas non plus !

je dirais même que les « races » existent encore plus qu’il y a 40 ans, en France, et dans la tête des gens : chacun sait, avec certitude, qu’il est « blanc », « noir » « asiatique », « arabe » etc.. cela ne rime à rien de prétendre le contraire !

si l’on se limite aux aspects physicalistes, alors toute pensée raciste est propre à des attardés qui restent prisonnier du plan de la perception vitale, alors que depuis le commencement de la civilisation il y a 4 siècles, la science moderne affranchit les hommes de cette prison matérialiste… mais combien sont ils, ceux qui acceptent de faire usage de cette clé et de se libérer de leur prison mentale ?

seulement dans le choses humaines le « culturel » prime le « naturel » et le « physique » : et c’est ici que s’introduisent les « communautés », religieuses entre autres..

le racisme purement « physicaliste » et « biologique » est intenable, on le voit bien : seulement s’ il évolue et se pare des « plumes » du communautarisme , alors il est bien plus difficile d’en venir à bout, et je dirais même que le racisme, sous sa forme communautariste, n’a fait, en France, que croître et embellir depuis qu’il existe des organisations « antiracistes » !

pourquoi ? à cause de ce phénomène propre aux hommes non encore affranchis de leur être « naturel » par la science et la philosophie.

Chacun croit être le centre du monde, au niveau singulier, mais cette illusion s’étend au plan « particulier », celui des cultures et des religions : chacun croit que sa communauté, sa religion, est « supérieure » aux autres !

sinon il en changerait !

certes, à cause du « politiquement correct » ambiant en Occident, la plupart enterrent cette croyance en leur coeur, et la taisent…

mais ce n’est pas le cas de tous, et pas avec la même intensité : il est facile de se rendre compte, par exemple, que la plupart des musulmans sont persuadés que l’Islam est la seule religion agrée par Dieu… c’est même dit dans le Coran !

alors comment sortir de cette barbarie, de cette illusion propre aux peuples non émancipés par la Raison, qui menace de ruiner toute civilisation ?

certainement pas par le métissage et le mélange chaotique de toutes les « cultures » et « religions » sur un même sol !

Un Alain Finkielkraut l’a bien compris.

En Yougoslavie, les mariages entre personnes de « religion » et « communauté »différentes étaient fort nombreux, cela n’a aucunement empêché une guerre atroce dans les années 90.

Les cultures européennes et les cultures islamiques, ou africaines, ou asiatiques, sont absolument incompatibles.

Certes il n’est pas question d’interdire les mariages « métissés », tout retour en arrière est impossible.

Mais il est fou de placer un quelconque espoir dans le métissage généralisé, bien au contraire : si les histoire d’ amour finissent mal en général, c’est le cas toujours , ou pratiquement, pour les amours « transculturelles », ou « transreligieuses ».

Les cas où cela se passe bien sont TOUJOURS ceux où l’un des deux partenaires accepte de « céder » et d’abandonner certains traits de sa « culture »… ne fût ce qu’au moment où les enfants naissent  car dans quelle religion vont ils être élevés ? vont ils preier à l’église avec maman et manger du jambon, ou bien suivre papa à la mosquée ?

l’Islam a là dessus une réponse simple, voire simpliste, et inacceptable : l’Islam est la Vérité, donc les enfants d’un couple mixte seront musulmans , que cela plaise ou non au conjoint non musulman !

Un chrétienne ou une juive épousant un musulman est fortement « encouragé » à devenir musulmane, quoique non obligée… par contre, et toujours selon le Coran, qui est pour les musulmans parole  de Dieu, un non musulman que désire épouser une musulmane DOIT se convertir à l’Islam !

or si l’on trouve cela bien, on reconnaît que certaines « communautés », certains « particularismes », sont supérieurs à d’autres !

c’est le droit de chacun de penser cela : mais pourquoi tombe t » on à bras raccourcis sur les européens qui veulent que les autres « cultures » installées sur le sol européen fassent un effort d’assimilation, alors que l’on ne dit rien contre les musulmans qui refusent que leur fille épouse un chrétien ou un juif ?

