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#BrunschvicgRaisonReligion troisième opposition fondamentale : Dieu humain ou Dieu divin

Le chapitre 3 du livre paru en 1939 « Raison et religion »:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/raison_et_religion/raison_et_religion.html

est sans doute le centre du livre, et le sommet de la philosophie universelle: certes les dialogues de Platon peuvent à bon droit être réputés plus beaux, plus « artistiques » mais nous sommes à une époque où la beauté ne nous semble plus autant nécessaire ni sublime :

«  « Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s’ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient.
Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux. − Et je l’ai trouvée amère. − Et je l’ai injuriée.
Je me suis armé contre la justice.
Je me suis enfui. Ô sorcières, ô misère, ô haine, c’est à vous que mon trésor a été confié!
Je parvins à faire s’évanouir dans mon esprit toute l’espérance humaine. Sur toute joie pour l’étrangler j’ai fait le bond sourd de la bête féroce.
 »

Seulement cela ce n’est que l’ascèse préalable, exprimée excellemment par Rimbaud, qui doit nous désintoxiquer du jargon des belles âmes subventionnées par les ministères, et nous mettre en condition pour la philosophie et la mathesis.
Nous avons déjà traité sous le hashtag #BrunschvicgRaisonReligion les deux premières oppositions fondamentales:
Moi vital ou moi spirituel (nous disons aussi plan vital ou plan spirituel, plan de l’Idée):

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/05/19/brunschvicgraisonreligion-les-oppositions-fondamentales-moi-vital-ou-moi-spirituel/

et seconde opposition fondamentale entre monde imaginaire et monde véritable:

https://mathesisuniversalis.wordpress.com/2015/08/03/brunschvicgraisonreligion-seconde-opposition-fondamentale-monde-imaginaire-ou-monde-veritable/

et le chapitre 2 finit justement sur ces lignes qui annoncent la solution du chapitre 3 au

problème universel

de la vie religieuse : remplacer Le Dieu des religions , Dieu de la superstition et de l’instinct, par le Dieu des philosophes et des savants, « Dieu pauvre et dépouillé » qui n’intervient pas dans le cours de l’Histoire et ne peut donc pas « être avec nous », c’est à dire toujours avec une communauté et une armée particulières : « Gott mît uns » ou :

עמנאל

(« Dieu avec nous ») qui devient

EMMANUEL

Voici cette fin prodigieuse du chapitre 2:

« Entre la vie scientifique et la vie religieuse doit-il y avoir séparation radicale, dualité de rythme et d’orientation ? La religion conserve-t-elle encore un sens si elle se fait à son tour inhumaine, si elle refuse la consolation que dès le lointain des âges le sentiment a puisée dans l’espérance et dans la promesse de l’au-delà ? Ou n’est-ce pas la tâche qui apparaît héroïque et pieuse par excellence, de dépouiller le vieil homme, et, quoi qu’il en coûte à notre amour-propre, de déborder les limites mesquines de la chronologie mosaïque ou de l’horizon géocentrique pour substituer au Dieu du réalisme physique ou biologique le Dieu de l’intelligence et de la vérité ? »
Or le chapitre 3 commence par une mise en perspective de la troisième opposition fondamentale avec les deux premières:

« L’antithèse des manières selon lesquelles l’homme se représente l’univers ou avant ou après la science positive nous renvoie aux conclusions que laissait entrevoir l’analyse des manières selon lesquelles le moi se conçoit lui-même, ou comme sujet personnel, dominé et limité par les conditions de la vie organique, par les perspectives de l’ordre social, ou comme sujet spirituel, capable de tout le développement que comportent l’infinité et l’universalité d’une raison désintéressée. L’alternative commande à son tour la façon dont nous allons aborder pour lui-même le problème de la religion, le plan de conscience, comme nous avons dit, auquel se rapportera notre tentative pour conquérir Dieu. »

A la question posée à la fin du chapitre 2:
« Entre la vie scientifique et la vie religieuse doit-il y avoir séparation radicale, dualité de rythme et d’orientatioN? »

il faut répondre avec force non, puisque l’émergence de la science impulse un déplacement dans l’axe de la vie religieuse.
Mais tout dépend là aussi du

plan de conscience

à partir duquel on aborde le problème religieux: a t’on dépouille de vieil homme, ou bien à t’on été incapable de renoncer à « la consolation que dès le lointain des âges le sentiment a puisée dans l’espérance et dans la promesse de l’au-delà »?

