Le plan vital exige la formation de collectivités (familles, tribus, nations…) mais l’accès au plan spirituel ne peut être qu’individuel

Dans le film admirable de Terrence Malick « The thin red line » le sergent joué par Sean Penn réprimande au début un soldat qui avait oublié sa « mission » (tuer les ennemis japonais)en fraternisant avec les indigènes :

http://fr.m.wikipedia.org/wiki/La_Ligne_rouge_(film,_1998)

« Le film commence par des instants de calme qui se déroulent sur une des îles tenue par les Japonais, Guadalcanal. Le soldat Witt est ensuite réprimandé pour y avoir déserté : le sergent Welsh se veut clément, mais estime le soldat inadapté à l’armée et lui affirme que dans ce monde un homme seul n’est rien et qu’il n’y a pas d’autre monde. Le soldat Witt lui prête tort. »

C’est exact pour le plan vital, sensible : un individu isolé et « indépendant » n’y survit pas longtemps, à part certaines exceptions comme les ascètes silencieux de l’Inde (mounis).

Le film « Fear and desire » (1953) de Stanley Kubrick s’achève sur le même constat

https://tractatustoposophicus.wordpress.com/2012/11/15/fear-and-desire-de-stanley-kubrick-un-chef-doeuvre-absolu/

Mais nous savons, c’est en tout cas la thèse qui fonde les recherches entamée ici, qu’il y a la possibilité pour tout être humain qui le veut, de « naître une seconde fois » en accédant à un autre plan, le plan de l’idée et de ce que Spinoza appelle « amor Dei intellectualis », ce que l’Evangile appelle « Royaume des cieux » pour y trouver la « vie éternelle » (éternité qui est tout autre que vie continuée perpétuellement : à la mort l’individu meurt).

Le fragment suivant expose cette thèse mais sous une forme ambiguë empreinte d’une religiosité naïve :

http://fr.m.wikisource.org/wiki/Il_existe_un_autre_monde

L’ambiguïté du film de Terrence Malick réside en ce que le soldat « déserteur » réprimandé par Sean Penn croit trouver cet « autre plan d’existence » (plutôt qu’autre monde) dans la nature encore vierge et sa beauté.

Mais la nature c’est justement le plan vital, c’est justement le monde.

Nature qui, pour ces animaux bien particuliers que sont les humains, et qui ont la possibilité de cesser d’être des être naturels et animaux, et de « renoncer à la mort » , Nature ou plan vital qui est le domaine de la guerre de tous contre tous, et où la simple survie exige que les individus singuliers se regroupent en collectivités en lutte perpétuelle avec d’autres collectivités: pour la terre, l’eau, la nourriture, les ressources, ou le simple prestige.

Constat qui tient en une simple formule bien connue : « l’homme est un animal social ».

Mais l’homme peut devenir autre chose s’il prend conscience du plan spirituel et a le désir véritable, qui implique une ascèse vitale et un travail de réflexion sur les idées, d’y accéder.

Nous savons depuis Descartes que cet accès réclame « une fois au moins dans la vie » de rompre avec tous les préjugés et croyances collectifs, inculqués depuis l’enfance.

Une fait indubitable qui démontre que toutes les « religions » et « cultures », qui sont toutes des particularismes, sont impuissantes à faire accéder les individus humains au plan universel de l’idée et de la vérité, plan de l’esprit.

Lors de cet accès, l’universel se confond avec le singulier, mais jamais avec le particulier.

C’est dans les considérations développées ici que se trouve le véritable sens de la laïcité, qui se confond avec la liberté de conscience (c’est à dire la liberté, qui ne se trouve que sur le plan spirituel), et aussi avec le sens du verset évangélique :

« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu »

César désigne le plan vital, naturel, organisé en collectivités : celles ci ne doivent en aucun cas empêcher les individus de chercher et trouver leur accès au plan spirituel, car c’est. Là le sens de l’existence humaine.

« Dieu » désigne le plan spirituel.

Le plan vital oblige les individus vivants à se regrouper en collectivités, imposant des contraintes importantes, juste pour survivre, mais les sépare en les forçant à se battre pour l’accès aux richesses matérielles.

Seul le plan spirituel rend les individus libres, sans les forcer à se grouper en collectifs, mais en les unissant par l’union universelle d’esprit à esprit

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