Non, la voie de sortie hors du racisme, hors du communautarisme, est ailleurs que dans le mélange et le métissage généralisés !

paradoxalement, je ne peux me rapprocher de l’Autre que si je « plonge » en moi même, franchissant définitivement la « barrière » de la fausse intériorité dont je parlais plus haut, et accédant à l’universalité de la Raison où nous sommes tous « en chemin vers l’Unité ».

La religion véritable, religion de la Raison, est forcément affranchissement des barrières du groupe social, ethnique ou « racial » , comme le dit Lachelier cité par Brunschvicg :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/raison_et_religion/raison_et_religion.html

« Par religion (disait Jules Lachelier au cours d’un dialogue mémorable où il se confrontait à Émile Durkheim) je n’entends pas les pratiques religieuses ou les croyances particulières, qui trop évidemment varient d’un état social à un autre. Mais la vraie religion est bien incapable de naître d’aucun rapprochement social ; car il y a en elle une négation fondamentale de tout donné extérieur et par là un arrachement au groupe, autant qu’à la nature. L’âme religieuse se cherche et se trouve hors du groupe social, loin de lui et souvent contre lui… . L’état de conscience qui seul peut, selon moi, être proprement appelé religieux, c’est l’état d’un esprit qui se veut et se sent supérieur à toute réalité sensible, qui s’efforce librement vers un idéal de pureté et de spiritualité absolues, radicalement hétérogène à tout ce qui, en lui, vient de la nature et constitue sa nature »

l’état d’un esprit qui « se veut et se sent supérieur à toute réalité sensible », c’est celui d’une âme humaine qui se libère du carcan de la pensée « matérialiste », soumise à la perception vitale et à ce que nous appelons ici le « selon l’être », soumise aux illusions du multiple donc, et qui adopte la « pensée selon l’un ».

Si Badiou déclare que l’ontologie ne peut être que celle du multiple pure, il a raison ; mais quand il identifie mathématique (sous forme de théorie des ensembles) et ontologie, alors il ferme tout simplement la porte de la prison et empêche l’évolution dont parle Lachelier.

Et après il vient vitupérer le « racialisme » dont il est, inconsciemment, le promoteur et le garde-chiourme !

non, la mathématique  ne s’identifie pas avec l’ontologie ni avec la théorie des ensembles et des multiplicités pures !

sous sa forme catégorique moderne, elle dépasse la théorie des ensembles qui ne forment qu’une catégorie parmi les autres en nombre indéfini.

Ce qui veut dire que la Mathesis universalis, la philosophie fondée sur la mathématique, constitue, et elle seule,  la voie de sortie hors de la prison du sensible, et donc, la libération vis à vis de tout racisme et de tout communautarisme !

 

 

Descartes : Regulae ad directionem ingenii, I

Le samedi 27 janvier 1945, lorsque tant de nobles esprits se sont réunis (pour la première fois depuis juin 1939) pour commémorer le souvenir des morts à travers celui de Léon Brunschvicg  :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/03/07/nous-tacherons-demain-darmer-la-sagesse/

tout était encore possible !

La France, l’Europe , étaient en grande partie détruites, il fallait reconstruire, et ce fut fait, en quelques années qui signèrent le début de ce que l’on a coutume d’appeler « les trente glorieuses ».

Seulement on oublia le principal :

armer la sagesse

ce qui signifie peut être (plutôt que mettre les avions de l’OTAN sous les ordres des pitoyables « intellectuels » du 5 ème arrondissement) : faire en sorte que « de notre rapport à l’esprit l’ on ne puisse plus douter » et donc garantir l’impossibilité future de tout « triomphe brutal de l’extériorité », comme le fut indubitablement l’invasion de Mai 1940 (précédée de tant d’horreurs déjà) qui chassa tant de malheureux de chez eux, et parmi eux : Brunschvicg.