Car nombreux sont les « croyants » qui justement en appellent à une religion et une science qui marcheraient « main dans la main »!
Ce qu’ils entendent par là, c’est que la science se plierait aux exigences des religions « consolatrices » et « collaborerait » avec elles.

Seulement comment cela serait il possible puisque la science, qui est de par son essence même vérifiable mais aussi donc réfutable, peut toujours en cas de nouvelles observations envoyer promener ses constructions même les plus récentes ?
Le changement d’axe de la vie religieuse ne vient d’une nouvelle théorie : il vient d’un changement total et d’une conversion complète de la mentalité humaine qui amène justement à l’attitude vraiment religieuse comme il est dit dans la suite du chapitre 3:

« L’homme religieux, au sens plein du mot, c’est celui qui accepte courageusement de se confronter à son passé, de rompre avec le préjugé du sacré comme avec le « respect humain » si tel est l’impératif de sa conscience. Son parti est pris de naviguer libre sur la mer libre, sans se préoccuper de revenir au port d’attache, sans même savoir s’il existe ailleurs des havres de grâce préparés pour accueillir et pour réconforter le voyageur fatigué. En d’autres termes, Dieu ne nous est pas donné tout fait. C’est un bien véritable, que nous devrons gagner à la sueur de notre front, non seulement dans la réalité de son existence, mais dans l’essence de sa divinité. »

NON, Dieu ne nous est pas donné tout fait, comme il arrive dans les paquets cadeaux des religions : il vous suffit d’accepter les dogmes et les commandements infâmes de l’Islam par exemple, et Allah vous est donné par surcroît, et avec lui les « récompenses dans l’au delà » pour ceux qui acceptent de courber l’échine.

Seulement la liberté de conscience est intraitable et incorruptible : si c’est oui c’est oui, si c’est non c’est non.
Et pour ce qui en est de celui qui écrit cet article :

C’est non

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« Melmoth réconcilié » de Balzac: le plan vital et sa finitude dévoilés

J’ai recopié ici les passages les plus significatifs et les plus admirables de ce conte fantastique de Balzac: « Melmoth réconcilié »

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/jaurai-donc-euphrasie-dit-le-clerc-balzac-melmoth-reconcilie/

Balzac a écrit cette histoire en s’inspirant de l’œuvre de Charles Maturin:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Melmoth_réconcilié

Pourquoi Melmoth est il errant, et pourquoi est il associé au mythe du « juif errant » ?
Parce que l’errance est exprimée par l’Histoire dite « Sainte » qui raconte l’errance d’Israel au désert après la sortie d’Egypte : la Terre Sainte symbolise le plan spirituel, le désert symbolisé l’ascèse libératrice, et l’Egypte le plan vital et son esclavage. Seulement il arrive que l’ascèse ne soit pas libératrice, et se poursuive indéfiniment.
Car le plan vital est certes fini, alors que le plan des Idées est Un et Infini, d’où sa formule:

1 = ∞

mais il est fini sur le mode de l’indéfini : on peut toujours varier les plaisirs, si je n’aime plus les blondes (les bières je veux dire) je peux essayer les brunes ou les rousses, « quand c’est fini et ni ni ni ça recommence » comme dit la chanson…et c’est aussi ce que répond Brando à Maria Schneider qui lui dit : »c’est fini » à la fin du « Dernier tango à Paris », film sur l’errance d’un américain à Paris, mais sur un tout autre registre que la comédie musicale de Minnelli « Un américain à Paris » vingt ans plus tôt (et Kubrick se moque lui aussi de cette comédie musicale dans « Orange mécanique » en filmant le viol d’une femme par Alex aux accents de « I’m singing in the rain »)

Comme le précise la page Wikipedia sur « Melmoth », cette histoire de pacte avec le diable est proche de celle de Faust, ainsi qu’avec le mythe du « juif errant ».
Le thème faustien est quand même bien plus riche en harmoniques diverses, jusqu’à devenir le symbole du déclin de l’Occident selon Spengler.La tentation faustienne est celle de la science qui recherche la seule puissance au lieu de la sagesse (ce qui était l’objectif de la science bonne et morale du 17ème siècle, non encore séparée de la philosophie). Il existe un livre à ce sujet de Michel Faucheux:

« La tentation de Faust ou la science dévoyée »

qui est en lecture partielle sur Google:

https://books.google.fr/books?id=nGkHaAvo0uYC&pg=PT9&lpg=PT9&dq=faust+science+dévoyée&source=bl&ots=45iavEnIut&sig=WCEzfmn-Cg1AiXApWk0yfqUWP4U&hl=fr&sa=X&ved=0CCkQ6AEwA2oVChMIlpO3l4CcxwIViesUCh2URgH5#v=onepage&q=faust%20science%20dévoyée&f=false

Pour ma part, et je ne suis pas le seul, j’interprète Faust, en tout cas le personnage originel, comme un prédécesseur des scientifiques du 17 eme siècle qui, déçu par la magie et autre pseudo-sciences, se tourne vers l’exploration du réel par la science ou ce qui en était le stade initial, mais conservant une tour d’esprit magique il se met à viser la puissance et non la connaissance.

Après, chez des créateurs comme Goethe la légende se complexifie…

Alexandre Sokurov a réalisé un grand film là dessus, voici le lien pour le voir mais en allemand non sous-titré:

https://ledocteurfaustus.wordpress.com/2015/04/16/faust-daleksandr-sokourov/

Mais revenons à Melmoth et à Balzac, on trouve des notations tout à fait réjouissantes sur la Bourse (de nos jours, Castanier serait trader, et il ne chercherait plus sa maîtresse ruineuse Aquilina à Paris mais en Thaïlande où il se rendrait dans son jet privé lorsqu’il aurait envie d’un peu de « distraction »):

« Il est un endroit où l’on cote ce que valent les rois, où l’on soupèse les peuples, où l’on juge les systèmes, où les gouvernements sont rapportés à la mesure de l’écu de cent sous, où les idées, les croyances sont chiffrées, où tout s’escompte, où Dieu même emprunte et donne en garantie ses revenus d’âmes, car le pape y a son compte courant. Si je puis trouver une âme à négocier, n’est-ce pas là ?
Castanier alla joyeux à la Bourse, en pensant qu’il pourrait trafiquer d’une âme comme on y commerce des fonds publics.
 »

La « part de paradis » que perdent ceux qui passent contrat avec le Diable désigne évidemment le plan spirituel, ou ordre de l’esprit, par opposition au plan vital, ordre de la chair, il m’est impossible de savoir si Balzac croyait réellement à l’au delà sous la forme non philosophique:

« Parlez plus bas, répondit le caissier ; si je vous proposais une affaire où vous pourriez ramasser autant d’or que vous en voudriez…
— Elle ne paierait pas mes dettes, car je ne connais pas d’affaire qui ne veuille un temps de cuisson.
— Je connais une affaire qui vous les ferait payer en un moment, reprit Castanier mais qui vous obligerait à…
— A quoi ?
— A vendre votre part du paradis. N’est-ce pas une affaire comme une autre ? Nous sommes tous actionnaires dans la grande entreprise de l’éternité.
 »

La grande entreprise de l’éternité c’est l’histoire humaine (seul primate à avoir potentiellement une autre histoire que la répétition des cycles de la reproduction et des générations).