C’est cela, l’idéalisme brunschvigcien, la « spiritualité brunschvicgienne », à laquelle est consacré un article de Bastide dans le numéro de la revue de métaphysique et de morale de 1945 déjà cité (à partir de la page 21) :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k113603/f25.image.langFR

reconstruire ? oui ! mais ne pas mettre la charrue avant les boeufs, le confort matériel retrouvé dès les années 60 (avec aussi les concerts de rock  qui évoquaient à je ne sais plus qui les discours d’Hitler au Reichstag) avant la pureté et la liberté de l’esprit.

C’est donc exactement le contraire de la sagesse pratique de Brunschvicg, Lachelier ou Lagneau qui fut fait, et les conséquences sont visibles aujourd’hui, et depuis longtemps… plus longtemps encore que Mai 68 ou les concerts de Johnny à l’Olympia.

Mais cela les participants à la séance du 27 janvier 1945 ne pouvaient pas le savoir : ils étaient encore habités par l’immense espérance de « trouver du nouveau sous le soleil », de  bâtir un:

« miracle d’un rare dessein,
Ce palais de plaisance ensoleillé sur l’abîme glacé  »

http://www.citizenkane-video.com/pages/kubla2.html

en d’autres termes : ils vivaient encore (à crédit, car on sait que la philosophie d’après guerre a totalement rompu avec l’idéalisme mathématisant pour la brutalité de l’extériorité marxo-freudienne) sur la vertu d’espérance que promet et surtout promeut la pensée de Brunschvicg, et qui est exprimé avec tant de bonheur à la fin d’Introduction à la vie de l’esprit :

« l’univers est bon, absolument bon, du moment que nous savons le comprendre ; car nous sommes maîtres de n’y voir que ce qui s’unit à nous…rien ne peut interdire à l’intelligence de rencontrer dans le monde uniquement ce qui est fait pour elle, la loi d’où naît la vérité…rien ne peut empêcher la volonté de rencontrer dans le monde uniquement ce qu’elle cherche , l’occasion de se dévouer à l’intérêt supérieur de l’humanité ; elle n’a rien à craindre hors ses propres défaillances…une fois que nous avons rempli l’univers de notre esprit, il est incapable de nous rien renvoyer si ce n’est la joie et le progrès de l’esprit..

la vie est bonne, absolument bonne, du moment que nous avons su l’élever au dessus de toute atteinte, au dessus de la fragilité, au dessus de la mort.

La vraie religion est le renoncement à la mort ; elle fait que rien ne passe, rien ne meurt pour nous, pas même ceux que nous aimons; car de toute chose, de tout être qui apparaît et qui semble disparaître, elle dégage l’idéal d’unité et de perfection spirituelle, et lui donne pour toujours asile dans notre âme. »

Nous sommes ici très proches des passages les plus sublimes de la Bhagavad-Gîtâ, mais très loin des mythes populaires de la réincarnation repris par la théosophie de Blavatsky et consors !

http://www.bhagavad-gita.org/Gita/verse-02-20.html

http://fr.wikisource.org/wiki/La_Bhagavad-G%C3%AEt%C3%A2,_ou_le_Chant_du_Bienheureux/Chapitre_2

« 11. « Tu pleures sur des hommes qu’il ne faut pas pleurer, quoique tes paroles soient celles de la sagesse. Les sages ne pleurent ni les vivants ni les morts ;

12. Car jamais ne m’a manqué l’existence, ni à toi non plus, ni à ces princes ; et jamais nous ne cesserons d’être, nous tous, dans l’avenir. »

Brunschvicg est encore plus clair dans « Raison et religion » :