Mais bien sûr l’autre grand symbole du plan vital (à part l’argent qui est brassé en Bourse) c’est le sexe, qui assure le renouvellement des générations, d’ailleurs dans « A bout de souffle » de Godard le romancier Parvulesco joué par Jean-Pierre Melville dit lors de son interview à Orly à propos de ce que veulent les gens : « pour les hommes, les femmes, et pour les femmes : l’argent ».
Aussi ce passage qui donne le clap de fin est il le somment de la nouvelle de Balzac, et sans doute un sommet de la littérature universelle:

« Que faire pour avoir dix mille francs ? se disait-il, prendre la somme que je dois porter à l’enregistrement pour cet acte de vente. Mon Dieu ! mon emprunt ruinera-t-il l’acquéreur, un homme sept fois millionnaire ? Eh ! bien, demain, j’irai me jeter à ses pieds, je lui dirai : « Monsieur, je vous ai pris dix mille francs, j’ai vingt-deux ans, et j’aime Euphrasie, voilà mon histoire. Mon père est riche, il vous remboursera, ne me perdez pas ! N’avez-vous pas eu vingt-deux ans et une rage d’amour ? » Mais ces fichus propriétaires, ça n’a pas d’âme ! Il est capable de me dénoncer au procureur du roi, au lieu de s’attendrir. Sacredieu ! si l’on pouvait vendre son âme au diable ! Mais il n’y a ni Dieu ni diable, c’est des bêtises, ça ne se voit que dans les livres bleus ou chez les vieilles femmes. Que faire ?

— Si vous voulez vendre votre âme au diable, lui dit le peintre en bâtiment devant qui le clerc avait laissé échapper quelques paroles, vous aurez dix mille francs.

— J’aurai donc Euphrasie, dit le clerc en topant au marché que lui proposa le diable sous la forme d’un peintre en bâtiment.

Le pacte consommé, l’enragé clerc alla chercher le châle,

monta chez madame Euphrasie ; et, comme il avait le diable au corps, il y resta douze jours sans en sortir en y dépensant tout son paradis, en ne songeant qu’à l’amour et à ses orgies au milieu desquelles se noyait le souvenir de l’enfer et de ses priviléges.

L’énorme puissance conquise par la découverte de l’Irlandais, fils du révérend Maturin, se perdit ainsi.

 »

Tout ça pour ça ? tout ça pour ça !!!

Faudra dire ça aux musulmans qui conçoivent les délices des Jardins d’Allah comme une orgie éternelle avec leurs 72 « Euphrasies ».

L’islam est tout simplement l’introduction (sic!!!) du plan vital dans le plan spirituel

Et cette « introduction » là, aucun lubrifiant ne la fera passer ….

Le pauvre clerc, trop stupide pour refiler la « patate chaude » (qui ressemble fort à un paquet d’actions en chute libre dont il faut à tout prix se débarrasser) paye pour tous les autres, et crève dans un grenier en compagnie de « la stupide déesse Honte »:

« Le treizième jour de ses noces enragées, le pauvre clerc gisait sur son grabat, chez son patron, dans un grenier de la rue Saint-Honoré. La Honte, cette stupide déesse qui n’ose se regarder, s’empara du jeune homme qui devint malade, il voulut se soigner lui-même, et se trompa de dose en prenant une drogue curative due au génie d’un homme bien connu sur les murs de Paris. Le clerc creva donc sous le poids du vif-argent, et son cadavre devint noir comme le dos d’une taupe. Un diable avait certainement passé par là, mais lequel ? Etait-ce Astaroth ?

— Cet estimable jeune homme a été emporté dans la planète de Mercure, dit le premier clerc à un démonologue allemand qui vint prendre des renseignements sur cette affaire.

— Je le croirais volontiers, répondit l’Allemand.

— Ha !

— Oui, monsieur, reprit l’Allemand, cette opinion s’accorde avec les propres paroles de Jacob Boehm, en sa quarante-huitième proposition sur la TRIPLE VIE DE L’HOMME, où il est dit que si Dieu a opéré toutes choses par le FIAT, le FIAT est la secrète matrice qui comprend et saisit la nature que forme l’esprit né de Mercure et de Dieu.

— Vous dites, monsieur ?

L’Allemand répéta sa phrase.

— Nous ne connaissons pas, dirent les clercs.

— Fiat ?… dit un clerc, fiat lux !

— Vous pouvez vous convaincre de la vérité de cette citation, reprit l’Allemand en lisant la phrase dans la page 75 du Traité de la TRIPLE VIE DE L’HOMME imprimé en 1809, chez monsieur Migneret, et traduit par un philosophe, grand admirateur de l’illustre cordonnier.

— Ha ! il était cordonnier, dit le premier clerc. Voyez-vous ça !

— En Prusse ! reprit l’Allemand.

— Travaillait-il pour le roi ? dit un béotien de second clerc.

— Il aurait dû mettre des béquets à ses phrases, dit le troisième clerc.

— Cet homme est pyramidal, s’écria le quatrième clerc en montrant l’Allemand.

Quoiqu’il fût un démonologue de première force, l’étranger ne savait pas quels mauvais diables sont les clercs ; il s’en alla, ne comprenant rien à leurs plaisanteries, et convaincu que ces jeunes gens trouvaient Boehme un génie pyramidal.

— Il y a de l’instruction en France, se dit-il.

Paris, 1835 »

IQRA ! LIS ! la Sourate Al-Alaq

La sourate Al- ‘Alaq :

http://www.yabiladi.com/coran/sourate/96/al-alaq/page:1/surano:96

porte le numéro 96 dans l’ordre de la vulgate (arrangement des sourates de 1 à 114 dans le Livre) mais le numéro 1 dans l’ordre de la Révélation, c’est à dire qu’elle est la première à être révélée (nous allons voir sous peu ce qu’est cette prétendue « révélation », et qui a fort peu à voir avec les fables islamiques).

On peut donc dire que la « révélation » coranique, la dernière selon les musulmans (ce qui les incite à persécuter violemment ceux qui se réclamerainet de révélations venant « après », en particulier les Baha’is, qui en terre d’Islam connaissent des souffrances inimaginables) commence avec le premier verset de cette sourate :

اقْرَأْ بِاسْمِ رَبِّكَ الَّذِي خَلَقَ

Lis au nom de ton Seigneur qui a tout créé

et donc le premier « mot » adressé au Prophète par Dieu, par l’intermédiaire de l’Archange Gabriel, est le mot

IQRA

اقْرَأْ

LIS !

la racine du mot IQRA est d’ailleurs la même, formée des lettres Q R , que celle du mot Quran  = Coran.

Cet archange Gabriel est un bon bougre !

qui ne serait pas d’accord sur les bienfaits de la lecture pour former la jeunesse ignorante ?

cela vaudra toujours mieux que de fumer des joints ou autre « loisir » encore plus destructeur !

reste à savoir de quelle lecture il s’agit ?

s’il s’agit de livres néo-nazis, ou pornographiques,  le joint ou la bouteille de vodka vaut peut être encore mieux ?

des commentateurs à vocation « ésotérique » (comme c’est mon cas quand je me laisse aller à mes déplorables tendances à jouer les pseudo-gourous, mais je me soigne) pourront affirmer qu’il ne s’agit pas d’une lecture  « ordinaire », sur le modèle du « monde » et des gens qui lisent des livres ordinaires : il s’agit de lire dans le « monde spirituel », dans le « mundus intelligibilis » des archétypes divins, dans la « Table gardée » ou le « Coran céleste », ou que sais je encore…

Nous rejetons ici entièrement cette interprétation, au nom de notre conception de l’esprit et du divin !

en ce sens que « lire » implique une certaine passivité, une réception de l’esprit humain « informé » des « leçons » que veut lui adresser son Seigneur .