« il ne s’agit plus pour l’homme de se soustraire à la condition de l’homme. Le sentiment de notre éternité intime n’empêche pas l’individu de mourir, pas plus que l’intelligence du soleil astronomique n’empêche le savant de voir les apparences du soleil sensible. Mais, de même que le système du monde est devenu vrai le jour où la pensée a réussi à se détacher de son centre biologique pour s’installer dans le soleil, de même il est arrivé que de la vie qui fuit avec le temps la pensée a fait surgir un ordre du temps qui ne se perd pas dans l’instant du présent, qui permet d’intégrer à notre conscience toutes celles des valeurs positives qui se dégagent de l’expérience du passé, celles là même aussi que notre action réfléchie contribue à déterminer et à créer pour l’avenir.  »

mais revenons à la fin admirable d’Introduction à la vie de l’esprit :

« Alors, vivant dans notre idéal, et nous en entretenant avec nous mêmes, nous connaissons le sentiment de sécurité profonde et de repos intime qui est l’essence du sentiment religieux, et qui n’est autre que la purté absolue de l’esprit« 

appelons « essence d’un être » cet idéal d’unité et de perfection spirituelle, nous pouvons alors peut être admettre que , temporellement, c’est à dire illusoirement, dans l’extériorité spatio-temporelle, l’existence précède l’essence ?

or, comme nous ne savons pas élever la vie au dessus de la mort, tout devient pour nous…mort !

processus décrit dès les années 60 dans « Les choses » de Perec, ou au début des années 80 dans la trilogie « Welcome in Vienna » au cinéma par Axel Corti

http://www.le-pacte.com/france/a-l-affiche/detail/trilogie-welcome-in-vienna/

nous aimons encore les rencontres, mais au lieu de chercher celles dans lesquelles l’intelligence rencontre uniquement ce qui est fait pour elle, nous nous adressons à Meetic , ou pire …

du trou d’être à la béance de la bêtise …

mais si nous ne sommes pas encore tout à fait morts, nous restons libres de renverser ce mouvement funeste !

la philosophie s’offre alors à nous, telle une maîtresse sévère et sans complaisance aucune pour nos lâchetés et pusillanimités intimes, la philosophie véritable, celle qui remonte à Descartes.

Et avant les Meditationes, il faudra décidément commencer par les Regulae de 1628, que Marion décrète « ontologie grise de Descartes, et les Regulae en latin s’il vous plaît : renverser le mouvement, c’est faire s’effondrer l’effondrement de l’enseignement et de la culture, et donc reprendre l’étude du latin et du grec (auxquels on pourra adjoindre le sanscrit et l’hébreu), et le latin de Descartes semble un peu plus aisé que celui de Cicéron, et moins pompier (ou disons militaire) que celui de la « Guerre des gaules » !

les Regulae que Brunschvicg signale comme « borne et jalon » dès le début de son « Humanisme de l’Occident » :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/ecrits_philosophiques_t1/ecrits_philosophiques_t1.html

« Théophraste se demande si le mouvement circulaire n’est pas au contraire d’une nature inférieure à celui de l’âme surtout au mouvement de la pensée, duquel naît ce désir où Aristote lui-même a cherché la source du mouvement du ciel. »

A la question précisée par ce fragment de Théophraste, qui sonne comme un adieu de l’Occident à lui-même, nous savons

qu’il a fallu attendre plus de vingt siècles pour que Descartes y apporte enfin la réponse. Dans l’intervalle, l’éclipse des valeurs proprement et uniquement spirituelles sera complète dans la littérature européenne : la voie est libre aussi bien pour l’importation directe des divers cultes d’Égypte ou d’Asie que pour les fantaisies de synthèses entre le vocabulaire des Écoles philosophiques et la tradition des récits mythologiques.