Or, pour nous, ainsi que nous nous en sommes expliqués notamment ici :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/une-demonstration-irrefutable-de-lexistence-de-dieu/

le spirituel est activité pure, il n’est pas différent ni « réceptif » ni « passif » par rapport à l’ Acte pur que la métaphysique nomme « DIEU ».

Nous ne pouvons pas « lire » dans le monde des idées, puisque nous sommes les créateurs des idées, et si nous parvenons à devenir cette activité purement spirituelle, alors nous ne sommes pas différents ni séparés de Dieu, qui est immanence pure de la Raison créatrice de la réalité.

Il s’agira donc de la lecture d’un livre, d’un texte, d’un document; oui mais lequel ?

mais d’abord qui parle ici, pour adresser au Prophète Mohammed cette injonction :

IQRA ! LIS !

Dieu ? Allah ?

mais si vous dites que Dieu peut s’exprimer dans un langage humain, dans des mots proférés ou écrits, en s’adressant à un homme en chair et en os, vous dites que Dieu n’est pas Dieu !

Dieu, selon ce qui vient d’être dit un peu plus haut, est la Raison, ou le Verbe purement intérieur, ou dans les termes de Brunschvicg le « logos endiathetos », et il nous met en garde de ne jamais le confondre avec le logos propherikos:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/vraie_et_fausse_conversion/vraie_et_fausse_conversion.html

« Dans l’histoire de la philosophie occidentale, rien n’est significatif à cet égard, comme l’exégèse stoïcienne de la mythologie, particulièrement en ce qui concerne la fonction médiatrice d’Hermès dans son double personnage de Verbe intime et de Verbe proféré. …L’étude des représentations cosmogoniques, liées elles-mêmes à l’élaboration d’une « Unité-Trinité : Phtah, Horus, Thot  », montre comment déjà « les théologiens distinguaient dans l’œuvre du Verbe la part de la pensée créatrice, qu’ils appellent le cœur, et celle de l’instrument de création, la langue : tout Verbe est d’abord un concept du cœur : pour prendre corps et se réaliser, celui-ci a besoin de la parole …La dualité du logos traditionnel expliquera donc l’oscillation des doctrines entre deux limites extrêmes qui sont marquées, en ce qui regarde notre sujet, par les deux interprétations du Verbe que nous offrent l’idéalisme mathématique avec Malebranche, le réalisme sociologique avec de Bonald. Mais, si l’on veut sortir de l’impasse, il faut bien renoncer à la confusion systématique de la synthèse et trancher l’alternative. »

les théologiens islamiques ont d’ailleurs sans doute pensé à ce genre de choses et imaginé pour la transmission du Coran de Dieu à l’homme l’archange Gabriel.

Seulement de deux choses l’une : soit l’archange transmet sans aucune différence ou modification, ce qui est bien la thèse islamique (en dehors des légendes du coran céleste) et alors il se confond avec Dieu lui même soit il est séparé de dieu, comme les hommes, par le gouffre de la Transcendance absolue et alors comment peut on dire que le Coran est divin ? et puis dans les deux cas les problèmes évoqués ci dessus autour de la dualité des logoi resurgissent !

Et puis qui a jamais vu des anges , ou alors peut être avec plus de 4 grammes d’alcool par litres?

 et encore …dans ce genre d’état, on a nettement plus de chances de voir des hommes en bleus casqués avec des matraque, ou bien des hommes en blouse blanche armés d’une grosse seringue !