C’est de Descartes que date le retour à la spiritualité pure par laquelle Platon avait mis en évidence le caractère de la civilisation occidentale : « Toutes les sciences (écrit-il dans la première des Règles pour la direction de l’esprit), ne sont rien d’autre que la sagesse humaine, laquelle demeure toujours une et identique, tout en s’appliquant à divers sujets, sans se laisser différencier par eux, plus que la lumière du soleil par la variété des choses qu’elle éclaire. » Mais l’humanisme de la sagesse ne manifestera toute sa vertu dans la recherche de la vérité, que s’il a conquis, par une ascèse préalable, sa liberté totale à l’égard des préjugés de la conscience collective. De cette ascèse, Descartes sera redevable aux Essais de Montaigne. »

car il est vrai que la cure préparatoire à la médecine (un peu violente) du cartésianisme commence avec ce qui ressemble à un relativisme multiculturel (si prisé à notre époque) chez Montaigne :

« Voici donc ce qui se dégage avec les Essais pour former comme la première assise du spiritualisme occidental : une histoire naturelle des croyances au surnaturel, cette histoire même que Fontenelle et Bayle, Hume et Voltaire, de nos jours enfin MM. Frazer et Lévy-Bruhl, poursuivent, embrassant un champ de plus en plus vaste, selon des procédés de plus en plus assurés. Les explications totales, celles qui apportent à l’homme la clé de n’importe quelle énigme, depuis la création du monde jusqu’à la survie ou la résurrection des morts, sont, pour reprendre le titre de l’excellent ouvrage de M. Daniel Essertier, des formes inférieures d’explication. Dieu n’a pu être élevé au-dessus du principe d’identité que par des hommes demeurés eux-mêmes au-dessous du seuil de la logique. Tout recours au primat de la tradition nous rejette donc dans le lointain de la « mentalité primitive », à partir de laquelle se déroule, ininterrompu, le tissu mystique, ou mystifiant pour parler plus exactement, des représentations collectives. Pas de peuple d’élection, pas de culte d’exception. Ce n’est pas défendre l’Occident que de plaider pour l’incarnation du Christ contre l’incarnation du Bouddha ; au contraire, le trait caractéristique des communautés orientales est que chacune met sa propre Église et sa propre orthodoxie en concurrence avec les Églises voisines et les orthodoxies rivales. Par delà les luttes perpétuelles des espèces éclate, aux yeux d’un observateur impartial et désintéressé, l’identité du genre.  »

seulement attention : l’âme n’est pas l’esprit, l’intériorité seulement individuelle et subjective des goûts et des humeurs n’est pas l’intériorité spirituelle dans sa véritable dimension d’universalité, qui est celle à laquelle nous engagent à nous unir Descartes, Malebranche et Brunschvicg :

« Telle est la première perspective de la sagesse occidentale selon Montaigne, et telle déjà elle inquiétait la clairvoyance de Pascal. Mais, depuis Descartes, on ne peut plus dire que la vérité d’Occident tienne tout entière dans la critique historique et sociologique des imaginations primitives. Sortir de la sujétion de ses précepteurs, s’abstenir de lire des livres ou de fréquenter des gens de lettres, rouler çà et la dans le monde, spectateur plutôt qu’acteur en toutes les comédies qui s’y jouent, ce ne seront encore que les conditions d’une ascétique formelle. A quoi bon avoir conquis la liberté de l’esprit si l’on n’a pas de quoi mettre à profit sa conquête ? Montaigne est un érudit ou, comme dira Pascal, un ignorant ; dans le réveil de la mathématique il ne cherche qu’un intérêt de curiosité, qu’une occasion de rajeunir les arguties et les paradoxes des sophistes. L’homme intérieur demeure pour lui l’individu, réduit à l’alternative de ses goûts et de ses humeurs, penché, avec une volupté que l’âge fait de plus en plus mélancolique, sur « la petite histoire de son âme ». Or, quand Descartes raconte à son tour « l’histoire de son esprit », une tout autre perspective apparaît : la destinée spirituelle de l’humanité s’engage, par la découverte d’une méthode d’intelligence. Et grâce à l’établissement d’un type authentique de vérité, la métaphysique se développera sur le prolongement de la mathématique, mais d’une mathématique renouvelée, purifiée, spiritualisée, par le génie de l’analyse. »