Non, il s’agit bien d’un être humain qui transmet ainsi le texte, qu’il a écrit lui même, à Mahomet et lui ordonne de lire, et nous connaissons le nom de cet homme, créateur du Coran :

Waraqa Ibn Nawfal

le cousin de Khadidja, la première épouse de Mahomet.

Ce Waraqa était un prêtre ébionite, de la religion nazaréenne, qui a pris  plus tard (au moins deux siècles après la mort de Mahomet)  le nom : Islam.

J’ai donné dans les articles suivants tous les renseignements et les liens utiles sur Waraqa et la religion nazaréenne :

http://mathesis.blogg.org/page-le_rabbin_ebionite_waraqa_bin_nawfal_est__le_gourou_pervers_qui_a_ecrit__le_coran_et_cree_l_islam-835.html

http://leserpentvert.wordpress.com/waraqa-bin-nawfal-le-gourou-ebionite-createur-de-lislam-et-du-coran/

A noter cependant un avis différent, sur ce site chrétien très sérieux :

http://jesusmarie.free.fr/islam_issa_et_jesus_waraqa_ben_nawfal.html

reste que la révélation coranique  s’arrête au moment même du décès de

Waraqa :

http://islam.faq.free.fr/islam/warraqa.htm

bizarre non ?

voir aussi :

 
 
et voir les liens donnés dans mon article récent sur les origines nazaréennes de l’Islam :
 
 
liens qui ne laissent planer aucun doute.
 
Donc le scénario devient plus clair : la « révélation » est adressée par un homme, Waraqa Ibn Nawafal, prêtre ébionite, à un autre homme, Muhammad-Mahomet, qu’il a pu approcher facilement quand celui ci a épousé Khadidja la cousine de Waraqa, dans le but de lui enseigner le monothéisme et de créer ainsi de toutes pièces un monothéisme arabe.
 
Il ne lui dit cependant pas :
 
Lis ! parce que je te l’ordonne, puisque je suis nettement plus intelligent que toi, et que j’en connais un peu plus sur la vie, la religion, tout ça
 
notre homme n’est pas fou, il sait ce qu’il fait !
 
et il sait que ces arabes ne sont pas des « petites natures », ils sont prompts à s’énerver (à se vénère, comme disent les « jeunes » de banlieue), un coup de sabre est vite parti !
 
il se réclame donc d’une « autorité » supérieure, pour impressionner le jeune bédouin, Mahomet !
 

Lis au nom de ton Seigneur qui a tout créé

 
et comme celui ci est connu pour sa violence intraitable , il se réclame de l’autorité supérieure à tout : Dieu, le Dieu universel !
 
avant de le « catéchiser » au moyen de tetxes précis, il a dû lui délivrer un premier « enseignement », à base de peur irrationnelle, il a dû lui parler d’un Dieu (le Dieu des hébreux, devenu celui des nazaréens) qui est très prompt à la colère et à la castagne lui aussi,  mais avec infiniment plus de moyens de « rétorsions » que les simples humains…
 
il lui a peut être montré des phénomènes naturels (tempêtes de sables, orages violents ?) que la science moderne ne peut pas expliquer puisqu’elle n’existe pas encore : cela lui facilite les choses, il a attribué ces ouragans à ce « Dieu » inconnu, en colère parce que les arabes adorent des faux dieux…
 
le jeune arabe, que rien ni personne ne peut impressionner, se laisse mener par le bout du nez pour le coup : les gens malins viennent toujours à bout des bagarreurs, « tout dans les bras rien dans le cerveau »…
 
ensuite , une fois que le nouveau converti est « mûr », et tremble de peur, il peut passer à l’enseignement proprement dit.
 
Pour cela, Waraqa a écrit une sorte de « polycopié », de cours (pas ronéotypé hélas, vu l’époque) regroupant une sorte de résumé  des textes de l’Ancien Testament revus par les nazaréens. Il connaît aussi le « Nouveau Testament » auquel il s’oppose violemment, comme s’opposent tous les ébionites à la théologie paulinienne.
 