Nous trouvons ici, si nous savons lire, l’explication des trois mondes de Popper et surtout de Penrose :

http://online.itp.ucsb.edu/online/plecture/penrose/oh/01.html

or on sait que Brunschvicg récuse les notions de « monde intelligible » ou « monde spirituel » !

toute cette aventure « platonicienne » (pour notre temps, bien plus que les retraductions récentes de Badiou) commence donc avec la règle I pour la direction de l’esprit :

http://www.hs-augsburg.de/~harsch/Chronologia/Lspost17/Descartes/des_re01.html

Studiorum finis esse debet ingenii directio ad solida et vera, de iis omnibus quae occurrunt, proferenda judicia.

http://fr.wikisource.org/wiki/R%C3%A8gles_pour_la_direction_de_l%E2%80%99esprit

Le but des études doit être de diriger l’esprit de manière à ce qu’il porte des jugements solides et vrais sur tout ce qui se présente à lui.

« car comme les sciences toutes ensemble ne sont rien autre chose que l’intelligence humaine, qui reste une et toujours la même quelle que soit la variété des objets auxquels elle s’applique, sans que cette variété apporte à sa nature plus de changements que la diversité des objets n’en apporte à la nature du soleil qui les éclaire, il n’est pas besoin de cir­conscrire l’esprit humain dans aucune limite ; en effet, il n’en est pas de la connaissance d’une vérité comme de la pratique d’un art ; une vérité découverte nous aide à en découvrir une autre, bien loin de nous faire obstacle« 

on voit que nous sommes ici très loin de la réforme des Universités chargée de les préparer à remplir leur rôle de formation des futrus officiers dans la guerre économique mondiale !

Les Méditations métaphysiques de Descartes

Compte tenu de ce qui a été dit précédemment, l’étude de Descartes est indispensable pour comprendre notre temps et donc pour comprendre tous les temps.

L’homme Descartes , avec ses faiblesses , est sans doute le plus grand des Français, et « explique et enveloppe » la France, la France éternelle dans sa dimension d’universalité (donc au delà du saucisson-vin rouge  et du camembert, choses certes très respectables et appréciables).

Il est sans doute vrai qu’il vaut mieux commencer cette étude par les Regulae et la « Recherche de la vérité » (bien plus courte que celle de Malebranche), puis par le « traité de la seconde naissance » (c’est à dire de l’initiation individuelle et collective, comme le dit Brunschvicg, mais pas une initiation à l’idole d’une quelconque tribu, avec exercices respiratoires, postures de yoga ou de prière, et interdits alimentaires à la clef, quand ce n’est pas des séances sexuelles collectives « tantriques ») : le Discours de la méthode.

Mais pourquoi ne pas se donner aussi un peu de liberté, et grapiller à l’arbre toujours vert et portant toujours du fruit comme il nous plaît ?

et puis les Méditations, en latin Meditationes de prima philosophia, ont donné son nom à ce blog, elles méritent donc bien quelques privilèges…

voici donc quelques liens :

-ce site où l’on trouve le texte latin, la traduction en anglais de 1901, et la traductuion en français du duc de Luynes de 1647 :

http://www.wright.edu/cola/descartes/

c’est réellement le meilleur à mon sens

– le texte latin en html est aussi ici :

http://www.ac-nice.fr/philo/textes/Descartes-Meditationes.htm

http://www.gutenberg.org/ebooks/23306

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207489/f36.image

la traduction française sur la Bibliotheca Augustana :

http://www.hs-augsburg.de/~harsch/gallica/Chronologie/17siecle/Descartes/des_me00.html

et ici :

http://pedagogie.ac-toulouse.fr/philosophie/phpes/descartes.htm