Seulement voilà : cette « nouvelle » religion crée des « tensions » et une forte opposition chez les autres Arabes, qui sont polythéistes et qui ne voinet pas d’un bon oeil la remise en cause de leur religion traditionnelle, de leurs déesses notamment, celles de l’amour par exemple, présidant aux bordels fort nombreux …
 
ces réactions sont humaines : comment réagiraient les musulmans si quelqu’ un se réclamant d’une nouvelle religion venait tenter de les convertir ? cet homme ne vivrait pas très longtemps, sans doute !
 
C’est à ce genre de réactions, bien compréhensibles, que fait allusion la sourate , verset 9 et 10 :
 
 

9.As-tu vu celui qui interdit

10. à un serviteur d’Allah (Muhammad) de célébrer la Salat?

quels sont ils, « ceux qui interdisent » ?

ce sont évidemment les arabes resté polythéistes  : au début, ils se contentent de se moquer de ces pauvres fous et de leurs pratiques bizarres, mais au fur et à mesure que des convertis de plus en plus nombreux rejoigent les « cinglés », ils s’inquiètent pour la stabilité religieuse et sociale de leur clan !

et le futur leur a donné raison !

ils commencent donc à passer à des conduites plus « autoritaires », voire « musclées » et répressives , pour se débarrasser de la nouvelle religion : gageons que si les hopitaux psychiatriques et les « tranquillisants » modernes avaient existé à l’époque, ils en auraient fait largement usage pour « rééquilibrer » ces agités !

Longtemps, l’issue demeure incertaine : le gourou ébionite , Waraqa, se rend bien compte de l’islamophobie galopante que déclenchent ses provocations chez les arabes traditionnalistes (païens) sauf que le nom « Islam » n’existe pas encore…

les versets suivants témoignent de cette inquiétude :

13.Vois-tu s’il dément et tourne le dos?

 

il cherche à provoquer une réaction de « résistance » chez le nouveau converti :

11.Vois-tu s’il est sur la bonne voie,

12. ou s’il ordonne la piété?

mais surtoutil appelle Allah le Tout  Puissant au secours !

Allah qui voit tout, sait tout, peut tout, et ne va certainement pas tolérer bien longtemps ces agissements contre son Prophète :

13.Vois-tu s’il dément et tourne le dos?

14. Ne sait-il pas que vraiment Allah voit?

bien vu, car ces peuplades naîves et ignorantes, qui n’avaient pas encore bénéficié des enseignements de la science occidentale moderne, étaient promptes à s’effrayer des « dieux nouveaux » : va savoir, et sils étaient plus forts que les dieux de la tribu ?

mais cela ne suffit pas sans doute, alors il passe aux menaces directes :

15.Mais non! S’il ne cesse pas, Nous le saisirons certes, par le toupet,

16.le toupet d’un menteur, d’un pécheur.

17.Qu’il appelle donc son assemblée.

18. Nous appellerons les gardiens (de l’Enfer).

rappelons nous que nous sommes au tout début de l’essor prodigieux de la nouvelle religion, les convertis sont peu nombreux, peut être même Mahomet est il encore le seul !

et si la flamme encore si fragile allait brusquement s’éteindre ?

les dangers sont nombreux, la foi du « nouveau converti » peut chanceler, il peut ne pas supporter la solitude, les railleries et les meances de la part des autres arabes.

il faut donc l’affermir dans sa foi, le rassurer par tous les moyens, ce dont témoignent les versets :

19. Non! Ne lui obéis pas; mais prosterne-toi et rapproche-toi.

« lui », c’est l’arabe resté païen, qui se moque de Mahomet

et aussi les versets :

6.Prenez-garde! Vraiment l’homme devient rebelle,

7. dès qu’il estime qu’il peut se suffire à lui-même